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décembre 2017

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Archives de la catégorie ‘Autriche’

Autriche. «Je me sens inquiète en tant que musulmane, mais surtout en tant que citoyenne européenne»

Publié par Alencontre Le 14 - octobre - 2017

Par Marine Buisson

La bouche entrouverte, les yeux écarquillés, Stefan regarde hébété la valse des partisans de Heinz-Christian Strache [leader du parti d’extrême-droite FPÖ, Parti de la Liberté d’Autriche] tracter aux portes de l’imposant Parlement viennois. Il le répétera trois fois de suite: il ne comprend pas. Ni pourquoi les passants s’arrêtent pour prendre les tracts, ni comment le FPÖ, parti d’extrême droite autrichien, est promis à un succès fulgurant aux élections législatives anticipées de ce dimanche. «Les fachos vont entrer au gouvernement, lâche, fataliste, l’étudiant vêtu d’un t-shirt barré du message “Refugees welcome”, et ce sont les Autrichiens qui vont les aider à y entrer.»

Crédité d’au moins 25% des suffrages, le FPÖ pourrait réaliser un exploit en doublant le score de la formation de la droite identitaire allemande AfD (Alternative pour l’Allemagne). La récente entrée du parti au Bundestag a de nouveau illustré la poussée des Lire le reste de cet article »

Autriche. Kurz «entre la droite traditionnelle et l’extrême droite»

Publié par Alencontre Le 8 - octobre - 2017

Sebastian Kurz

Par Antoine Malo

A 31 ans, Sebastien Kurz, candidat conservateur chrétien aux législatives de dimanche prochain, incarne le jeunisme politique européen et une ambition sans limites.

A côté de Sebastien Kurz, Emmanuel Macron, 39 ans, passerait presque pour un ancien. Sebastien Kurz, c’est d’abord l’histoire d’un garçon pressé, très pressé. Secrétaire d’Etat à 24 ans, ministre des Affaires étrangères à 27. Chancelier à 31? Les sondages, depuis plusieurs semaines, le donnent invariablement en tête (34% des voix).

Ne pas se fier à son look de président de BDE (assosciation d’étudiants) d’une école de commerce, ne pas se limiter à cette voix encore habitée par quelques accents d’adolescence. Le Wunderwuzzi («enfant prodige», son surnom), fils d’un ingénieur et d’une institutrice viennois, est déjà un vieux briscard. «C’est un killer, brillant et très ambitieux», résume Patrick Moreau, spécialiste de l’Autriche au CNRS. «Kurz, c’est aussi une longue entreprise pour accéder au pouvoi », ajoute l’historien Jérôme Segal, familier des arcanes politiques viennois.

Y songe-t-il déjà quand il adhère à 16 ans aux Jeunesse de l’ÖVP (Parti populaire autrichien)? Cinq ans plus tard, il prend le contrôle du mouvement. L’étoile montante de l’ÖVP, Michael Spindelegger, le prend sous son aile. La carrière de Kurz, qui arrêtera ses études de droit sans obtenir aucun diplôme, prend son envol et en 2011: il se voit offrir le poste de secrétaire d’Etat à l’Intégration. A l’époque, il offre un discours plutôt bienveillant à l’égard des étrangers.

Las, le modèle Kurz 2017 a bien changé. Certes,«il garde l’image de gendre idéal, ne commet aucun dérapage, se montre mesuré et habile», souligne Jérôme Segal. Sur le plan économique, il est toujours libéral. Sur celui des valeurs, c’est un «tradi», défenseur de la famille, lui qui n’a quitté le domicile parental que récemment mais pour s’installer dans le même quartier de Vienne. Sauf qu’il a intégré une dimension ultraconservatrice et nationaliste à son discours, qui correspond d’ailleurs assez bien à ses idées.

Il a ainsi siphonné bon nombre de thèmes du FPÖ, le parti d’extrême droite avec qui il envisage de former une coalition. Une grande partie de son programme, qui reste malgré tout assez flou, prône une politique migratoire très restrictive, un message porteur en Autriche, surtout depuis la «crise des réfugiés syriens« de 2015. En parallèle, il exige la fin des discussions entre l’Union européenne (UE) et la Turquie pour une éventuelle adhésion. «Il s’est frayé un chemin entre la droite traditionnelle et l’extrême droite», poursuit Jérôme Segal. «Il ressemble un peu au Sarkozy époque ministère de l’Identité nationale.»

C’est pourtant davantage à Emmanuel Macron qu’il est associé, et pas seulement à cause de son âge. Lui aussi met en avant la société civile, lui aussi brandit l’étendard de la parité. Il s’est également entouré d’une jeune garde sortie de nulle part qui le vénère et le protège. «Il a construit un mouvement centralisé autour de sa personne, affirme Patrick Moreau. Les gens vont voter non pas pour ce qu’il dit, puisqu’il ne dit rien, mais parce qu’ils pressentent qu’il va donner un grand coup de pied dans la fourmilière politique.» En fait, Kurz a anticipé la déliquescence des vieux partis européens et l’essoufflement de la social-démocratie. L’élection présidentielle de l’année 2016, au cours de laquelle l’ÖVP et le SPÖ (sociaux-démocrates), ces deux grands partis historiques, ont été balayés, l’a convaincu de creuser ce sillon.

Reste que la comparaison avec le président français s’arrête là car Kurz a dû composer avec l’appareil de l’ÖVP, encore très puissant. C’est d’ailleurs là le principal tour de force du jeune leader, investi candidat lors d’un congrès du parti avec 98,7% des voix. «Il a pactisé avec les barons régionaux: il leur laissait leurs prébendes, et eux, en échange, lui donnaient le parti», assure Patrick Moreau. Ils pourraient s’en mordre les doigts. Car Kurz a immédiatement fait campagne en dehors du parti, refusé d’en utiliser le nom, lui préférant, en toute modestie, «la liste Kurz».

S’il l’emporte, il pourrait dynamiter totalement l’ÖVP pour reconstruire un mouvement à sa botte.

A la chancellerie, le chef de la diplomatie ne devrait pas limiter ce jeu de chamboule-tout à la seule Autriche. Ses partenaires européens devraient très vite entendre parler de lui. «Ça va être une horreur», prédit déjà Patrick Moreau. «Il a un discours très violemment antieuropéen, il s’en prend régulièrement à la banque centrale européenne.» Il pourrait notamment se rapprocher du groupe de Visegrad, ces pays d’Europe centrale eurosceptiques. Il affronterait alors frontalement le président français, celui à qui il peut ravir le statut de plus jeune dirigeant d’Europe. (Article paru dans le JDD du 8 octobre 2017)

Autriche. Quand la social-démocratie valorise l’extrême-droite, à Linz

Publié par Alencontre Le 8 - octobre - 2017

Par Blaise Gauquelin

En Autriche, l’expérience de coopération menée à Linz [ville de 200’000 habitants, capitale du Land de Haute-Autriche] avec l’extrême droite [FPÖ, Parti libéral d’Autriche] qui pourrait réaliser de bons scores aux élections législatives du 15 octobre, suscite à nouveau la curiosité. Bien avant la percée du parti AfD [Alternative pour l’Allemagne] en Allemagne, la crise des migrants avait déjà provoqué une explosion des scores de l’extrême droite. En 2015, dans la région frontalière de la Haute-Autriche, le FPÖ de Heinz-Christian Strache y était arrivé en deuxième position, aux municipales comme aux régionales. Lire le reste de cet article »

Autriche. Un partenariat avec Poutine, ou les amis russes du FPÖ

Publié par Alencontre Le 24 - mars - 2017

Johann Gudenus (gauche), Heinz-Christian Strache, lors du Opernball de 2014; auquel Marine Le Pen participa en 2017

Par Charlotte Bischof

Le voyage des dirigeants du FPÖ [Freiheitliche Partei Österreich – Parti de la Liberté d’Autriche, parti d’extrême droite dont le président est Heinz-Christian Strache] en Russie pour rencontrer le parti de Poutine «Russie unie», en décembre 2016, a été qualifié par la droite conservatrice du ÖVP (Österreichische Volkspartei – Parti populaire autrichien) de «Geisterfahrt» [allusion à un automobiliste roulant en sens contraire]. Il s’agit du dernier indice en date des liens forts et des accointances idéologiques qu’entretiennent les partis de droite avec Moscou. L’Autriche n’échappant pas à cette tendance. Lire le reste de cet article »

Autriche. Une alliance entre «Russie Unie» et le Parti de la liberté (FPÖ)

Publié par Alencontre Le 20 - décembre - 2016
Heinz-Christian Strache et Sergueï Jelezniak

Heinz-Christian Strache et Sergueï Jelezniak

Par Blaise Gauquelin

On savait que nombre de formations politiques européennes faisaient les yeux doux au maître du Kremlin. Mais qu’un contrat de coopération soit signé en bonne et due forme entre un parti d’extrême droite, en tête dans les sondages dans un pays membre de l’Union européenne (UE), et le parti de Vladimir Poutine [Russie Unie], cela ressemble à une première.

Lundi 19 décembre, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) et Russie Unie ont signé un accord inédit qui vient encadrer des liens d’amitié tissés de longue date. Ces deux pages, vite rédigées, sont signées, côté russe, par Sergueï Jelezniak, une personnalité visée par les sanctions occidentales. Lire le reste de cet article »

Autriche: le soulagement et après?

Publié par Alencontre Le 5 - décembre - 2016

van_der_bellenPar Benjamin Birnbaum

Le 4 décembre le candidat indépendant et ancien chef du parti Vert Alexander Van der Bellen a remporté le 2e tour des élections présidentielles en Autriche avec plus de 53%. Cette victoire constitue certes un soulagement pour la gauche et les démocrates en Autriche, mais ne saura pas cacher le fait que le danger de l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite est plus que jamais d’actualité. Aussi à cause de la campagne électorale de Van der Bellen. Lire le reste de cet article »

Le 21 septembre une nouvelle journée de mobilisation contre le «Code du travail à la Macron» aura lieu en France. Le 22 septembre, le Conseil des ministres examinera les ordonnances de Ia «loi travail XXL». Puis le Président signera et le Parlement n’aura rien à dire, de facto. Donc seule l’action directe prend toute sa place. Et les explications, par exemple, que donnent du contenu de cette contre-réforme les membres du Syndicat des Avocats de France

8. L'accord d'entreprise primera sur la loi et le contrat de travail

9. Casser la loi

10. La fusion des instances représentatives du personnel

11. Diluer la négociation collective

12. Le fonctionnement des instances représentatives du personnel

13. Le recours au référendum

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