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	<title>A l&#039;encontre</title>
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	<description>La Brèche</description>
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		<title>Journal d&#8217;un employé de Michelin Algérie «vendu comme un pneu»</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 18:06:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Algérie]]></category>

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		<description><![CDATA[Déjà en fin 2009, l’usine Michelin d’Alger avait fermé ses portes durant dix jours. L’explication donnée était, sans chiffres exacts, «la baisse des exportations». Depuis lors, un vaste plan de restructuration est à l’œuvre en France et à l’échelle internationale. Le déclin de la production de Renault et PSA en France, en sept ans (depuis [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/20130618-201147.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-15930" alt="20130618-201147.jpg" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/20130618-201147-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a>Déjà en fin 2009, l’usine Michelin d’Alger avait fermé ses portes durant dix jours. L’explication donnée était, sans chiffres exacts, «la baisse des exportations». Depuis lors, un vaste plan de restructuration est à l’œuvre en France et à l’échelle internationale. Le déclin de la production de Renault et PSA en France, en sept ans (depuis 2007), est de plus de 50%. Entre 2007 et 2012, les effectifs des usines françaises d’équipement ont passé de 114&rsquo;000 à moins de 80&rsquo;000. Et la chute n’est pas terminée. Dans ce contexte, Michelin a engagé des négociations avec la CFDT et veut boucler <span id="more-15929"></span>un dit plan social impliquant une réduction de 730 postes de travail (ce qui implique un nombre plus grand de salarié·e·s) sur le site de Joué-lès-Tours (Département de l’Indre-et-Loire). C’est le site de production des pneux poids lourds de la firme de Clairmont-Ferrand qui fermera ses portes au premier semestre 2015, au plus tard.<br />
Le but: concentrer ce type de production dans l’usine de La Roche-sur-Yon (en Vendée). Hausse de la productivité, réduction des coûts unitaires salariaux, flexibilité de l’emploi (précarisation et sous-traitance) accompagnent le plan Michelin. Avec 150 emplois de plus sur le site La Roche-sur-Yon (emplois «promis»), les nouveaux investissements devraient permettre de «doubler la production d’ici à 2019». Ces seuls chiffres indiquent la hausse du taux d’exploitation des salariés de ce nouveau «pôle industriel».<br />
Simultanément, Michelin crée une co-entreprise en Indonésie, avec le groupe local Petrokimia Butadiene Indonesia (PBI) pour y produire du caoutchouc synthétique. Le montant de l’investissement est à hauteur de 430 millions de dollars et le début d’activité est prévu pour 2017.<br />
Création d’un site en Indonésie et fermeture d’une usine «historique» en Algérie. Les lectrices et lecteurs trouveront dans l’article ci-dessous le «journal d&rsquo;un employé de Michelin Algérie vendu comme un pneu». (Rédaction A l’Encontre)</strong></p>
<p>*****</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Lundi 10 juin</strong></span>, le premier groupe privé algérien, Cevital, annonçait tambour battant la reprise de Michelin Algérie. Chez les employés du leader mondial français de pneumatique, la surprise est brutale. L&rsquo;un d&rsquo;eux a raconté à <em>Maghreb Emergent</em> cette semaine particulière.<br />
Je suis un des 600 salariés de Michelin Algérie qui vient de perdre son emploi. Ou plutôt un des individus impliqués dans «<em>l&rsquo;accord de partenariat entre Michelin et Cevital prévoyant l&rsquo;entrée de Cevital dans le capital de la société Michelin Algérie à hauteur de 67%</em>», comme nous l&rsquo;a expliqué lundi notre directeur général Igor Zyemit. L&rsquo;annonce, rapide et courte, a surpris tout le monde. Malgré les signes de ralentissement depuis deux ans, personne ne s&rsquo;attendait à une telle issue: la fermeture de l&rsquo;usine de Bachdjerrah, à Alger, et le départ de l&rsquo;entreprise après 50 ans d&rsquo;existence en Algérie.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Mardi 11 juin: mascarades</strong></span></p>
<p>Réveil difficile. Incapable de trouver le sommeil, j&rsquo;ai passé une partie de la nuit à lire les articles parus sur Internet à notre sujet. La plupart des médias reprennent surtout les propos du PDG de Cevital, Issad Rebrab, tenus la veille au cours d&rsquo;une conférence de presse animée à Alger avec notre DG. Il déclare que nous serons tous repris par Cevital mais ce n&rsquo;est pas vrai. Un plan de départ volontaire a été mis en place et seule une petite partie des employés va être gardée. Très soucieux de son image, Michelin essaye de cacher la réalité d&rsquo;un licenciement. D&rsquo;autant que le jour de la nouvelle du rachat par Cevital, on apprenait que 700 de nos collègues français allaient être licenciés suite à la fermeture du site de Joué-lès-Tours. Pour cela, on joue sur les mots. Il ne faut pas parler de «fermeture» mais de «partenariat», surtout ne pas dire «licenciement» mais «plan d&rsquo;accompagnement personnel», indique une note remise aux cadres de l&rsquo;entreprise.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Mercredi 12 juin: mobilisation</strong></span></p>
<p>Les conditions proposées par notre direction sont loin de nous satisfaire. Sauf que nous n&rsquo;avons pas de syndicat pour défendre nos intérêts. Nous nous sommes donc mobilisés pour faire entendre notre voix malgré l&rsquo;absence de représentants élus. Nous avons organisé une réunion entre collègues au cours de laquelle nous avons établi les revendications à adresser à notre hiérarchie.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Jeudi 13 juin: l&rsquo;entretien</strong></span></p>
<p>Depuis mardi, ont débuté des entretiens individuels. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est mon tour. Je suis reçu par mon directeur accompagné par mon chef de service. Ils commencent par me demander ce que je ressens face à la situation. C&rsquo;est là que les employés vident leur sac en général. Ensuite, nos supérieurs nous exposent les trois propositions possibles: travailler sur un site de Cevital à plus de 50 kilomètres ou quitter avec les indemnités. Tout se passe verbalement. On ne nous remet aucun document, ni papier à signer. Pour la suite, rien ne nous a été annoncé mis à part une période de chômage technique à compter du 4 juillet.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Vendredi 14 et samedi 15 juin: insomnies</strong></span></p>
<p>Tous mes collègues n&rsquo;ont pas dormi du week-end. Le moral est au plus bas et aucune prise en charge psychologique n&rsquo;a été prévue. On se confie entre collègues à défaut de pouvoir compter sur le soutien de nos chefs. La direction se contente de nous parler de bureaux d&rsquo;orientation où le personnel des ressources humaines de Cevital tentera de nous garantir un avenir professionnel. Mais en attendant, nous n&rsquo;avons toujours pas vu l&rsquo;ombre d&rsquo;un gars de Cevital.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Dimanche 16 juin: pneu-humain</strong></span></p>
<p>L&rsquo;ambiance n&rsquo;est pas au travail. A l&rsquo;usine, tout le monde discute des primes de départ attroupé autour des machines. Chacun y va de son avis. Les plus anciens dénoncent une équivalence d&rsquo;indemnité avec leurs camarades de dix ans d&rsquo;ancienneté, quand eux en comptent vingt-cinq. On prend aussi des nouvelles de nos collègues de l&rsquo;usine de Blida. C&rsquo;est la même situation, personne n&rsquo;a le cœur à l&rsquo;ouvrage. Dans les bureaux du service chargé de la partie administrative, les conversations tournent autour des propositions reçues par la direction. Ceux qui ont été «retenus» pour continuer chez Cevital réclament une prime immédiate, et non au bout de deux ans comme annoncé. Ceux qui n&rsquo;ont pas été choisis préféraient renoncer à leurs indemnités et ne pas se retrouver au chômage. Autre sujet de discussion: l&rsquo;information rapportée par le journal <em>Reporters.dz</em> selon laquelle l&rsquo;Etat pourrait s&rsquo;opposer à la transaction entre Cevital et Michelin en faisant valoir son droit de préemption. Mais on n’y croit pas trop car nos chefs disent ne pas être au courant de la question et le service juridique n&rsquo;a pas été saisi. C&rsquo;est vrai que nous, on aurait aimé que Michelin reste en Algérie, même si l&rsquo;usine était obligée de fermer. Là, on nous a vraiment vendus comme des pneus.<br />
____<br />
Article publié dans <em>Maghreb Emergent</em> le 18 juin 2013.</p>
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		<title>Chili. A propos de la Grève électorale constituante</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 09:41:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chili]]></category>

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		<description><![CDATA[Par le Mouvement pour la grève électorale constituante Le mouvement pour une Assemblée constituante se développe au Chili (voir notre article en date du 4 juin 2013). Son but: mettre en évidence l’illégitimité du système à partir de tous ses aspects sociaux et de continuité avec les diverses institutions issues du pinochétisme et cultivées durant vingt [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/MAC-e1368242002599.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15916" alt="MAC-e1368242002599" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/MAC-e1368242002599.jpg" width="317" height="238" /></a>Par le Mouvement pour la grève électorale constituante</b></p>
<p><b>Le mouvement pour une Assemblée constituante se développe au Chili (voir notre article en date du 4 juin 2013). Son but: mettre en évidence l’illégitimité du système à partir de tous ses aspects sociaux et de continuité avec les diverses institutions issues du pinochétisme et cultivées durant vingt ans par la Concertation (l’alliance entre la social-démocratie et la démocratie chrétienne). Sans même mentionner les «enfants» du régime de Pinochet que représente l’actuel président Sebastian Piñera, entré en fonction le 11 mars 2010, leader de la Renovation nationale. <span id="more-15914"></span></b></p>
<p><b>Il est qualifié de «Berlusconi chilien». Son frère José, «économiste néolibéral», a mis en place le système de retraite par capitalisation (le deuxième pilier à la Suisse, encore plus défavorable pour les salarié·e·s) durant le régime militaire. Un autre frère, Pablo Piñera, était à la tête de la Banque centrale. Son oncle, l’archevêque Bernardino Piñera Carvalho, fut à deux reprises à la tête de la Conférence des évêques du Chili, une institution qui ne s’est pas fait remarquer par son opposition à Pinochet! </b></p>
<p><b>Sebastian Piñera est assis sur une fortune de 2,5 milliards de dollars. Il dirige, indirectement, ses avoirs – et le pouvoir qui en découle – dans la presse, les médias, le secteur minier, l’immobilier. Il a été mis en accusation pour des opérations boursières illicites (délit d’initié), que ce soit dans le secteur de l’aviation (la compagnie LAN) ou d’accords de cartellisation dans le secteur de la pharmacie: il détient la plus grande chaîne de vente de médicaments au Chili. Il a été acquitté par la Cour suprême ou fait appel des condamnations. La clémence de la Justice n’est pas sans relation avec la puissance du «suspect». </b></p>
<div id="attachment_15919" class="wp-caption alignleft" style="width: 183px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Pinera.jpg"><img class="size-full wp-image-15919" alt="Sebastián Piñera" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Pinera.jpg" width="173" height="222" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Sebastián Piñera</em></p></div>
<p><b>Il a intégré dans ses équipes politiques des anciens ministres et conseillers de Pinochet. Il sera soutenu, lors de la dernière campagne électorale de 2009, par l’ultralibéral écrivain Mario Vargas Llosa. Ce dernier a été couronné, en 1988, par le Prix de la Fondation Max Schmidheiny, un symbole du libéralisme «hayekien» en Suisse. Max est le père de Thomas Schmidheiny qui a la main sur le géant mondial du ciment: Holcim. Antérieurement, il était propriétaire, avec son frère Stephan (l’industriel du Sommet «écolo» de Rio de Janeiro en 1992), du monstre de l’amiante: Eternit. Devant les scandales découlant des effets de l’amiante sur la santé des travailleurs (cancer de la plèvre, entre autres), les Schmidheiny ont organisé une «transition» vers une «sortie» de l’amiante (d’abord en Suisse) et ont restructuré leur holding. Une sorte de transition à la «chilienne». Le procès de Stephan, condamné à Turin <i>in absentia</i> (voir les articles sur ce site: du 19 juin 2010 et du 14 février 2012), permet de faire ressortir la responsabilité assumée, concrètement, par ces champions du libéralisme économique.</b></p>
<p><b>Pour revenir au Mouvement pour la grève électorale constituante, les initiateurs indiquent que, suite à la campagne électorale de 2009 et à la montée de mouvements sociaux en 2010 et 2011, un fort courant populaire, peut-être majoritaire, prend position pour cette option. D’où les attaques de la droite dure contre ce mouvement qui veut <i>«tromper la population»</i> (<i>Diario Uchile</i>, <i>Radio</i>, 18 juin 2013); ce qui traduit le fossé entre les «élites politiques» et des secteurs entiers de la population. </b></p>
<p><b>Cette campagne pour la Grève électorale constituante est liée aux revendications ayant trait à l’éducation de la population. Une part très importante des adolescents se heurte au système d’enseignement privé, massif et socialement des plus sélectif. Cette initiative politique se développe dans le cadre d’une relance, en 2013, des mouvements sociaux, de grèves et de luttes étudiantes. Ces mobilisations touchent, dans le contexte des présidentielles et législatives à venir, aussi bien les thèmes de l’éducation, du développement régional, que du système fiscal, ou des droits des Mapuches, etc. Nous y reviendrons. </b></p>
<p><b>Nous publions ci-dessous un complément d’information sur la Grève électorale constituante, suite au <a href="http://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-le-mouvement-pour-la-greve-electorale-du-17-novembre-2013.html" target="_blank">premier texte publié en date du 4 juin 2013 sur ce site</a>. (Rédaction <i>A l’Encontre</i>)</b></p>
<p align="center"><span style="color: #800000;">*****</span></p>
<h2><b>Pourquoi le système binominal n’est-il pas démocratiquement représentatif ?</b></h2>
<p><b><span style="color: #800000;">Réponse</span><br />
</b></p>
<p>D’abord, le système binominal [1] n’est pas démocratiquement représentatif parce qu’il permet la sous-représentation des minorités.</p>
<p><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/no-votar-200x110.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15915" alt="no-votar-200x110" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/no-votar-200x110.jpg" width="269" height="148" /></a>Considérons un district électoral X comptant 150 électeurs. Selon le système binominal, le district élit deux députés. La coalition de partis Y recueille 99 votes alors que la coalition Z en recueille 51. Les deux coalitions élisent chacune un député et sont alors égales en nombre de députés, bien que le député de la coalition Z ne représente qu’un tiers plus un de l’électorat.</p>
<p>Deuxièmement, le système électoral binominal n’est pas démocratiquement représentatif parce qu’il permet de supprimer toute représentation des minorités.</p>
<p>Considérons le même district électoral X avec 150 électeurs. La coalition Y recueille 100 votes, le double de la coalition Z qui elle n’en recueille que 50. La coalition Y élit les deux députés et la coalition Z n’en élit aucun. Un tiers de l’électorat reste sans représentation à la chambre des députés.</p>
<p>Troisièmement, le système binominal n’est pas démocratiquement représentatif dans la mesure où il permet le doublage [2], laissant sans représentation non seulement la seconde majorité, mais aussi toute troisième option minoritaire de candidats. Si les deux premières majorités relatives gagnent chacune un député, alors aucune troisième option ne peut élire de député, même si les votes recueillis par celui-ci sont très proches de la seconde majorité relative.</p>
<p><b><span style="color: #800000;">Conclusion</span><br />
</b></p>
<p>Par essence, le système binominal n’est pas démocratiquement représentatif et doit être remplacé par un système de représentation des majorités et des minorités à la proportionnelle, qui tienne compte, par exemple, de la population des districts électoraux qui composent le pays, de la position géographique de ceux-ci par rapport aux pôles de développement et de la représentation des «ethnies originaires» (Mapuche, par exemple), cela pour ne mentionner que quelques questions méritant attention.</p>
<p>Comment pouvons-nous parvenir à cela ? Seulement en nous joignant à la « Grève Electorale Constituante » et en mettant en mouvement une grande force citoyenne au niveau sectoriel et régional qui fasse barrage à l’actuel régime politique et l’oblige à ouvrir les portes à un processus de refondation de l’Etat chilien au travers d’une Assemblée Constituante régulée socialement. Ainsi le pays pourra-t-il être remis dans les mains de ses habitant·e·s et sera au service de ces derniers, sans exclusion.</p>
<p style="text-align: right;"><b>Mouvement pour la Grève Electorale Constituante (juin 2014)</b></p>
<p>(Traduction <em>A l&rsquo;Encontre</em>)</p>
<p><b>___<br />
</b></p>
<p>[1]  Ce système a été inventé par le militaire polonais Wocieh Jaruzelski et mis en place par Pinochet. Le but: contraindre le «consensus» et la négocation entre des «pôles opposés» du gouvernement. Les forces hors de ce cadre sont interdites ou marginalisée.</p>
<p>[2] Les candidats des partis et même les indépendants sont réunis dans des listes ou des coalitions. Deux candidats sont proposés par circonscription électorale. Lesw votes sont compétés par liste. Si une liste à plus du double de voix que l’autre liste (doublage), elle élit les deux candidats ; autrement chaque liste a un candidat élu.</p>
<p align="center"><span style="color: #800000;"><strong>*****</strong></span></p>
<p><b>Première liste de personnalités qui appellent, dès mai 2013, à cette grève électorale constituante, les personnalités suivantes : </b></p>
<p>- Daniel Alcaíno Cuevas, actor<br />
- Perla Álvarez, secretaria/medicina alternativa<br />
- Jenny Arriaza Inostroza, cientista política<br />
- Juan Carlos Cárdenas, médico veterinario, Director del Centro Ecocéanos<br />
- Herman Carrasco Paul, profesor, Vice-Presidente del Centro de Investigaciones y Promoción de los Derechos Humanos, Temuco<br />
- Darcie Doll Castillo, Dra. en Literatura, académica de la Universidad de Chile<br />
- Rolando Garrido Quiroz, Dr. en Literatura<br />
- Sergio Grez Toso, historiador, académico de la Universidad de Chile<br />
- Pedro Alejandro Matta, investigador en temas de Derechos Humanos<br />
- Víctor Parra, técnico en construcción, ecologista<br />
- Luis Mariano Rendón, abogado<br />
- Fernando Rodrigo Soto P., administrador público y gestor cultural<br />
- Germán Westphal Montt, Dr. en Lingüistica<br />
- Máximo Kinast Avilés, iquiqueño y activista de los Derechos Humanos</p>
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		<title>Entretiens avec Maurice Nadeau</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 07:59:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Hommage]]></category>
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		<description><![CDATA[Laure Adler s&#8217;entretenait avec Maurice Nadeau en septembre 2010 (1/5) Hors-champs, France Culture http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-maurice-nadeau-l-amoureux-des-livres-15-rediffusion-du-6-septembre-2010-2013-06 &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15903" class="wp-caption alignleft" style="width: 322px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/adler.jpg"><img class="size-medium wp-image-15903" alt="Maurice Nadeau et Laure Adler (Brigitte Bouvier © Radio France)" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/adler-300x225.jpg" width="312" height="231" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Maurice Nadeau et Laure Adler (Brigitte Bouvier © Radio France)</em></p></div>
<p><strong>Laure Adler s&rsquo;entretenait avec Maurice Nadeau en septembre 2010 (1/5) Hors-champs, France Culture<br />
</strong></p>
<p><a href="http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-maurice-nadeau-l-amoureux-des-livres-15-rediffusion-du-6-septembre-2010-2013-06" target="_blank">http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-maurice-nadeau-l-amoureux-des-livres-15-rediffusion-du-6-septembre-2010-2013-06</a></p>
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		<title>Egypte. Sur la loi des libertés syndicales, «un dialogue de sourds?»</title>
		<link>http://alencontre.org/moyenorient/egypte/egypte-sur-la-loi-des-libertes-syndicales-un-dialogue-de-sourds.html</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 19:06:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Egypte]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Fatma Ramadan Cet article a été écrit avant la décision de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette dernière vient d’inscrire l’Egypte sur la liste noire des Etats qui violent les libertés syndicales. Comment en est-on arrivé là? C’est ce qu’explique dans l’article suivant Fatma Ramadan, membre du Bureau de la Fédération égyptienne des syndicats [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15896" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/RE228C18F2GWBA9.jpg"><img class="size-medium wp-image-15896" alt="Khaled El Azhari, ministre du Travail" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/RE228C18F2GWBA9-300x140.jpg" width="300" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">Khaled El Azhari, ministre du Travail</p></div>
<p style="text-align: left;" align="center"><b>Par Fatma Ramadan</b></p>
<p><b>Cet article a été écrit avant la décision de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette dernière vient d’inscrire l’Egypte sur la liste noire des Etats qui violent les libertés syndicales. Comment en est-on arrivé là? C’est ce qu’explique dans l’article suivant Fatma Ramadan, membre du Bureau de la Fédération égyptienne des syndicats indépendants<span id="more-15897"></span> (connue internationalement sous son acronyme anglais EFITU). Pour bien comprendre l’enjeu du débat, il faut savoir que la Fédération des syndicats égyptiens (connue internationalement sous son acronyme anglais ETUF), souvent évoquée dans cet article, est </b><b>la Confédération syndicale officielle, la seule reconnue par la loi jusqu’à présent. Bien qu’elle représente les intérêts du régime et non ceux des travailleurs et travailleuses, ces derniers en dépendent malgré eux. Une cotisation obligatoire est ponctionnée sur leur salaire au profit de l’appareil de l’ETUF. Dès lors, ces salarié·e·s sont de fait considérés comme membres du syndicat officiel, dont dépendent toutes les prestations sociales, assurance-maladie et retraite.</b><b> (Rédaction <i>A l’Encontre</i>)</b></p>
<p><span style="color: #800000;"><b> </b>*****</span></p>
<p><em>«Que veulent au juste le ministre du Travail et les Frères Musulmans des syndicats?»</em></p>
<p>Cette question que posent avec indignation ceux qui tentent d’organiser le mouvement syndical résume bien l’actualité de la loi sur les syndicats. Ce que le ministre appelle «dialogue social»  et qui vise à adopter une nouvelle loi sur les syndicats est en effet entouré d’un épais écran de fumée. Une nouvelle séance lui a été consacrée au mois de mai 2013, avant que le ministre et le gouvernement ne décident de repousser les élections syndicales de six mois supplémentaires.</p>
<p>Au cours de la première séance de «dialogue» qui a duré de longues heures, le ministre du Travail a mis les participants devant deux options: soit la modification de la loi n°35 de l’année 1976, soit la rédaction d’une nouvelle loi. Cette dernière, qui exige beaucoup de temps nous amenait naturellement à la question du prolongement du mandat de l’actuel Conseil de la Fédération des Syndicats égyptiens (ETUF), qui touchait à sa fin. Il n’est pas inutile de rappeler ici que le mandat de l’actuel Conseil est régulièrement prolongé depuis 2011.</p>
<p>La deuxième séance a commencé par le même point que la première à la légère différence que le ministère y a ajouté quelques réponses aux questions posées à la séance précédente. Le principal message qui s’en dégageait était de nous inciter à accepter de prolonger une nouvelle fois mandat de l’actuel Conseil de la Fédération des syndicats égyptiens (ETUF). Le gouvernement a défini sa position en nous informant qu’au cas où nous n’accepterions pas la tenue de nouvelles élections sous la loi n°35 de l’année 1976, nous devrons accepter le projet de loi déposé actuellement au Sénat.</p>
<p><em> «Très bien. Où est le problème?», pourraient se demander certains. «Le ministre a l’air très démocrate ; il réunit toutes les parties concernées et entame des discussions avec elles. Pourquoi le juger aussi sévèrement?»</em></p>
<p>Le problème est que cette vision optimiste ne correspond pas à la réalité. Le dialogue actuel est purement formel et ne vise qu’à gagner du temps. Le ministre nous entraîne de palabres en palabres sans prendre ses responsabilités pour les faire aboutir à des résultats concrets. Le but de la manœuvre est clair: le gouvernement cherche à redorer son image auprès des organisations internationales et plus particulièrement auprès de l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Il s’agit de lui faire croire qu’il œuvre sérieusement à l’adoption de la loi bloquée depuis plus de deux ans.</p>
<p>Par ce prétendu dialogue, le gouvernement a voulu anticiper la décision de l’OIT de réinscrire l’Egypte dans la liste noire des Etats violant les droits syndicaux, liste dont elle avait été enlevée en 2011 suite aux promesses de respecter les libertés syndicales et d’adopter une loi permettant aux syndicats de s’organiser librement. Il suffit pour deviner la tournure du dialogue d’observer la liste des participants à sa première séance. Elle était majoritairement composée de fonctionnaires du ministère du Travail et de représentants de Centres ouvriers, proches des Frères Musulmans, dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant.</p>
<p>Ceux qui ont eu l’occasion de suivre les séances de dialogue menées en 2011 sous l’ancien ministre du travail Ahmed El Boraï, à propos de la rédaction de cette loi, peuvent constater à quel point le gouvernement actuel est décidé à imposer sa vision autoritaire aux travailleurs en refusant l’indépendance et la diversité du syndicalisme et en combattant les libertés syndicales.</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><span style="color: #800000;">*****</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_15899" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/2891654522_a3bf2eb26b.jpg"><img class="size-medium wp-image-15899" alt="Fatma Ramadan " src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/2891654522_a3bf2eb26b-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Fatma Ramadan</p></div>
<p>Le dialogue entamé avec le ministre El Boraï avait été mené à l’époque avec l’ensemble des parties concernées et avait duré dix mois. Le plus surprenant est que Khaled El Azhari, l’actuel ministre du travail y avait participé en tant que représentant du <i>Centre Saouaed (À bras-le-corps)</i> dépendant des Frères Musulmans. A ce titre, il avait participé aux travaux de rédaction du projet de loi. Il en connaît pertinemment le contenu ainsi que les conclusions et les recommandations des séances de dialogue social qui l’ont précédé. Le plus significatif est qu’il a suivi le parcours du projet de loi sur les libertés syndicales qui a fait l’objet du consensus des participants dont il faisait partie: le projet a été approuvé par le Conseil des ministres de l’époque avant que le Conseil militaire ne s’obstine à le bloquer sans raison.</p>
<p>Il est frappant de constater que chaque fois que nous évoquions ce que nous avons convenu d’appeler la loi sur les libertés syndicales au cours de toutes les séances suivantes et que nous faisions valoir qu’il avait largement fait l’objet d’un consensus et que nous insistions qu’il suffisait au gouvernement – s’il était de bonne foi – de l’adopter, les représentants des Frères Musulmans répondaient simplement qu’ils avaient émis «certaines observations» à son propos et qu’étant donné que la commission de rédaction du projet de loi n’en a pas tenu compte, ils n’en voulaient pas.</p>
<p>Il nous faut évoquer ici un épisode important du débat sur le projet de loi. La commission du travail de l’Assemblée nationale (dissoute depuis) avait reçu plusieurs propositions de loi de la part des députés Kamal Abou Aita (Président de la Fédération égyptienne des syndicats indépendants), Aboulezz El Hariri et Amr Hamzaoui. Ces propositions reflétaient clairement le contenu du projet de loi sur les libertés syndicales qui avaient fait l’objet d’un consensus sous El Boraï. Parallèlement, le parti des Frères Musulmans, <i>Liberté et Justice</i> avait présenté une proposition différente. Il n’est donc pas surprenant que la majorité, «frériste», ait préféré discuter sa propre proposition et négliger les autres. Fort heureusement, le couperet de la dissolution est tombé sur l’Assemblée avant qu’elle n’adopte la loi des Frères.</p>
<p>Plusieurs mois plus tard, l’inquiétude s’est emparée du gouvernement à l’approche de la fin du mandat du Conseil de la Fédération des syndicats égyptiens (ETUF). Il s’est alors empressé d’appeler à un nouveau round de dialogue social, un dialogue de façade. Une séance de dialogue a donc eu lieu à la Commission des Ressources Humaines du Sénat. Elle a été suivie d’une deuxième après la nomination de Khaled El Azhari à la tête du Ministère du travail et de l’émigration. Y ont assisté tous les précédents ministres du Travail, le ministre délégué aux Affaires juridiques et aux Relations avec le parlement (qui était à ce moment Mohammed Mahsoub), ainsi qu’un certain nombre de députés et des représentants des travailleurs, appartenant pour la plupart à la confédération officielle.</p>
<p>Le gouvernement en a conclu que les travailleurs et travailleuses avaient besoin de plus de temps pour s’accorder sur la loi qu’ils souhaitaient! Il a prétendu préférer s’écarter pour laisser les travailleurs s’accorder entre eux sur une loi qui les satisfassent. Ce nouveau report a donné ainsi un prétexte au Président de la république pour prolonger en novembre 2012 le mandat du Conseil de l’ETUF. Ce n’est pas tout. Outre cette décision choquante, la loi des syndicats en vigueur a été modifiée de façon à autoriser le gouvernement, en l’occurrence le ministre du travail à intervenir dans la composition du Conseil d’Administration de l’ETUF ainsi que ceux des syndicats nationaux qui la constituent. Le mouvement ouvrier a vu dans cette modification la volonté d’imposer  aux postes de direction de l’organisation syndicale des partisans du régime. Cette volonté de domination n’a pas tardé à s’illustrer avec l’intervention du gouvernement pour imposer certaines personnes à la direction du Syndicat national des travailleurs du Pétrole, ce qui a poussé ce dernier à quitter la Confédération en protestation contre cette intervention.</p>
<p>Apparemment, le précédent prolongement du mandat du Conseil de l’ETUF n’avait pas suffi au gouvernement des Frères pour parfaire son emprise sur la Confédération, encore moins sur l’ensemble du mouvement syndical. Les très mauvais résultats des Frères Musulmans aux dernières élections étudiantes ont attiré leur attention sur les risques d’une nouvelle défaite, cette fois chez les travailleurs et travailleuses.</p>
<p>D’où l’idée de les entraîner dans une nouvelle spirale de dialogues qui ont pour seul résultat de gagner du temps. Il serait donc naïf de s’interroger sur les raisons d’un nouveau round de dialogues à l’approche de la fin du mandat du Conseil actuel de l’ETUF. Aujourd’hui, personne n’est dupe. Cette volonté de contrôler le mouvement ouvrier &#8211; comme le faisait l’ancien régime – explique pourquoi la présentation de la nouvelle loi sur les syndicats (qu’il est convenu d’appeler loi sur les libertés syndicales) a jusqu’ici été négligée malgré les demandes incessantes des travailleurs et des syndicalistes depuis deux ans. De même qu’elle explique le nouveau prolongement du mandat des Conseils syndicaux actuels.</p>
<p>En conclusion, le gouvernement n’a pas l’intention de mener une véritable réforme législative. Il n’a pas non plus la volonté de respecter l’indépendance des syndicats. Il rêve au contraire d’hériter la structure syndicale «étatisée» de l’ancien régime qui dominait et contrôlait le «mouvement syndical». Ceci le conduit naturellement à imposer des règles et une législation renforçant son emprise sur les organisations syndicales. Le but ultime des responsables politiques est d’écarter les fidèles du régime de Moubarak pour les remplacer par des fidèles du régime des Frères Musulmans, mais sans changer de méthodes ni de politiques.</p>
<div>
<p>N’est-ce pas un dialogue de sourds? (Traduction par Hanny Hanna)</p>
<p><span style="color: #800000;">______</span></p>
</div>
<p>Article publié en langue arabe dans <i>Al-Shorouk</i>, le 21 mai 2013.</p>
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		<title>France. Une législative partielle, la huitième défaite du PS, Cahuzac et le FN</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 09:42:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Hubert Huertas et Mathieu Magnaudeix La déconfiture du Parti socialiste est évidente à Villeneuve sur Lot [voir les résultat détaillé dans l’article ci-dessous&#124; où l’on votait pour élire le successeur de Jérôme Cahuzac à l’Assemblée. Mais autre chose se dessine, de plus lourd, et qui sort du schéma classique de l’alternance droite gauche. Si dimanche [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15889" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Cahuzac2.jpg"><img class="size-full wp-image-15889" alt="Cahuzac dit Jérôme à Villeneuve..." src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Cahuzac2.jpg" width="288" height="205" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Cahuzac dit Jérôme à Villeneuve&#8230;</em></p></div>
<p><b>Par Hubert Huertas et Mathieu Magnaudeix</b></p>
<p>La déconfiture du Parti socialiste est évidente à Villeneuve sur Lot [voir les résultat détaillé dans l’article ci-dessous| où l’on votait pour élire le successeur de Jérôme Cahuzac à l’Assemblée. Mais autre chose se dessine, de plus lourd, et qui sort du schéma classique de l’alternance droite gauche. Si dimanche prochain les électeurs du Lot votent, comme l’ont fait au second tour les électeurs de l’Oise [1], il y a trois mois, nous entrerons dans une autre dimension. La dimension Front National (FN).<span id="more-15885"></span></p>
<p>Bien sûr il y a l’effet Cahuzac lisible dans certains scores extravagants, comme ces 3,28% pour un «Parti d’en rire» en référence [à deux «comiques»] Pierre Dac et Francis Blanche [animée par une groupie de Cahuzac, Anne Carpentier]. Et François Hollande pouvait toujours dire, hier soir, que ce résultat est <i>«une séquelle»</i>, l’explication est courte. C’est la huitième législative que le PS perd en huit élections. L’échec est donc national.</p>
<p>Il atteint toute la gauche. L’affaire Cahuzac n’a provoqué aucun transfert de voix à l’intérieur de la majorité. Le Front de gauche et les écologistes plafonnent à des niveaux très bas… [voir résultats dans l’article qui suit].</p>
<p>Jean-François Copé (UMP) pouvait parler à juste titre de «Nouveau désaveu cinglant» pour François Hollande, le problème c’est que ni l’effet Cahuzac, ni le rejet de la majorité n’ont gonflé les voiles de l’opposition classique. Jean-Louis Costes, le candidat UMP, a gagné moins de deux points depuis un an, à peine un souffle malgré le climat national et la tempête locale.</p>
<div id="attachment_15890" class="wp-caption alignleft" style="width: 307px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/photo_1371410259562-1-0.jpg"><img class="size-full wp-image-15890" alt="Etienne Bousquet-Cassagne du FN..." src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/photo_1371410259562-1-0.jpg" width="297" height="204" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Etienne Bousquet-Cassagne du FN&#8230;</em></p></div>
<p>Le gagnant du premier tour, incontestablement, c’est Etienne Bousquet-Cassagne, le candidat du Front National qui fait bondir le résultat de son Parti de 15,7% à plus de 26%, soit une hausse de 75%&#8230;</p>
<p>Et ce n’est peut-être pas fini. Le PS en a appelé au Front Républicain, c&rsquo;est-à-dire à voter pour l’UMP. Il l’avait fait dans l’Oise, en mars dernier, mais le candidat Front National avait gagné 22 points entre les deux tours.</p>
<p>Ou bien c’était une particularité locale, ou bien c’était le symptôme d’un phénomène plus ample, et dans ce cas on le retrouvera dimanche prochain, comme l’espère Marine le Pen qui parlait de «vote historique».</p>
<p>La montée d’un parti protestataire et nationaliste deviendrait alors irrésistible, comme un peu partout en Europe à des degrés divers. Jacques Delors mettait le PS en garde samedi, contre «des adversaires qui ne sont pas dans le débat démocratique», et il citait «le marasme économique et social», ainsi que «l’image d’une Europe punitive, extérieure aux peuples, un professeur vilain, sourcilleux, méchant par moments, qui dicte ce qu’il faut faire».</p>
<p>Il est clair que le Front National capitalise sur ce sentiment-là, plus que tous les autres, et qu’en ce sens l’élection du Lot nous renvoie à une autre époque. Bruxelles et Berlin, accrochés à leur austérité, font furieusement penser à la France du Traité de Versailles, en 1920, agrippée à des sanctions qui humiliaient alors l’Allemagne et les vaincus de 14-18…</p>
<p>On connaît hélas la suite… [2] <em>(Billet sur France Culture, le 17 juin 2013, à 7h36)</em></p>
<p>____</p>
<p>[1] Le candidat UMP Jean-François Mancel a été élu, dimanche 24 mars, député de la 2e circonscription de l&rsquo;Oise face à la candidate du FN, Florence Italiani. Mais la victoire est mince: seulement 800 voix les séparent. Dans l’hebdo <i>Marianne,</i> la question était posée: «Et si des électeurs de gauche étaient venus grossir les rangs du FN au second tour…» (Red. <i>A l’Encontre</i>)</p>
<p>[2] Hubert Huertas explique à un auditeur le sens de sa formule finale: «J&rsquo;ai hésité avant d&rsquo;oser cette comparaison avec le Traité de Versailles, parce qu&rsquo;elle est rude. Mais la réalité d&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;est également. Le parallèle entre les deux situations, pour des raisons forcément différentes, tient à la négation de ce qu&rsquo;on appelle «le fait national», qui est insoluble. Le fait national allemand avait été humilié en 1920. Il l&rsquo;est à bien des égards à notre époque, en direction d&rsquo;autres nations européennes.?Il se peut que la comparaison avec les années 1930 soit utilisée à des fins partisanes pour conserver le monopole du pouvoir, mais surfer une vague ne veut dire que la vague n&rsquo;existe pas…» Nous reviendrons sur cette question comme site <i>A l’Encontre</i>.</p>
<p align="center"><strong><span style="color: #800000;">*****</span></strong></p>
<div id="attachment_15887" class="wp-caption alignleft" style="width: 356px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/photo_1371448346996-1-0.jpg"><img class="size-full wp-image-15887" alt="A droite: le candidat du PS, Bernard Barral, face à l'UMP: Jean-Louis Costes" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/photo_1371448346996-1-0.jpg" width="346" height="230" /></a><p class="wp-caption-text"><em>A droite: le candidat du PS, Bernard Barral, face à l&rsquo;UMP: Jean-Louis Costes</em></p></div>
<p>Il disait <i>:«Je suis une vague qui monte, qui monte»</i> [déclaration faite le 19 mai 2013 par Bernard Barral, ancien patron d’une entreprise de produits surgelé, candidat du PS, lors des élections législative partielle de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), suite à la démission de Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget du gouvernement Ayrault].</p>
<p>Mais, au lieu de le porter, la vague lui est revenue en pleine figure.</p>
<p>Bernard Barral, le candidat du parti socialiste à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, n&rsquo;ira pas au second tour. Avec 23,69 % des suffrages, il n&rsquo;arrive dimanche qu&rsquo;en troisième position de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot (Département de Lot-et-Garonne), le fief de Jérôme Cahuzac. Derrière l&rsquo;UMP Jean-Louis Costes, en tête avec 28,71 %. Mais aussi derrière le jeune candidat du Front national, Étienne Bousquet-Cassagne, qui obtient 26,04 %, [soit 9431 voix, 12,55% des inscrits et 28,71% des votes exprimés; les votes exprimés au total représentent 43,70% des inscrits du Département, donc la participation a été de 45,88%; les nuls et blancs: 2,18%;  le Front de Gauche a réuni avec sa candidate, Marie-Hélène Loiseau: 5,08% des votes exprimés et 2,22% des inscrits, soit 1670 voix; le candidat Europe-Ecologie-Les Verts (EELV): 974 voix, soit 2,78% des votes exprimés et 1,22% des inscrits]</p>
<p>Pour le candidat PS, la comparaison avec l&rsquo;élection de 2012, lors de laquelle Jérôme Cahuzac avait été élu dans un fauteuil, est cinglante. Cet ancien patron d’une société de produits surgelés perd en un an près de 15’000 voix par rapport à son illustre prédécesseur, qui a dû quitter le gouvernement pour cause de compte en Suisse non déclaré.</p>
<p><span style="color: #800000;"><b>«Merci Cahuzac! On s&rsquo;en souviendra…»</b></span></p>
<p>Il faut dire que Bernard Barral, le candidat PS, sympathique mais peu connu et pas très charismatique, avait les éléments contre lui: une foule de candidats (17!), l&rsquo;impopularité du gouvernement, le chômage qui progresse ici comme ailleurs, et puis aussi une campagne trop courte, rongée par la rumeur d&rsquo;un éventuel retour de <i>«Jérôme»</i>, comme beaucoup disent à Villeneuve.</p>
<p>Rumeur évidemment alimentée par l&rsquo;intéressé, qui a inondé les uns et les autres de SMS, a menacé un temps de se représenter, et même passé une tête un samedi au marché, histoire de montrer qu&rsquo;il était encore là.<i> «Cahuzac a parasité les premiers jours de la campagne»</i>, peste un responsable socialiste. Dimanche, Cahuzac a fait l&rsquo;économie d&rsquo;une nouvelle apparition en votant par procuration.</p>
<p><i>«Il a beaucoup hésité parce qu&rsquo;il sait qu&rsquo;il aurait fait un meilleur score que Barral. C&rsquo;était une pointure, Jérôme : il aurait été au deuxième tour»</i>, veut croire le premier adjoint de Villeneuve, René Chambon. Il n&rsquo;est pas le seul à verser dans la nostalgie. Dans les bureaux de vote de la mairie de Villeneuve-sur-Lot, les scrutateurs ont retrouvé quelques bulletins au nom de leur ancien maire. Le nom est griffonné, parfois c&rsquo;est un bulletin de vote de campagnes passées. Anne Carpentier, une journaliste locale, candidate pour le «Parti d&rsquo;en rire» et surtout groupie de Cahuzac, a même ramassé sur son nom plus de 1000 voix (3,28 %)…</p>
<p><i>«Encore une fois, Villeneuve se distingue!»</i> enrage Marie-Claude Frayssihnes. Cette sympathisante écologiste croisée dans le hall de la mairie est au bord des larmes.<i> «Je ressens une grande tristesse. Cette affaire nous a fait énormément de mal. Je le connaissais Cahuzac, je lui en veux, il nous a trahis et le résultat de ce soir, c&rsquo;est la conclusion de tout ça. Je ne peux pas m&rsquo;empêcher de penser: on a le FN ce soir, est-ce que ça ne va pas monter une partie de la ville contre une autre? être un déclencheur pour le vote FN au niveau national? »</i> La semaine prochaine, Marie-Claude ne sait pas ce qu&rsquo;elle va voter:<i> «Je suis encore trop sous le choc. »</i> Puis: <i>«Si si, j&rsquo;irai voter: je ferai barrage au FN.»</i></p>
<p>À quelques mètres, Barbara Bellanger a moins d&rsquo;état d&rsquo;âmes. Entre 2007 et 2012, cette jeune militante socialiste a été l&rsquo;assistante parlementaire de Jérôme Cahuzac<i>. «Au début, j&rsquo;étais prête à le soutenir s&rsquo;il s&rsquo;était présenté,</i> raconte-t-elle. <i>Mais début mai, je me suis dit “non mais ça ne va pas ? c&rsquo;est contre toutes tes valeurs”. J&rsquo;ai fait la campagne pour Bernard Barral. On n&rsquo;est pas beaucoup de militants à l&rsquo;avoir faite d&rsquo;ailleurs… La semaine prochaine? Je n&rsquo;irai pas voter. J&rsquo;ai voté Chirac en 2002 contre le FN, ça suffit.»</i></p>
<p>Au même moment, Étienne Bousquet-Cassagne, le candidat du FN entre justement dans l&rsquo;hôtel de ville, suivi par une nuée de caméras. Des cris fusent<i> «Ouh!»</i>,<i> «Facho!»</i>,<i> «C&rsquo;est la honte!»</i>,<i> «Vous ne passerez pas!»</i>.</p>
<p>Édith Bruguière, petite femme coiffée d&rsquo;un chapeau <i>(«je suis de la famille du juge»</i>, dit-elle), s&rsquo;emporte:<i> «Je suis très en colère, oui, de voir ce jeune de 23 ans défendre des idées fascistes! </i>No pasaran<i>! Villeneuve ne mérite pas un candidat du FN, on mérite beaucoup mieux» «Merci Cahuzac! On s&rsquo;en souviendra…»</i>, lance un homme, écœuré.</p>
<p>Star d&rsquo;un jour, le frontiste Étienne Bousquet-Cassagne, fils du président de la chambre d&rsquo;agriculture du département (qui, lui, soutient le candidat UMP), fait des bises, serre des mains, et livre aux médias quelques phrases clés: il se félicite d&rsquo;<i>«un choix de l&rsquo;espérance, du patriotisme»</i>, parle de<i> «vote d&rsquo;adhésion»</i>.<i> «Le vote populaire est au FN»</i>, lance-t-il avant d&rsquo;appeler les abstentionnistes à voter pour lui dimanche prochain.</p>
<p><i>«Notre démocratie est en danger»</i>, prévient un peu plus loin l&rsquo;UMP Jean-Louis Costes. Il admet volontiers avoir été soufflé par les résultats du Front national et appelle solennellement au <i>«front républicain»</i>. Ironie de l&rsquo;histoire: sous des dehors très policés, le candidat de l&rsquo;UMP, proche d&rsquo;un mouvement de la droite dure, est considéré par beaucoup de militants de gauche de Villeneuve-sur-Lot comme un artisan local du rapprochement de l&rsquo;UMP avec l&rsquo;extrême droite. <em>(Article publié sur le site Mediapart, le 17 juin 2013)</em></p>
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		<title>Maurice Nadeau s’éteint à cent ans passés et un dernier combat</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 08:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Hommage]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Pierre Haski L’écrivain, éditeur et journaliste littéraire Maurice Nadeau est mort dimanche à l’age de 102 ans, après avoir mené, avec succès, un dernier combat pour sauver La Quinzaine Littéraire, son magazine menacé de fermer. Maurice Nadeau avait été célébré et fêté pour ses cent ans en 2011, et pour ce siècle consacré à la [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15870" class="wp-caption alignleft" style="width: 357px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Nadeau.jpg"><img class="size-medium wp-image-15870" alt="    Maurice Nadeau, en 2011, l'année de ses cents ans (Pierre Very-AFP)" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Nadeau-300x219.jpg" width="347" height="253" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Maurice Nadeau, en 2011, l&rsquo;année de ses cents ans (Pierre Very-AFP)</em></p></div>
<p><strong>Par Pierre Haski</strong></p>
<p>L’écrivain, éditeur et journaliste littéraire Maurice Nadeau est mort dimanche à l’age de 102 ans, après avoir mené, avec succès, un dernier combat pour sauver <em>L</em><i>a Quinzaine Littéraire</i>, son magazine menacé de fermer.</p>
<p>Maurice Nadeau avait été célébré et fêté pour ses cent ans en 2011, et pour ce siècle consacré à la littérature – mais pas seulement, il fut militant communiste, trotskyste, résistant, et bien plus.<span id="more-15863"></span></p>
<p>Ces dernières semaines, il avait réuni ses dernières forces pour sauver sa <i>Quinzaine Littéraire</i>, fondée en 1966 et menacée, une nouvelle fois, de fermer faute de moyens financiers. Une grande mobilisation fut relayée sur les réseaux sociaux, avec un appel de Nadeau, et il fut entendu.</p>
<p>Début mai, il sonnait l’alerte:</p>
<p><em>«C’est de mort, en effet, qu’est menacée </em>La Quinzaine littéraire<em>: pas dans six mois, pas dans un an, comme elle l’a souvent été durant les 47 années de son existence, mais dans les semaines qui viennent.» Liquidation judiciaire ou dépôt de bilan, suspension de la parution.<br />
Rien d’étonnant dans la situation actuelle de la presse écrite, rien d’étonnant pour un périodique qui n’a jamais voulu se mettre “au goût du jour”.<br />
En effet, depuis 1966, </em>La Quinzaine littéraire<em> n’a cessé de défendre une certaine qualité de l’écriture et de la pensée, et de privilégier la lucidité dans tous les domaines du savoir. Et cela grâce au concours de plus de 800 collaborateurs: écrivains, universitaires, journalistes.<br />
Allons-nous nous laisser faire et voir disparaître le journal?»</em></p>
<p>Un mois plus tard, dans le numéro du 1er juin de la <i>Quinzaine</i>, envoyé sous format pdf à ses abonnés (dont je suis désormais, en réponse à son appel), Maurice Nadeau pouvait écrire dans son édito :</p>
<p><em>«Notre appel dans </em>La Quinzaine<em> du 16 mai : “Vous ne laisserez pas mourir La Quinzaine littéraire!” a été largement entendu. D’abord grâce aux réseaux sociaux et à nos amis des sites internet, qui ne sont pas ennemis, on le voit, de la presse écrite.»</em></p>
<p>Maurice Nadeau n’aura pas survécu longtemps à ce sauvetage in extremis, sans doute le dernier d’un magazine qui lui tenait particulièrement à cœur.</p>
<p><span style="color: #800000;"><b>Kerouak, Miller, Gonbrowicz, Houellebecq&#8230;</b></span></p>
<p>D’une longue histoire dans la littérature et la politique, on retiendra surtout les «découvertes» qu’on lui doit en France, d’auteurs étrangers comme Jack Kerouac, Witold Gombrowicz, Henry Miller, Malcolm Lowry, et français comme Georges Perec ou Michel Houellebecq dont il publie le premier roman, «Extension du domaine de la lutte» en 1994.</p>
<p><em>«D’autres écrivains de son catalogue, rappelait Mouloud Akkouche sur son blog de Rue89 pour les 100 ans, n’auront jamais une telle “visibilité” mais toujours une place dans le panthéon intime de Maurice Nadeau. Un panthéon jamais soumis au diktat de la mode et des prix.»</em></p>
<p>Dans une interview avec Marie-Andrée Baudet, il expliquait comment il était devenu «découvreur» de littérature étrangère:</p>
<p><em>«Je crois que ce sont surtout les circonstances qui ont surtout provoqué ça. A l’époque, je parle de l’après-guerre, il y avait une faim de littérature étrangère. Puis, en même temps, les Français continuaient à croire qu’ils étaient les rois. Et, en somme, je n’ai rien cherché du tout, mais le fait que j’ai commencé à publier des étrangers a fait que d’autres sont venus.<br />
J’ai été obligé d’en refuser plusieurs. J’ai été obligé de refuser Cortazar, Vargas Llosa, je pourrais en citer une bonne dizaine. Ils venaient parce que j’avais commencé à publier des auteurs étrangers, et que les autres éditeurs les ignoraient. (&#8230;) De sorte que je n’ai eu qu’à attendre. Miller m’a amené Durell, Malcolm Lowry est venu. Ca s’est fait tout naturellement.»</em></p>
<p><span style="color: #800000;"><b>«Une déception immense sur le plan politique, donc une désillusion»</b></span></p>
<p>Dans le même long entretien, Maurice Nadeau était interrogé sur les éventuels «tiraillements» entre ses engagements politiques à gauche et ses choix littéraires. Il répondait :</p>
<p><em>«Non, il n’y a pas eu de tiraillement. Il y a eu un passage, une déception immense sur le plan politique, donc une désillusion. J’ai compris que le seul changement qu’on pouvait espérer, c’était finalement la littérature qui l’apportait.<br />
C’était, par le fait de lire, d’être au courant et d’être en communion avec les gens qui avaient essayé de montrer qu’on pouvait essayer de changer soi-même.<br />
Alors au fond j’ai compris que le changement n’était pas que social et politique – même si cela reste une procédure très importante ­– mais qu’il y avait aussi un changement de chacun. Ce n’est pas moral ou religieux, ça n’est pas ça.<br />
Essayer de comprendre le monde tel qu’il est, tel qu’il marche, avec toutes ses saloperies, tous ses côtés intéressants aussi, c’est ça la littérature. Bon, toute la littérature n’est pas ça, il ne fait pas tout restreindre, tout simplifier, mais c’est quand même par les écrivains que l’on arrive à se faire une certaine idée du monde, et de soi.»</em></p>
<p><b>____ </b></p>
<p>Article publié sur <em>Rue89</em>, le 17 juin 2013</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #800000;"><strong>*****</strong></span></p>
<h2><b>Maurice Nadeau, agitateur d&rsquo;idées depuis 1947</b></h2>
<p><b>Par François Busnel</b></p>
<div id="attachment_15867" class="wp-caption alignleft" style="width: 204px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/412OyeSCxLL._SY445_.jpg"><img class="size-medium wp-image-15867" alt="A livre à lire. Editions Verdier, 2011" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/412OyeSCxLL._SY445_-188x300.jpg" width="194" height="310" /></a><p class="wp-caption-text"><em>A livre à lire. Editions Verdier, 2011</em></p></div>
<p>Paris, 1947. Sous la volière de la Bibliothèque nationale, rue Vivienne, un homme est courbé sur son pupitre. Il jette autour de lui des regards furtifs, craignant qu&rsquo;on ne repère l&rsquo;étrange manège auquel il se livre: avec l&rsquo;abnégation d&rsquo;un moine bénédictin et la discrétion d&rsquo;un agent secret, il recopie, à la main, les textes que vient de déposer sur la table de travail un cerbère au regard soupçonneux. Les textes, ce sont ceux du Divin Marquis, D. A. F. de Sade; ils sortent tout droit de l’«Enfer» de la Bibliothèque Nationale, ce quartier réservé où sommeillent les centaines d&rsquo;œuvres jugées trop peu conformes à la morale pour être mises en libre circulation mais trop importantes au regard de l&rsquo;esprit pour être réduites en cendres.</p>
<p>L&rsquo;homme, c&rsquo;est Maurice Nadeau. Il a 35 ans et, déjà, une solide réputation de franc-tireur. De ces séances répétées de contrebande, ce jeune homme, qui est devenu l&rsquo;un des plus influents critiques littéraires de son temps, va tirer un livre qui ouvrira une brèche définitive dans la bien-pensance triomphante de l&rsquo;après-guerre: la première édition publique des œuvres de Sade. L&rsquo;époque autorise les espoirs mais sanctionne les audaces: cette anthologie, précédée d&rsquo;une longue préface, est immédiatement retirée de la vente. Cinquante-cinq ans plus tard, voici réédité ce texte, qui n&rsquo;est autre que la première pierre d&rsquo;un édifice devenu légendaire: la maison Nadeau.</p>
<p><em>«Nadeau? C&rsquo;est l&rsquo;éditeur de l&rsquo;impossible,</em> résume, dans une jolie formule, l&rsquo;académicien Angelo Rinaldi. <em>Je lui dois tout! C&rsquo;est un homme honnête, qui possède un humour qu&rsquo;on ne soupçonne pas et qui attire invinciblement l&rsquo;amitié.»</em> Mais à cette amitié que lui portent quelques-uns se superpose l&rsquo;admiration que lui voue désormais le Tout-Paris. Suspecte, d&rsquo;ailleurs, cette récente unanimité. Décidément, le monde des Lettres doit avoir de bien grandes fautes à se reprocher!</p>
<p>D&rsquo;autant que ceux qui louent maintenant la probité et le flair de Nadeau brocardaient, hier, son «tablier rouge» de trotskiste. Il faut dire que le bonhomme ne correspond guère au modèle courant. Orphelin de la Grande Guerre, hussard de la République, compagnon de route des surréalistes avant d&rsquo;être boycotté par son ami Breton, militant trotskiste à la sortie des usines, Maurice Nadeau n&rsquo;est venu que tardivement à la littérature. <em>«J&rsquo;étais prof, je me sentais fini, fossilisé. Il fallait que je bouge: Pascal Pia m&rsquo;a ouvert les portes de Combat [quotidien issu de la Résistance], par hasard.» </em></p>
<p>C&rsquo;est sans doute dans cette histoire personnelle, sur laquelle, modeste, il n&rsquo;aime guère s&rsquo;étendre, qu&rsquo;il faut chercher les clefs de son univers. Maurice Nadeau, porté aux nues par le milieu littéraire, promène sur ce même milieu le regard étonné d&rsquo;un anthropologue distrait. Enfin un que n&rsquo;éclaire pas l&rsquo;esprit de la tribu: les stratégies florentines, les courbettes parisiennes, les potins de l&rsquo;Académie (où siègent pourtant ses amis Revel, Bianciotti, Obaldia et Rinaldi) le font ricaner doucement. Qu&rsquo;on lui parle honneurs, reconnaissance sociale ou succès, et le gaillard fronce le sourcil, se renfrogne, lâche un surprenant et salutaire: <em>«Toutes ces conneries, ce n&rsquo;est pas pour moi; ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est la littérature.» </em></p>
<p>Oui, mais voilà, Maurice Nadeau n&rsquo;a jamais fait partie de ces éditeurs pour qui la littérature s&rsquo;apprécie en fonction des dividendes qu&rsquo;elle rapporte. <em>«Son indépendance vis-à-vis des pouvoirs, économiques et politiques, est rarissime»,</em> souligne Paul Otchakovsky-Laurens, le patron des éditions P.O.L, qui débuta – comme tant d&rsquo;autres – à ses côtés et revendique son «influence déterminante». L&rsquo;édition est devenue une industrie, Nadeau est resté un artisan. <em>«Maurice défend l&rsquo;idée que faire un catalogue est au moins aussi important que gagner de l&rsquo;argent»,</em> ajoute Rinaldi. Une conception que ne partagèrent pas toujours les neuf éditeurs pour lesquels il travailla successivement et chez qui il publia la plupart des grands écrivains de la seconde moitié du XXe siècle.</p>
<p><span style="color: #800000;"><b>Les choses de qualité doivent être rares</b></span></p>
<p>Car c&rsquo;est ça, la marque Nadeau: découvrir de nouveaux talents. Et le «catalogue» est impressionnant! Comme critique littéraire, d&rsquo;abord – à <i>Combat</i> puis à <i>France-Observateur</i> et à <i>L&rsquo;Express</i> – Maurice Nadeau défend Michaux, Leiris, Queneau, Borges, puis fait découvrir au grand public un certain Samuel Beckett et un nommé J.-M.G. Le Clézio. Avec la même ardeur, il milite pour une littérature jusque-là bâillonnée: Sade et Henry Miller, mais aussi David Rousset, Chalamov, Soljenitsyne, Walter Benjamin, Octavio Paz&#8230; Comme éditeur, il publie les premiers ouvrages d&rsquo;inconnus qui deviendront célèbres: Roland Barthes, Edgar Morin, Arrabal, Georges Perec, Hector Bianciotti, René de Obaldia, Tahar Ben Jelloun, Michel Houellebecq&#8230;</p>
<p>Lui qui lit à peine l&rsquo;anglais, il introduit en France John Hawkes ou, plus récemment, Coetzee; il publie tous les livres de Miller depuis le très controversé <i>Nexus,</i> mais aussi <i>Le Quatuor d&rsquo;Alexandrie,</i> de Lawrence Durrell, ou encore le sublimissime <i>Au-dessous du volcan,</i> de Malcolm Lowry; Gombrowicz lui doit d&rsquo;être édité en français, tout comme Leonardo Sciascia, qui, lorsque Nadeau sera viré de chez Denoël, lui proposera même de le financer pour qu&rsquo;il reste son éditeur.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, ces écrivains font le bonheur des fonds d&rsquo;édition. A l&rsquo;époque, ils ne connurent qu&rsquo;un succès d&rsquo;estime et menèrent Nadeau à la rue! <em>«Au bout d&rsquo;un moment, les dirigeants des maisons d&rsquo;édition me faisaient savoir qu&rsquo;ils avaient perdu trop d&rsquo;argent et me fichaient dehors. Les auteurs que j&rsquo;avais découverts, eux, restaient, et je devais repartir de zéro. C&rsquo;est pour ça qu&rsquo;un jour j&rsquo;ai créé ma propre maison d&rsquo;édition. Mais le phénomène s&rsquo;est reproduit: Houellebecq, qui m&rsquo;a tanné pendant un an pour que je publie son premier roman, qui était à peu près potable, n&rsquo;est pas resté.»</em> En conçoit-il quelque amertume? <em>«Bof&#8230; J&rsquo;ai compris très vite que mon destin était de servir de tremplin, d&rsquo;essuyer les plâtres. C&rsquo;est qu&rsquo;il faut du temps pour imposer un écrivain comme Gombrowicz, vous savez!» </em></p>
<p>Du temps, oui. Le grand ennemi des éditeurs. Celui de Nadeau, aussi, qui, à 91 ans, continue de se rendre tous les matins à <i>La Quinzaine littéraire,</i> le journal qu&rsquo;il a fondé après <i>Les Lettres nouvelles,</i> en 1966. <em>«Si je m&rsquo;arrête, je n&rsquo;ai plus qu&rsquo;à me coucher et attendre. Ça, jamais!»</em> Maurice Nadeau force le respect. C&rsquo;est un vieux lion bourru et généreux, l&rsquo;un des derniers à cultiver l&rsquo;idée – sans doute ringarde par les temps qui courent – que les choses de qualité doivent être rares. <em>«Il est au service d&rsquo;une conviction de lecteur et non au service d&rsquo;une carrière. Le paradoxe étant, bien sûr, qu&rsquo;ayant toute sa vie fui la carrière il a fait une carrière exceptionnelle»,</em> commente, philosophe, son collaborateur Bertrand Leclair.</p>
<p><span style="color: #800000;"><b>«Je fais confiance aux gens, surtout aux jeunes»</b></span></p>
<p>Reste un mystère. Comment expliquer ce flair, cet incroyable discernement? <em>«Je ne sais pas,</em> grommelle-t-il. <em>A quoi voit-on qu&rsquo;on tient un écrivain? Je n&rsquo;ai toujours pas la réponse. Disons que je fais confiance aux gens, surtout aux jeunes. C&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai poussé Perec à récrire </em>Les Choses:<em> la première version me semblait mauvaise parce qu&rsquo;elle plagiait </em>L&rsquo;Education sentimentale, <em>mais il m&rsquo;a semblé que ce jeune gars portait en lui quelque chose, et je l&rsquo;ai encouragé à retravailler; trois mois plus tard, il m&rsquo;apportait son manuscrit: c&rsquo;était éblouissant.»</em> Maurice Nadeau ne sait pas. C&rsquo;est rassurant. On tient donc grâce à cet homme qui ne courbe pas l&rsquo;échine, qui ne cède à aucune facilité, la preuve indiscutable qu&rsquo;il y a, ici-bas, de l&rsquo;inexplicable.</p>
<p>___</p>
<p>Article publié dans <i>L’Express</i> le 28 mars 2002. Nadeau a fêté ses 100 ans, le 21 mai 2011; il a quitté «La Quinzaine» dans la nuit du 17 juin 2013.</p>
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		<title>«La solution en Iran est dans la révolution, pas dans cette élection ridicule»</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Jun 2013 18:35:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Iran]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Murielle Paradon Les électeurs iraniens votent ce vendredi 14 juin pour élire un nouveau président. Installé à Téhéran, où il a été emprisonné pendant un an pour avoir critiqué la politique économique du gouvernement, Fariborz Raisdana, 64 ans, économiste de gauche et écrivain, estime que cette élection est « ridicule ». C’est un homme amaigri mais [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15857" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/cid_B3B42170-9A67-4EF2-8CFA-04A53F75FAC1@Home.jpg"><img class="size-medium wp-image-15857" alt="Fariborz Raïsdana" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/cid_B3B42170-9A67-4EF2-8CFA-04A53F75FAC1@Home-300x224.jpg" width="300" height="224" /></a><p class="wp-caption-text">Fariborz Raisdana</p></div>
<h1><span class="Apple-style-span" style="font-size: 13px; font-weight: normal;"><b>Par Murielle Paradon</b></span></h1>
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<div>Les électeurs iraniens votent ce vendredi 14 juin pour élire un nouveau président. Installé à Téhéran, où il a été emprisonné pendant un an pour avoir critiqué la politique économique du gouvernement, Fariborz Raisdana, 64 ans, économiste de gauche et écrivain, estime que cette élection est « <em>ridicule </em>». C’est un homme amaigri mais déterminé. Notre envoyée spéciale, Murielle Paradon l’a rencontré dans sa maison de Téhéran. Et malgré les risques, il livre un témoignage édifiant, en commençant par ses conditions de vie en prison.</div>
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<p><span style="color: #800000;"><strong>RFI : Quelles ont été vos conditions de vie en prison ?<span id="more-15856"></span></strong></span></p>
<p><strong>Fariborz Raisdana :</strong> La prison c’est la prison, j’ai l’habitude mais cette fois, peut-être que c’était plus difficile parce que j’ai 64-65 ans. Mais en même temps, j’ai rencontré beaucoup de jeunes gens, des anciens étudiants à moi. Ils étaient très actifs, très au courant, et déterminés sur l’avenir de leur pays. Ils étaient très curieux de la situation sociale. Ils m’ont accueilli. Nous avons organisé des cours, même si les gardiens veillaient et ne nous permettaient pas de nous rassembler mais on l’a fait. Cette fois ça a donc été prometteur, plein d’espoir mais plus dur à cause de la nourriture et de la santé. J’ai été malade et je ne m’en suis remis qu’il y a un mois.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Avez-vous été victime de mauvais traitements ?</strong></span></p>
<p>Pas cette fois. La première fois que j’avais été arrêté, j’ai été maltraité pendant 5 jours. Ils m’avaient enchaîné au mur et ne m’autorisaient pas à bouger pendant 7-8 heures. Ensuite ils m’accordaient 10 minutes, pas plus. Mais cette fois, c’est la justice qui m’a mis en prison après une condamnation de un an.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Que pouvez-vous nous dire de la situation des droits de l’homme en Iran ?</strong></span></p>
<p>Les droits de l’homme en Iran sont constamment violés, dans bien des aspects. En prison, l’alimentation n’est pas convenable. Durant un an, je n’ai eu que 20 grammes de viande à manger. Et la situation sanitaire était très mauvaise. Et puis les prisonniers ne sont pas autorisés à voir leur famille. Ils peuvent se parler seulement par téléphone derrière une vitre Et ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital, même si on paye, même si vous êtes vraiment malade. Mais en même temps j’étais content car on a résisté. On a beaucoup manifesté, on criait. Ils nous réprimaient mais on recommençait. On critiquait la situation en prison et la situation politique du pays, de la société.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>La situation économique est catastrophique, les prix augmentent sans cesse. Vous qui êtes économiste, pouvez-vous nous dire pourquoi ?</strong></span></p>
<p>Je ne peux pas dire que c’est à cause de la mauvaise politique gouvernementale. C’est à cause de la structure même de la société. Une minorité a le pouvoir économique entre les mains. La bourgeoisie détient l’immobilier. Les commerçants du bazar, le clergé, l’armée&#8230; tous ont une idéologie commune qui est l’islam. Mais les avantages qu’ils tirent de leur situation ne leur permet pas d’améliorer la situation des gens. Ils ne peuvent pas aller vers une redistribution des revenus ou vers plus d’aides.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>C’est la seule raison ? Et les sanctions économiques internationales ?</strong></span></p>
<p>La raison essentielle c’est quand même cela. Les sanctions et la crise économique mondiale n’ont fait qu’aggraver la situation.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Quelles sont les solutions ?</strong></span></p>
<p>La solution est dans la révolution. Je n’ai jamais cru aux réformes, je n’ai jamais cru en cette élection ridicule, jamais. Je pense que la solution réside dans le transfert du pouvoir au peuple. Le peuple est intelligent, il peut améliorer son sort, il peut édifier sa démocratie.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Mais cela voudrait dire la fin du régime islamique ?</strong></span></p>
<p>Bien sûr, la suppression du lien entre le gouvernement et la religion, la démocratisation, de vraies élections. 90 % des gens ne vont pas aller voter, ils vont rester chez eux et rien ne va changer.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Vous ne croyez pas en ces élections ?</strong></span></p>
<p>Bien sûr que non et je n’irai pas voter. Cette fois, c’est un peu difficile pour moi, les autorités m’ont dit que si jamais j’appelais au boycott, elles me remettraient directement en prison. Mais j’ai précisé dans mes dernières interviews que selon Mark Twain, dans un pays où il n’y a pas de liberté, ils ne vous laissent pas voter, s&rsquo;ils vous laissent voter, c’est que rien ne va changer. Sinon ils ne vous laisseraient pas !</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Vous parlez de révolution mais pensez-vous que les gens et les jeunes vont vous suivre ?</strong></span></p>
<p>Quand je parle de révolution ce n’est pas forcément dans le sang, il faut un changement radical. Beaucoup de jeunes que j’ai rencontré en prison, croient en un changement radical mais nous devons trouver un moyen de convaincre les gens d’y croire aussi, de comprendre que c’est plus risqué d’accepter la situation actuelle que de demander un changement radical. A cause de la prison, du manque de nourriture, à cause de la pollution, des conditions sociales, de la dictature.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>Quel message souhaiteriez vous adresser au monde, aux pays occidentaux ?</strong></span></p>
<p>Les Occidentaux font pression sur l’Iran et ils transfèrent cette pression sur les gens pauvres. Mais Je ne suis pas pessimiste, je suis optimiste. Il y a des gens, des amis, en prison qui réfléchissent à une forme de démocratie qui ne soit ni néo-libérale, ni la démocratie des mollahs et son élection ridicule, mais une démocratie indépendante.</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>___ </strong></span></p>
<p>Entretien réalisé le 14 juin 2013 pour RFI</p>
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		<title>Iran: répression des activités syndicales, élection et «ouverture» vers l&#8217;Occident</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Jun 2013 17:46:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15844" class="wp-caption alignleft" style="width: 285px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Moderate-Hassan-Rouhani-wins-Iran-presidential-election-1.jpg"><img class="size-full wp-image-15844" alt="Hassan Rohani" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Moderate-Hassan-Rouhani-wins-Iran-presidential-election-1.jpg" width="275" height="186" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Hassan Rohani</em></p></div>
<p><strong>Par rédaction A l&rsquo;Encontre et Mansour Osanloo</strong></p>
<p>La victoire électorale d’Hassan Rohani – dès le premier tour, il a obtenu 50,68% des voix – est d’abord un signe en direction des puissances impérialistes. Hassan Rohani a été membre du Conseil suprême de défense nationale durant deux ans, puis en a été écarté par Ahmadinejad. Il était aussi responsable du «dossier nucléaire» avant d’en être écarté.</p>
<p>Le candidat Saïd Jalili, parmi les plus «conservateurs», était considéré comme intransigeant sur le dossier nucléaire et très «fidèle» au guide suprême Ali Khamenei. <span id="more-15843"></span>Rohani, dans le contexte politique actuel de l’Iran, est considéré comme un «religieux modéré». Son porte-parole Saïd Reza Salehi déclarait le 10 juin 2013: <i>«Hassan Rohani a rédigé un programme précis sur le nucléaire. Sa stratégie principale, c’est d’avoir des relations avec l’Occident et de diminuer les tensions, pour régler cette question du nucléaire et trouver une solution par la discussion.»</i></p>
<p>Sortir de la dite impasse nucléaire implique de lever les sanctions économiques qui se répercutent, d’une part, sur la marge de manœuvre des acteurs économiques dominants et, d’autre part, sur la vie quotidienne, de plus en plus difficile, des masses laborieuses iraniennes, qu’elles travaillent ou soient au chômage ou dans la précarité.  C’est ce qu’explique dans l’article ci-dessous Mansour Osanloo, ex-président des syndicats des conducteurs de bus, arrêté et torturé de façon terrifiante pour avoir simplement engagé une activité de défense des travailleurs. Pour les fractions au pouvoir, islamistes, l’interdiction d’une activité syndicale indépendante participe de leur approche néolibérale au plan économique.</p>
<p>Cette répression anti-syndicale et politique s’inscrit aussi dans le cadre des articles de la Constitution, dont deux ont une importance concrète. L’art. 12 qui affirme : <i>«La religion officielle de l’Iran est l’islam selon l’école juridique jaffarite duodécimaine </i>[l’école jaffarite – Chiite Dudécimaine – est une école Juridique islamique à part entière, il existe d’autres écoles: malékite, hannafite, chafiite et hanbalite]. <i>Ce principe ne sera jamais susceptible de modification.»</i> Art. 115: <i>«Le président doit ê</i><i>tre élu parmi les hommes</i> [le mot utilisé dans le texte original est <i>Rejal</i>] <i>versés dans la religion et la politique et possédant les qualifications suivantes: Iranien d’origine, nationalité iranienne, capacité à diriger, avisé, justifiant d’un passé sans tache, honnête et pieux, croyant et adhérent aux fondements de la Républiques islamique d’Iran ainsi qu’à la religion officielle du pays.»</i> C’est sur base qu’ont été sélectionnés entre autres les candidats, initialement au nombre de 686, qui se sont inscrits pour succéder à Mahmoud Ahmadinejad. Certains «anti-impérialistes» vont-ils regretter Ahmadinejad et son orientation parce qu&rsquo;il apparaissait plus «ferme» face à «l&rsquo;Occident» que Rohani? Quand on lit les balivernes de certains «anti-impérialistes» soutienant le régime d&rsquo;Assad en Syrie – soutien de facto ou implicite – on peut se risquer à penser que de telles «élaborations» regrettant Ahmadinejad se feront jour sur la Toile. Il est vrai qu&rsquo;Einstein disait: <em>«Deux choses sont infinies: l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.»</em></p>
<p>Le corps constitué des pasdarans défend ses intérêts  politiques, économiques et militaires avec une autorité tout aussi grande que celle de Khamenei. De fait, ils verrouillent la situation politique et institutionnelle intérieure. En un mot: autant les élections représentent un message en direction de «l’Occident», autant le régime et ses règles en place restent ancrés dans une continuité. Sauf à imaginer, ce qui n’est pas impossible, une crise sociale de plus grande ampleur avec des expressions politiques massives, certes diversifiées,  contre le pouvoir en place, ce que confirment peut-être les manifestations présentes dans la rue. (Rédaction <i>A l’Encontre</i>)<b><br />
</b></p>
<p align="center"><strong><span style="color: #800000;">*****</span></strong></p>
<div id="attachment_15850" class="wp-caption alignleft" style="width: 324px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Iran_0_0.jpeg"><img class="size-full wp-image-15850" alt="Des enfants dans un ateler de mécanique à Téhéran" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Iran_0_0.jpeg" width="314" height="235" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Des enfants dans un ateler de mécanique à Téhéran</em></p></div>
<p>L’élection présidentielle iranienne ne sera ni libre ni juste. Les candidats présentés au vote ont été sélectionnés à l&rsquo;avance lors d&rsquo;une enquête approfondie, motivée politiquement, qui n&rsquo;a d&rsquo;autre objectif que d&rsquo;assurer l&rsquo;élection d&rsquo;un président docile, qui sera loyal au chef suprême de l&rsquo;Iran, l&rsquo;ayatollah Ali Khamenei. Indépendamment du résultat du vote, le défi le plus urgent autant du prochain président que de l&rsquo;ayatollah Khamenei va être de faire face à une marée montante de mécontentement résultant de la dégradation rapide de la situation économique.</p>
<p>Le monde extérieur est principalement intéressé à savoir si l&rsquo;élection marquera un changement de la position du régime iranien sur la question du nucléaire. Pour l&rsquo;Iranien et l’Iranienne «de la rue», toutefois, la question la plus importante est celle des conséquences de cette élection sur son porte-monnaie; en particulier l&rsquo;effet qu&rsquo;elle aura sur les masses qui travaillent dur, celles dont le pouvoir d&rsquo;achat a drastiquement diminué alors qu&rsquo;elles luttent pour assurer les besoins les plus élémentaires de leurs familles.</p>
<p>Les travailleurs de l&rsquo;industrie, les enseignant·e·s, les infirmières, les employé·e·s de l&rsquo;Etat et du secteur des services ont été frappés durement. La gestion économique médiocre du gouvernement du président Mahmoud Ahmadinejad, conjuguée avec des sanctions internationales drastiques, a fait du sort de ces travailleuses et travailleurs l&rsquo;aspect le plus important de la politique intérieure de l&rsquo;Iran.</p>
<p>La situation au sein du pays peut sembler calme en raison de la répression gouvernementale brutale, mais d&rsquo;amples protestations ouvrières existent. Des dissidents de toute provenance sociale, incluant des jeunes formés mais sans emploi ainsi que des femmes, sont à la recherche de tous les instants possibles durant lesquels ils pourront exprimer pacifiquement leurs doléances. Rien que la semaine dernière à Ispahan, lors des funérailles [le 4 juin] de l&rsquo;ayatollah Jalaledin Taheri, célèbre membre du clergé dissident, des milliers de personnes scandèrent <i>«Mort au dictateur!»</i> et <i>«Tous les prisonniers politiques doivent être libérés!».</i></p>
<p>Les autorités sont conscientes de la bombe à retardement que crée l&rsquo;appauvrissement de larges couches de la population. Lors d&rsquo;une récente réunion du Conseil national de sécurité d&rsquo;Iran, des officiels de haut rang ont exprimé leurs préoccupations au sujet de possibles émeutes «de la faim».</p>
<p>Je sais jusqu’où les autorités peuvent aller. J&rsquo;ai passé plus de cinq ans en prison en raison de mes activités en faveur de l&rsquo;organisation des travailleurs. J&rsquo;ai été torturé physiquement et psychologiquement; j&rsquo;ai été menacé d&rsquo;être violé. Mes interrogateurs ont aussi souvent menacé d&rsquo;emprisonner, de torturer et de violer ma femme et mes enfants.</p>
<p>Puyesh, mon fils, a été emprisonné et brutalement torturé. Les autorités ont expulsé mon autre fils, Sahesh, de son université. Les services secrets ont enlevé son épouse, Zoya, à trois reprises. Elle a été battue et menacée. Elle a fait une fausse couche lors de l&rsquo;un de ces enlèvements. Saeed Mortazavi, le fameux procureur de Téhéran, a menacé à plusieurs reprises mon épouse alors qu&rsquo;elle continuait la procédure pour ma défense auprès de la Justice. Mes interrogateurs l&rsquo;ont également très souvent harcelée par des appels menaçants et des SMS indécents.</p>
<p>J&rsquo;ai été mis en cellule d&rsquo;isolement pour la plus petite protestation contre mon traitement. Une fois, je l’ai été pendant 7 mois et 23 jours. Les interrogateurs ont souvent menacé de me tuer, me disant: <i>«Personne ne sait que tu es ici, nous pouvons aisément te tuer en toute impunité.»</i> Ils me rappelèrent à plusieurs reprises les massacres de prisonniers politiques au cours des années 1980 et les nombreuses personnes qui ont été tuées en détention depuis lors.</p>
<p>J&rsquo;ai cependant été suffisamment chanceux pour bénéficier d&rsquo;un large soutien, en particulier de la part des syndicats internationaux et des organisations des droits humains. La diffusion des nouvelles au sujet de mon affaire a eu un effet sur ma relation avec les gardiens. Ils prirent connaissance – par le biais des chaînes télévisées satellitaires ainsi que par Internet – des informations au sujet de mon activité syndicale et des raisons qui aboutirent à mon emprisonnement. Un changement de leur comportement en résulta au fil du temps. Je suis même arrivé à tisser des rapports amicaux avec certains de mes gardiens de prison, qui étaient eux-mêmes issus de familles ouvrières, leur expliquant comment faire aboutir des plaintes contre leurs employeurs, plainte ayant trait à leurs conditions de travail.</p>
<p>J&rsquo;ai récemment quitté le pays parce que j&rsquo;étais menacé de mort. Des travailleuses et travailleurs iraniens de nombreux secteurs continuent cependant à s&rsquo;organiser; certains de façon publique, d&rsquo;autres le font clandestinement pour éviter la répression. Les intimidations, les poursuites judiciaires et l&rsquo;emprisonnement des militants syndicaux s&rsquo;accroissent, mais les syndicats n&rsquo;ont pas pu complètement être réduits au silence et certains ont même remporté quelques succès limités. Mes collègues du syndicat des conducteurs de bus de Téhéran sont parvenus à gagner une augmentation de salaire de 18% malgré les emprisonnements et le licenciement de plusieurs membres. Ample chômage, inflation galopante, manque de biens élémentaires ainsi qu&rsquo;un déclin abrupt du taux de change de la monnaie iranienne [qui se répercute sur les prix des biens importés] ont un impact tellement négatif sur la vie des travailleurs et des salarié·e·s qu&rsquo;ils ne peuvent se permettre de rester silencieux et indifférents.</p>
<p>Face à cette crise économique, aucun des actuels candidats présentés à l’élection n’a mis en avant un programme économique concret et crédible pour faire face aux préoccupations des travailleuses et des travailleurs. Ils ont fait référence à des problèmes et critiqué la gestion médiocre ainsi que la corruption du gouvernement Ahmadinejad, mais ils n&rsquo;ont pas proposé ou discuté de solutions pour améliorer le sort des travailleuses et travailleurs.</p>
<p>Nous accueillons le soutien international de toutes celles et ceux qui se préoccupent de notre lutte. La gauche américaine s&rsquo;est opposée à juste titre à un aventurisme militaire contre l&rsquo;Iran, mais elle doit aussi s&rsquo;opposer aux sanctions qui frappent les Iraniennes et Iraniens «de la rue». Elle doit également soutenir nos luttes visant à obtenir la liberté d&rsquo;expression et d&rsquo;association ainsi que le droit à la négociation collective et celui de défendre des améliorations sur les lieux de travail. Ces libertés élémentaires sont essentielles à notre dignité ainsi que pour l&rsquo;avenir d&rsquo;un Iran réellement démocratique. (Traduction <i>A l&rsquo;Encontre</i>)</p>
<p>____</p>
<p>Opinion publiée dans l&rsquo;édition du 15/16 juin 2013 de l&rsquo;<i>International Herald Tribune</i>. Mansour Oslandoo est ancien président du syndicat des conducteurs de bus de Téhéran. Il a été emprisonné par le gouvernement iranien entre 2006 et 2011.</p>
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		<title>Cuba. Les dangers du ghetto politique</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Jun 2013 11:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cuba]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Samuel Farber La libéralisation culturelle et ­ – jusqu&#8217;à un certain degré – politique qui s&#8217;est établie à Cuba, surtout depuis que Raul Castro a assumé le pouvoir en 2008, s&#8217;est majoritairement exprimée dans des cercles très limités, notamment dans le domaine culturel et politique de l&#8217;Eglise catholique, et, à un moindre degré, dans [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/portada.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15826" alt="portada" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/portada.jpg" width="237" height="310" /></a>Par Samuel Farber </b></p>
<p>La libéralisation culturelle et ­ – jusqu&rsquo;à un certain degré – politique qui s&rsquo;est établie à Cuba, surtout depuis que Raul Castro a assumé le pouvoir en 2008, s&rsquo;est majoritairement exprimée dans des cercles très limités, notamment dans le domaine culturel et politique de l&rsquo;Eglise catholique, et, à un moindre degré, dans les médias académiques et artistiques.</p>
<p>Des publications telles que <i>Espacio Laical</i> (Espace laïque), destinées aux paroissiens catholiques de l&rsquo;île et aux intellectuels laïcs, ont une diffusion et une influence réduite. Cela est d&rsquo;autant plus vrai, par exemple, dans le cas de la revue <i>Temas</i>, beaucoup moins critique que <i>Espacio laical</i>, et qui circule presque exclusivement parmi les intellectuels, les artistes et les universitaires.<span id="more-15824"></span></p>
<p>Pendant ce temps, les grands médias continuent à être contrôlés par le Département idéologique du Comité central du Parti communiste cubain, dirigé par Rolando Alfonso Borges. Au vu de la faible pénétration d&rsquo;Internet dans l&rsquo;île, l&rsquo;immense majorité de la population dépend de la presse et de la télévision officielles pour apprendre ce qui se passe à Cuba et dans le reste du monde.</p>
<p>La petite concession du gouvernement qui permet aux Cubains l&rsquo;accès à Telesur (TV du gouvernement chaviste de Maduro), donc a station parrainée par le gouvernement vénézuélien, ne modifie pas de manière significative le flux d’information très pauvre et dénaturée que reçoivent quotidiennement les gens.</p>
<p>Il est évident qu&rsquo;à Cuba il n&rsquo;existe pas l&rsquo;équivalent de publications réellement critiques telles que <i>Argumenty I Fakti </i>et<i> Ogonyok, </i>qui, à l&rsquo;époque de Gorbatchev, avaient largement circulé dans des secteurs significatifs, urbains, de population de l’URSS. Le Cubain «<i>de la rue</i>» n&rsquo;est pas exposé à la critique culturelle ou politique et est peu informé sur ce qui se passe dans son pays et dans les divers continents.</p>
<p>Même si le fait qu&rsquo;il existe des espaces où l&rsquo;on peut discuter plus librement des problèmes sociaux et politiques que rencontrent les Cubains est une avancée importante, la situation existante est très préoccupante. En effet, ces espaces peuvent facilement se transformer en zones isolées de tolérance destinées à pacifier et à neutraliser des secteurs de mécontents actuels ou potentiels parmi les intellectuels cubains.</p>
<p>Ces zones de tolérance peuvent y compris s&rsquo;étendre à une occasionnelle manifestation dans la rue, à condition qu&rsquo;il apparaisse culturellement et politiquement inoffensif, comme cela semble être le cas pour beaucoup d&rsquo;activités organisées par CENESEX [1].</p>
<p>En tant qu&rsquo;universitaire retraité vivant à New York je n&rsquo;ai aucune autorité pour dire à mes compatriotes dans l&rsquo;île ce qu&rsquo;ils doivent ou non faire, puisque ce sont eux qui encourent les risques. Je crois néanmoins que mes réflexions, fondées sur mes expériences et recherches politiques, peuvent leur être utiles.</p>
<p>C&rsquo;est dans cette mesure que je me permets d&rsquo;exprimer ma préoccupation sur le risque que la gauche critique naissante reste piégée dans le ghetto politique qu&rsquo;a constitué jusqu&rsquo;à maintenant son principal environnement. Si elle veut gagner des forces, il est urgent qu&rsquo;elle s&rsquo;ancre plus profondément dans la société réelle, en lien avec les changements socio-économiques qui se produisent dans le pays, et qui mettent la défense de la sécurité et les intérêts de la classe ouvrière et du peuple au premier plan.</p>
<p>La politique, tout comme la nature, a horreur du vide et si le mécontentement populaire n&rsquo;assume pas une orientation progressiste, il se manifestera sous d&rsquo;autres formes – y compris par la démoralisation qui pousse surtout les jeunes à l&rsquo;émigration, sinon au crime – comme moyen de résoudre «<i>résoudre</i>» leurs problèmes.</p>
<p>Comment «<i>l&rsquo;homme de la rue</i>» pourra-t-il réagir pour éviter que la transition vers le modèle sino-vietnamien ou autre ne se fasse à son détriment, comme cela se passera inévitablement s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de résistance?</p>
<p>C&rsquo;est ici que l&rsquo;autogestion peut jouer un rôle critique si elle s&rsquo;exerce en termes pratiques et immédiats dans les centres de travail comme, par exemple, pour résister aux procédures qui ont été imposées il y a quelques années pour établir «<i>l&rsquo;adéquation démontrée</i>» (<i>idoneidad demostrada</i>) et licencier les travailleurs «<i>non adéquats</i>».</p>
<p>Cette législation n&rsquo;a pas respecté le vieux principe syndicaliste de l&rsquo;ancienneté et encore moins la protection prioritaire des femmes et des noirs. Une intervention de la gauche sur ce genre de question afin de s&rsquo;opposer aux pratiques clairement anti-ouvrières et anti-populaires, pourrait l&rsquo;ancrer plus profondément dans la société réelle.</p>
<p>Je généralise, et dans une certaine mesure je simplifie la situation existante, car il y a des individus et des groupes de la nouvelle gauche qui sont actifs dans des tâches importantes hors du ghetto politique, telle que la protection de l&rsquo;environnement. Mais je crois que le développement de nouvelles priorités serait très bénéfique pour la nouvelle gauche.</p>
<p>D&rsquo;une part, cela l&rsquo;ancrerait plus solidement dans la classe ouvrière et auprès de «<i>l&rsquo;homme de la rue</i>», tout en lui permettant de se confronter avec les noyaux durs du régime. Il est évident que les gérants de l&rsquo;économie font partie de ces noyaux, mais à un niveau local, où un tel affrontement est possible, alors qu&rsquo;un défi généralisé à l’échelle nationale pourrait actuellement l&rsquo;écraser. C&rsquo;est là le seul type d&rsquo;action possible à un moment où le rapport de forces penche très lourdement en faveur du gouvernement et de son appareil sécuritaire et que les gens peuvent être réprimés.</p>
<p>Le même raisonnement tactique et stratégique peut être appliqué à des questions plus strictement politiques en dehors des lieux de travail. Les noirs et les gays, en particulier les jeunes, sont constamment exposés au harcèlement policier qui va de l&rsquo;obligation de montrer sans arrêt le carnet d&rsquo;identité jusqu&rsquo;à l&rsquo;affrontement et à des brutalités policières.</p>
<p>Je pense qu&rsquo;une protestation organisée contre ces abus ferait beaucoup plus pour l&rsquo;autodétermination de ces groupes que les célébrations carnavalesques organisées par le CENESEX.</p>
<p>Il vaut la peine de noter qu&rsquo;en Chine, le gouvernement lui-même a dû reconnaître qu&rsquo;il doit chaque année faire face à beaucoup de protestations de la part des paysans et des ouvriers [2]. Même si ces protestations étaient généralement locales et ne visaient pas des changements systémiques dans la société, elles ont eu une influence significative en ce qui concerne l&rsquo;augmentation des salaires et l&rsquo;attention nouvelle que porte le régime à la consommation intérieure [bien que le résultat reste fort limité, pour l’heure], et surtout, bien sûr, elles ont renforcé la confiance et le pouvoir des gens. Il n&rsquo;est pas difficile de supposer que cela pourrait établir les bases pour une opposition plus généralisée et politique dans un proche avenir.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;une aile du PCC ou une section du groupe au pouvoir passera de «notre côté» que cela entraînera le changement progressiste vers un socialisme authentiquement démocratique. Cela est souvent arrivé dans l&rsquo;histoire, mais en général comme réaction à une opposition réelle et puissante.</p>
<p>Si la gauche critique et démocratique est trop faible pour lutter pour le pouvoir, elle peut en revanche œuvrer pour renforcer la confiance des gens en eux-mêmes à travers la mobilisation populaire.</p>
<p>Il est évident que cela n&rsquo;est pas dans les projets de la droite <i>plattiste</i> [référence à l'Enmienda Platt imposé en 1902 à Cuba par les Etats-Unis] qui est davantage intéressée aux «<i>petits coups de main</i>» de la Section des intérêts des Etats-Unis à La Havane. Ce qui la rend dépendante de l&rsquo;empire états-unien, se substituant et contournant ainsi l&rsquo;effort propre nécessaire pour solliciter et organiser le modeste soutien que peuvent lui accorder d&rsquo;autres Cubains mécontents.</p>
<div id="attachment_15834" class="wp-caption alignleft" style="width: 421px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Cuba.jpg"><img class="size-full wp-image-15834" alt="Photo publiée dans l'article en première du site web: «Las Fuerzas Aramadas y el futuro de Cuba» par Lenier Gonzales Mederos, en janvier 2013" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Cuba.jpg" width="411" height="234" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Photo publiée dans l&rsquo;article en première du site web: «Las Fuerzas Aramadas y el futuro de Cuba» par Lenier Gonzales Mederos, en janvier 2013</em></p></div>
<p>En ce qui concerne l&rsquo;Eglise catholique, nous savons qu&rsquo;elle joue un rôle ambigu. D&rsquo;un côté elle protège diverses sortes de milieux critiques, y compris la gauche critique et les propositions démocratiques du Laboratoire Casa Cuba [3]. Mais, d&rsquo;autre part, lorsqu&rsquo;il parle en son nom propre, son porte-parole laïc s&rsquo;adresse aux Forces armées – qu&rsquo;il caractérise comme étant la seule institution, à part l&rsquo;Eglise catholique, qui restera «<i>indemne</i>» pendant «<i>encore deux cents ans</i>». Et, il les invite tacitement à conclure un pacte politique, en indiquant que les «<i>Forces armées, tout comme l&rsquo;Eglise catholique, ont la responsabilité patriotique et morale de défendre et de faciliter le meilleur avenir possible pour Cuba</i>» [4].</p>
<p>C&rsquo;est la raison pour laquelle le changement a une importance particulière. Compte tenu du fait que le changement démocratique que nous voulons est inexorablement lié à qui l&rsquo;effectue et de quelle manière, l&rsquo;option est claire: soit le changement sera promu «<i>depuis en haut</i>», comme le prône le porte-parole catholique, soit il se fera depuis en bas. N&rsquo;oublions pas que Karl Marx soutenait que l&rsquo;émancipation de la classe ouvrière n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un Messie ou d&rsquo;un autre agent «<i>bienveillant</i>», depuis en haut, mais la tâche exclusive de cette même classe, depuis en bas. (Traduction <em>A l&rsquo;Encontre</em>)</p>
<p>_____</p>
<div id="attachment_15825" class="wp-caption alignright" style="width: 158px"><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Droits-homo-la-fille-de-Raul-Castro-en-deplacement-a-New-York_mode_une.jpg"><img class="size-full wp-image-15825" alt="Mariela Castro, fille de Raul, du CENSEX" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/Droits-homo-la-fille-de-Raul-Castro-en-deplacement-a-New-York_mode_une.jpg" width="148" height="190" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Mariela Castro, fille de Raul, du CENSEX</em></p></div>
<p>[1] Le programme du Centre national d’éducation sexuelle (CENSEX) est dirigé par la fille de Raul Castro, Mariela Castro, sexologue de profession. Son père est donc l’actuel président de Cuba. Sa mère Vilma Espin s’était montrée beaucoup plus tolérante que le régime envers les homosexuels. Une remarque: bien que ce soit dans un contexte très différent, cette tendance peut être notée parmi les gays nord-américains où, au cours des années récentes, ils ont été nombreux à intégrer un fort courant de type culturel, consumériste et apolitique. L&rsquo;année passée, il a été surprenant de voir dans le défilé gigantesque de fin juin célébrant l&rsquo;anniversaire des émeutes gays de Stonewall, de 1969, ni plus ni moins que le chef de la Police de New York, Raymond Kelly, qui s&rsquo;est «distingué» récemment par son harcèlement de Latinos et de Noirs au moyen du programme «Stop and Frisk» (arrêter et fouiller) qui a affecté des dizaines de milliers de personnes innocentes.</p>
<p>[2] L&rsquo;Académie chinoise de Sciences sociales a calculé qu&rsquo;il y a eu plus de 90’000 «incidents de protestations» en 2006, y le professeur de Sociologie Sun Liping a évalué à 180’000 le nombre «d&rsquo;incidents» en 2010.</p>
<p>[3] Laboratorio Casa Cuba, «Cuba soñada &#8211; Cuba posible &#8211; Cuba futura: propuestas para nuestro porvenir inmediato», <i>Espacio Laical, Suplemento Digital</i> No. 224, marzo 2013. <a href="https://blu162.mail.live.com/default.aspx?id=64855" target="_blank">https://blu162.mail.live.com/default.aspx?id=64855</a>.</p>
<p>4] Lenier González Mederos, &laquo;&nbsp;Las Fuerzas Armadas y el Futuro de Cuba,&nbsp;&raquo; Espacio Laical, Suplemento Digital No. 224/Marzo 2013. <a href="https://blu162.mail.live.com/default.aspx?id=64855">https://blu162.mail.live.com/default.aspx?id=64855</a>.</p>
<p>_____</p>
<p><b>Samuel Farber</b> est né et a été élevé à Cuba. Il a écrit de nombreux articles et ouvrage sur «l&rsquo;île». Son dernier livre est <i>Cuba Since the Revolution of 1959. A Critical Assessment</i>, publié par Haymarket Books (Etats-Unis) en 2011. Il écrit pour des publications de la gauche anticapitaliste et des sites alternatifs.</p>
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		<title>France. A bas les nababs, vive l’équité!</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jun 2013 18:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alencontre</dc:creator>
				<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Hubert Huertas Enfin le retour de la morale! De la vraie! De la rigoureuse! Quasiment du jansénisme! Le débat sur la réforme des retraites apporte une bouffée de pureté. Le discours officiel n’y parle pas seulement d’économie. Il met en avant une valeur immatérielle. Il réclame «l’Equité». Tous les mêmes! Tous pareils! Aucune tête [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b><a href="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/equite.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15818" alt="equite" src="http://alencontre.org/wp-content/uploads/2013/06/equite.jpg" width="299" height="151" /></a>Par Hubert Huertas</b></p>
<p>Enfin le retour de la morale! De la vraie! De la rigoureuse! Quasiment du jansénisme! Le débat sur la réforme des retraites apporte une bouffée de pureté. Le discours officiel n’y parle pas seulement d’économie. Il met en avant une valeur immatérielle. Il réclame «l’Equité». Tous les mêmes! Tous pareils! Aucune tête ne doit plus dépasser. Et aussi surprenant soit ce constat, quand on réfléchit aux retraites, plus on est libéral, plus on est communiste!<span id="more-15817"></span></p>
<p>Ce matin, d’ailleurs, <i>Le Figaro</i> est communiste. Le journal de Serge Dassault en a marre des inégalités, et il y consacre sa Une. L’Edito est à deux doigts du collectivisme. Il explique que «L’Equité doit commencer par loger tout le monde à la même enseigne», le public et le privé [1]. Sur la manchette, en haut et à gauche, on trouve un sondage qui souligne l’aspiration française à une société égalitaire.</p>
<p>Et sur la droite, on découvre la Une du <i>Figaro Magazine</i>. Elle pourfend les privilèges, en dénonçant «ceux qui bloquent la France», à savoir, assurément, les bourgeois d’aujourd’hui, entendez les syndicats, les lobbies, les intermittents, les corporations, en clair tout ce maillage d’égoïsmes qui empêcherait l’avènement de la société nouvelle, où aucun homme ne pourra plus prétendre à posséder davantage que son voisin.</p>
<p>Une société où toute tension, toute envie, toute jalousie aura disparu parce que chaque citoyen, quasiment chaque camarade, aura le même sort que son prochain.</p>
<p>C’est beau comme du Lénine et ça ne date pas d’hier. Le Premier à avoir constaté ce type d’inégalité dans la société française est le bon Raymond Barre, à la fin des années 70, quand il avait fait du fonctionnaire, jadis envié, un privilégié de mauvaise réputation. Une espèce de patron du «Cac camping» avec son bungalow là où les autres dormaient sous des toiles de tentes.</p>
<p>Par la suite, à partir des années 80, la métaphore du nabab allait s’imposer dans le discours politique. Nabab celui qui avait un treizième mois, il devait s’aligner sur celui qui en avait douze. Nabab celui qui en avait douze, il devait s’adapter aux CDD. Nabab celui qui vivait dans sa région, il devait être mobile. Nabab celui qui se croyait à l’abri dans ses frontières, il devait s’adapter à la mondialisation.</p>
<p>Tous ceux qui disposaient d’un avantage particulier, retraites, convention collective, tarif du gaz et de l’électricité, vacances, trente-cinq heures, comités d’entreprises, allaient être dénoncés au nom de l’Equité.</p>
<p>Quarante ans plus tard la réforme sur les retraites va ajouter sa pierre à cette conquête morale.</p>
<p>Avec une petite contrariété, quand même. Dans les années 70, donc à l’époque des privilèges qu’on veut éradiquer, l’écart entre les revenus oscillait de 1 à 20. Désormais que pas une tête ne dépasse, les puissants sont cinq cents fois plus riches. <i>(Billet sur France Culture du 14 juin 2013, à 7h36)</i></p>
<p>____</p>
<p>[1] Dans l&rsquo;édition du 14 juin 2013 du <em>Figaro</em> qui en première titre: «Retraite: 56% des Français pour l&rsquo;égalité public-privé» et Edito: «Vous avez dit équité» avec, en relief, la formule «L&rsquo;équité commence par loger tout le monde à la même enseigne» et ajoute: «En ces temps «d&rsquo;efforts partagés», on se demande bien ce qui justifie la possibilité pour une catégorie bruyante (sic) de Français classés au siècle dernier dans les régimes spéciaux [des départs à la retraite] de cesser toute activité à 52 ans.» On se demande si Gaëtan De Capèle, l&rsquo;éditorialiste, voudrait que «son» TGV, 1ère classe, soit conduit par un conducteur de 65 ans, soumis au stress d&rsquo;une «carrière» dont toutes études épidémiologiques indiquent les problèmes de santé et les nécessités d&rsquo;une attention soutenue, extrême, durant les heures de travail, irrégulières? Réd.<em> A l&rsquo;Encontre</em></p>
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