mercredi
19
février 2019

A l'encontre

La Brèche

Europe. Ecrémage industriel, exode des cerveaux et longue panne d’investissement
France. Un «clan familial», avec ses divers réseaux, derrière la présidente Marine
Brésil: déconfiture économique et occupations de fabriques
Les frontières de la «mer morte» et des crimes de guerre
France. Le coup de bluff du gouvernement a échoué
Mexique. Pour lutter contre le «huachicol», AMLO décide la militarisation. Un pas de côté fort dangereux…
Regrouper, construire, élargir le mouvement vers la grève générale

Archives de la catégorie ‘Livres’

Décoloniser l’identité israélienne

Publié par Alencontre Le 16 - février - 2019

Par Françoise Feugas

Nakba, Pour la reconnaissance de la tragédie palestinienne en Israël, d’Eléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio (Ed. Omniscience, octobre 2018) · Longtemps, la Nakba, la tragédie qui aboutit à l’expulsion de centaines de milliers de réfugiés fut une affaire purement palestinienne. Dans un livre, deux militants expliquent comment ils en ont fait une histoire israélienne.

Début 2002, quelque temps avant la « Journée de la terre », un petit groupe de militants de gauche israéliens et de Palestiniens se donnaient rendez-vous sur le site du village de Miska (à 15 km au sud-ouest de Tulkarem), vidé de ses habitants en 1948 et détruit en 1952. D’anciens habitants témoignèrent de leur vie passée dans ce village, et des panneaux en arabe et en hébreu furent apposés sur le site. Eitan Bronstein Aparicio parla ce jour-là du droit au retour des réfugiés. « C’est véritablement notre première action en tant qu’organisation : Zochrot est née sur le terrain, à Miska, en mars 2002 », raconte-t-il.

Zochrot signifie « Elles se souviennent » en hébreu. Pourquoi ce nom ? demande l’anthropologue Eléonore Merza Bronstein à son époux, dans ce livre conçu comme un dialogue Lire le reste de cet article »

Alain Bihr: «La mondialisation a permis de donner naissance au capitalisme»

Publié par Alencontre Le 21 - septembre - 2018

Alain Bihr est un sociologue ayant produit une œuvre importante touchant tant à l’histoire du mouvement ouvrier qu’à celle de l’extrême-droite. Se réclamant du communisme libertaire, ses derniers travaux abordent la question du capitalisme sous un angle socio-historique avec une forte inspiration marxienne. Nous l’avons interrogé à l’occasion de la parution du premier tome de sa colossale histoire de la naissance capitalisme intitulé Le premier âge du capitalisme (1415-1763), Tome 1: L’expansion européenne, coédité par les éditions Syllepse et les éditions Page 2. 

Le Comptoir: Pourquoi avoir choisi de débuter votre premier âge du capitalisme en 1415 et de l’achever en 1763?

Alain Bihr: Le choix de dates bornant des périodes historiques longues a toujours quelque chose d’arbitraire. Il ne peut se justifier que comme motif illustratif d’options théoriques plus profondes. En l’occurrence, celui de 1415 est en rapport avec la thèse centrale de l’ouvrage : c’est l’expansion par laquelle l’Europe occidentale commence à se saisir des continents américain, africain et asiatique, qui aura permis le parachèvement des rapports capitalistes de production, marquant le premier âge du capitalisme. Lire le reste de cet article »

Débat. A propos des classes sociales en Europe

Publié par Alencontre Le 16 - avril - 2018

Par Henri Wilno

La question des classes sociales est à nouveau un peu passée de mode. Des sociologues continuent à étudier les différents groupes sociaux et l’extrême-gauche à se référer à la lutte des classes mais, au moins en France, domine largement sur le plan médiatique le thème de l’opposition entre métropoles assimilées à la bourgeoisie, traditionnelle et nouvelle, et zones périurbaines et rurales où seraient reléguées les classes populaires [1]. La pertinence du rassemblement des exploité·e·s et opprimé·e·s comme fondement d’un projet émancipateur est relativisée par les tenants d’un projet transversal de «construction d’un peuple» à l’instar de Chantal Mouffe qui, après Ernesto Laclau, se veut l’inspiratrice d’un «populisme de gauche» [2].

Pour une fraction de la gauche radicale, la classe dominante se réduit aux «1%» auxquels s’opposeraient quasi indistinctement les 99%; vision justement dénoncée par Serge Halimi dans «Le leurre des 1%» [3]. Quant à l’analyse des classes en Europe, s’il existe divers travaux universitaires, la gauche radicale en France s’est polarisée sur l’existence ou non d’une bourgeoisie européenne fusionnant tout ou partie des bourgeoisies nationales, tout en affirmant, de façon juste (mais parfois un peu abstraitement), la solidarité des exploité·e·s de tout le continent face aux dénonciateurs du «plombier polonais». Lire le reste de cet article »

Un ouvrage fondamental de David Mandel: «Les soviets de Petrograd»

Publié par Alencontre Le 7 - janvier - 2018

Par Jean-Jacques Marie

David Mandel met au centre de son travail nourri de très nombreux extraits de souvenirs de militants, de résolutions de soviets et de comités d’usine la question vitale de l’indépendance de classe posée avec une insistance croissante par les ouvriers et les ouvrières de la capitale. Son livre met en évidence le conflit de plus en plus vif qui dresse les ouvriers de Petrograd, le cœur ouvrier de la Russie, à cette époque, contre la bourgeoisie industrielle et financière et le pouvoir qu’elle exerce à travers le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov, grand propriétaire terrien, d’abord puis par l’avocat socialiste Alexandre Kerenski.

Les ouvriers de Petrograd, comme le souligne David Mandel, avaient gardé en mémoire le lock-out massif déclenché par les grands patrons à la fin de 1905 pour briser la révolution montante et sauver le régime tsariste menacé. L’antagonisme brutal entre les deux classes s’était manifesté à nouveau à dater de l’écrasement des grévistes de la Lena Goldfield en avril 1912. David Mandel cite un épisode qui en souligne l’ampleur autant ou plus encore que les grèves qui secouent la capitale en juillet 1914 et les barricades qui s’élèvent dans les rues de la ville: «un arrêt de travail de 102 jours à l’usine de construction mécanique Lessner, une grève déclenchée suite au suicide d’un ouvrier juif, amené au désespoir par les railleries d’un contremaître» (p. 37). Lire le reste de cet article »

Histoire. Les diverses faces du Goulag

Publié par Alencontre Le 7 - novembre - 2017

Déportés du Goulag utilisés à la construction d’une ligne
de chemin de fer

Par Henri Wilno

Loin d’être un texte de circonstance qui profiterait du créneau commercial du 100e anniversaire de la révolution russe, l’ouvrage de Juliette Cadiot et Marc Elie fournit en peu de pages une analyse relativement approfondie du Goulag dans ses diverses composantes; il est intéressant de la rapprocher de textes et témoignages parus antérieurement, notamment de celui de Varlam Chalamov. [1]

L’ouvrage explore les différentes facettes du Goulag qui, selon Cadiot et Elie, ne se réduit pas à des camps. Aux camps où des détenus sont astreints au travail forcé s’ajoutent les zones de relégation où les exilés (pour partie, des détenus Lire le reste de cet article »

Marx, un économiste du XIXe siècle? A propos de la biographie de Jonathan Sperber

Publié par Alencontre Le 17 - octobre - 2017

Michel Husson

La traduction française de la biographie de Jonathan Sperber [1] vient de paraître sous le titre Karl Marx, homme du XIXe siècle. C’est l’occasion, 150 ans après la parution du livre I du Capital, de se demander s’il faut considérer Marx comme un économiste du XIXe siècle [2].

La biographie de Sperber est consacrée essentiellement à la vie privée de Marx et à son rapport aux courants de pensée de son époque. Sa thèse centrale – Marx est une « figure du passé » (a backward-looking figure) – a au moins un avantage, celui de dédouaner Marx de toute responsabilité Lire le reste de cet article »

Présentation du livre «Travailler aujourd’hui. Ce que révèle LA PAROLE des salarié·e·s»

Publié par Alencontre Le 15 - octobre - 2017

Par Sophie Béroud

Faire parler du travail comme activité concrète, comme rapport social, comme source d’exploitation et de dominations multiples, mais aussi comme réalisation de soi: voilà le défi auquel s’est attelé Nicolas Latteur dans ce livre très attachant, aussi riche à mes yeux qu’important. [Voir ci-dessous l’intervention – youtube – de Nicolas Latteur à propos des 44 témoignages de salarié·e·s réunis dans son ouvrage.]

Sa richesse provient tout d’abord de la diversité des témoignages qui sont restitués et qui permettent au lecteur de rentrer dans différents univers de travail, plus ou moins valorisés socialement: des chaînes de Lire le reste de cet article »

Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org