lundi
20
août 2018

A l'encontre

La Brèche

Brésil. Dix ans de gouvernement PT, l’abîme social séparant Noirs et Blancs est toujours présent
Iran. Le peuple résiste face à ses oppresseurs
Italie. La complicité syndicale et la contre-réforme constitutionnelle
France. Menaces estivales sur le droit du travail et contre-propositions
Amérique latine. La Banque interaméricaine de développement (BID) baptise les «vulnérables»
France. Le pacs écologique entre la CFDT de Laurent Berger et le Medef
Le rôle de l’Iran dans la tragédie syrienne

Archives de la catégorie ‘Livres’

Débat. A propos des classes sociales en Europe

Publié par Alencontre Le 16 - avril - 2018

Par Henri Wilno

La question des classes sociales est à nouveau un peu passée de mode. Des sociologues continuent à étudier les différents groupes sociaux et l’extrême-gauche à se référer à la lutte des classes mais, au moins en France, domine largement sur le plan médiatique le thème de l’opposition entre métropoles assimilées à la bourgeoisie, traditionnelle et nouvelle, et zones périurbaines et rurales où seraient reléguées les classes populaires [1]. La pertinence du rassemblement des exploité·e·s et opprimé·e·s comme fondement d’un projet émancipateur est relativisée par les tenants d’un projet transversal de «construction d’un peuple» à l’instar de Chantal Mouffe qui, après Ernesto Laclau, se veut l’inspiratrice d’un «populisme de gauche» [2].

Pour une fraction de la gauche radicale, la classe dominante se réduit aux «1%» auxquels s’opposeraient quasi indistinctement les 99%; vision justement dénoncée par Serge Halimi dans «Le leurre des 1%» [3]. Quant à l’analyse des classes en Europe, s’il existe divers travaux universitaires, la gauche radicale en France s’est polarisée sur l’existence ou non d’une bourgeoisie européenne fusionnant tout ou partie des bourgeoisies nationales, tout en affirmant, de façon juste (mais parfois un peu abstraitement), la solidarité des exploité·e·s de tout le continent face aux dénonciateurs du «plombier polonais». Lire le reste de cet article »

Un ouvrage fondamental de David Mandel: «Les soviets de Petrograd»

Publié par Alencontre Le 7 - janvier - 2018

Par Jean-Jacques Marie

David Mandel met au centre de son travail nourri de très nombreux extraits de souvenirs de militants, de résolutions de soviets et de comités d’usine la question vitale de l’indépendance de classe posée avec une insistance croissante par les ouvriers et les ouvrières de la capitale. Son livre met en évidence le conflit de plus en plus vif qui dresse les ouvriers de Petrograd, le cœur ouvrier de la Russie, à cette époque, contre la bourgeoisie industrielle et financière et le pouvoir qu’elle exerce à travers le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov, grand propriétaire terrien, d’abord puis par l’avocat socialiste Alexandre Kerenski.

Les ouvriers de Petrograd, comme le souligne David Mandel, avaient gardé en mémoire le lock-out massif déclenché par les grands patrons à la fin de 1905 pour briser la révolution montante et sauver le régime tsariste menacé. L’antagonisme brutal entre les deux classes s’était manifesté à nouveau à dater de l’écrasement des grévistes de la Lena Goldfield en avril 1912. David Mandel cite un épisode qui en souligne l’ampleur autant ou plus encore que les grèves qui secouent la capitale en juillet 1914 et les barricades qui s’élèvent dans les rues de la ville: «un arrêt de travail de 102 jours à l’usine de construction mécanique Lessner, une grève déclenchée suite au suicide d’un ouvrier juif, amené au désespoir par les railleries d’un contremaître» (p. 37). Lire le reste de cet article »

Histoire. Les diverses faces du Goulag

Publié par Alencontre Le 7 - novembre - 2017

Déportés du Goulag utilisés à la construction d’une ligne
de chemin de fer

Par Henri Wilno

Loin d’être un texte de circonstance qui profiterait du créneau commercial du 100e anniversaire de la révolution russe, l’ouvrage de Juliette Cadiot et Marc Elie fournit en peu de pages une analyse relativement approfondie du Goulag dans ses diverses composantes; il est intéressant de la rapprocher de textes et témoignages parus antérieurement, notamment de celui de Varlam Chalamov. [1]

L’ouvrage explore les différentes facettes du Goulag qui, selon Cadiot et Elie, ne se réduit pas à des camps. Aux camps où des détenus sont astreints au travail forcé s’ajoutent les zones de relégation où les exilés (pour partie, des détenus Lire le reste de cet article »

Marx, un économiste du XIXe siècle? A propos de la biographie de Jonathan Sperber

Publié par Alencontre Le 17 - octobre - 2017

Michel Husson

La traduction française de la biographie de Jonathan Sperber [1] vient de paraître sous le titre Karl Marx, homme du XIXe siècle. C’est l’occasion, 150 ans après la parution du livre I du Capital, de se demander s’il faut considérer Marx comme un économiste du XIXe siècle [2].

La biographie de Sperber est consacrée essentiellement à la vie privée de Marx et à son rapport aux courants de pensée de son époque. Sa thèse centrale – Marx est une « figure du passé » (a backward-looking figure) – a au moins un avantage, celui de dédouaner Marx de toute responsabilité Lire le reste de cet article »

Présentation du livre «Travailler aujourd’hui. Ce que révèle LA PAROLE des salarié·e·s»

Publié par Alencontre Le 15 - octobre - 2017

Par Sophie Béroud

Faire parler du travail comme activité concrète, comme rapport social, comme source d’exploitation et de dominations multiples, mais aussi comme réalisation de soi: voilà le défi auquel s’est attelé Nicolas Latteur dans ce livre très attachant, aussi riche à mes yeux qu’important. [Voir ci-dessous l’intervention – youtube – de Nicolas Latteur à propos des 44 témoignages de salarié·e·s réunis dans son ouvrage.]

Sa richesse provient tout d’abord de la diversité des témoignages qui sont restitués et qui permettent au lecteur de rentrer dans différents univers de travail, plus ou moins valorisés socialement: des chaînes de Lire le reste de cet article »

Exploite-toi toi-même

Publié par Alencontre Le 11 - octobre - 2017

Par Maud Simonet*

Alors qu’il referme l’ouvrage de Sarah Abdelnour – Moi, petite entreprise : les auto-entrepreneurs, de l’utopie à la réalité, PUF, 2017, 308 p. – le lecteur n’a pas seulement le sentiment d’avoir fait le tour de la question de l’auto-entreprenariat, et ce «de l’utopie à la réalité» comme l’indique le sous-titre du livre. Il a aussi la nette impression d’avoir effectué une plongée dans les transformations actuelles du travail et de leur traitement politique. La portée et l’intérêt de l’ouvrage résident à la fois dans la juste distance à laquelle l’auteure tient son objet et dans la diversité des échelles à laquelle elle se propose de l’étudier. L’analyse de l’auto-entreprenariat n’apparaît en effet jamais ici comme une fin en soi tant on saisit dès les premières pages la volonté de l’auteure d’inscrire la naissance et les usages de ce dispositif dans une réflexion plus large sur le salariat, ses mises en cause, ses limites, mais aussi sa «puissance» pour reprendre l’expression de Bernard Friot [1]. Lire le reste de cet article »

Débat-Ecologie. «Les promesses oubliées de l’écologie politique»

Publié par Alencontre Le 6 - septembre - 2017

Par François Jarrige

Dans ce livre riche et politiquement salutaire – La société écologique et ses ennemis. Pour une histoire alternative de l’émancipation, La Découverte 2017, 500 p. – Serge Audier, philosophe, propose de nous faire redécouvrir les «promesses oubliées» des pensées écologiques du XIXe siècle tout en offrant des ressources pour nous libérer des clivages et des oppositions stériles du présent. Aujourd’hui encore, en dépit des innombrables démentis, des essayistes et intellectuels pressés continuent en effet de repousser l’écologie du côté de la «réaction» et d’un dangereux retour à la terre identifié, en France encore plus qu’ailleurs, au pétainisme [1].

Ce spectre qui pèse sur l’engagement écologique est devenu une source de sclérose et de paralysie. Depuis les années 1970, qui ont vu l’émergence d’une écologie politique militante, ce type d’assignation permet d’éviter de penser l’état du monde en maintenant les projets d’une société réellement écologique dans les marges du débat. Même parmi ceux qui se pensent dans le camp du progrès et de l’émancipation, l’écologie continue de sentir le souffre. Elle serait fondamentalement incapable d’émanciper les hommes et de faire société dans la mesure où elle renouerait avec une lecture biologique du social et en appellerait à une limitation des besoins. Lire le reste de cet article »

Nicaragua: «100 jours de lutte pour la liberté», conférence de presse du 25 juillet

Voir la traduction française de cette conférence de presse publiée sur le site A l'Encontre le 26 juillet 2018

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Nicaragua: paysans assassinés par les paramilitaires d'Ortega

Voir l'appel de solidarité internationale publié sur le site A l'Encontre le 18 juillet 2018

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