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19
janvier 2020

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Archives de la catégorie ‘Société’

Livre-débat: «Sur la formation d’un premier système planétaire dont les différentes parties sont interdépendantes»

Publié par Alencontre Le 10 - janvier - 2020

Alain Bihr, Le premier âge du capitalisme (1415-1763). Tome 3 «Un premier monde capitaliste», 2 volumes, 1762 p., Editions Page 2 et Syllepse, 2019

Par Fabienne Bock

Alain Bihr parachève la grande œuvre qu’il a consacrée (15 ans de recherches et d’écriture!) au Premier âge du capitalisme (1415-1763) avec ce double volume où il effectue la synthèse des analyses qu’il a menées dans les deux premiers tomes: le premier décrivait l’expansion commerciale et coloniale de l’Europe occidentale, le second abordait les effets en retour de cette expansion sur les métropoles (cf. les recensions parues dans Raison Présente n° 208 et 210). Le résultat de ce double mouvement, c’est la formation d’un « premier système planétaire dont les différentes parties sont interdépendantes » (p. 15). L’ouvrage se divise en quatre parties.

La première partie (Partie IX dans la numérotation suivie depuis le tome 1) précise le cadre spatio-temporel du premier monde capitaliste en partant d’une lecture critique des ouvrages de Fernand Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme, 3 vol., A. Colin, 1979) et d’Immanuel Wallerstein (Capitalisme et économie-monde, Flammarion 1980). Reconnaissant à Braudel le mérite d’avoir avancé la notion d’économie monde, il s’en démarque en insistant sur la faiblesse conceptuelle des notions avancées – en particulier celle de civilisation matérielle – et lui reproche de réduire le capital au seul capital marchand et ainsi de ne pas comprendre la spécificité du passage de la prédominance du capital marchand à celle du capital industriel. Plus proche de Marx, l’œuvre d’Immanuel Wallerstein n’en suscite pas moins les réserves d’Alain Bihr Lire le reste de cet article »

Capitalisme. Le retour du tâcheronnage

Publié par Alencontre Le 1 - janvier - 2020

Par Sandrine Foulon

Enchaîner les missions et les employeurs, jongler avec les factures de sa microentreprise et ses feuilles de paie de salarié… Il existe un mot tout neuf pour désigner ces travailleuses et travailleurs qui cumulent petits boulots et différents statuts: slasheur. Le capitalisme renoue ici avec l’un de ses péchés originels: ne rémunérer que l’activité purement productive. Et revenir aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’époque de la proto-­industrie et des ouvriers payés à la pièce, travaillant depuis chez eux. Les employeurs avaient ensuite eux-mêmes refermé cette parenthèse en décidant de regrouper dans un même lieu de production ces manutentionnaires. La volonté de mieux contrôler leurs horaires et d’accroître les gains de productivité avait alors fait naître une nouvelle forme de subordination, mais aussi, avec elle, un syndicalisme et des luttes sociales à l’origine d’un droit du travail et de protections solides.

Marché du travail assoupli. C’est cette « rigidité du marché du travail » qui, depuis des décennies, est pilonnée par les promoteurs de la baisse du coût du travail. Pour ne pas avoir à s’acquitter des droits attachés à l’ancienneté (congés, formation…) ou pour répondre à des surcroîts d’activité, les employeurs ont pu compter en France sur un législateur obligeant. Lire le reste de cet article »

Aux origines du salaire minimum

Publié par Alencontre Le 30 - décembre - 2019

Par Michel Husson

«Le coup de pouce au Smic, on sait que ça détruit des emplois, donc ça n’est pas la bonne méthode [1].» Cet argument sobrement résumé par Muriel Pénicaud, la ministre française du travail, a une longue histoire que cet article cherche à restituer. Il montre que la tension entre les doctes exposants des lois incontournables de l’économie et les partisans de la justice sociale a toujours existé, et qu’elle subsiste aujourd’hui. Lire le reste de cet article »

Livre-débat: «A la prochaine: De Mai 68 aux Gilets jaunes»

Publié par Alencontre Le 24 - décembre - 2019

Par Alain Bihr

L’année 2018 allait s’achever sans que le cinquantenaire des événements de mai-juin 1968 n’ait particulièrement retenu l’attention, au-delà de quelques cercles limités d’historiens du temps présent et des rangs (déjà bien clairsemés) des désormais vieux soixante-huitards, sans surtout que son écho n’ait retenti dans l’actualité des luttes sociales. Et puis vinrent les «gilets jaunes» (GJ) qui allaient reposer à nouveaux frais quelques-unes des questions soulevées cinquante ans auparavant et restées pour certaines en suspens depuis, tout en en formulant quelques nouvelles. C’est de cet improbable télescopage dont traite le dernier ouvrage de Pierre Cours-Salies, dont il s’agit ici de discuter les thèses au fil des pages qui les exposent: A la prochaine… De Mai 68 aux Gilets jaunes (Ed. Syllepse, décembre 2019)

Un riche héritage

Dans son retour sur Mai 68, Pierre Cours-Salies prend bien soin de considérer que ce dernier ne se réduit ni aux événements parisiens ni à mai-juin 1968 stricto sensu [1]. Il rappelle la dimension véritablement mondiale des mobilisations étudiantes qui ont marqué Lire le reste de cet article »

Le « socialisme participatif » de Thomas Piketty: un socialisme utopique aux allures scientifiques

Publié par Alencontre Le 19 - novembre - 2019

Par Alain Bihr

Cette contribution forme le troisième volet d’une analyse critique du récent ouvrage de Thomas Piketty. Les lectrices et lecteurs trouveront les deux premières contributions d’Alain Bihr sur ce site en date du 29 octobre et du 5 novembre. (Réd.)

Dans le dernier chapitre de Capital et idéologie (Le Seuil, 2019), Thomas Piketty expose un projet et, pour partie, un programme de « socialisme participatif ». Ce dernier entend répondre aux principaux défis politiques de notre temps : la montée des inégalités sociales en liaison avec la « mondialisation » néolibérale, le discrédit du projet socialiste consécutif au désastre de l’expérience de l’ex-URSS et des régimes apparentés, l’incapacité dans laquelle s’est trouvée jusqu’à présent la gauche nord-américaine et ouest-européenne (démocrate, travailliste, social-démocrate) de relever ce double défi, la montée des mouvements nationalistes et « populistes » un peu partout dans le monde sur la base des éléments précédents [1]. Bien plus, il a l’ambition de refonder le projet socialiste dans sa volonté de dépasser le capitalisme, tout en reprenant des acquis et des avancées appartenant à l’héritage du mouvement socialiste. Lire le reste de cet article »

Histoire-débat. «C’est en Pologne, avec Solidarnosc, que le mur de Berlin s’est fissuré»

Publié par Alencontre Le 7 - novembre - 2019

Adam Michnik et Lech Walesa

Par Adam Michnik

Tribune. Je me souviens parfaitement de ce soir de novembre. Dans mon pays, en Pologne, nous avions un nouveau gouvernement dirigé par Tadeusz Mazowiecki, conseiller depuis de nombreuses années de Lech Walesa. Ce jour-là, Varsovie accueillait la visite officielle d’une importante délégation de la République fédérale d’Allemagne avec à sa tête le président Richard von Weizsäcker, le chancelier Helmut Kohl et le ministre des affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher. Lire le reste de cet article »

Des «sociétés ternaires» aux «sociétés de propriétaires»: comment Thomas Piketty analyse la transition du féodalisme au capitalisme

Publié par Alencontre Le 5 - novembre - 2019

Par Alain Bihr

Les deux premières parties du dernier ouvrage de Thomas Piketty, Capital et idéologie (Le Seuil, 2019) consacrent de longs développements aux sociétés précapitalistes. Il considère que ces dernières se partagent entre des sociétés esclavagistes et des « sociétés ternaires » ou « sociétés trifonctionnelles » (page 248), un concept pour le moins discutable comme nous allons le voir. [Cet article fait suite à une première contribution intitulée «Capital et idéologie»: un titre en trompe-l’œil]

Sociétés ternaires ou sociétés à idéologie ternaire ?

Une société ternaire (ou société trifonctionnelle) est, selon Thomas Piketty, une société dont l’ensemble des membres se subdivise en trois groupements : le clergé, la noblesse et le tiers état, caractérisés chacun par l’exercice d’une fonction sociale déterminée. Lire le reste de cet article »

«C’est un véritable mouvement révolutionnaire social de grande ampleur, explique Loulouwa al-Rachid dans un entretien avec Orient XXI, contre une classe dirigeante qui gouverne dans un mépris total de la population et dans le seul souci de préserver sa part de prébendes et d’accéder à la rente pétrolière pour entretenir des clientèles dans le pays.» Et ceci alors que, depuis l’invasion de 2003 par les Etats-Unis, le pays souffre du délitement de ses infrastructures. Bien qu’essentiellement chiite, le mouvement bénéficie de la sympathie de toute une population, qui met aussi en cause l’influence iranienne.

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