jeudi
25
mai 2017

A l'encontre

La Brèche

Parents et enfants, employés communaux assurant les services périscolaires sont venus exprimer leur colère face au projet de suppression d’un poste d’enseignant dans l’école communale

Parents et enfants, employés communaux assurant les services périscolaires sont venus exprimer leur colère face au projet de suppression d’un poste d’enseignant dans l’école communale.

Par Jacques Chastaing

La question d’un mouvement social invisible a été à nouveau mise à l’ordre du jour par les deux chemises déchirées des dirigeants d’Air France qui en seraient révélatrice, ou pas, selon les uns ou les autres. [Voir l’article précédent sur le mouvement des grèves qui sourdent en France publié sur ce site en date du 27 juillet 2015.]

On ne sera pas surpris que le premier ministre Manuel Valls réponde ainsi à cette interrogation: «La colère, elle peut s’exprimer d’une autre manière, d’un point de vue électoral, elle s’exprime parfois par des attitudes de violence d’un certain nombre de personnes qui se sentent oubliées, humiliées, rejetées. Mais, objectivement, il y a aujourd’hui moins de mouvements sociaux et moins de jours de grève» a déclaré M. Valls (Les Echos.fr 15.10.2015 «Valls dénonce le «refus de dialoguer» de la CGT»).

Bien sûr, ce qu’il dit est faux, d’abord d’un point de vue factuel, puisqu’il s’appuie sur un chiffrage de grèves «aujourd’hui» qui n’existe pas, car il n’y a pas eu de recensement après 2013. Ensuite, c’est faux surtout parce qu’il y a beaucoup de grèves actuellement. Et, enfin, il n’y a pas un seul conflit du type Air France actuellement, mais des dizaines, même s’ils ne sont pas autant médiatisés.

Cependant, en affirmant qu’il n’y a pas de lien entre les chemises déchirées et la conflictualité générale en France qui serait selon lui au plus bas, le premier ministre dit toutefois ce que pensent l’essentiel des commentateurs politiques, de la droite à la gauche, mais aussi beaucoup de militants, syndicaux ou d’une grande partie de la gauche de la gauche ou encore, malheureusement, même de l’extrême gauche, qui d’une certaine manière, ont intériorisé l’idée d’une défaite ouvrière.

En fait, Manuel Valls joue sur le fait que le rapport de force général reste très favorable au patronat pour l’identifier à une faiblesse des luttes alors qu’il ne s’agit que d’une faiblesse relative; malgré leur nombre important, les grèves actuelles ne suffisent pas, à infléchir le rapport de force général. Par rapport à l’ampleur des attaques anti-ouvrières actuelles, le niveau des luttes n’est pas suffisant pour inverser le rapport des forces. Cependant il s’agit là d’abord d’un problème politique avant même d’être une question sociale. C’est le sujet de cet article.

Des luttes nombreuses mais qui, par leur invisibilité et leur imprévisibilité, cherchent leur unification là où on ne l’attend pas

Après un premier recensement de 750 grèves en France réalisé pour la période du 1er juin au 15 juillet 2015 et publié par A l’Encontre le 27 juillet, j’ai poursuivi mon comptage pour la période qui va du 1er septembre au 15 octobre 2015 et ai obtenu un total de 2064 luttes pour 6 semaines (publiées au quotidien sur le site économique « Anti-K » http://www.anti-k.org/).

Malgré les défauts et les limites de ma méthode de comptage – qui ne peut que minorer les résultats – la dimension de cette collecte ruine totalement l’impression d’une absence de lutte et de résistance sociale en France à l’heure actuelle.

Contrairement à ce que dit Manuel Valls et ce que répètent derrière lui une foule de commentateurs, la colère qui s’est exprimée à Air France n’est pas un éclair dans un ciel serein. Elle est révélatrice d’un climat social de lutte, en quantité mais aussi par sa qualité, son contenu.

Ces résultats ruinent l’argumentation de Valls qui s’appuie sur le dernier recensement des conflits par la Dares, en 2013. Or ce recensement baptisé «Dialogue social en entreprise» (tout un programme)1 repose uniquement sur les déclarations de conflits par les patrons et non plus sur le recensement fait par les inspecteurs du travail. La Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) reconnaît d’ailleurs elle-même qu’elle a peu de résultats pour les petites entreprises, les petits patrons ne répondant guère, ce qui ne l’empêche pourtant pas d’expliquer que c’est dans ce secteur qu’il y a le moins de grèves: pas de résultats, pas de grèves, de luttes!

Elle ignore donc les luttes dans les petites entreprises, mais aussi celles de courte durée, également celles de la fonction publique et enfin toutes celles du secteur «non marchand». Or ce triple caractère des conflits, de courtes durées, dans de petites entreprises et du secteur non marchand concentre l’essentiel de la conflictualité sociale actuelle que j’ai pu recenser.

Le but de la Dares est d’abord de mesurer la progression du «dialogue social» et des accords signés qui est le moyen pour le pouvoir de «gauche» de faire passer sa politique de droite et qu’il met en scène régulièrement dans de grandes messes baptisées «conférences sociales» où les appareils des syndicats viennent cautionner la politique concoctée par le patronat et mise en œuvre par le gouvernement.

Pour ce but politique, elle utilise des outils mentaux d’une époque passée où le conflit social «régulé» était confondu avec l’activité syndicale. Or, dans une période où la gauche au pouvoir mène une violente politique anti-ouvrière avec la complicité des confédérations syndicales, cet outil mental ancien qui a marqué des générations militantes s’avère totalement inadéquat.

Ainsi, on le verra, la grande majorité des conflits actuels a lieu dans les secteurs les moins syndiqués, celui des petites entreprises ou services et secteurs professionnels où les salarié·e·s sont tout à la fois les plus exploités et les plus jeunes.

La conflictualité passe à côté des instruments de mesures, des institutions censées l’organiser mais aussi en dehors de bien des outils mentaux d’analyses passés. C’est ce qui lui donne ses caractéristiques : une certaine invisibilité en même temps qu’une importante imprévisibilité et, pour beaucoup, couplant les deux, une grande inintelligibilité.

Dans cet article, en utilisant les deux milles et quelques articles de la presse locale décrivant les conflits recensés, j’ai voulu prolonger, préciser ou développer quelques-unes des premières remarques de mon recensement précédent, sur le contenu de ces luttes.

Au travers des esquisses de ce paysage social, je voudrais faire apparaître quelques traits du paysage mental actuel. En espérant que cela donnera quelques éléments pour une politique ouvrière révolutionnaire indépendante au quotidien s’appuyant sur ce qu’expriment ces luttes.

L’intériorisation malheureuse de la défaite a tendance à ne pas chercher les grèves, les luttes, à ne pas y croire, mais aussi, à un autre niveau, à répéter qu’elles sont certes là mais pas unifiées. Or, elles le sont plus qu’on ne le croit souvent, mais pas là où on cherche cette unification.

Cette unification s’est, par exemple, vue récemment à la mobilisation des esprits autour du conflit Air France qui a plus porté sur le mépris de la hiérarchie et de l’hostilité de classe à l’égard des revendications contre les suppressions d’emplois, plutôt que sur l’extension de la lutte autour de ces mêmes revendications sur l’emploi.

Ce qui montre dans le même esprit qu’on ne peut pas comprendre le conflit chez Air France qu’à partir de lui-même mais aussi et surtout par ce qui se passe ailleurs, par l’état d’esprit des salarié·e·s, ce qu’ils font, pensent, ce qu’est la période, la situation politique.

La formule célèbre sur le parti qui est une compréhension commune de la période et des tâches qui en découlent, intègre la compréhension de l’état d’esprit des salarié·e·s, de leurs besoin, leurs aspirations et leur conscience. La compréhension de la période c’est aussi cela, cette perception par l’action et pas seulement une vision sociologisante, déterministe, du dessus, léguée par l’héritage stalinien. Le parti est d’abord l’expression politique de cet état d’esprit.

J’espère que cette étude fournira donc quelques indications pour comprendre cet état d’esprit et discuter l’élaboration de cette politique, mais surtout donnera le goût de pousser cette enquête plus loin et de faire beaucoup mieux que ce recensement.

Un de ses premiers résultats, et non des moindres, serait d’aider à sortir de la pauvreté des raisonnements sur les luttes sociales dont on ne regarde pas réellement le contenu et qui se limitent souvent à un caractère binaire – la bonne ou la mauvaise revendication, la généralisation ou l’isolement -.

Ne confondons pas les chiffres et la science

Entre les 2 064 luttes et grèves des 6 semaines de cette rentrée et les 750 de juin et juillet 2015, il y a une multiplication par trois. Mais s’il y a plus de conflits en septembre/octobre qu’en juin/juillet, ce n’est probablement pas dans cette proportion de un à trois.

En effet, en juin et juillet, je n’avais recensé que les «grèves» et «débrayages» avec essentiellement ces deux mots comme outils de recherche dans la presse locale à partir d’internet. Par ailleurs, je n’effectuais pas mes recherches chaque jour, mais par paquet de deux ou trois jours.

En septembre et octobre, j’ai effectué mes recherches avec un éventail de mots de recherches plus large et quotidiennement. Ce qui donne plus de résultats.

Certains journaux n’ont pas d’archives classées par date, mais par pertinence. Si vous utilisez par exemple le mot «grève» dans la recherche informatique2, vous obtenez parfois 30 ou 40’000 réponses sur une durée longue, sans aucun rangement par date. Ce qui transforme toute recherche en une quête impossible du Graal. Saisir les grèves dans l’édition du jour fait qu’une grande partie ne s’évapore pas dans des archives inaccessibles.

Par ailleurs, le mot «grève» – ou encore plus «lutte», ,«travailleurs», ,ouvriers» – s’est évaporé du vocabulaire de certains journaux3. Pour trouver la réalité des «grèves» ou «débrayages» il faut aussi chercher à partir du mot «salariés».

En juin/juillet, je n’avais donc utilisé que les mots «grève», «débrayage», «conflit» ou «lutte»… comme outils de recherche. En septembre/octobre, j’ai rajouté le vocabulaire de «salariés», mais aussi «personnel», «employés», «agents» et encore de «manifestation» ou de «mobilisation», «rassemblement» ou de «colère», «protestation», «dénonciation», «refus».

De ce fait, toute une part de la vie et de la contestation sociale que je n’avais pas recensée en juin/juillet est apparue en septembre/octobre 2015.

Mais si parfois les «manifestations» ou «mobilisations» sont des grèves ou des débrayages, elles ne le sont pas toujours et pas toujours des mêmes milieux avec les mêmes significations.

22 octobre: manifestation devant l'Assemblée nationale contre les licenciement à Air France

22 octobre: manifestation devant l’Assemblée nationale contre les licenciement à Air France

Cependant, cet ensemble donne un paysage de la contestation sociale plus «complet». Par exemple, en septembre il y avait quelque chose de commun entre les grèves et luttes à la rentrée dans l’éducation nationale, contre les classes surchargées, pour l’ouverture de nouvelles classes ou contre la fermeture de classes, bref pour une éducation meilleure pour les enfants tout à la fois des enseignants et des parents d’élèves mais aussi, au même moment, la mobilisation de générosité pour l’accueil des réfugiés syriens après le drame du petit Eylan sur les côtes de Turquie. En quelque sorte, une aspiration commune aux « enfants d’abord », pour un meilleur vivre ensemble, d’un côté comme de l’autre.

Et puis en octobre, on ne peut séparer le mouvement de grève à Air France des manifestations de soutien au grévistes inculpés d’Air France. Et plus généralement comment séparer les manifestations de la population pour la défense d’un hôpital, d’une maternité, d’une école, d’une poste voire d’une entreprise, des grèves des salariés de ces mêmes entreprises ou services?

Cette manière de mesurer la conflictualité est donc politique.

On ne peut mesurer des quantités sans en même temps mesurer des qualités, les contenus de ces luttes, une porosité entre différents secteurs professionnels ou sociaux, une certaine unification par la politisation, sans donc essayer de décrire une période.

Ceux qui n’arrivent pas à voir la quantité des grèves ou encore déplorent leur émiettement, ne cherchent pas cette qualité, leur contenu. Ils ne croient pas que la question de l’unification de ces luttes à laquelle ils appellent de leurs vœux, est là, sous leurs yeux bien qu’ils ne la voient pas et qualifie cette période.

Le problème de la «simultagnagnosie compétitive» du regard

Un des buts de ce recensement est donc de lutter contre une maladie que les neurologues nomment «simultagnagnosie compétitive» et qui frappe bien des militants ou observateurs. Ces malades ne peuvent percevoir en même temps toutes les dimensions de la scène visuelle auxquelles ils assistent.

La presse et «la chemise» d'Air France

La presse et «la chemise» d’Air France

Alors que le cycliste va se faire renverser par le chauffard, ils ne voient que la bicyclette, la casquette du cycliste, la voiture, etc… mais pas l’ensemble, la dynamique de l’ensemble. Un travers qui les amène au quotidien, bien qu’ils le critiquent en général, à «revendiquer» de manière quelque peu «corporatiste», quelque chose pour la bicyclette, la casquette, la voiture… et pas à essayer de représenter la dynamique politique de l’ensemble, alors que c’est ce qu’ils souhaitent en théorie. En fait, bien qu’ils pensent que la crise rapproche l’économique du politique, la mise en pratique de cette compréhension générale a pris du retard. Et de fait, ce regard éclaté a toujours du retard sur les faits, il commente et s’accompagne d’une perception évidemment non agissante, sociologisante, déterministe, du dessus, extérieure…

Les habitudes mentales ont la vie dure. Tout le monde voit que les luttes économiques sont émiettées. Mais on ne perçoit guère ce qu’il y a de politique et commun en elles. On sait que ça «devrait», mais on ne le cherche pas vraiment. Notre esprit n’y est pas préparé.

Or, l’affaire de la chemise d’Air France unifie d’un coup toutes ces luttes: «Nous sommes tous des salariés d’Air France», ont dit les manifestants du 22 octobre et ont pensé 54% des gens selon un sondage. Avec l’espoir que le jour du jugement des 5 inculpés d’Air France, le 2 décembre 2015, continuera ou amplifiera cette unification.

Face à la violence de la campagne menée par les dirigeants politiques de tous bords et les médias contre les salarié·e·s d’Air France, une émotion populaire collective s’est levée, trouvant spontanément sa place aux côtés des 5 salariés inculpés contre la classe politique bourgeoise et ses représentants politiques de la gauche à l’extrême droite, voire même dans un premier temps des dirigeants syndicaux. La grande majorité des salarié·e·s s’est unifiée autour de ce symbole, se retrouvant tout entière dans ce résumé symbolique de ce qu’est leur vie et ce que sont leurs aspirations et leur conscience.

Militant CGT de STX

Militant CGT de STX

Et aussitôt le geste des salariés d’Air France a trouvé des prolongements au travers d’autres gestes parallèles ou complémentaires ou des expressions de ce que signifiait ce geste. Ça a été l’intervention télévisée de Xavier Mathieu, celle d’Olivier Besancenot, du militant CGT de STX refusant de serrer la main de François Hollande, de la militante de Lyon traitant E. Macron «d’assassin des chômeurs», des manifestants de Figeac avec des chemises déchirées, ou de ceux du 22 octobre, de La Courneuve et de bien d’autres. Ces gestes et interventions étaient politiques parce qu’elles résumaient l’air du temps et cristallisaient et unifiaient une série d’aspirations et de combats obscurs et émiettés.

Si le point de départ de la manifestation des salariés d’Air France était bien économique, contre les suppressions de postes, son extension au reste du pays, ensuite, était politique. Contre l’attitude de classe du pouvoir, des grandes partis, des possédants et des médias, il y a eu unification politique – au moins un moment – autour d’une question sociale. Et tout le monde a bien compris, que l’expression publique et politique de cette conscience sociale apparue un moment, la révélation de cette conscience pré-existante, pouvait faire boule de neige, pouvait même engranger des modifications des rapports de force, en tout cas engranger une prise de conscience, faire germer l’idée que nous sommes nombreux à penser pareil autour des mêmes valeurs et que nous pouvons être une force autour de ces valeurs, un parti potentiel en quelque sorte, qui pourrait se cristalliser dans une organisation à telle ou telle occasion.

On imagine par exemple très bien le succès d’un tel «parti» qui aurait regroupé à ce moment en un appel commun, Xavier Mathieu, Olivier Besancenot, le militant de STX, cette dame de Lyon…

Les gens qui se sont mobilisés autour de cette question n’ont pas pensé que la revendication contre les 2900 suppressions de postes à Air Franc est la leur, bien qu’ils la partagent. Ce n’est pas ça qui les a unis, même si ça en fait partie, ce n’en est qu’une partie, le support, pas le moteur.

Ils ont protesté d’abord contre le mépris de la direction pour cette même revendication de suppressions de postes. Ce n’est pas la même chose. On sort du revendicatif sur l’emploi pour aller au politique général sur le mépris de classe. C’est ce mépris de classe généralisé qui a unifié dans une réaction commune. C’est l’expression politique de ce sentiment à ce moment qui peut faire un parti et une politique.

En septembre, il y a eu en même temps des mouvements nationaux dans les secteurs de la santé ou de l’Education Nationale pour des revendications proches; pourtant leur unification semblait bien éloignée. Et puis, tout d’un coup, avec Air France, les responsables syndicaux de l’AP-HP (les hôpitaux de Paris) disent à l’occasion de la signature du plan Hirsch par la CFDT: «Attention, nous ne sommes pas loin d’être nous aussi des Air France». Et c’est par là que leur journée d’action du 17 novembre sera proche de celle du 19 novembre à Air France, pas par leur contiguïté dans le temps ou leur proximité dans les revendications.

Pour expliquer le large soutien populaire au geste des salariés d’Air France, il a souvent été dit: ce sont les vies des travailleurs qui sont déchirées; une chemise déchirée pour 2900 salariés licenciés, ce n’est pas cher payé et tout le monde le comprend parce que ces licenciements c’est ce que tout le monde vit. Bref, c’est la colère qui monte, les gens en ont ras le bol… C’est ce qu’on lit dans les colonnes du journal L’Humanité et d’autres à la sensibilité de gauche.

Pourtant ce n’est pas cela. Pas que cela. Il y a là seulement la plainte, la souffrance, vue d’en haut, de l’extérieur, sociologisante, déterministe… C’est certes une réalité mais pas la seule. Il n’y a pas dans ce regard, l’autre réalité qu’est la lutte, l’action, la perspective vue par ceux qui se battent, comment eux pensent le monde, agissent sur lui et lient leur combat partiel à l’ensemble dont ils comprennent bien les nœuds.

Sinon pourquoi cet effet maintenant? Par procuration? Les gens auraient vu dans le geste d’Air France quelque chose qu’ils ne font pas mais qu’ils aimeraient faire ? Allons donc! Pour arriver à ce point, il faut justement qu’ils l’aient déjà fait, au moins en partie; qu’ils se soient déjà engagés, au moins psychologiquement sinon dans les faits, sur ce chemin. Au début est l’action et pas le verbe.

La vérité est justement là; il n’y a pas un conflit Air France mais des dizaines dans l’obscurité médiatique, en particulier dans les petites entreprises. C’est cela qu’on voit en examinant les 2064 luttes de ces six dernières semaines. Cette observation sert à aider à pénétrer de l’intérieur l’état d’esprit des travailleurs et pas à voir les faits de l’extérieur. Et, par là, permet de ne pas se contenter de critiquer ou de suivre en critiquant, d’être seulement solidaires, mais d’agir en s’adressant directement à de larges couches de la population, avec elles. C’est ce que permet la période. C’est ce qu’il y a dans les multiples luttes actuelles et que ne peuvent pas saisir ceux qui sont réticents à y aller voir.

Pour comprendre même ce qui s’est passé chez Air France, pour comprendre son effet unificateur sur de larges couches populaires, il faut comprendre ce qui se passe dans de multiples conflits actuels et, à partir de là, voir que l’unification des salariés qu’a établi au moins un moment le conflit à «Air France» n’a pas été la seule dans la période passée, même si ça à été – et sera – à des niveaux de visibilité et de possibilité différents.

Ça s’est par exemple vu récemment – ou malheureusement pas vu – à la rentrée scolaire.

L’esprit «revendicatif» militant a pensé par habitude, d’un côté, les luttes revendicatives des parents d’élèves pour leurs enfants contre des classes surchargées qui ont été nombreuses, cherchant une unification revendicative impossible, et, d’un autre côté, la générosité des citoyens d’Europe pour les réfugiés autour de l’émotion soulevée par la mort du petit Aylan sur les côtes de Turquie et qui s’est également exprimée dans de nombreuses mobilisations.

Or la particularité de l’époque de crise, c’est de glisser dans le revendicatif scolaire, la générosité pour les enfants du monde, contre toutes les frontières, y compris contre les frontières entre familles ou villages pour se disputer la seule classe scolaire qu’on va leur accorder. La « revendication » économique, pour soi, frôle plus que jamais une dimension politique, pour les autres.4

Les luttes des parents d’élèves, des habitants et les mobilisations pour les réfugiés

Quand les parents entrent en lutte pour des classes moins surchargées, c’est d’abord pour leur enfant à eux, le leur. Ils l’aiment, sont émus et révoltés et se battent pour son avenir que les conditions actuelles de scolarité vont mal préparer.

Là, ils rencontrent d’autres parents qui sont aussi émus et révoltés, qui pensent aussi à leur propre enfant… et cette addition de problèmes individuels peut faire un mouvement plus collectif, non plus pour leur seul enfant, mais pour toute la classe, toute l’école, le village mais cependant pas encore pour l’école, le village d’à côté.

Si l’inspecteur d’académie [en France : cadre supérieur de l’éducation nationale] dit d’accord pour une classe supplémentaire pour ce village, mais pas pour le voisin, les premiers vont laisser tomber la lutte en se disant: c’est dommage pour les autres, mais c’est comme ça, pensons d’abord à nous, notre classe, notre enfant…

On a un ensemble de mouvements et pas un mouvement d’ensemble. Les militants auront beau répéter : «il faut unifier les mouvements», ils ne seront guère entendus.

Dans la conscience de bien des parents d’élèves qui abandonnent la lutte, parce qu’ils viennent d’obtenir leur classe, pour leur enfant, il reste cependant une petite pointe de gêne au fond de la tête, parce que quand même, on n’est peut-être pas très fier de laisser tomber les autres parents d’élèves et les autres enfants, dans une espèce de course sans fin au chacun pour soi, qui résume tout ce qu’on n’aime pas dans cette société.

Et certains peuvent se dire tout au fond de leur conscience: quel exemple donnons-nous à nos enfants, quelle éducation leur donnons-nous, quelle société construisons-nous ? La politique, c’est alors trouver le moyen de s’appuyer sur ce sentiment commun, généreux, le valoriser, le faire fructifier, lui donner une force, dans le cadre des revendications bien sûr.

Mais comment faire ?

On peut simplement le dire. Mais ça reste de la propagande, qui peut être plus ou moins entendue suivant le talent mais n’est jamais une force. Cela paraît utopique, «idéaliste» et est vite oublié, ne permet pas d’agir, parce que les parents ne sentent pas ce sentiment de générosité suffisamment fort pour passer par-dessus toutes les frontières corporatistes, de l’habitude, des préjugés, des peurs… pour bâtir dessus.

Il faut que ce sentiment, cet état d’esprit soit déjà une force dans la réalité sociale. Mais où ?

Or, il y a eu en même temps que ces révoltes de parents d’élèves pour leurs enfants, des révoltes contre l’inhumanité de ce monde qui laisse mourir sur les plages de Turquie le petit Aylan. Les deux élans, les deux mouvements d’opinion ont dit dans des modalités différentes mais au même moment: «les enfants d’abord»,  avant le profit, l’égoïsme national, les frontières… Un même élan de générosité pour les enfants. La mesure des 2064 luttes l’a fait toucher du doigt: 400 mobilisations de parents d’élèves en peu de temps et presque autant pour les réfugiés. Dans les mêmes villages parfois.

Les parents d’élèves en lutte pour leurs enfants ne pouvaient qu’être que sensibilisés au sort du petit Aylan. C’était la «petite gêne» au fond de l’esprit qui les tarabuste quand ils ne se battent que pour leur enfant à eux.

Or cette générosité à ce moment n’est pas restée enfouie au fond d’eux, elle s’est exprimée et avec quelle force, surprenant une nouvelle fois tous ceux qui avaient réduit la France ou l’Europe occidentale à ses peurs et ses égoïsmes protégée derrière ses frontières et ses préjugés. Ça a été un déferlement inouï de générosité. Bien sûr, ce n’étaient peut-être pas tout à fait les mêmes milieux qui se mobilisaient. Mais, toutefois, peut-être pas si éloignés que ça. Cette générosité a une histoire et une sociologie. J’y reviendrai.

La politique à ce moment aurait été de s’appuyer sur le mouvement autour d’Aylan pour renforcer le même sentiment diffus chez les parents d’élèves… Lier le mouvement de générosité autour d’Aylan au mouvement revendicatif autour de l’école. C’était ça l’émotion politique du moment. Bien sûr ça n’aurait pas tout changé, mais pas plus que le mouvement autour d’Air France. Cela aurait par contre contribué à faire progresser la conscience et par là un parti de l’émancipation.

Mais les vieux outils mentaux, la séparation de l’économique du politique, du revendicatif et du généreux, ont encore séparé les deux mouvements.

Il y avait d’un côté les luttes revendicatives des parents d’élèves contre des classes surchargées. Et il y avait d’un autre côté la générosité des citoyens d’Europe pour les réfugiés.

Les militants ne pensaient pas, n’arrivaient pas, à lier les deux, car leurs schémas conceptuels passés leur font penser cette dernière générosité avec une pointe de désintérêt voire de méfiance ou même parfois de condescendance: cette générosité ne serait qu’humanisme d’âmes sensible, pour ne pas dire «petites-bourgeoises».

Pourtant cette «générosité» exceptionnelle pourrait bien être une constante de bien des mobilisations à venir.

Un phénomène social unique dans l’histoire de l’humanité

La génération du baby-boom et de Mai 68 dans les pays occidentaux a été une génération «bénie des dieux» et unique dans l’histoire de l’humanité et peut-être tout particulièrement en France où Mai 68 a été central pour la formation de la société ultérieure.

Elle a été la génération de ce qu’on a appelé «les trente glorieuses», du quasi plein emploi et de nombreux progrès sociaux et sociétaux et qui aujourd’hui bénéficie d’une retraite et d’un niveau de vie et de santé pendant cette retraite suffisants pour avoir environ vingt ans devant elle où elle peut réaliser l’idéal de bien des sociétés: ne plus devoir travailler et avoir le temps et les moyens de se consacrer à soi, à la culture, aux autres.

Grève à Figeac-Aéro

Grève à Figeac-Aéro

Les démographes l’ont noté depuis longtemps et les capitalistes ont exploité ce «marché». Cette génération de seniors aux revenus non négligeables et à la santé encore suffisante, visite les musées, les expositions, lit, voyage, achète des journaux et revues adéquats, a sa radio, ses «salons», fait vivre une majorité d’associations, tient une bonne partie des fonctions municipales dans les petites communes et, avec la crise, aide ou finance en partie ses propres enfants ou petits-enfants. Elle se consacre aux autres, au vivre-ensemble, au bien commun.

En ce sens, le mot «retraite» n’est plus adapté à cette génération qui ne se «retire» pas, mais au contraire «s’engage» plus, pour qui c’est une re-naissance, une deuxième jeunesse. Il n’y a d’ailleurs pas encore de vocabulaire adéquat pour désigner ce phénomène de seniors qui se consacrent aux loisirs, à la culture et aux autres.

Notre esprit en est resté aux préjugés à l’égard des «vieux» qui sont alimentés par la mode «jeuniste», qui est elle-même une survivance de l’exploitation commerciale qu’ont fait les capitalistes du pouvoir d’achat de cette génération de baby-boomers quand elle avait 20 ans. L’absence de mots qui ne confondent pas dans le nouveau terme commun «senior» des couches de 55 à 75 ans et d’autres de 75 à 85 ans, mêle avec des âges différents, des strates sociologiques différentes et surtout occulte un phénomène sociétal – et maintenant politique – unique.

De fait, si l’apparition de ces nouvelles couches sociales est d’abord l’apanage des société les plus riches, ce phénomène est toutefois mondial avec un vieillissement général des populations même si l’aisance en fin de vie concerne bien évidemment beaucoup moins de personnes dans les pays pauvres.

Le 11 janvier 2015 en France avec le mouvement «Je suis Charlie», malgré toutes ses limites, et encore aujourd’hui avec celui autour de l’accueil des réfugiés en septembre 2015, ont donc révélé au grand jour un phénomène sociétal qu’on vit soi-même ou qu’on côtoie tous les jours, mais sans en avoir véritablement conscience ni en mesurer la portée. C’est un phénomène qui atteste que s’il y a une droitisation manifeste des sommets de la société et des institutions, partis, syndicats, médias, sommets de l’Etat, c’est l’inverse pour la base de la société, qui témoigne d’un éloignement croissant entre ces deux parties et offre un espace politique grandissant pour une autre parole.

On constate assez facilement l’internationalisation des phénomènes économiques et politiques et l’ouverture au monde que cela entraîne depuis les vagues considérables de migrations jusqu’à l’utilisation planétaire d’Internet. On voit également et contradictoirement les replis identitaires, religieux, nationalistes et sectaires. Mais à ces deux mouvements s’en ajoute un troisième, la capacité d’une partie de la population à se consacrer au «vivre ensemble» par-delà les préjugés nationaux, sexistes, homophobes, racistes ou des convictions religieuses différentes. Ce qui n’est pas rien en France et dans le monde à l’heure des montées des extrêmes droites et de ces préjugés.

On connaissait l’aspect démographique, médical et commercial de ce phénomène, le 11 janvier et l’accueil des réfugiés nous en montrent sa portée politique et, indissolublement, philosophique. Car l’expérience personnelle et psychologique de cette génération, correspond à un état d’esprit.

C’est un univers qui pourrait être assez proche de celui de la quête du bonheur ou du «meilleur des mondes possibles» décrit par Voltaire au soir de sa vie à soixante-quatre ans dans son Candide (1759), lorsqu’il appelle en forme de testament philosophique à «cultiver son jardin». Ce qui signifiait contre les esprits trop pessimistes qu’on pouvait rendre la société meilleure et qu’il fallait consacrer sa vie à cela, mais aussi, contre les esprits trop optimistes, qu’on pouvait le faire pas tant en s’emparant de grands systèmes abstraits et incompréhensibles, aux vaines paroles et doctrines, mais en le faisant, là, tout près, où on le peut, en travaillant concrètement et généreusement dans son environnement immédiat, autour de soi et en soi-même… ; une morale et une philosophie humaniste tempérée non révolutionnaire.

Cette deuxième jeunesse a certes plus de désillusions et de «sagesse» que d’espoirs ou d’illusions comme la première. Cependant, c’est probablement elle qu’on voit se mobiliser, ou qui joue un rôle important voire moteur dans les mobilisations pour la défense d’une maternité, d’un hôpital de proximité, une Poste, une école, voire une entreprise. Mais c’est aussi cette «sagesse» ou ces désillusions qui renforcent certainement le caractère local – «le jardin» – de ces mobilisations. La flamme de la jeunesse peut seule emporter cette sagesse plus loin.

Cette génération de «Charlie» et de Aylan est celle des parents des parents d’élèves mobilisés pour leurs propres enfants en cette rentrée scolaire. La distance n’est pas si grande. Ceux qui manifestent pour la défense du tissu social qui se délite avec la disparition des services publics, qui soutiennent les parents d’élèves mais aussi les enseignants, hospitaliers, postiers, agents des services municipaux ou territoriaux… sont ceux qui ont accueilli les réfugiés, ont manifesté pour eux et pour la liberté de la presse, la liberté d’expression ou le « vivre ensemble » au moment de «Charlie».

Le politique c’est d’abord un constat, décrire ce lien, essayer de le nouer un peu plus; c’est faire entrer dans le revendicatif scolaire, le politique de la générosité contre toutes les frontières, y compris contre les frontières entre familles ou villages pour se disputer la seule classe scolaire qu’on va leur accorder. C’est lier le revendicatif le plus prosaïque au politique le plus généreux, c’est montrer ce qu’il y a de mieux dans ce que font les parents, les rendre fiers d’eux… C’est proprement unifier par la politique, mais concrètement en se saisissant de ce qui est, en le révélant aux yeux de ceux qui font; en se servant de ce qui existe déjà, des courants sociaux, de ce que font déjà les gens et ce qui est sous-jacent, qui est dans la situation, pas dans ce qu’on voudrait qui y soit et qu’on voudrait y faire entrer par des formules ou incantations issues d’une période qu n’existe plus.

Il faut bien voir que s’il y a eu un fort mouvement revendicatif national mais émietté autour des classes surchargées, du refus des fermetures de classes, de l’ouverture de nouvelles – pour ne prendre que cet exemple revendicatif, mais ça vaudrait pour tous les autres – le mouvement d’ensemble, s’il arrivait, dès lors qu’il commencerait à percevoir sa force, se transformerait en autre chose, de plus général, de plus politique.

La revendication initiale se transformerait rapidement ou aurait un contenu qui déborderait très largement sa seule expression. Car tout le monde sait bien, que même avec des classes moins surchargées, même avec une réussite scolaire, même avec un diplôme, après, il n’y a pas de travail, il n’y aura pas de retraite, une protection santé réduite, des conditions de travail abrutissantes, humiliantes, dangereuses voire tuantes, un environnement politique raciste, xénophobe et sexiste, etc., etc… Bref, on sait que les jeunes auront un avenir moins bon que celui de leurs parents et que prendre le problème par un seul bout, c’est tenter de remplir le tonneau des danaïdes.

Autant on pouvait imaginer avant la crise de vastes mouvements autour d’une revendication, dans le cadre en gros d’une société qui permettait de trouver un travail et d’avoir un avenir, autant aujourd’hui, ça paraît peu imaginable. Et si ça avait lieu, on l’a vu avec le mouvement des retraites, la revendication en abriterait tout un tas d’autres, aurait un contenu bien plus large, ce dont ont témoigné en quelque sorte ces lycéens de 16 ans qui manifestaient pour la retraite à 60 ans. Et c’était en 2010, au début de la crise, quasiment dans un autre temps. Aujourd’hui, ce caractère sera autrement marqué. On l’a vu aussi avec le mouvement des cheminots au printemps 2014. C’est la surprise et le plaisir du nombre qui a fait continuer les grévistes, de jour en jour, plutôt que la perspective d’obtenir satisfaction à la revendication. Ou encore, à l’inverse, on peut voir la persistance du mouvement revendicatif corporatiste dans des professions spéciales qui défendent leurs «privilèges» ou ce qui leur en reste, avocats, médecins, policiers, déjà moins les gardiens de prison… et pas du tout les intermittents ou les salariés de Radio France.

Hier, il y aurait eu une séparation nette entre, d’une part, le mouvement revendicatif pour des classes moins surchargées et, d’autre part, le mouvement de solidarité avec les réfugiés. Ce n’aurait probablement pas été non plus les mêmes milieux. Aujourd’hui où les classes moyennes se voient en partie prolétarisées et leurs enfants encore plus, les frontières s’estompent et les qualités des milieux différents peuvent se renforcer. Du moins, si l’on pense que le prolétariat peut entraîner les autres classes sociales et ne pourra jouer un rôle politique que s’il peut entraîner les autres classes sociales exploitées ou opprimées. Voilà le rôle que peut jouer son parti: à cette frontière. En montrant le rapport du prolétariat aux autres classes sociales, comment il peut peser sur elles, les entraîner.

Bien sûr, de faire le lien entre les mouvements de parents d’élèves et de ceux autour des réfugiés ne transformera pas cet ensemble de mouvements en un mouvement d’ensemble. Mais pour une partie des gens qui y participent, cela leur fera prendre une plus grande conscience de ce qu’ils font, renforcera la conscience de leur capacité à jouer un rôle pour toute la société, leur permettra de mieux comprendre comment être « tous ensemble » parce qu’ils le sont déjà un peu, parce qu’ils y aspirent déjà dans ce qu’ils font aujourd’hui. (La seconde partie de cette analyse sera publiée, demain 3 novembre 2015, sur le site A l’Encontre)

____

1. Ce n’est qu’à la page 571 du rapport qu’on trouve des informations sur les grèves, en annexe.

2. Si on met une « alerte » informatique avec le mot « grève », on n’obtient en gros pas plus que 10% de la réalité que j’ai pu trouver.

3. Comme d’ailleurs de l’immense majorité des sites des UD des grandes confédérations syndicales où les mots « grève » ou « lutte » ont disparu des rubriques.

4. Dit dans d’autres traditions, avec d’autres catégories de pensée et un autre vocabulaire, c’est la possibilité du passage de « l’en soi » au « pour soi ».

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