Nicaragua. Les paramilitaires continuent les attaques contre les rebelles de Masaya

El Confidencial

La police a arrêté au moins quatre personnes dans l’après-midi du 3 janvier à Masaya [ville symbolique de la révolution de 1979 et de la mobilisation de 2018], après avoir effectué un fort déploiement de la police antiémeute et les paramilitaires. Des habitants de cette ville ont assuré que les officiers de la dictature de Daniel Ortega et de Rosario Murillo ont perquisitionné plusieurs maisons et volé les biens.

Le siège de la police s’est concentré sur les quartiers «Fox» et «San Juan». C’est arrivé vers 14 h 30. Il s’agissait d’attaques sélectives et rapides. Les personnes détenues par les policiers sont Wilfredo Brenes Domínguez, 39 ans, et trois membres de la même famille: Karla Escobar Maldonado, 40 ans ; Fernando Escobar Maldonado, 33 ans ; et Ramón Javier Cerrato, 57 ans.

Les détenus ont été transférés dans les cellules de la Dirección de Auxilio Judicial (DAJ), mieux connue sous le nom de El Chipote à Managua (nom commun de la prison de la capitale).

Petrona Domínguez, la mère de Wilfredo Brenes Domínguez, a déclaré que les autorités battaient brutalement son fils. Les flics criaient : «Rendez les armes» qu’il était censé posséder. Alors qu’ils fouillaient toute la maison, les policiers n’ont rien trouvé et ont embarqué Wilfredo Brenes Domínguez dans une voiture de la police

Plusieurs citoyens de Masaya ont déclaré à Confidencial qu’une quinzaine de camionnettes remplies de policiers antiémeute ont effectué les raids sélectifs ce mardi 3 décembre 2019. Cependant, des descentes policières ont lieu depuis des mois à Masaya. Elles se sont intensifiées ce 2 janvier avec l’arrestation de Keneth Martínez Gaitán, 29 ans.

La raison du harcèlement de la police répond aux pétards que les citoyens rebelles font exploser à Masaya depuis le 20 décembre, dans différents points de la ville. Dans l’un de ces quartiers, se trouve le poste de police. Après les détonations qui se produisent habituellement aux petites heures du matin, les officiers et les paramilitaires s’activent et parcourent les quartiers.

Le «Lobo», l’un des chefs rebelles de Masaya, a dit que «la résistance est toujours active». «Nous n’oublions pas et nous n’allons pas le rester, c’est pourquoi nous faisons exploser ces gros pétards d’une manière coordonnée», a-t-il dit.

Le «Lobo» [le loup] fait partie de la «Colonne Marcelo Mayorga» [qui a été assassiné en juin 2018 à Masaya]. Avec la résistance indigène de Monimbó, ils sont les acteurs des graffitis qui dénoncent la dictature et qui ont commencé à apparaître dans toute la ville.

Masaya est l’une des villes les plus touchées par la répression d’Ortega Murillo. Environ 35 personnes ont été tuées dans cette ville après que la résistance eut encerclé le poste de police pendant plusieurs semaines. Depuis juillet, date à laquelle la police et les paramilitaires se sont brutalement emparés cette ville, le quartier de Monimbó est placé sous surveillance. (Article publié sur le site de Confidencial, en date du 4 janvier 2019; traduction A l’Encontre)

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