Conférence-débat avec Michèle Sibony. Quelle solidarité avec le peuple palestinien de la part de militants juifs? Quels amalgames entre antisionisme et antisémitisme? – 5 octobre 2017 à 19h45 – Centre Pluriculturel et social d’Ouchy (CPO) à Lausanne

Quand

05/10/2017    
19:45 - 21:00

CPO
Beau-Rivage 2, Lausanne

Type d’évènement

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Conférence-débat

Quelle solidarité avec le peuple palestinien de la part de militants juifs?
Quels amalgames entre antisionisme et antisémitisme?

5 octobre 2017 à 19h45 

Centre pluriculturel et social d’Ouchy (CPO) à Lausanne
rue Beau-Rivage 2 (près du Temple de la Croix d’Ouchy)

Exposé introductif de Michèle Sibony

militante pour la paix, active dans le cadre de l’Union juive française pour la paix (UJFP), auteure d’un ouvrage co-publié avec Michel Warschawski aux Editions Textuel et de nombreux articles.
 
Conférence-débat organisée par le site alencontre.org, par les Editions Page 2, BDS Vaud, le MPS (Mouvement pour le socialisme), le Cercle La brèche (UNIL)

Le 8 septembre, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, dans un entretien avec le quotidien français Le Monde, constatait à propos de la situation en «Israël-Palestine»: «On assiste à l’affirmation de plus en plus ouverte et soutenue de la prise des terres par les Israéliens. On en parle ouvertement, la Knesset [le Parlement israélien] en débat, le pouvoir politique et la Cour suprême se disputent. Pour les Palestiniens, il n’y a pas de progrès ou de perspectives.» Il déclare, suite à la question «Comment qualifieriez-vous le développement des colonies en zone C [elle représente la plus grande portion des terres de la Cisjordanie]?»: «C’est une annexion de facto. On prend le territoire, on le gère, on le développe, et on ne prend pas en considération ce que ça génère chez l’autre, chez les Palestiniens.»

La politique de colonisation du gouvernement Netanyahou ne cesse de se durcir. A tel point qu’une législation est en cours afin de pouvoir qualifier des ONG israéliennes critiques comme «des agents de l’étranger». Netanyahou a refusé de rencontrer le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, parce que ce dernier persistait à vouloir s’entretenir avec les ONG B’tselem (centre israélien d’information sur les droits humains dans les territoires occupés) et Breaking the silence (organisation de vétérans de l’armée israélienne qui témoignent sur les actions militaires dans les territoires occupés).

Dans un tel contexte, la solidarité avec les revendications du peuple palestinien, la diffusion d’informations fiables sur la politique de colonisation et sur les discriminations visant les Arabes israéliens relèvent d’un engagement élémentaire pour la défense de droits humains universels, dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 inspirée par René Cassin.

Selon une approche manichéenne, les partisans de la politique officielle de l’Etat israélien qualifient les personnes critiquant les orientations d’un sionisme colonisateur d’«antisémites». L’avers de la médaille existe: des autoproclamés défenseurs des droits du peuple palestinien, consciemment ou non, glissent de l’antisionisme à l’antisémitisme, c’est-à-dire à une des expressions du racisme. Cette forme de racisme a une longue histoire en Europe. Le colonialisme occidental dans le Maghreb, le Machrek et l’Afrique noire a de même validé ses pratiques par un racisme visant les populations dominées, auxquelles étaient attribués «scientifiquement» des signes d’infériorité justifiant leur domination et leur oppression. Un mécanisme analogue est à l’oeuvre entre le colon israélien et le colonisé palestinien. Ce sont ces questions qui seront débattues à l’occasion de cette conférence-débat.