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mars 2017

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La Brèche

Italie. Référendum du 4 décembre 2016: un bilan

Publié par Alencontre le 20 - décembre - 2016
Matteo Renzi et son allié et successeur Paolo Gentiloni

Matteo Renzi et son allié et successeur Paolo Gentiloni

Par «Il cuneo rosso»

Il y a deux mois, l’historien britannique Niall Ferguson a eu une heureuse formule en commentant le Brexit: «C’est l’annus horribilis des élites globales», signifiant par ces mots que le hiatus croissant entre les élites capitalistes mondialisées et le peuple, c’est-à-dire les travailleurs, est devenu patent, mettant à jour le manque de confiance croissant des masses à l’égard des élites.

Le même phénomène est apparu en Italie lors du vote référendaire sur les modifications de la Constitution, le 4 décembre[1]. D’un côté, la Confindustria [syndicat patronal], Bankitalia [Banca d’Italia, la banque nationale], les grandes banques, les Bourses, les agences de notation, Obama, Merkel, la Commission européenne et pratiquement toutes les télévisions et les journaux à grand tirage soutenaient la réforme du président du Conseil des ministres Matteo Renzi. De l’autre côté, quelque 20 millions de Non, malgré une campagne rouleau compresseur pour le Oui, avec une participation au vote très élevée, inattendue pour un référendum aussi politique. C’est intéressant.

La teneur du Non et du Oui

L’analyse des résultats du vote en fonction des classes et des situations sociales est encore plus intéressante et ne laisse planer aucun doute[2].

Il Sole 24 Ore [quotidien de la finance italienne] synthétise ainsi les choses: «Ce sont les jeunes chômeurs et les jeunes les plus démunis qui ont dit non.» Ce qui reflète «la protestation contre une crise économique qui s’éternise». Plus précisément, le Non a été au-dessus de la moyenne, atteignant même 70%, dans les provinces où le chômage est le plus élevé et le revenu moyen imposable inférieur à 14’000 euros par an. YouTrend [agence de sondages] a calculé que le Non a atteint 65,8% dans les 100 communes ayant le plus haut taux de chômage, tandis que le Oui l’a emporté avec 59% dans les 100 communes avec le plus bas taux de chômage.

Dans la revue Internazionale, R. Carlini commente une recherche de l’Institut Cattaneo (proche du Parti Démocratique, PD[3]) en expliquant qu’à Rome, les circonscriptions du centre et des Parioli[4], bastions de la grande bourgeoisie proche du PD, où le Oui a dominé, sont pratiquement encerclées par les périphéries, les zones en déclin et les quartiers de l’ex-couche moyenne, où le Non a triomphé. La même chose vaut pour Milan et Bologne. Alors que l’ex-président du Conseil des ministres Renzi[5] vient de réaliser l’opération Bonus de 500 euros aux nouveaux majeurs[6], il est significatif de souligner que «partout où le chômage ou le sous-emploi frappent les jeunes, ceux-ci ont voté massivement Non», poursuit Carlini. Dans quelle proportion? Vraisemblablement de 69% à 81%, nettement au-dessus de la moyenne [60%].

Le quotidien Libero est plus explicite et plus lucide: «Les anciennes questions politiques refont surface, notamment les revendications salariales et politiques. L’ancienne classe sociale est de retour, parce que l’ascenseur social qui avait induit croissance et bien-être s’est bloqué. (…) Du Brexit au Non, tout passe par le travail, par l’économie réelle, par le peuple souverain (…), mis en marge de la politique parce qu’il était et il est fatigant de l’écouter.» Laissons de côté les propos peu sérieux sur le «peuple souverain», cet amas de moutons que décrivent des intellectuels, émules de Foucault ou non, et transformons le terme «peuple» en «masse des salarié·e·s», et nous retombons sur le constat de Ferguson: la politique des partis et des gouvernements bourgeois, des élites politiques et économiques, n’a cessé de s’éloigner de cette masse, sans même l’écouter et, pire encore, dans ces trois dernières décennies elle l’a de plus en plus piétinée. Non point par simple arrogance ou distraction, comme le laisseraient comprendre les reproches actuels adressés à l’élite par ses nombreux porte-serviette. Mais par pure et incontournable nécessité découlant des lois d’airain de l’accumulation du capital en période de croissance faible dans les pays capitalistes développés et de crises, petites ou graves mais récurrentes. Se rappeler que le «peuple» existe et l’écouter, dans des conjonctures comme celles-ci, est impossible pour ces élites, à moins que «le peuple» ne se rappelle lui-même à leur bon souvenir en leur montrant sa force.

Même le quotidien La Repubblica, ayant défendu inconditionnellement le Oui, est contraint de reconnaître que dans le Sud et les îles, parmi les jeunes – qui ne constituent certes pas une classe sociale en tant que telle mais qui constituent la majorité des salariés précaires, des travailleurs stagiaires, des travailleurs accessoires (dit au voucher)[7] et des travailleurs au noir – le vote a pris la tournure d’un plébiscite contre le gouvernement Renzi. Parce que, n’en déplaise aux constitutionnalistes du Comité pour le Non, le vote référendaire en question a progressivement pris la tournure non point d’un référendum sur la Constitution, mais d’un référendum sur le gouvernement Renzi, sa politique et les pouvoirs forts qui la lui dictent.

Le Non a entraîné également un pourcentage non négligeable de l’électorat du PD, estimé à 20,3% à Florence, 33% à Turin, 41,6% à Naples, 45,9% à Cagliari. Et soyons sûrs qu’il ne s’agit pas de sa composante sociale la plus parvenue. A l’inverse, un pourcentage aussi élevé de l’électorat de Berlusconi, symbolisé par les Verdini, Ferrara[8] et leurs camarades de jeu, qui ne sont pas précisément ce que l’on nomme des cols bleus, ont préféré donner leur voix à Renzi, soutenant ainsi la garantie que sa politique et sa réforme constitutionnelle donnaient aux figures du parasitisme privé et public.

La journaliste L. Annunziata, du site d’information on line Huffington Post, écrit quant à elle que Renzi paie «le manque d’un rapport fort avec les couches sociales plus humbles» (dont elle ne fait pas partie… en tant qu’ex-journaliste du quotidien Il Manifesto ayant atterri à la présidence de la radio-télévision d’Etat, la Rai). L’avertissement que constitue la victoire du Non, dans de telles proportions et avec un tel contenu social et politique antigouvernemental, est «lancé à l’adresse de la classe dirigeante dans son entier». A commencer par celui qui prendra la place de la marionnette de Florence [Renzi], qui devra faire face au mécontentement et à l’amertume, à «l’envie de changer les choses», qui se sont manifestés de manière homogène dans toute l’Italie.

italia-5-stelle-palermo-300x225Est-ce pour autant un Non de classe et prolétarien?

Nous avons lu de nombreux raccourcis de ce type, qui ne correspondent aucunement à ce qui s’est passé. Avant tout parce que les deux aspects [majorité de Non et vote de classe] ne correspondent tout simplement pas nécessairement. En effet, une chose est le fait que le Non contient notamment, quant à sa composition sociale, la partie la plus informée, active, consciente, combative des travailleurs et, plus généralement, des salariés (étant entendu que ces qualificatifs ont aujourd’hui une certaine relativité et qu’ils couvrent d’importantes différences). Une tout autre chose est un Non politiquement connoté en tant que vote de classe. Car, dans ce dernier cas, le vote aurait exprimé non seulement un refus de la réforme constitutionnelle Renzi-Boschi[9], mais aussi une dénonciation du processus de centralisation du pouvoir d’Etat réalisée ces dernières décennies, ainsi que la critique sans concession des illusions démocratiques, légalistes, passéistes des nostalgiques de la plus belle Constitution du monde, de même que l’attaque frontale aux porteurs du Non de droite, notamment celui démagogique de Grillo[10].

Le premier aspect a pris forme [majorité de Non], le second ne s’est fondamentalement pas vérifié [vote de classe], à part quelques exceptions limitées, tournées du côté de petites forces prolétariennes organisées, parmi lesquelles les SI-Cobas[11]. Cependant le premier aspect peut évoluer vers le second, mais à certaines conditions, dont la principale est la reprise à grande échelle des luttes ouvrières et des salariés précaires. C’est pourquoi nous nous sommes efforcés, dans le cadre de notre intervention organisationnelle limitée, de dialoguer pour essayer d’orienter les salariés vers cette dynamique. Aujourd’hui, à l’heure du bilan, nous pensons que ces forces restreintes auraient pu faire plus d’effort pour se coordonner, non pas dans le but d’accompagner les électeurs pour le vote, mais pour accrocher et pousser en avant ceux qui, parmi les ouvriers, les chômeurs, les précaires, les étudiants, se sont questionnés autour de cette échéance référendaire en se posant une série de questions politiques de fond. Il en va de même à l’égard des divers comités et associations pour le logement, pour le droit à l’eau, pour la défense de l’environnement, etc. qui se réfèrent tous à la Constitution et qui ont justifié leur Non par des arguments dépassant le strict terrain institutionnel.

Afin de ne pas tomber dans le scénario écrit à l’avance, il nous faut aborder une autre dimension de ce Non massif. Celui-ci résulte également du vote, quantitativement important et majoritairement de droite, des petits accumulateurs de la production matérielle et des services [entre autres propriétaires de très petites entreprises], des petits agents de commerce, des petits bureaucrates. Au total cela fait des millions de personnes, qui se sentent et sont effectivement menacées voire rejetées sur le pavé, par des décisions politiques qui, depuis des années, les ont systématiquement défavorisées au profit du grand capital, de l’usure légale des banques, des grandes chaînes de distribution, des dirigeants des grands offices, des institutions de santé, des écoles. Cette foule – ici le mot prend tout son sens – a exprimé un Non pouvant être aussi anti-Union européenne (UE). Mais il n’a pas eu, à notre connaissance, un contenu de solidarité avec le prolétariat.

C’est pour cette raison que nous jugeons absurde de mettre ensemble les deux aspects du Non mentionnés plus haut. Mais, pour les mêmes raisons, nous pensons qu’il serait absurde de penser que les 13 millions de Oui au gouvernement Renzi proviendraient d’une masse compacte de grands bourgeois. Il est vrai que l’Italie est dans le peloton des 10 pays les plus exploiteurs de la planète, au point que même sur les terres de Trump et d’Obama il n’y a pas relativement une bourgeoisie si riche et si étendue. Cependant, au-delà de ce que le PD, la CISL, l’UIL ont véhiculé parmi les travailleurs, en s’étant activement mobilisés pour le Oui, le message de Renzi a touché les secteurs prolétaires qui se sentent encore assez protégés ou qui, comme les personnes âgées, ont été pris de panique face à la menace du saut dans le vide colportée par les médias. Nous avons même appris que des associations d’immigrés ont encouragé leurs propres concitoyens ou ex-concitoyens ayant le droit de vote à se montrer intégrés et disciplinés en votant Oui. Sur ces deux plans, le front de Renzi a obtenu certains résultats, bien que limités comme l’a montré le résultat du vote.

Il reste un dernier aspect fort intéressant, celui d’un Non social qui, au sein même des différents secteurs et des diverses couches de travailleurs, en particulier parmi les jeunes précaires, a outrepassé les mots d’ordre politiquement organisés, tant à droite qu’à gauche. Il découle de tout ce qui précède, exprimant le refus du diktat des élites globales et nationales, un refus de masse, qui a évidemment les limites qui caractérisent tout vote d’une masse d’individus. Pour comprendre cela, nous pensons qu’il ne faut pas confondre référendum et élections. Le 4 décembre il ne s’est pas agi d’une délégation de pouvoirs à quelques personnes. La délégation de pouvoir était demandée par Renzi, dans le seul but de poursuivre plus rapidement et plus expéditivement ce qu’il avait accompli jusque-là. Et la réponse est arrivée: Non.

Cela dit, il ne faut pas faire abstraction des dynamiques en cours. Le référendum a-t-il détourné et éteint dans les urnes le mouvement de rue qui menaçait sinon l’Etat du moins l’exécutif et la paix sociale? Ou, au contraire, avec ce Non ayant une dimension de refus collectif, une masse auparavant désorientée, atomisée, manquant de confiance, s’est-elle exprimée, parvenant à dire en chœur Non aux puissants, même si cela reste circonscrit aux urnes? Ces questions sont d’autant plus significatives que la campagne pour le Non a été faible de la part des droites et du parti M5S de Grillo (avez-vous vu combien il y a eu de manifestants à Rome, pour la «grande manifestation» de Cinquestelle?). Sans parler de la totale ambiguïté de la CGIL dont les dirigeants ont simultanément tenu des propos vaseux pour le Non et apporté à Renzi deux formidables soutiens, peu de jours avant la votation, en signant deux contrats collectifs nationaux ayant tout de la corde au cou, signés aux dépens des ouvriers de l’industrie des machines et du secteur public[12].

Finalement, nous n’excluons pas le fait qu’une autre manière d’exprimer son malaise et sa propre distance face aux élites se soit exprimée par les abstentions [34%]. Loin de nous l’intention de prêcher contre l’abstentionnisme! Toutefois, et bien que nous n’aimions pas particulièrement les urnes, l’abstention nous semble constituer l’une des modalités les plus passives pour exprimer ses propres besoins, d’autant plus que la bande à Renzi a tout de même transformé le 4 décembre en un plébiscite sur le gouvernement. Cela avait donc tout son sens d’y répondre par un coup de pied qui l’expédie à la maison.

Et maintenant?

Nous pouvons d’ores et déjà prévoir une phase d’instabilité politique, qui ne sera pas courte. Nous assisterons aux confrontations réelles, nullement simulées, au sein de la droite. Auxquelles s’ajouteront des affrontements jusqu’à la mise à mort, au sein du PD, entre majorité et minorité, mais aussi au sein de la majorité liée à Renzi. Nous serons également témoins des tentatives chaotiques pour donner vie à une entente laborieuse, destinée à barrer la route au parti de Grillo. Ce dernier [le M5S] sera lui-même en proie à une extrême agitation et à nombre de règlements de compte, d’autant plus que la perspective gouvernementale semble se rapprocher (voyez Rome, voyez l’interdiction de construire des tendances impartie par Grillo[13]). Le problème est que le PD de Renzi ayant foncé droit dans le mur alors qu’il était la perle de l’édifice gouvernemental, il n’y a plus en vue de formation politique bourgeoise apte à prendre durablement la relève à la tête de l’Etat. Apte aussi à tenir le gouvernail à travers le périple que doit affronter le capitalisme italien – comme le capitalisme mondial – dans les prochaines décennies, qui seront marquées par une série d’énormes tempêtes sociales, politiques et militaires résultant de la grande crise non résolue qui érode la stabilité, déjà fort entamée, du système-Italie.

mediobancaL’émergence du parti de Grillo & Casaleggio n’a eu aucun résultat sur le plan de la recomposition des forces politiques. Au contraire, son inexpérience et son affiliation aux forces qui se rangent du côté de l’effondrement de l’UE ont accru le désordre et les tendances centrifuges, bien que cet aspect pyromane ait eu un effet de diversion électorale face au mécontentement social croissant. Il n’en reste pas moins qu’une assise bourgeoise stable fondée sur un bloc social stable est aujourd’hui un rêve lointain. Pour deux raisons. Premièrement, parce qu’il est difficile d’unifier le grand capital autour d’un pôle qui soit à même de représenter de manière écrasante toutes les autres composantes. Il n’y a plus la FIAT du XXe siècle, Bankitalia a été évidée de ses pouvoirs par la Banque centrale européenne, sans parler de Mediobanca[14] et des plus grandes banques tricolores, toutes chancelantes. Deuxièmement, parce que la grande majorité des couches intermédiaires, accumulatrices et bureaucratiques sont, pour une raison ou pour une autre, en état de grave agitation.

Malgré un cadre marqué par d’évidentes faiblesses structurelles et des contradictions politiques internes aiguës, la classe capitaliste italienne n’est absolument pas sur le point de lâcher prise sur le prolétariat actif, ni sur ses proies externes. Nous en voulons pour preuve sa participation active aux nouvelles agressions en cours contre les populations de Libye, d’Irak et de Syrie, dans le but de s’arroger sa part de matières premières et de sang humain lors de la prochaine répartition néocoloniale. Et, pressée par les groupes dirigeants du capital global et de l’UE, elle n’a pas non plus l’intention de délaisser le parcours de réformes de l’Etat, dont faisait partie la réforme constitutionnelle à peine mise en échec. Avoir la moindre illusion contraire serait d’une naïveté désarmante. D’ailleurs la foudroyante rapidité avec laquelle le Sénat, à peine rendu à la vie, a été appelé pour approuver la loi sur le budget de l’Etat, en dit long à ce sujet. Mais, malgré tout, pour les centres du pouvoir du capital, les difficultés ne cessent de s’aggraver. L’échec de Renzi a exacerbé les conflits, désormais à couteau tiré, au sein d’institutions politiques au demeurant déjà fort fragmentées (26 partis gravitant autour du Quirinal – la présidence de la République – chacun avançant ses pions et voulant compter pour quelque chose au moins en catimini!). Dans un tel contexte, porter de nouveaux coups à la classe des travailleurs est plus compliqué que cela n’aurait été le cas avec un gouvernement Renzi qui aurait triomphé.

La prévision d’une phase d’instabilité ne concerne pas seulement le court terme. Munchau, dans le Financial Times, estime certain qu’avec ce résultat du vote référendaire, l’Italie est sur la voie de la sortie de l’Eurozone, «à cause de la dynamique que recèle ce processus» et vu l’absence d’un fort parti pro-européen capable d’inverser la vapeur, compte tenu du fait qu’une crise aiguë du PD est imminente. «Quand l’actuel gouvernement technique arrivera à terme et qu’il laissera la place à un gouvernement politique, en 2017 ou 2018, nous nous attendons à ce qu’il s’agisse d’un gouvernement anti-euro», écrit-il. Ce qui semble plausible, dans la mesure où le Cinquestelle [de Grillo], la Lega Nord de Salvini et une partie de Forza Italia [de Berlusconi] flirtent déjà avec cette hypothèse et pourraient préférer à un gouvernement qui bouterait le feu à l’affrontement de classes. Malheureusement ces mêmes calculs sont également faits à gauche, dans une perspective qui, en lieu et place d’une option national-sociale, est social-nationaliste. Inversion de termes qui ne change rien au résultat désastreux à venir.

Une autre heureuse formulation de l’article de Ferguson nous revient à l’esprit: «Bienvenue à la nouvelle guerre de classes version Brexit». C’est une allusion à la première ministre Theresa May – qui a succédé à Cameron – et à son discours tenu le 5 octobre lors de la conférence du parti conservateur à Birmingham. S’adressant à tous ceux qui, «privés d’un emploi ou touchant un salaire minimum à cause d’immigrés aux qualifications médiocres», elle leur a proposé solennellement un «contrat social qui prévoit de former et d’engager nos jeunes, avant de nous adresser à la main-d’œuvre bon marché en provenance d’outre-océan». Donc British first. Jusqu’ici, rien d’étonnant.

Mais il faut souligner le fait que, en reniant ainsi l’héritage thatchérien, elle promet un gouvernement interventionniste qui «redressera les torts. Défiera les situations acquises», en s’employant à «mettre le pouvoir du gouvernement au service direct de la simple classe des travailleurs», de quoi rendre verts de jalousie les Gigino de Magistris et Virginia Raggi[15], qui ont fait baver d’envie et font encore baver d’envie leurs rivaux et ennemis. Mais ce n’est pas tout! Après avoir dessiné un plan stratégique de réindustrialisation de la Grande-Bretagne, tout en ayant précisé que son gouvernement interviendra «là où les marchés ne fonctionnent pas» ou dysfonctionnent, Theresa May a redéfini son parti comme «le vrai parti des travailleurs [avec ces mots précis: we truly are the party of the workers], le parti des salariés du secteur public, le parti de la santé publique nationale», le parti qui «croit dans le service public» et qui s’engage dans la lutte contre les injustices sociales. Tout son discours est émaillé de rappels positifs aux travailleurs et de désapprobation à l’égard des «rares privilégiés», des «riches, des hommes de succès et des puissants», qui n’ont cure du sort des travailleurs et de ceux qui restent en arrière. Elle s’insurge contre ceux qui ont ainsi transformé le Royaume-Uni en une nation divisée par des fractures qui s’amplifient, un pays où les ressentiments sociaux de la majorité croissent dangereusement, qu’il faut affronter avec un énergique changement de cap. Ce qui «signifie s’attaquer à l’iniquité et à l’injustice, déplacer de manière résolue les équilibres au profit de l’ordinary working class people».

Quelle partie de ce très ambitieux programme de relance du Royaume-Uni pourra être réalisé, pour remettre sur pieds la puissance globale socialement réunifiée et en compétition à mort avec les autres nations? C’est l’affaire de Theresa May et de ses tories. Mais ce qui compte, ici, est que ce programme a été exprimé énergiquement par la cheffe d’un gouvernement de droite. Des plans similaires, parfois moins solidement argumentés, proviennent d’autres droites européennes, Front national de Marine Le Pen en tête. Ce serait une grave erreur d’en sous-estimer les dangers.

Retour à la lutte!

En Italie aussi nous avons vu, au lendemain du vote du 4 décembre, les Brunetta et Salvini[16] surfer sur la vague du Non en exhibant des déclarations du genre «les vrais problèmes des Italiens sont le chômage, les retraites et la pauvreté», etc. Poudre aux yeux, si l’on veut, comme pour le plan de Theresa May (qui prévoit, entre autres, l’entrée de représentants des travailleurs dans les conseils d’administration des entreprises). Mais au-delà de ce premier jugement, ce qui compte est l’émergence, partout en Europe, de formes diverses d’une droite sociale parfaitement capitaliste, qui s’adresse directement aux laissés pour compte (la même catégorie que l’on retrouve dans le discours de Trump) et qui se présente comme leur seul rempart contre les pouvoirs forts et contre l’affabulation des immigrés comme cheval de Troie. Plus prudents sont les propos de la première génération de candidats du parti de Grillo, qui craignent de s’aliéner le cercle magique de la finance globale, mais qui ont ainsi raté le bus pour le gouvernement alors qu’ils étaient à un pas du but. Echec qui pourrait les amener à mettre une couche de vernis social sur leur propagande, aujourd’hui très orientée vers les petits entrepreneurs et le mythe des start-up.

L’avalanche de Non qui a emporté le gouvernement Renzi a aggravé les contradictions de la classe dominante et de ses cercles dirigeants. Or, si la crise perdure sous sa forme irrésolue, avec en plus les coups de massue du gouvernement Trump et leurs retombées en Europe, les groupes dominants du capitalisme national et global voudront relancer l’attaque contre les salariés, comme avant le 4 décembre et, si possible, avec plus d’acharnement, quels que soient le gouvernement et le président du Conseil des ministres en place. En même temps, et ce sera là une véritable manœuvre en tenaille, les forces de droite essaieront de se présenter en paladins des larges couches sociales, prolétariennes et au-delà, qui ressentent un malaise croissant, du peuple refoulé aux marges de la politique.

Et ce ne seront pas les CGIL-CISL-UIL[17] qui feront obstacle à cette manœuvre en tenaille enserrant les corps et les esprits de ceux qui vivent de leur propre travail. Ni les prochaines élections, en prévision desquelles certains s’agitent déjà pour relancer l’hypothèse Syriza, comme si la fin sans gloire de cette expérience ne nous avait rien enseigné. D’autres voudraient retisser manœuvres et intrigues pour de nouvelles alliances de centre-gauche avec le PD, pour autant que Renzi se retire: comme si Bersani, le néolibéral, D’Alema, chef de guerre de l’OTAN lors du bombardement de l’ex-Yougoslavie, ou quelque autre clone pouvaient être plus acceptables que Renzi.

La seule manière de capitaliser la victoire du Non ou, si l’on préfère, la bruyante défaite référendaire des élites globales, c’est de revenir à la lutte, à l’auto-organisation, contre les adaptations au capitalisme et contre la primauté de la compétitivité, qui nous étranglent progressivement:

  • remise en question du très mauvais contrat collectif des travailleurs de la métallurgie [il apparaît que ce contrat, soumis aux travailleurs les 19, 20 et 21 décembre, fait face à un refus dans une majorité des moyennes et grandes entreprises] et abrogation du Jobs Act;
  • développement de la lutte contre la soi-disant «bonne école», bonne à éduquer les jeunes à accepter le travail sous-payé, à travers les stages sans solde et l’autoritarisme;
  • reprise de la mobilisation de rue contre la Loi Bossi-Fini[18] et pour la régularisation collective des travailleurs immigrés sans permis de séjour;
  • relance des luttes contre l’hyper-exploitation du travail, la précarité et le chômage, liées à la revendication travailler moins pour travailler tous, à salaire égal et pour des emplois socialement nécessaires;
  • retrait de l’armée italienne des nouvelles guerres coloniales;
  • refus du nouveau gouvernement Gentiloni, mis en selle par l’accord Mattarella-Renzi-Napolitano[19]: pour lui donner le fil à retordre que nous n’avons pas su donner aux gouvernements précédents par les mobilisations de rue;

Une telle reprise des luttes, devrait nous permettre également de faire quelques pas en direction de la reconquête de l’autonomie politique et de l’organisation propre de la classe des travailleurs. (Article publié sur le site Pungolo Rosso, le 12 décembre 2016; traduction Dario Lopreno)

Notes

[1] Il s’agit du référendum sur la réforme constitutionnelle (portée par la loi Renzi-Boschi, soit les noms du président du Conseil des ministres et de la ministre des relations avec le Parlement), destinée notamment à accroître les pouvoirs de l’exécutif et, surtout, ceux de la Chambre des députés, tout en réduisant à peu de chose ceux du Sénat et en diminuant le pouvoir des régions. Voir à ce propos, sur ce site, les articles de Diego Giachetti, Italie. Oui ou non? NON. A propos du référendum constitutionnel du 4 décembre  et de Franco Turigliatto, Italie. Un front unitaire pour l’automne du NON. [ndt]

[2] Le résultat du vote référendaire du 4 décembre a été le suivant. Sur une population de 65’000’000 d’habitants, il y a 51’000’000 d’électeurs, dont 66% ont pris part au vote (soit 34% d’abstentions); 59% ont voté Non, 41% Oui; seules 12 provinces sur 107 ont voté Oui, toutes en Emilie et Toscane outre la province de Bolzano à l’extrême Nord, le Non étant plus marqué dans le Mezzogiorno (sud et îles) que dans le Nord (Cf. Referendum costituzionale. 4 dicembre 2016, http://www.repubblica.it/static/speciale/2016/referendum/costituzionale/?refresh_cens). [ndt]

[3] Le Partito democratico (PD) est un parti néo-conservateur issu, en 2007, de la fusion de courants issus eux-même de l’ex-Démocratie chrétienne, de l’ex-Parti socialiste, de l’ex-Parti communiste et de débris d’ex-partis de droite, écologistes et de gauche. Depuis 2013, les présidents du Conseil des ministres (Enrico Letta, Matteo Renzi et, depuis le vote référendaire du 4 décembre 2016, Paolo Gentiloni) sont issus du Parti démocratique. [ndt]

[4] Les Parioli sont le principal château fort des riches de Rome. [ndt]

[5] Matteo Renzi a démissionné de son poste de président du Conseil des ministres depuis le 12 décembre 2016, une semaine après la défaite de sa réforme constitutionnelle soumise au vote référendaire et refusée par 60% des votants (participation de 66%). Renzi avait explicitement transformé ce vote en un plébiscite pour ou contre sa politique. [ndt]

[6] Les jeunes ayant 18 ans, résidant sur le territoire italien, reçoivent un bonus de 500 euros en s’enregistrant électroniquement. L’opération dure de l’automne 2016 à fin 2017 et donne accès à des biens culturels dans un grand nombre de commerces de détail (livres, musique, revues, matériel scolaire, spectacles, expositions, visites, etc.). Cela touche quelque 579’000 jeunes, à l’exclusion des sans domicile fixe, des requérants d’asile et des sans-papiers et cela amène les néo-adultes à s’inscrire sur le Système unique d’identité digitale (SPID) que le gouvernement a introduit fin 2015. [ndt]

[7] Comme le précise la définition du travail accessoire par l’Institut national de la prévoyance sociale (INPS, sécurité sociale), le travail dit accessoire ou au voucher «est une modalité particulière (…) dont la finalité est de réglementer les prestations de travail dites accessoires, qui ne peuvent pas être ramenées à un contrat de travail parce qu’elles sont effectuées de manière ponctuelle. Ce qui permet de protéger des situations non réglementées. Le paiement s’effectue par le biais de bons de travail (voucher).» Un voucher correspond à un salaire horaire de 7,5 euros par heure qui implique l’enregistrement auprès de l’INPS et de l’INAIL (assurance accident)… tout en ne donnant droit à aucune prestation de sécurité sociale, bien que ce soit une activité reconnue pour l’obtention du droit à la retraite (http://www.inps.it/portale/default.aspx?itemdir=5590). [ndt]

[8] Denis Verdini, homme d’affaires et sénateur du Popolo per la libertà (de Silvio Berlusconi), puis de l’Alleanza liberalpopolare (un parti berlusconien en dissension avec Berlusconi); les affaires pour lesquelles il est ou a été poursuivi sont fort nombreuses. Giuliano Ferrara, journaliste et un ancien membre du parti post-stalinien, le Parti communiste, devenu membre du Parti socialiste, puis membre de Forza Italia (de Berlusconi), ensuite proche du Popolo per la Libertà et fondateur de l’«Associazione difesa della vita. Aborto? No grazie». [ndt]

[9] Cf. note 1 ci-dessus. [ndt]

[10] Il s’agit du Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle, M5S, Cinquestelle), les étoiles symbolisant l’eau, l’environnement, les transports, la connectivité et le développement, fondé en 2009 par l’humoriste Beppe Grillo et l’entrepreneur Gianroberto Casaleggio (décédé en avril 2016), suite aux deux journées de mobilisation contre la caste politique nommées journées du «Vaffanculo Day» (la journée du «Va te faire foutre»), en 2007 et 2008. Il connaît des succès électoraux nationaux depuis 2013, où il devient le premier parti du Parlement: le Parti démocrate (PD), à la tête de la coalition Italie-Bien commun, obtient à lui seul 25,4% des voix, le Popolo della libertà (PdL), à la tête de la coalition des droites, obtient à lui seul 21,6%, M5S obtient 25,6% (mais c’est la coalition autour du PD qui, avec 29,6% des voix, forme le gouvernement). C’est un mouvement hétéroclite, sans projet économique et social alternatif clair, ayant capté une partie de l’électorat en s’élevant contre les prébendes institutionnelles et mafieuses, les détournements de fonds et de pouvoirs, les privilèges et chasses gardées constituant le quotidien de la vie politique italienne officielle. Il n’est ni anticapitaliste ni opposé aux programmes d’austérité, sans propositions sur la question des rapports de travail et absent des organisations syndicales; il est fortement xénophobe, plus ou moins euro-sceptique selon le cas; il défend certains droits démocratiques. Il fonctionne de manière apparemment informelle, souvent par consultations électroniques internes ou par meetings électroniques internes, les deux démarches étant en fait fortement encadrées par la direction nationale du mouvement. Sa base sociale prend racine à la fois parmi les indépendants, les professions libérales, mais aussi des salariés du privé et du public, des travailleurs précaires, des pauvres et des marginaux. C’est un mouvement protestataire dont la force résulte de décennies d’austérité, d’absence d’une réponse anticapitaliste à ces attaques, de l’intégration des gauches aux droites institutionnelles, de la désillusion de larges couches de salariés, de la profondeur de la crise de 2008 et de la dureté de l’austérité qui a suivi, phénomènes s’exprimant dans la disparition d’une conscience de classe (Cf. Franco Turigliatto, La nature ambiguë du Mouvement 5 Etoiles, 27/09/2016, sur le site de Sinistra anticapitalista, et sites du M5S et du gouvernement italien). [ndt]

[11] Le SI-Cobas est le Syndicat intercatégories COBAS (Sindacato intercategoriale – Lavoratori autoorganizzati). L’acronyme Cobas provient des Comitati di base della scuola (Cobas, Comités de base de l’école) de la fin des années 1970, devenus à la fin du XXe siècle l’acronyme-symbole générique des syndicats démocratiques non rattachés aux grandes centrales syndicales institutionnelles. [ndt]

[12] Il s’agit d’une part du contrat collectif national de travail, signé le 26 novembre, par les trois grandes centrales syndicales syndicats FIM, FIOM et UILM du secteur de l’industrie métallurgique, des machines et des installations sanitaires, signature qui doit toutefois être ratifiée par le vote référendaire des salariés les 19, 20 et 21 décembre. Et il s’agit d’autre part de l’accord signé entre le gouvernement et les trois grandes confédérations syndicales nationales, CGIL, CISL et UIL, pour l’ouverture des négociations pour le renouvellement des contrats collectifs de travail dans le secteur public (où les négociations sont gelées depuis sept ans). Voir l’article d’Eliana Como sur ce site. [ndt]

[13] «Voyez Rome»: L’auteur se réfère ici à la procédure légale en cours contre la nouvelle maire M5S de Rome, Virginia Raggi, élue en juin 2016 par 2/3 des voix. C’est un recours, porté par des membres du PD, pour inéligibilité, dans le mesure où Raggi a signé un accord avec l’association M5S qui «limite fortement, jusqu’à en empêcher l’autonomie, les décisions que Virginia Raggi devrait assumer en tant qu’éventuel maire de Rome», selon la plainte déposée à la veille des élections (Cf. AdnKronos, Roma: contratto Raggi-M5S finisce in Tribunale, presentato ricorso, 23/05/2016, quotidien on line Libero). Quant à l’interdiction de construire des tendances impartie par Grillo, l’auteur fait allusion notamment à l’assemblée des députés et des sénateurs du M5S, au cours de laquelle des courants différents se sont exprimés et que Beppe Grillo a voulu aussitôt étouffer par ces mots: «Dans le Movimento 5 Stelle les courants n’existent pas. Nous avons besoins d’idées partagées, pas d’opinions de division» (Gabriela Cerami, Caos all’assemblea M5S, guerra tra correnti. E Grillo interviene di nuovo: «Chi pensa a interessi personali se ne vada», Huffingtonpost, 08/12/2016). [ndt]

[14] Mediobanca est la principale banque d’investissement italienne. Dernièrement elle a organisé un repas mettant en présence deux parlementaires de M5S et des représentants d’importants fonds d’investissement étrangers, afin de discuter de «l’agenda politique et économique du M5S (…) et ses ambitions gouvernementales» (Annalisa Cuzzocrea, M5S, Ruocco e i fondi stranieri l’invito a cena di Mediobanca, quotidien La Repubblica, 25/11/2016). [ndt]

[15] Lugi (dit Gigino) de Magistris est le maire indépendant de Naples, Virginia Raggi est la maire M5S de Rome, tous deux élus sur la base de promesses abondantes.

[16] Renato Brunetta, eurodéputé et député national, est l’un des principaux dirigeants de Forza Italia; Matteo Salvini, eurodéputé, est le secrétaire fédéral de la Lega Nord. [ndt]

[17] CGIL (Confédération générale italienne du travail), CISL (Confédération italienne des syndicats de travailleurs), UIL (Union italienne du travail), sont les trois grandes confédérations syndicales italiennes. [ndt]

[18] La Loi Bossi-Fini (du nom des deux ministres issus de la Lega Nord et de l’ex-extrême droite qui en furent les artisans) est la loi italienne sur l’immigration, votée au Partlement en 2002, sous la présidence du Conseil des ministres de Berlusconi, réalisant un violent durcissement des conditions d’accueil des immigrants. [ndt]

[19] Il s’agit du nouveau gouvernement, en place depuis le 12 décembre, présidé par Paolo Gentiloni (Parti démocratique). Sergio Mattarella (issu de l’ancienne démocratie-chrétienne) est le président de la République depuis 2016, Giorgio Napolitano (du PLA-PSI-MAIE, un conglomérat socialiste-droite-régionalistes) est son prédécesseur. [ndt]

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Qui est vraiment Macron? par Osons causer

Alors que François Fillon s'écroule, Emmanuel Macron a encore le vent en poupe. Il ne vient pas des partis, se dit ni de gauche ni de droite et fait souffler un vent nouveau sur la politique si l’on en croit certains médias. Mais comment est-il monté si vite, et si haut? Les vidéastes du collectif Osons Causer décryptent le parcours et l’ascension fulgurante de cet énarque et ancien banquier d'affaires. Ce que le candidat à la présidentielle rappelle, c’est qu’on peut être en dehors des partis et néanmoins au cœur du pouvoir. (Site Mediapart)

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