mercredi
23
août 2017

A l'encontre

La Brèche

France. «Nous n’en pouvons plus de cette monarchie républicaine»

Publié par Alencontre le 10 - août - 2017

Par Philippe Frémeaux

Le journal Le Monde vient de consacrer un éditorial très critique à l’égard de la pétition qui s’insurge contre la reconnaissance officielle d’un statut de «première dame» à l’épouse du président de la République. C’est une chose de clarifier les moyens mis au service de la ou du compagnon du président ou de la présidente, c’en est une autre d’officialiser un statut de première dame. Il semblerait d’ailleurs qu’il n’en soit désormais plus question, Emmanuel Macron ayant sans doute compris qu’il risquait de perdre encore en popularité en s’obstinant à vouloir institutionnaliser un tel statut.

Soyons clair, la critique adressée à un éventuel statut de première dame n’est pas dirigée contre Brigitte Macron intuitu personae. Je me suis d’ailleurs élevé durant la campagne contre les critiques sexistes dont elle avait été l’objet. L’enjeu concerne nos institutions et leur pratique: nous n’en pouvons plus de cette monarchie républicaine! Nous avons élu une personne, pas une famille royale!

Des exemples en dehors de l’Hexagone

Le Monde, qui ne parle d’ailleurs que de «l’épouse» du président (et non «du conjoint»), laissant entendre que le président serait nécessairement un homme, va chercher des exemples très contestables dans notre histoire récente – ainsi, au-delà de la très belle personne qu’était Danielle Mitterrand, avouons que le ménage à trois auquel elle participait sans broncher publiquement avait tout de même un côté assez rétro.

Mieux vaudrait regarder ce qui se passe ailleurs en Europe et notamment en Allemagne. Monsieur Merkel a-t-il un statut de «premier homme»? Et Monsieur May? Madame Zapatero, quand son mari était président du conseil de l’Espagne, a-t-elle arrêté sa carrière d’artiste lyrique? Les exemples sont légion et ont en commun d’être situés dans des pays où l’Etat est incarné par un président sans pouvoir (l’Allemagne) ou par un roi ou une reine qui n’en a guère plus. Faudra-t-il donc rétablir la royauté en France pour faire de notre pays une vraie république démocratique? A comparer la pratique du pouvoir en France et dans les pays scandinaves, on serait tenté de répondre par l’affirmative!

Société d’ordres

Enfin, à ceux qui estimeront que tout ceci est une querelle subalterne qui masque des sujets bien plus importants, tels que les ordonnances modifiant le code du Travail ou le démantèlement de l’ISF, je dirai: pas du tout. La façon dont le pouvoir politique s’incarne, dont il se met en scène est tout sauf une question secondaire. Le président est un homme comme les autres, il est à notre service. Nous l’avons élu pour diriger le pays, et nous le renverrons au terme de son mandat s’il ne nous donne pas satisfaction. Tout ce qui tend à en faire un être d’exception, un dieu de l’Olympe, au-delà des responsabilités éminentes qui sont les siennes, vient affaiblir l’idéal d’égalité qui est au cœur de la promesse démocratique républicaine.

A accorder un statut particulier aux dirigeants politiques, en donnant à croire qu’ils sont hors du commun, au sens le plus strict, on légitime une société d’ordres, y compris dans le champ économique. Pourquoi alors s’étonner que les rois et reines et autres princes et princesses qui dirigent nos entreprises s’imaginent eux aussi avoir tous les droits et se versent des revenus mirifiques, qui échappent à l’entendement du commun des mortels? (Chronique d’Alteréco, 10 août 2017)

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1 commentaire

  1. Sacrilège dit:

    Ceux et celles qui dirigent nos entreprises ne s’imaginent pas avoir tous les droits, ils les ONT!
    en particulier grâce à des politiques qui depuis 35 ans au moins passent leur temps à « libérer » l’ « économie » ….

    Ecrit le 12 août, 2017 à 2017-08-12T20:25:41+00:000000004131201708

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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