jeudi
21
mars 2019

A l'encontre

La Brèche

Les habitant·e·s de cette barre du quartier de Coiza, pour faire exemple, sont sensibles concrètement au «Dégage Maduro»… et pratiquement sensibles à ce que nos propositions impliquent pour leur vie quotidienne et leur «rôle politique»… en rupture avec Guaidó

Par le Parti socialiste et de la liberté (PSL), Venezuela

La situation ne peut plus durer. La crise politique et sociale est très grave. La faim, le manque de médicaments ne sont plus supportés. Au même titre que la répression. Les travailleurs et le peuple veulent que Maduro et son régime civilo-militaire partent. C’est pourquoi les protestations et la lutte populaire prennent de l’ampleur.

Le 23 janvier, une gigantesque mobilisation a eu lieu à Caracas, avec une participation importante des travailleurs/travailleuses et des habitants des secteurs populaires. Cette mobilisation massive a été reproduite dans les principales villes du pays, où par milliers, le peuple vénézuélien a manifesté contre le gouvernement affameur-trafiquant de Nicolás Maduro.

Dans les jours qui ont précédé le 23 janvier, et ce même jour, des milliers de personnes des quartiers populaires de Caracas et d’autres villes du pays sont sorties pour protester contre le gouvernement en érigeant des barricades et des barrages routiers.

Les partis patronaux regroupés dans l’Assemblée nationale (AN) ont appelé à cette mobilisation pour promouvoir l’intervention militaire et celle de Trump. L’Assemblée nationale et son président Juan Guaidó [nommé le 5 janvier 2019] sont subordonnés à l’impérialisme et ont le soutien total des gouvernements, des patrons, et du Groupe de Lima [12 pays, parmi lesquels: Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Guatemala, Paraguay, Honduras – avec deux qui, lors de la dernière séance, ont refusé l’orientation interventionniste: Mexico, Uruguay]. Leur intention est de diviser les Forces armées dans le but de favoriser un coup d’Etat.

La loi d’amnistie pour les civils et les militaires [pro-régime de Maduro] vise à fournir des garanties, une sorte de sauf-conduit (de laissez-passer) aux violateurs des droits de l’homme, aux répresseurs et aux corrompus qui gouvernent, pour autant qu’ils désavouent Maduro. Notre parti rejette vigoureusement cette loi d’amnistie, qui ne servirait qu’à pardonner et à permettre de s’en sortir aux militaires et les bolibourgeois [ceux qui ont accumulé des fortunes et intégré la classe dominante en utilisant l’échelle sociale du «bolivarisme» institutionnel – Réd.] qui se sont enrichis au prix de la faim du peuple.

La tentative de coup d’Etat des partis de l’Assemblée fait partie des plans d’intervention flagrants et effrontés de l’impérialisme américain, ainsi que des gouvernements ultra-réactionnaires de la région, tels que ceux de Jair Bolsonaro [mandat depuis le 1er janvier 2019] au Brésil, de Mauricio Macri [en fonction depuis le 10 décembre 2015] en Argentine et d’Ivan Duque Márquez [en place depuis le 7 août 2018] en Colombie, qui appliquent des programmes d’ajustement et sont répudiés par leurs peuples respectifs.

Le Parti socialiste et de la liberté (PSL) estime que les protestations qui se sont développées ces derniers jours reflètent la lassitude des travailleurs face à un gouvernement qui nous affame à mort. Le peuple vénézuélien a dit: «Assez avec Maduro!» Il doit dégager, sous l’effet de la mobilisation des travailleurs, des jeunes et du peuple. Ni Trump, ni les militaires, ni Guaidó et les partis des patronaux de l’Assemblée nationale (AN) ne peuvent intervenir dans et à la place de la décision du peuple vénézuélien de mettre fin au gouvernement faussement socialiste de Maduro.

Celles et ceux de Cotiza peuvent rejoindre le «Dégage Maduro», et s’opposer à Guaidó et à ses suppôts

Notre parti, en plus de rejeter catégoriquement l’ingérence du gouvernement ultraconservateur de Donald Trump, rejette également l’intervention des gouvernements de Russie, de Chine, de Turquie, entre autres, qui soutiennent politiquement Maduro, alors qu’ils mènent toutes sortes d’affaires juteuses au détriment de nos ressources propres [référence est faite à ce que nous avons souvent souligné: l’achat (la préemption sur) de «ressources naturelles» contre un plat de lentilles, de la vente d’armes, de soutien «technique» répressif, etc. Réd. A l’Encontre].

Il est nécessaire que les quartiers et communautés populaires continuent à approfondir la protestation dans les rues du pays. Il faut suivre l’exemple des jeunes de Catia, Cotiza, San Martín, Petare, El Valle [quartiers de Caracas, voir photos] et d’autres zones populaires du pays, qui, du 21 au 23 janvier, sont sortis pour protester contre le gouvernement de Maduro. Fatigués de mourir de faim, de n’avoir ni médicaments, ni moyens de transport. En ayant marre du manque de gaz, d’eau, d’électricité, entre autres services.

Le PSL parie que la mobilisation va grandir et s’étendre à tous les quartiers, les communautés et les zones urbanisées. Que les gens mobilisés débordent le gouvernement et les partis des patrons de l’AN. Que la rébellion populaire se répande. Que ce soit le peuple mobilisé qui dégage Maduro et vainc l’ingérence impérialiste.

Nous luttons pour la libération pleine et entière de tous les prisonniers incarcérés pour avoir protesté et exprimé leurs désaccords, aussi bien les travailleurs, les dirigeants syndicaux que les dirigeants politiques et les représentants des quartiers populaires. Nous sommes pour le plein exercice des libertés démocratiques.

Selon les organisations de défense des droits de l’homme, il y aurait déjà 791 personnes détenues et des milliers d’autres avec des mesures conservatoires [dans l’attente de la décision: un chantage pour susciter la crainte. Réd.]. A la suite de la répression des manifestations de ces derniers jours, 27 personnes sont déjà mortes. Nous sommes pour la défense du droit de grève, contre la criminalisation de la protestation, la cessation des licenciements dans les entreprises d’Etat, et les menaces visant ceux et celles qui vont dans la rue pour se mobiliser.

Nous insistons pratiquement pour que la sortie de cette terrible crise économique et sociale ne tombe pas dans les mains des militaires, ni dans celles de Trump, ni dans celles des partis patronaux e l’Assemblée nationale [AN], qui sont les mêmes que ceux qui ont trahi la rébellion populaire de 2017.

Orlando Chirino du PSL. Il a été plus d’une fois présent en Suisse, comme dirigeant syndical. Un militant connu par la rédaction de A l’Encontre

Nous sommes de ce côté parce que favorables à ce que ce soit les travailleurs et travailleuses et les masses populaires, à travers leurs organisations authentiques, qui se fassent gouvernants et promeuvent: un Plan économique populaire avec une augmentation des salaires égale à celle du prix du panier de base; un plan d’urgence pour l’importation de médicaments et de nourriture; la confiscation des biens des importateurs accapareurs, agioteurs, corrompus; que le pétrole soit détenu à 100% par l’Etat [étatisé et socialisé], sans sociétés mixtes [en termes de capitaux de contrôle] ou transnationales; le non-paiement des dettes extérieures [qualifiées entre autres d’illégitimes et à être examinées dans ce sens; il y a assez d’économistes et experts compétents du Venezuela qui ont décrit le processus spécifique d’endettement spéculatif – Réd.]; que toutes les ressources qui en découlent soient utilisées pour le salaire, la retraite, le logement, le système sanitaire, la formation et le système éducatif; le redressement du PDVSA et des sociétés mixtes; pour la promotion d’une réforme agraire qui donne la terre [avec l’appui technique nécessaire]. (Caracas, le 28 janvier 2019, publié par La Clase.info; PSL, animé entre autres par Orlando Chirino; traduction par A l’Encontre)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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