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13
décembre 2018

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La Brèche

Suisse. Dix raisons de manifester pour l’égalité le 22 septembre

Publié par Alencontre le 16 - septembre - 2018

Par Michela Bovolenta

Le 22 septembre, faisons résonner nos revendications pour l’égalité et contre les discriminations, dans les rues de Berne et sur la Place fédérale!

Parce que les femmes ont des salaires inférieurs. En moyenne, elles gagnent près d’un cinquième de moins que les hommes. L’écart est de 16% dans le secteur public. Cette différence est calculée pour un plein temps. Comme la majorité des femmes travaillent à temps partiel, la différence de salaire sur la fiche de paye est en moyenne de 32%.
Nous voulons l’égalité salariale maintenant!

Parce que le travail des femmes est dévalorisé. Si les métiers n’ont pas de sexe, le monde du travail reste très cloisonné. Comme par exemple dans l’accueil de l’enfance, où plus de 90% du personnel est féminin: les qualifications ne sont pas reconnues, les salaires sont bas et le secteur est soumis à de fortes pressions pour réduire les coûts.
Nous voulons valoriser les métiers exercés majoritairement par les femmes et décloisonner les emplois!

3° Parce que le temps partiel est un leurre. En Suisse, près de 60% des femmes, contre 16% des hommes, travaillent à temps partiel. Ce taux est de 80% pour les mères, qui cumulent emploi et travail domestique pour un demi-salaire. Le temps partiel est souvent synonyme de flexibilité non choisie, de précarité, de bas salaires, de moindres chances de carrière et de droits amputés en matière d’assurances sociales et de retraite.
Plutôt qu’exiger plus de temps partiel, nous voulons réduire le temps de travail!

Parce que le travail domestique n’est pas reconnu. Les femmes assument encore les deux tiers du travail domestique, nécessaire à la vie et à sa reproduction: tâches ménagères, prise en charge et éducation des enfants, soins aux proches âgées et/ou malades. Les hommes aident un peu, mais l’essentiel de leur temps est consacré à l’emploi, à la carrière, aux loisirs.
Nous voulons que le travail domestique soit valorisé et réparti de manière égale!

Parce que la conciliation entre emploi et famille est un mythe. En Suisse, le droit du travail est faible et a peu évolué depuis le XIXe siècle. La Loi sur le travail prévoit de protéger la santé de la mère enceinte et accouchée, reconnaît le droit à l’allaitement et octroie jusqu’à trois jours de congé par cas de maladie d’un enfant. C’est à peu près tout. De haute lutte, nous avons obtenu un congé maternité. Mais globalement, il n’y a pas de mesures pour concilier emploi et famille.
Nous voulons plus de temps rémunéré et libéré des contraintes de l’emploi pour nous occuper de nos enfants et de nos proches!

Parce que l’égalité a besoin des services publics. Pour réaliser l’égalité, il faut renforcer les services publics et les orienter vers les besoins des êtres humains, notamment la prise en charge des enfants et des personnes âgées. Or depuis des années, les prestations se réduisent à cause des politiques d’austérité. Le plus souvent, ce sont les femmes qui assument ce que l’Etat délaisse.
Nous voulons des moyens pour un service public de qualité, qui garantisse de bonnes conditions de travail au personnel!

Parce que les retraites des femmes sont de 37% inférieures à celles des hommes. En raison des discriminations qu’elles subissent et de la reconnaissance insuffisante du travail non rémunéré, les femmes ont de petites rentes. Or on veut leur imposer de travailler plus longtemps.
Nous voulons une réforme de l’AVS qui augmente les rentes, pas l’âge de la retraite!

Parce que le harcèlement sexuel doit disparaître des lieux de travail. Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est interdit par la Loi sur l’égalité. Et pourtant, il est toujours aussi difficile de dénoncer des situations – tant pour la victime que pour les donneuses ou donneurs d’alerte, qui ne sont pas protégé-e-s.
Nous voulons que la loi soit appliquée et que justice soit rendue aux femmes harcelées!

Parce que nous sommes solidaires avec les femmes migrantes. Etre femme et migrante, c’est subir une double discrimination, occuper les emplois les plus précaires, les plus pénibles et les moins bien payés. A l’exemple des travailleuses du care, de plus en plus nombreuses, qui travaillent 24 heures sur 24, dans des conditions plus proches du servage que de l’emploi.
Nous voulons une société ouverte, fondée sur le respect et la solidarité et garantissant les mêmes droits à toutes et tous!

10° Parce que la violence à l’encontre des femmes nous insupporte. En Suisse, une femme meurt sous les coups de son partenaire ou ex-partenaire toutes les deux semaines. La police intervient en moyenne quarante fois par jour en raison de la violence domestique. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Les femmes sont trop souvent confrontées à des violences, dont le sexisme ordinaire est le terreau fertile.
Nous voulons mettre fin à cette violence sexiste et vivre sans la peur d’être agressée – ni au travail, ni à la maison, ni dans la rue!

Toutes et tous à la manif nationale du 22 septembre 2018!

Michela Bovolenta est secrétaire centrale du SSP; article publié dans le journal Services publics, septembre 2018

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Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

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