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23
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Non à Distrinova. Pour une poste au service de toutes et tous !

Publié par Alencontre le 22 - octobre - 2010

Mouvement pour le socialisme

Des changements permanents

Move it !, AMP et aujourd’hui Distrinova sont les différents termes sous lesquels s’opère la destruction de notre métier de postier:

• La réduction des salaires: par le déplacement de personnel au sein de l’entreprise avec de nouveaux engagements à une classe salariale plus basse (par exemple, le «transfert» des cases postales à la distribution avec des pertes de salaire de 600 francs par mois), le recours croissant à des collègues dont le taux horaire est variable (entre 30 et 65%), les conditions d’engagement floues et multiples (salaire à l’heure ou au mois, paiement ou non des absences maladies ou des vacances, etc.) et dont le contrat, une fois terminé, peut tout simplement ne pas être renouvelé (ce qui est très commode pour la direction: elle n’a pas à débourser des indemnités de licenciement !).

• La mise en service de nouvelles machines: débutée par REMA, elle se poursuit avec Distrinova qui vise à mécaniser le tri du courrier que nous effectuons en préparation de la tournée.

• Le regroupement et le remaniement des centres de distribution et des tournées: avec Distrinova, La Poste entend également regrouper les sites ou placer des «points distribution» le plus près possible du début des tournées, afin que nous «gagnions du temps». Enfin, comme la part du tri et de la préparation des tournées sera fortement réduite, nos tournées seront agrandies et nous serons sans doute contraints de faire des «activités commerciales», comme c’est le cas depuis quelques années pour nos collègues des guichets (qui proposent la vente de billets de loterie, la dégustation de morceaux de fromage…).

Quel est le but ? Intensifier notre travail, diminuer les salaires et introduire de nouvelles techniques pour «diminuer le coût par envoi».

Des contrôles multiples

La direction met en place un mécanisme de contrôles à différents niveaux. Nos groupes de travail sont mis en compétition les uns avec les autres: des statistiques sont produites régulièrement sur la «qualité», la «morbidité», la sécurité dans le seul but d’intensifier le travail.

La Poste ne cesse de mettre en avant sa «responsabilité sociale». Dans le même temps, à l’interne, elle ne cesse de répéter: «nous ne sommes pas là pour faire du social»… Ces nouvelles mesures s’opèrent sur le dos de la qualité de notre travail !

Quelle concurrence ?

«Il faut une poste compétitive», «La Poste doit assurer son avenir pour affronter la concurrence», «Il faut augmenter les marges entrepreneuriales». Voici les phrases que nous entendons à longueur de journée. Que masquent-elles ? La Poste aspire à être le plus rentable possible afin, demain, d’être «attractive» pour des «investisseurs» (qui, en réalité, siphonneront les bénéfices et imposeront de nouvelles transformations).

C’est une réorganisation des postes à l’échelle européenne qui se produit. La profonde crise économique actuelle ne permet pas de «prévoir» les contours que prendra cette réorganisation ainsi que ces conséquences.

En Suisse, il est aujourd’hui clair qu’aucune entreprise ne dispose des mêmes infrastructures ainsi que du savoir-faire de La Poste pour la «concurrencer» sérieusement. Au contraire, en septembre 2009, La Poste a mis en place une nouvelle structure active dans la distribution matinale des journaux et des tous-ménages, Presto-Presse-Vetriebs. Cette dernière est le résultat de la fusion de deux entreprises (l’une contrôlée par La Poste, la seconde par les groupes de presse NZZ et Tamedia). Des diminutions de salaires allant jusqu’à 20% ont été imposées. Depuis lors, La Poste domine ce «marché» en Suisse alémanique. En fait, sous le couvert d’une hypothétique «venue prochaine de la concurrence », c’est la concurrence des postiers les uns contre les autres que La Poste organise.

Imaginons et créons une autre poste !

Face à ces évolutions qui détruisent nos conditions de travail, nos salaires et nous contraignent à réaliser un travail axé plutôt sur des activités commerciales que sur les besoins d’usagers, d’autres voies sont à envisager.

Un vaste débat, dans l’ensemble de la société, doit être ouvert sur quelle poste voulons-nous ?

• Quels sont aujourd’hui les besoins des usagers, des entreprises et des collectivités en matière de services postaux ? Comment les satisfaire ? Comment assurer une couverture égale de l’ensemble du territoire par les services postaux ? C’est avec l’argent procuré par les habitant·e·s de ce pays que la poste a été créée. Ainsi, un débat démocratique doit en déterminer l’avenir hors des diktats des «marchés».

• La mise en place de normes salariales et d’engagement communes pour toutes les entreprises actives dans les secteurs postaux pour s’opposer à la concurrence de tous contre tous et à la sous-enchère salariale.

• Distrinova se caractérise par la mécanisation du tri du courrier. Contre les licenciements et la diminution du nombre d’emplois, revendiquons une diminution progressive du temps de travail sans diminution de salaire à partir de 50 ans et la mise en place d’une autre organisation du travail, sans contrôles et normes contraignantes permanentes, tenant compte des besoins des usagers·ères.

Pour cela, les ressources existent. Cette voie semble aujourd’hui éloignée, elle doit pourtant être envisagée contre le chômage, la souffrance et les maladies au travail ainsi que pour la fourniture de services postaux répondant aux besoins de l’ensemble de la population. Seule notre organisation sur les lieux de travail, contre les divisions que l’on construit entre nous, le permettra. Pour cela, il faut aujourd’hui dire: NON à Distrinova.

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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