mercredi
12
décembre 2018

A l'encontre

La Brèche

Ecole de l'ONU à Gaza: une cible de l'armée israélienne... dite de «défense»

Ecole de l’ONU à Gaza: une cible de l’armée israélienne…
dite de «défense»

Nous publions ci-dessous la prise position de L’Insurgé de Lyon. L’accent est mis sur la nécessité d’un combat commun en défense du peuple palestinien et en soutien à la révolution syrienne. En effet, dans des collectifs de «soutien à la Palestine» il y a souvent un refus de se déclarer solidaire du peuple syrien insurgé et massacré par la dictature ainsi que violemment attaqué par les séides de l’Etat islamique (EI). Ce refus d’une solidarité conjointe est, entre autres, exprimé par le Parti communiste français (PCF) et les cercles qu’il influence.

Les militant·e·s de L’Insurgé soulignent que le Comité d’information pour une Syrie libre et démocratique (CiSyld) participe aux manifestations  pour le soutien au peuple palestiniens avec les drapeaux de la révolution syrienne et ceux de la Palestine. Ce fut le cas le 23 juillet et ce le sera ce 26 juillet 2014. Il va de soi qu’ils protestent, aux côtés du NPA et d’autres, contre l’interdiction des manifestations émise, dans certaines villes, par le gouvernement Valls-Hollande. (Rédaction A l’Encontre)

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Depuis le 8 juillet, l’armée d’Israël a engagé une nouvelle offensive contre les Palestiniens de Gaza. Le 21 juillet, après 14 jours de bombardements, on compte près de 600 morts: enfants, vieillards et adultes, femmes ou hommes, sont touchés indistinctement. Les blessés se comptent par milliers.

Soutien de tous les impérialismes à Israël

Cette politique terroriste de l’Etat israélien suscite de vagues gémissements de la «communauté internationale» – c’est-à-dire des impérialismes et de leurs organisations internationales (des structures de l’ONU, par exemple). Mais en réalité, ces impérialismes protègent l’Etat d’Israël – qui a été créé en 1948 avec leur plein soutien et celui de Staline [1] – et sont complices du colonialisme sioniste.

Il suffit de rappeler la déclaration de François Hollande qui, lors d’un entretien avec Netanyahou le 9 juillet dernier, a expliqué qu’il «appartenait au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger la population face aux menaces». Il faut aussi rappeler le soutien financier des Etats Unis qui contribuent chaque année au budget d’Israël: plus de 3 milliards de dollars, soit 25% du budget de l’armée israélienne. À cela s’ajoutent d’autres financements: ainsi, le 15 juillet, 8 jours après le début de l’offensive israélienne, le Sénat américain a voté une nouvelle contribution de 351 millions de dollars (en hausse de 50%) au système antimissiles de l’armée d’Israël.

Manifestations en défense du peuple palestinien

Depuis l’engagement des opérations militaires à Gaza, des manifestations en soutien au peuple palestinien se sont multipliées dans le monde, comme à Londres le 19 juillet. En France, d’importantes manifestations ont eu lieu à Paris, Marseille, Lyon, etc.

Contre ces manifestations, des provocations ont été organisées par des milices pro-sionistes, telle la LDJ (Ligue de Défense Juive). Une vidéo montre cette milice, le 13 juillet, équipée de pieds de tables arrachées d’un bistrot, venir provoquer les manifestants sans que la police – présente – ne réagisse. Mais cette même police s’interpose quand la milice pro-sioniste se fait charger par des manifestants (voir «Vidéo: reconstitution des violences de la rue de la Roquette à Paris»).

Cela a donné prétexte à interdire la manifestation prévue le 19 juillet à Paris, empêchant ainsi les organisations d’assurer la défense des manifestants – qui se sont malgré tout rassemblés – contre les provocations en tous genres. Et, bien évidemment, les partisans français du sionisme se déchaînent en tentant une fois encore d’amalgamer antisionisme et antisémitisme, alors que lutter contre le colonialisme sioniste, c’est aussi lutter contre tous les racismes (antisémitisme inclus).

Israël, un Etat démocratique?

Nombre de commentateurs rêvent d’une «solution viable à long terme: la coexistence de deux Etats souverains, israélien et palestinien». C’est le cas de Laurent Joffrin (Libération du 22 juillet), pour qui «il n’y a pas d’autre avenir possible, sinon la guerre, la guerre toujours recommencée». Cela passerait par «une négociation globale», laquelle serait possible car «Israël se targue avec raison d’être une démocratie».

Mais de quel Etat «démocratique» s’agit-il? Démocratique, un Etat qui s’est construit sur l’expulsion du peuple palestinien et ne cesse d’installer de nouvelles implantations coloniales en Cisjordanie? Démocratique, un Etat qui se définit comme «juif », c’est-à-dire discriminant à l’égard de tous ceux qui ne sont pas considérés comme «juifs»?

La question que Joffrin ne pose pas, c’est: «Y a-t-il une solution autre qu’une guerre perpétuelle tant que subsiste le capitalisme dans cette région du monde, tant que les impérialismes dominent cette région, sinon la «paix des cimetières» où serait enfoui le peuple palestinien?»

Quel avenir pour le peuple palestinien?

Depuis 65 ans, face au colonialisme sioniste, le peuple palestinien a subi de dures défaites: celles-ci sont dues à la puissance militaire d’Israël, à la politique de ses propres organisations –notamment de l’OLP dont la trahison a ouvert la voie à des organisations religieuses – ainsi qu’à la politique conduite par les régimes arabes alentour, tous plus réactionnaires les uns que les autres, qui prétendent soutenir les Palestiniens alors qu’ils agissent pour que rien ne change, ayant eux-mêmes contribué à détruire la résistance palestinienne. Ainsi le gouvernement égyptien agit-il, avec Israël, pour faire de Gaza un gigantesque camp de rétention à ciel ouvert. Abandonné à lui-même, le sort du peuple palestinien serait sans issue. Son avenir dépend notamment de la solidarité des peuples alentours, celui d’Egypte et celui de Syrie, notamment, et aussi ceux du Maghreb.

De ce point de vue, le développement d’une vague révolutionnaire dans les pays arabes à partir de 2011, en dépit des reflux actuels (comme en Egypte), est une question décisive. De l’avenir de cette montée révolutionnaire dépend l’avenir du peuple palestinien. Car en Tunisie et en Egypte, en particulier, existent un important prolétariat et des traditions d’organisations. Encore faut-il que soient surmontées les divisions organisées entre les différents peuples.

Syrie, Palestine: un même combat

Ainsi le peuple syrien, qui combat depuis plus de trois ans contre la dictature de Bachar al-Assad, et subit jour après jour une guerre équivalant à ce que subissent les Palestiniens de Gaza depuis deux semaines, est laissé dans la plus grande solitude. Son combat est même, pour l’essentiel, coupé de celui mené par les Palestiniens du fait du refus de certaines organisations palestiniennes (ou pro-palestiniennes) de rompre avec le régime de Assad. Or celui-ci – en dépit de ses discours – a toujours été complice d’Israël. Et il bénéficie – au-delà des discours – de la complicité des Etats-Unis et des autres impérialismes, dont la France, qui refusent que soient fournies aux insurgés les armes nécessaires à leur défense, alors que Poutine procure à Bachar al-Assad toutes les armes nécessaires (comme il le fait depuis 6 mois à l’Est de l’Ukraine).

Or, une défaite de Assad serait un appui décisif pour un rebond des révolutions arabes et un puissant encouragement aux Palestiniens (y compris pour organiser eux-mêmes leur propre combat).

De ce point de vue, on doit se féliciter que des comités agissant en soutien à la révolution syrienne appellent à participer aux manifestations en défense du peuple palestinien, et que des drapeaux de la résistance syrienne se mêlent à ceux de la Palestine dans les manifestations.

Cette marque d’internationalisme doit servir d’exemple, en France, pour tous ceux qui entendent combattre en défense des peuples opprimés, contre tous les impérialismes et leurs vassaux.

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[1] Le 15 mai 1947 Andrei Gromyko – ambassadeur au Conseil de sécurité de l’ONU, dès 1946, de l’URSS de Staline, où l’antisémitisme commençait à se réaffirmer – déclare et suscite la surprise: «Le fait qu’aucun pays occidental n’ait été en mesure de défendre les droits les plus élémentaires du peuple juif… explique l’aspiration des Juifs à établir leur propre Etat. Il serait injuste de ne pas le prendre en considération et de refuser ce droit au peuple juif…» (Rédaction A l’Encontre)

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Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

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