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février 2019

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La Brèche

Manifestation, des policiers dans les cortèges

Publié par Alencontre le 23 - janvier - 2011

Rédaction

Plusieurs milliers de Tunisiens sont une nouvelle fois descendus dans la rue, ce samedi 22 janvier. Toujours le même mot d’ordre et toujours une population très remontée. Les membres ayant officié sous le régime Ben Ali doivent quitter le gouvernement d’union nationale. Un fait inédit : pour la première fois les policiers étaient dans et non contre les cortèges.

Ils étaient des milliers de nouveau à défiler dans différents quartiers de Tunis le samedi 22 janvier 2011 et, dans la soirée, des petits groupes manifestaient toujours au centre-ville. L’ambiance était bon enfant: les gens discutaient, chantaient, mais le message est toujours aussi radical.

La rue veut un vrai changement et demande à ce que les visages du régime Ben Ali, ces personnes qui détiennent toujours les ministères-clés dans ce nouveau gouvernement, disparaissent de la scène politique.

Une nouvelle fois donc ce samedi, les tentatives de sortie de crise n’ont pas suffi. Vendredi 21 janvier, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi avait pourtant promis de quitter la scène politique après les élections. Il a aussi annoncé que toutes les lois antidémocratiques, comme la loi antiterroriste ou le code de la presse, seraient éliminées. Mais rien à faire, la rue demande toujours un changement radical.

Des policiers se sont joints aux cortèges

Pour la première fois, des policiers étaient dans, et non plus contre, les cortèges. Ces policiers étaient plusieurs centaines à manifester aujourd’hui. Certains d’entre eux avaient un petit bandeau rouge autour du bras. Ils se sont mélangés au reste des Tunisiens.

Pour les policiers, il s’agit d’abord de réhabiliter leur image vis-à-vis des Tunisiens puisque beaucoup se sont excusés de la violence de la répression ces dernières semaines. Ils ont voulu dire leur solidarité avec le reste des Tunisiens. Mais ces policiers avaient aussi leur propre demande : ils veulent la création d’un syndicat. «La révolution, c’est pour tout le monde», disait l’un d’entre eux. «Nous aussi, nous réclamons des droits, des augmentations de salaire notamment».

Les Tunisiens du centre du pays ont entamé une marche en fin d’après-midi vers Tunis pour rejoindre le reste des manifestants. Visiblement, le bras de fer est parti pour durer.

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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