mercredi
23
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Les colons qui s’étaient emparés la semaine dernière d’une maison palestinienne à Hébron, n’ont pas attendu le résultat d’un jugement des tribunaux israéliens pour s’y installer avec tous leurs meubles lundi, sans que l’armée d’occupation intervienne pour les en empêcher.

La situation à Hébron, où 800 colons font la loi dans la vieille ville, et ne cessent d’agresser plus de 30 000 Palestiniens, depuis 1994, date à laquelle Ythzac Rabin, «le grand homme de paix» leur a attribué une partie de cette ville, suite au massacre commis par l’un d’eux, Baruch Goldstein, qui tua 29 Palestiniens en prière dans la mosquée d’Ibrahim.

Au lieu d’en profiter pour déloger ces colons particulièrement «extrémistes» et agressifs qui s’étaient installés illégalement à Hébron, l’ancien premier ministre décréta un couvre-feu uniquement destiné à la population palestinienne et divisa la ville en deux secteurs H1 et H2, de même que la mosquée Ibrahim, pour satisfaire les colons.

Depuis, loin de cesser, les agressions de colons se sont multipliées, y compris en dehors de leur «secteur», une des principales artères de la ville, la rue Dhuhada a été fermée aux Palestiniens, et ceux qui habitent dans la vieille ville – le centre historique d’Hébron classé au patrimoine de l’UNESCO – font l’objet d’attaques incessantes. La plupart des commerces ont dû fermer suite aux attaques protégées par une soldatesque renforcée et diligentée sur place pour assurer l’impunité à ces colons.

Cette fois-ci une famille palestinienne de la vieille ville vient d’être délogée par la force par des colons qui prétendent avoir acheté leur maison et ont forgé de faux documents à cet effet. La famille Abu Rajab, qui a dû prendre un avocat, a porté l’affaire devant les tribunaux depuis plusieurs années, mais les colons, trouvant le temps long, viennent de l’investir de force, et ont planté des drapeaux israéliens tout autour.

Ces colons sont d’ailleurs en train d’établir une nouvelle colonie illégale à cet endroit, intitulée “Beit Hamachpela”, et demandent à Netanyahou sa reconnaissance «officielle».

Les Palestiniens sont particulièrement inquiets par l’évolution de cette situation : ils sont confrontés à 20 checkpoints militaires dans leur propre ville, y compris à l’entrée de leur mosquée !

Et il ne se passe pas un jour sans qu’ils soient agressés.

Ariel Gold, militante américaine de codepink qui était sur place ces jours-ci a publié une vidéo (en hébreu et anglais) où on voit une femme colon l’empêcher de passer pour aller prendre un bus pour Jérusalem, essayer de lui casser son téléphone portable avec lequel elle filme, l’insulter et lui donner des coups de pied. Quand la militante américaine appelle des soldats pour qu’ils la protègent, ces derniers obéissent à la soldate qui leur dit de ne pas laisser passer cette «dangereuse terroriste»! (EuroPalestine, 1er août 2017)

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Un mois de prison supplémentaire pour la refuznik israélienne Noa Gur Golan

Noa a refusé pour la seconde fois d’être incorporée dans l’armée israélienne, et après avoir passé 2 semaines en prison, elle vient d’être condamnée à 30 jours supplémentaires, mais elle annonce déjà qu’à sa sortie elle refusera à nouveau, quitte à retourner en prison.

Noa en train de tenir une pancarte sur laquelle est écrit: «On peut faire autrement, en refusant»

Elle a écrit mardi 1er août sur Facebook:

«Je retourne en prison demain, et cela ne m’amuse pas. Je me sens très inutile à ne rien faire dans ma cellule pendant que les heures s’écoulent. Mais la force me revient quand je pense aux raisons pour lesquelles je suis incarcérée, c’est-à-dire vivre et apporter ma contribution à la société selon ma conscience. Ce combat pour la paix, pour une vraie sécurité et une vraie liberté pour tous ceux qui vivent ici, Israéliens et Palestiniens, est plus grand que ma personne. J’ai foi dans les humains, pas dans les armes. Je sais qu’il y a un autre moyen.»

Merci lui envoyer vos lettres de soutien à : http://bit.ly/2voIr0v

CAPJPO-EuroPalestine

 

 

 

 

 

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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