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La Brèche

La gauche grecque et le putsch en Turquie

Publié par Alencontre le 25 - juillet - 2016
Officiers turcs arrivés en Grèce

Officiers turcs arrivés en Grèce

Par Antonis Ntavanellos

Les théories de conspiration sont fondées sur l’expérience réelle du nationalisme. La gauche en Grèce, immédiatement après le putsch en Turquie et sa faillite – grâce, dans un tout premier temps, à l’appui du « facteur populaire » – a laissé apparaître toutes les faiblesses et les insuffisances de son analyse de ce qui se passe dans ce pays voisin.

Le pire symptôme résidait dans les théories du complot, les « opinions » qui laissaient croire que le putsch avait été fabriqué par Erdogan… pour qu’il devienne Sultan. Comme s’il était entendu que chaque chef d’Etat peut facilement fomenter des affrontements armés avec des centaines de morts, monter le bombardement du parlement et – surtout – faire appel au peuple [aux alentours de 22 heures le vendredi 15 juillet] de descendre dans la rue pour faire face à une partie de l’armée de son propre pays…

Bien sûr, ces « opinions » ne sont pas politiquement neutres : elles permettent l’alignement immédiat avec les médias du système, mais aussi avec les « institutions » internationales comme l’UE et l’OTAN, qui – quelques jours seulement après l’échec du putsch – analysent les événements en Turquie comme si Erdogan avait organisé le putsch pour lancer son « coup d’Etat civil » et élargir sa guerre contre les Kurdes. Et les porte-parole de ces institutions demandent au gouvernement turc de respecter la vie et la dignité des putschistes sous la « menace » de l’exclusion de la Turquie de l’OTAN et de la suspension des procédures qui concernent les relations de la Turquie avec l’UE (question des visas, etc.).

A côté, il y a les « âmes sensibles » qui, en étudiant le droit international, prennent position courageusement contre l’extradition des huit militaires Turcs qui se sont « échappés » avec un hélicoptère militaire Black Hawk et ont « traversé » sans problème les frontières aériennes enre la Grèce et la Turquie, des frontières normalement « infranchissables » ! Cette extradition serait – à leur avis­ – un acte de soumission au Sultan, tandis qu’il serait préférable de se soumettre à la décision prise à ce sujet par… la CIA et l’OTAN. L’anti-turquisme de « gauche » n’est pas un anti-impérialisme, même pas en apparence. Il s’agit d’alignement complet avec les Etats Unis et l’OTAN !

Cet oubli d’options et jugements politique fondamentaux au moment exact où le débat porte sur la Turquie, ne se passe pas pour la première fois en Grèce. En donnant crédit aux « révélations journalistiques », divers analystes de la gauche avaient déjà qualifié Erdogan de principal allié… de l’Etat Islamique. Bien que Daech fasse désormais ouvertement la guerre à la Turquie (le dernier épisode étant l’attaque sanglante à l’aéroport d’Istanbul, fin juin 2016), même les services secrets de Turquie annoncent des centaines de « dissolution » de groupes dits jihadistes en Turquie ?

Nous voudrions donc rappeler à tous ceux disposant d’une connaissance même rudimentaire de l’histoire de la région (par exemple, après avoir regardé le film Lawrence d’Arabie, daté de 1962) que le nationalisme panarabe (surtout sous la forme du « califat » !) est l’ennemi ancestral du nationalisme turc sous toutes ses formes.

Il ne s’agit pas des simples « écarts » ni d’erreurs d’importance mineure. Se révèle ici la subordination – même de la part de secteurs de la gauche – à un « anti-turquisme » omniprésent qui est un élément constitutif de l’idéologie et de la politique étatique moderne en Grèce. Et cet élément empêche les gestes essentiels vers une politique de paix et d’amitié, qui est une condition sine qua non pour que les peuples de deux côtés de la mer Egée puissent sortir de la crise. La soumission à la « division pour régner » traduit une soumission à l’impérialisme. (Publié le 20 juillet 2016 dans le bimensuel de DEA ; traduction Sotiris Siamandouras ; édition A l’Encontre)

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Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

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