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France. Les Ecolos lancent un ultimatum contre les ultimatums

Publié par Alencontre le 21 - septembre - 2013
Pascal Canfin et Cécile Duflot, les deux minstres écolos...

Pascal Canfin et Cécile Duflot, les deux ministres écolos…

Par Robert Huertas

Ceux qui croient qu’Europe Ecologie Les Verts (EELV), en France, reste un parti immature se trompent. Il progresse. Il apprend. Bien sûr, ses dirigeants ont menacé de démissionner du gouvernement la semaine dernière, comme d’habitude, avant de revenir, comme d’habitude, mais quelque chose a changé dans leur pratique. Ils ont compris l’usage du lampiste, et du fusible, en grillant Pascal Durand. [Ce dernier, secrétaire d’EELV, en ce début septembre 2013, a «donné six jours» au gouvernement (de Hollande-Ayrault) pour s’engager dans la «transition écologique», plus précisément, pour qu’elle soit inscrite dans l’agenda 2014, sans quoi les relations avec le PS et avec les ministres EELV – Cécile Duflot et Pascal Canfin – allaient se détériorer. Une déclaration qui traduit un malaise de la «base» d’EELV, alors que P. Durand n’est pas un boutefeu et qu’il vient de l’école de Nicolas Hulot, délégué de Hollande à la surveillance de la Planète… un Hollande qui annonce le 20 septembre une baisse de la TVA à 5% sur les travaux d’isolation des bâtiments – Réd. A l’Encontre.]

Pascal Durand est ce secrétaire national qui a lancé un ultimatum au président de la République, samedi dernier, devant le conseil fédéral de son parti. Si dans six jours, avait-il dit, c’est-à-dire à l’ouverture de la conférence environnementale [qui se tient du 20 au 22 septembre], la transition énergétique n’entrait pas dans les faits Europe Ecologie romprait avec les socialistes [à la veille des municipales et des élections européennes].

Barbara Pompili

Barbara Pompili

Il n’avait pas été sifflé ce jour-là. Il avait même été applaudi, et suivi. Le lendemain la très pondérée Barbara Pompili [présidente d’EELV à l’Assemblée nationale] confirmait que «sans grandes orientations il serait compliqué pour son parti de rester au gouvernement».

Dans la foulée le ministre Pascal Canfin faisait monter la pression sur le diesel [taxe spéciale étant donné les effets cancérigènes des particules] en parlant d’urgence, au nom des quinze mille morts annuels que provoquerait ce carburant. On ne pouvait plus attendre. C’était pour ainsi dire une affaire de non-assistance à Français en danger.

Et là-dessus Noël Mamère promettait que si son parti ne mettait pas ses menaces à exécution il en démissionnerait.

La France tremblait.

Et puis… Et puis…

Et puis la colère collective est retombée, et la course d’indignation a laissé place à une compétition de pondération. Barbara Pompili a estimé «qu’on devrait éviter de faire des ultimatums», Pascal Canfin a «exclu de démissionner», et même Jean-Vincent Placé, le chef de fil des écologistes au Sénat, qui adore pourtant jouer au grand méchant loup, s’est mué en agneau pour lâcher son ami Durand et qualifier son ultimatum de «pas approprié, ni équilibré»…

Noël Mamère ayant perdu sa démission, sans doute un trou au fond de sa poche, Pascal Durand, très soutenu les premières heures, s’est donc retrouvé lâché dans la nature. Europe Ecologie, qui était monté collectivement au créneau a finalement joué le jeu de la realpolitik en sacrifiant son pion.

Au-delà de l’anecdote, cet aller et retour, samedi je griffe et vendredi je fais patte de velours, révèle un malaise, voire une fracture profonde, au sein d’Europe Ecologie. Alors que l’idée écologiste gagne du terrain dans toute la société, le parti ne décolle pas.

Majoritairement les militants soutiennent encore leurs ministres, mais ils sont de plus nombreux à ronger leur frein. Europe Ecologie est en fait divisé entre ses révolutionnaires, qui trouvent insupportable le retard de la «transition écologique», et ses «socio-démocrates», qui mettent en avant les petits pas, les progrès.

Dans deux mois, le congrès n’aura pas lieu à Tours [Congrès de rupture de la SFIO, en décembre 1920, avec d’un côté le PS et de l’autre le PCF] mais il y fera beaucoup penser. (20 septembre 2013, billet de Robert Huertas sur France Culture)

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