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février 2018

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La Brèche

Etat espagnol. Le système ferroviaire éclaté

Publié par Alencontre le 14 - octobre - 2014
Accident en juillet 2013, près de Santiago de Compostela (Galice)

Accident en juillet 2013, près de Santiago de Compostela (Galice)

Par Solidaires International

Cela fait des années que le syndicat ferroviaire de la CGT défend un chemin de fer au service de toute la société que doit garantir son caractère public. Le SFF/CGT (Sector Federal Ferroviaro) s’est opposé à l’éclatement de la RENFE (Red Nacional de Ferrocarriles Españoles) en deux entreprises, puis à la fragmentation encore plus grande de l’ADIF (L’Administrador de infraestructuras ferroviarias) et de RENFE. Désormais, il y a quatre Sociétés anonymes et une entité publique issues de l’ex-RENFE Operadora et deux entités publiques provenant de l’ex-ADIF. Au total, sept entreprises, avec leurs Conseils d’Administration et postes de dirigeant·e·s et de moins en moins de cheminot·e·s: 1400 emplois ont encore été supprimés en 2014. Cette division du système ferroviaire entraîne un manque de coordination et des dangers pour la sécurité.

LaCGT dénonce le discours fallacieux sur le coût des services ferroviaires. Ces «coûts» reposent en partie sur des statistiques truquées afin de justifier les suppressions de dessertes publiques, le renvoi vers les transports privés qui accentue les inégalités sur le territoire. Tout cela favorise la désertification de certaines zones, la disparation d’entreprises et d’emplois: là où le train ne passe plus, l’activité économique périclite.

Sous couvert de «la crise», les investissements pour les infrastructures ont été abandonnés; en période électorale, la fièvre du train à grande vitesse (AVE) revient, mais le chemin de fer conventionnel est à l’abandon: des trains sont supprimés, des arrêts ne sont plus assurés dans les gares intermédiaires, des lignes sont fermées comme Ariza, Ruta de la Plata ou la desserte directe Madrid-Aranda-Burgos, les infrastructures sont dangereuses, les horaires sont inadaptés aux besoins des populations, le prix des trains régionaux et de banlieue explosent…

90% de la population continuent de payer pour des dépenses extravagantes. Il est ainsi prévu 5000 millions d’euros pour construire 1000 kilomètres de lignes à grande vitesse en 201 : 5 millions le kilomètres! Maintenir tous les points du réseau conventionnel coûte 2 millions, la moitié d’un kilomètre de ligne à grande vitesse!

De nombreuses études ont démontré que le chemin de fer est d’une importance vitale pour la vie économique, sans parler de son utilité sociale et environnementale. La CGT s’oppose à la suppression de trains régionaux, à la fermeture des lignes, à l’allégement des dessertes en banlieue. La société a besoin d’un chemin de fer utile à tous et toutes, de son efficacité environnementale, économique et sociale ; pas du gaspillage que représente chaque kilomètre de ligne nouvelle à grande vitesse, construite en pillant l’argent public.

La suppression de services ferroviaires représente aussi la disparition de nombreux emplois, l’augmentation du chômage et de la précarité.

L’éclatement en de multiples entreprises dont les actionnaires ont leurs intérêts propres, va à l’encontre des besoins collectifs de la population. Ce qui se dessine est un scénario à la britannique où, après les privatisations, l’argent public a été utilisé remettre en état le réseau. La CGT poursuit son combat pour un chemin de fer social, sûr et durable ; les syndicats CGT des secteurs ferroviaire et aérien organisent une manifestation à Madrid, le 18 octobre, contre la privatisation des aéroports et du chemin de fer.

Pour une lutte d’ensemble efficace

SFF/CGT et SF/ Intersindical ont appelé à plusieurs grèves pour combattre les restructurations décidées par le gouvernement pour satisfaire les appétits patronaux. Dans le même temps, Commissions Ouvrières et UGT «négociaient» la mise en œuvre de l’éclatement du système ferroviaire, signant des accords qui entérinent la création des différentes Sociétés Anonymes, la suppression de milliers d’emplois, la dégradation des conditions de travail. Comme cela s’est fait par exemple à l’occasion de la manifestation des cheminot·e·s de la SNCF, en mai 2014 à Paris, il est nécessaire de poursuivre le travail commun des organisations syndicales qui résistent et proposent aux salarié·e·s une lutte d’ensemble, efficace; le Réseau Rail Sans Frontière est un outil pour cela.

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