mercredi
26
juillet 2017

A l'encontre

La Brèche

Le 8 octobre 2014, des infirmières demandent la démission de la ministre de la Santé: Ana Mato. Manifestation devant Carlos III

Le 8 octobre 2014, des infirmières demandent la démission de la ministre de la Santé: Ana Mato. Manifestation devant Carlos III

Par Jesus Jaen

Une de nos collègues soignantes, l’aide-infirmière Teresa Romero, a été infectée par le virus Eola. Quand le gouvernement a rapatrié le père Miguel Pajares nous fûmes nombreux parmi les professionnels, collectifs de travail, et syndicats de la santé, à dénoncer notre administration. Nous avions averti des improvisations et irrégularités du Ministère de la santé [la ministre de la santé, membre du Parti Populaire, est Ana Mato, une proche de Mariano Rajoy] et du gouvernement de la Communauté de Madrid.

Nous ne sommes pas devins. Simplement, nous travaillons dans des hôpitaux et des centres sanitaires en train d’être démantelés, frappés de coupes budgétaires et de privatisations de services, par une politique du PP [Parti Populaire de Rajoy] de Madrid qui prétend convertir notre santé publique en bonnes affaires de spéculateurs-copains, fonds de placement vautours, et compagnies privées d’analyses médicales et de cliniques.

Ce qui s’est passé maintenant est indignant. Le gouvernement régional d’Ignacio Gonzáles a décidé il y a deux ans un plan pour privatiser et démanteler un tiers de la santé publique madrilène. Il n’a pas réussi à atteindre tous ses objectifs mais parmi ses «succès» il y a le démantèlement de l’Hôpital Charles III (Carlos III). C’était le seul hôpital de Madrid spécialisé dans les maladies appelées tropicales ou infectieuses, comme Ebola. Ses professionnels ont été à la pointe du traitement et de la recherche. Et subitement voilà qu’ils ont été transférés à l’Hôpital de la Paix et d’autres licenciés.

Quand le premier malade d’Ebola a été rapatrié début août, des étages du Carlos III qui avaient été fermés ont été rouverts d’une manière improvisée et bâclée. On a prétendu préparer les soignants avec des exercices improvisés comme certains, les syndicats aussi, l’ont très bien dénoncé: vingt minutes de cours de formation. Le conseiller madrilène de la santé lui-même a admis qu’il ne connaissait pas bien les normes et les contrôles qu’il fallait mettre en œuvre.

Arrivé à ce point-là on ne peut que se demander, mais que sont en train de faire de notre santé publique ces technocrates incompétents et profiteurs? Ne savez-vous pas que vous jouez avec la vie et la santé de millions de personnes?

Ce qui nous importe le plus maintenant, c’est deux choses: la première, que notre collègue se rétablisse et guérisse et puisse retrouver une vie normale; la deuxième que son cas ne soit pas le début d’une chaîne dont on sait comment elle commence mais pas comment elle finit.

Ana Mato… quel changement...

Ana Mato… quel changement…

Et cela dit, les responsables ne devraient pas pouvoir s’en tirer comme ça. Ils ne nous ont pas amené Ebola mais ils nous ont laissés avec toujours moins de défenses. Ils sont en train de détruire notre santé publique et universelle qui était une des meilleures du monde. Aujourd’hui, c’est Ebola, hier c’étaient les malades de l’hépatite C à qui on ne donnait pas leur Sovaldi (Sofosbuvir), et nous savions aussi combien les malades de la Sclérose latérale amiotrophique (maladie de Lou Gehrig) étaient abandonnés à leur sort, etc., la liste ne cesse de s’allonger…

La ministre Ana Mato, le président régional Ignacio Gonzàles et le nouveau conseiller madrilène de la santé Javier Rodriguez doivent démissionner, tout de suite! Parce qu’ils sont les principaux responsables des coupes budgétaires et fermetures de services. Mais ils ne vont pas partir d’eux-mêmes. Il faut les chasser.

Une fois de plus la Marée Blanche envahira les rues et s’assemblera aux portes des hôpitaux. Ils vont nous entendre. (Traduction A l’Encontre; publié sur le site Viento Sur le 7 octobre 2014)

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Jesus Jaen est militant de la Marée Blanche à l’Hôpital Universitaire de la Princesse à Madrid.

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