lundi
29
mai 2017

A l'encontre

La Brèche

theukisincrePar Laura Graham

Une étude nouvelle de chercheurs de l’Université d’Aberdeen, de l’Institut Rowett de Nutrition et Santé, et de l’Université Alpen-Adria à Vienne, montre que l’autosuffisance alimentaire du Royaume-Uni a diminué significativement au cours des dernières décennies, car plus d’aliments et de fourrages pour animaux sont importés qu’il y a 25 ans.

L’étude publiée le 6 janvier 2016 sur le site internet de la Royal Society montre également que l’impact environnemental de l’alimentation du Royaume Uni est de plus en plus «délocalisé» vers d’autres pays.

L’équipe de recherche a calculé la surface de terres cultivées nécessaire à produire l’alimentation humaine et animale du Royaume Uni («l’empreinte écologique en terres cultivées») et l’émission de gaz à effet de serre de par les engrais synthétiques et organiques, la culture du riz et la modification des usages du sol.

Les résultats montrent que l’empreinte totale en terres cultivées a augmenté de 23% et que presque 70% de l’empreinte totale en terres cultivées est désormais située outremer.

La même tendance a été constatée pour les émissions de gaz à effet de serre: ils sont de plus en plus émis outremer (de 50% en 1987 à 62% en 2008). Une partie de la diminution de l’impact indigène peut être attribuée à des rendements plus élevés et une consommation d’engrais plus faible sur les terres domestiques au Royaume Uni.

Mais du fait de l’importation accrue d’aliments humains et animaux, l’effet d’ensemble, c’est que le Royaume-Uni délocalise de plus en plus son impact environnemental sur d’autres pays.

Cette quantification des conséquences environnementales des importations d’aliments du Royaume-Uni est novatrice.

Henri de Ruiter, doctorant de l’Institut James Hutton et de l’Université d’Aberdeen, et premier signataire de l’étude, déclarait: «Le problème avec les statistiques officielles du commerce, c’est qu’elles n’indiquent pas toujours le lieu de production.

En collaboration avec des chercheurs de l’Université Alpen-Adria de Vienne, nous avons pu développer une approche qui nous a permis d’identifier les pays d’origine pour calculer l’empreinte écologique en terres cultivées dans ces pays ainsi que les gaz à effet de serre émis. […]

Par exemple, selon les statistiques officielles du commerce, la Grande Bretagne importe des bananes d’Europe. Cela doit être des ré-exportations car l’Europe ne produit pas de bananes. Par conséquent, il n’est pas facile de calculer l’impact environnemental de bananes importées d’Europe parce que nous ne connaissons pas leur origine.»

Les auteurs de l’étude soulignent que pour diminuer l’impact environnemental de l’approvisionnement en nourriture du Royaume Uni, il n’est pas suffisant de considérer seulement les conséquences environnementales indigènes de la production de nourriture. « Puisque notre système alimentaire actuel est tellement mondialisé dans sa nature, il est important de prendre en considération les effets mondiaux liés à notre consommation de nourriture, » a ajouté M.de Ruiter.

L’Université d’Aberdeen et l’Institut James Hutton sont à la pointe de la recherche sur la sécurité alimentaire et l’impact environnemental de l’alimentation considérés au plan mondial. La présente étude a été le résultat d’un projet de thèse de doctorat financé par les deux instituts, portant sur la relation entre la consommation de nourriture au Royaume-Uni et l’usage des terres dans le monde.

Récemment, l’Université d’Aberdeen et l’Institut James Hutton ont reçu des financements prestigieux pour un projet majeur intitulé «Procurer la sécurité alimentaire sur des terres limitées» (Delivering Food Security on Limited Land / DEVIL), leur permettant d’investiguer le lien mondial entre la sécurité alimentaire et les transformations de l’usage des terres, en collaboration avec d’autres chercheurs de pointe dans le domaine. (Article traduit par A l’Encontre; publié sur le site du Prof. Pete Smith de l’Université d’Aberdeen, 7 janvier 2016)

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1 commentaire

  1. Daniel Tanuro dit:

    Très intéressant. Juste une remarque: l’UE produit effectivement des bananes, aux Antilles et aux Canaries

    Ecrit le 17 mars, 2016 à 2016-03-17T16:48:07+00:000000000731201603

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