mercredi
18
octobre 2017

A l'encontre

La Brèche

Turquie. La liberté de dire NON

Publié par Alencontre le 26 - mars - 2017

Entretien avec Uraz Aydin
conduit par Rossen Djagolov

Les éditeurs du site LeftEast soulignent les opérations liées entre elles qui ont dominé au cours des derniers mois la politique turque: 1° la consolidation du pouvoir; 2° l’élimination de l’opposition. La première culminera le 16 avril 2017 avec le référendum qui, s’il est accepté, transformera la Turquie en une république présidentielle, renforçant plus encore la domination personnelle d’Erdogan et rendant presque impossible toute contestation électorale de l’hégémonie de l’AKP (Parti de la justice et du développement) dans un avenir prévisible.

Des villes entières sont couvertes d’affiches géantes arborant Evet! («Oui!»), que l’on retrouve également sur les chaînes télévisées. Les sondages donnent toutefois, de manière surprenante, des intentions de vote très serrées. L’Etat a même organisé un scandale diplomatique calculé avec les Pays-Bas autour du refus de ce pays à voir des ministres turcs mener la campagne sur son territoire. Dans le même temps, des dizaines de rassemblements et d’événements autour du slogan Hayir! («Non!») sont interdits pour de mystérieuses «raisons sécuritaires». En effet, l’élimination des bases de l’opposition, qui s’était intensifiée après le coup manqué de juillet 2016, se déploie désormais entièrement. Alors qu’au départ l’état d’urgence visait à supprimer ce qui était à l’origine du coup, il est actuellement dirigé contre les forces kurdes et la gauche, généreusement qualifiées de «terroristes». Une forme particulièrement répandue de musellement de l’opposition consiste à licencier les fonctionnaires. Dans cet entretien, accordé au site LeftEast, Uraz Aydin, éditeur du journal marxiste Yeniyol, récemment licencié de son poste à l’Université de Marmara, s’exprime sur ces questions. Afin de soutenir les universitaires licenciés comme Uraz, le syndicat des travailleurs de l’éducation, Egitim Sen, a lancé un fonds de solidarité [1]. (Rédaction A l’Encontre)

*****

Rossen Djagalov (RD): Je voudrais commencer par te demander ce que cela signifie d’être licencié. Notre site, LeftEast, a établi des listes de fonctionnaires licenciés, de titres de presse fermés, mais cela donne une image plutôt impersonnelle. Pratiquement, qu’est-ce que cela veut dire d’être licencié? Sais-tu qui a établi ces listes [pour déterminer qui licencier]?

U.A. Je reviendrai plus tard sur ceux qui ont établi ces listes. Ce qui nous est arrivé ne se réduit pas à l’acte d’un licenciement. Nous avons été exclus de tous les postes du secteur public. Le décret a entraîné une dégradation de notre statut de citoyen. Nous sommes désormais des citoyens de seconde classe. Certains de nos droits en tant que citoyens nous ont été retirés. Je n’ai, par exemple, pas de passeport en ce moment: il a été annulé. La justification technique est que l’Etat peut engager contre moi une procédure judiciaire et que je dois donc rester dans le pays. En pratique, l’Etat veut éviter la constitution d’une diaspora turque d’opposition semblable à celle qui est apparue après le coup de 1980.

Bien que je puisse légalement être employé par, disons, une université privée, il m’est difficile d’imaginer qu’une université privée, en raison de la peur qui règne, emploie une personne mentionnée sur liste noire, comme moi. Toute ma carrière professionnelle – mon doctorat, mon enseignement, les services rendus à mon université (j’ai 40 ans et je suis toujours un assistant de recherche, car l’administration de mon université a mis un point d’honneur à ne pas promouvoir les universitaires militants) – a été détruite par ce décret.

La question de savoir qui est à l’origine de cela nécessiterait une longue réponse. Nous ne savons pas qui a décidé ceux qui, figurant sur les listes, seraient licenciés. Je peux parler plus précisément de la catégorie à laquelle j’appartiens, à savoir les signataires de la pétition de janvier 2016 intitulée «Nous ne serons pas complice de ce crime». Le crime auquel se réfère la pétition est celui perpétré par l’Etat turc [à partir de la deuxième moitié de 2015] dans le sud-est kurde et le choix guerrier d’Erdogan envers le mouvement kurde. Erdogan avait décidé qu’il n’y aurait «plus de négociations avec le mouvement kurde. Nous devons partir en guerre.» Kandil (la direction du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan) s’accommodait de cela. C’est là un autre problème dont nous pourrions discuter.

La pétition était donc une protestation contre la destruction des villes kurdes par l’armée turque. Dès sa publication, Erdogan a éclaté de rage contre ses signataires, affirmant que nous étions des personnes obscures, des traîtres et promettant que nous en paierions le prix.

Les listes étaient-elles établies par les administrateurs de l’université (doyens, présidents) ou l’ont-elles été ailleurs?

Il n’est pas nécessaire d’être un détective pour trouver la liste des signataires: on pouvait la trouver en ligne. La compilation des listes a été toutefois réalisée par les universités et remises à l’Etat. Certaines universités ont tergiversé (elles ne voulaient pas que partent certains de leurs professeurs les mieux et les plus connus). Certaines, comme Marmara, mon université, ont attendu, mais la pression à établir ces listes et à les communiquer à l’Etat était énorme. C’est le même type de pressions qui est exercé sur les universités de Galatasaray, Bogazici, Mimar Sinan et l’Université technique moyenne-orientale.

A part les signataires de pétition, qui d’autres figurent sur ces listes?

Dans mon université, c’était principalement les signataires de la pétition. Dans l’ensemble, toutefois, la part la plus importante d’universitaires turcs licenciés sont ceux qui sont suspectés d’être membres du mouvement Gülen (ou, selon le terme que le régime aime utiliser: «FETÖ, l’organisation terroriste güléniste»). Nous ne serons jamais avec certitude ceux qui s’y trouvent et ceux qui n’y sont pas. Je ne peux parler en particulier d’eux. Avant la rupture avec le mouvement (confrérie) Gülen en 2013, l’AKP a promu de nombreux cadres gülénistes à des postes universitaires comme contrepoids aux laïcs.

De manière spécifique, toutefois, la campagne contre les signataires de la pétition a trois fonctions distinctes. La première est de licencier les militants de la gauche (syndicalistes ou non) connus pour leur participation aux diverses luttes pour la justice sociale dans leurs universités. Soit les gens qui se trouvaient sur la première ligne des résistances. Le message était aussi destiné à la deuxième ligne: si vous êtes comme eux, vous aussi aller finir comme eux.

Une autre cible portait spécifiquement sur le mot «paix». Le régime veut nous dire: soyez prudents. Ne laissez personne placer votre nom et le mot «paix» sur la même page. C’est la punition contre l’Occident (Istanbul et les grandes villes de la Turquie occidentale) pour avoir exprimé sa solidarité avec le sud-est (kurde). En substance: si tu vis à l’«ouest», ferme ta gueule et ne parle pas de ce que nous faisons au «sud-est».

La troisième fonction possède une importance historique plus générale. En Turquie, comme ailleurs, mais particulièrement en Turquie, les idées de gauche n’ont jamais abouti à une hégémonie sociale, mais dans la sphère de la production culturelle elles ont été hégémoniques. Sur la scène internationale, quel est le poète connu? Nazim Hikmet. En prose? Yasar Kemal et Yilmaz Guney pour le cinéma. Dans le domaine du cinéma, de la poésie, des sciences sociales, des universités, les producteurs de «produits» qualitativement valorisés sont inspirés par des idées de gauche, provenant dans une certaine mesure du marxisme, bien sûr.

L’expulsion des universitaires fait donc partie de la tentative du régime de briser l’hégémonie culturelle de la gauche et de la remplacer par une perspective conservatrice-nationaliste. La semaine dernière, le gouvernement a créé le Conseil de la culture nationale. Ils ont – l’AKP – une base sociale. Ils sont en train de la consolider, mais ils ont besoin des moyens de production culturelle. L’idéologie est toujours une chose abstraite, mais elle est produite et reproduite d’une manière concrète; elle est ensuite distribuée d’une manière concrète et matérielle. Jusqu’à récemment, ils manquaient de médias. Les médias sont désormais fortement sous leur contrôle. Ils ont donc besoin du cinéma, des universités, des séries télévisées. Il est possible que cela soit plus difficile pour le cinéma. Les universités, là où nous travaillons, font partie de ce domaine de la production culturelle que l’AKP veut conquérir afin d’asseoir son hégémonie.

Pour revenir aux conséquences pratiques pour toi et pour les autres personnes qui ont été licenciées: ton passeport a été annulé et tu es – je présume – au chômage. Tu vis de quoi?

Que cela soit clair: nous nous attendions à être licenciés. Attendre est une chose ennuyeuse, paralysante et insupportable. Ainsi, lorsque j’ai entendu qu’un nouveau décret avait été publié, j’ai prié: que mon nom s’y trouve!

Le décret particulier sur lequel mon nom était listé allait un peu trop loin pour certains islamistes et journalistes conservateurs. Un grand nombre de professeurs très connus s’y trouvaient. Cela a provoqué un tollé et, ce qui est plus important pour nous, une vague de solidarité parmi nos collègues et dans nos départements.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les formes prises par la solidarité. Est-elle organisée par les syndicats ou au travers de tes départements?

A dire vrai, les deux. Elle vient d’amis avec lesquels j’ai travaillé, y compris des collègues qui ne sont pas membres du syndicat, qui ne sont pas de gauche mais qui me connaissaient et qui savaient que dans le passé j’avais soutenu des gens. Ils ont organisé des rassemblements devant chaque campus de l’Université Marmara. Pour cette seule université, sept manifestations ont été organisées, une chaque jour. Y compris des administrateurs du département se sont exprimés. Le syndicat a organisé cela, mais d’autres ont contribué à cette manifestation.

Nous pouvons vivre pour les deux prochains mois. Mais un changement macro-politique sera nécessaire pour que nous puissions retourner dans nos universités.

Cela s’est-il passé ainsi dans chaque campus? Y compris à Kocaeli (une université d’Anatolie où les signataires ont été immédiatement arrêtés)?

En dehors des grandes villes, cela est plus difficile. Dans de nombreuses villes conservatrices d’Anatolie, l’administration locale et les nationalistes considèrent que les signataires sont des traîtres et les menacent en conséquence. Ils peuvent faire cela dans des endroits comme ceux-ci avec une relative impunité et toute forme de solidarité peut se révéler assez dangereuse physiquement.

Je voudrais maintenant que nous en venions à la discussion plus générale sur la résistance. Les universités ne sont que l’une des bases de l’opposition au régime. La résistance au gouvernement semble se consolider sous la forme de la campagne pour le Non au référendum constitutionnel du 16 avril par lequel Erdogan souhaite transformer la Turquie d’une république parlementaire en une république présidentielle, c’est-à-dire de faire en sorte que sa fonction de président, qui est en termes légaux de second plan, devienne celle d’un pouvoir exécutif fort.

Tu as raison, toutes les formes de résistance en ce moment s’articulent autour du Non. C’est la dernière étape de la mobilisation contre le régime de l’AKP des quatre dernières années. En 2013, Gezi était une rébellion majeure. Elle a été, partiellement, une victoire. Nous n’avons pas été défaits alors: la résistance n’aurait pas pu continuer pendant des années, mais le régime a dû temporairement battre en retraite.

Suite aux élections de juin 2015, nous avions aussi de l’espoir. La part des votes de l’AKP est tombée à 41% (contre 50%) et les suffrages du HDP (Parti démocratique des peuples) ont atteint 13,1%, ce qui lui a permis d’entrer au parlement [les partis qui reçoivent moins de 10% des suffrages n’obtiennent pas de représentation parlementaire]. Le HDP est une coalition du mouvement kurde avec d’autres forces de la gauche qui, en ce moment, a été également soutenue par certains secteurs des républicains laïcs. Nous avions entrouvert la possibilité de briser l’hégémonie de l’AKP. La tentative de coup d’Etat, en juillet 2016, a toutefois provoqué une énorme démoralisation pour la gauche et les secteurs laïcs de la société. Nous étions bien entendu opposés au coup, mais nous considérions également qu’il fournissait une opportunité parfaite à Erdogan pour rebâtir le régime autour de lui. L’échec du coup a créé les meilleures conditions pour qu’il puisse accumuler tout le pouvoir afin de refaçonner la société. Ce qui se passe en ce moment est l’illustration magnifiée de la manière dont il administrera la société turque s’il remporte le référendum en faveur d’une présidence exécutive.

C’est le paradis dont il rêvait. Mais seulement pour lui. C’est la raison pour laquelle l’AKP a des difficultés à expliquer ses motivations pour ce nouveau système présidentiel. Il n’y a pas d’autres bénéficiaires à la réforme constitutionnelle proposée qu’Erdogan et sa famille. Le modèle qui se développe n’est pas différent de la Russie. Il y aura des partis dans un Parlement qui s’opposeront au gouvernement, à ses politiques, mais qui accepteront le leadership d’Erdogan. Poutine représente la volonté nationale. Erdogan, de même, cherche à se transformer en «l’homme de la nation» (milletin adam?). En effet, Trotski, dans ses analyses du fascisme, avait raison lorsqu’il soulignait que la question du leader n’est pas celle de sa personnalité, de ses particularités individuelles. Il s’agit d’un rapport social entre une exigence collective et une offre individuelle. Il ajoute plus loin: «N’importe quel petit bourgeois enragé ne pouvait devenir Hitler, mais une partie d’Hitler est contenue dans chaque petit bourgeois enragé» [dans son article de juin 1933 Qu’est-ce que le national-socialisme?]. Je pense que cela est aussi valide concernant Erdogan.

Quoi qu’il en soit, à la suite de la démoralisation qui prévaut suite à la tentative de coup, le fait que les gens aient le courage de dire Non, d’afficher Non sur leur statut facebook est vraiment important. Il est possible que ce ne soit pas la dernière bataille, seulement l’une d’entre elles. Certes, nous autres marxistes, en particulier ceux de l’école benjaminienne [Walter Benjamin] ne disons jamais «la dernière». Nous savons que même le plus petit problème social ou la plus petite protestation peut ouvrir une crise révolutionnaire. Des gens pensent ainsi: «nous devons dire quelque chose maintenant».) Il est possible que nous ne puissions sortir dans les rues, il est possible que nous n’ayons pas la capacité de défier la police en ce moment, mais nous avons au moins la liberté de dire Non.

En ce moment, toutes les autres luttes – écologiques, syndicales, pour les droits des femmes, etc. – s’articulent autour de l’adverbe Non. Dans le mouvement de solidarité avec les universitaires licenciés, le mot le plus important est Non: non aux décrets, non à l’état d’urgence, non aux coups – qu’ils soient civils ou militaires. Il y a de nombreux projets de construction qui sont très destructeurs pour l’environnement. Ces jours-ci, Non est le slogan du mouvement écologiste, qui commence à s’intégrer dans la campagne politique.

Il est cependant important de se rendre compte que ce ne sont pas seulement les gens de gauche ou les kémalistes qui sont opposés aux changements constitutionnels. Une fraction significative de la base nationaliste est également mécontente des projets d’Erdogan. Suite aux élections d’octobre 2015, la direction du MHP (Parti d’action nationaliste, droite dure) a dû faire face à une opposition interne. Suite à la tentative de coup, elle s’est soumise à Erdogan afin d’exclure les dirigeants de cette opposition prétendument guidés par FETÖ. Leur base n’a toutefois pas été convaincue. Ils sont opposés au nouveau régime dictatorial pour des raisons très différentes, mêmes opposées, aux nôtres. Un autre parti d’extrême-droite – BBP [Parti de la grande unité, scission du MHP] – s’est déclaré favorable au régime présidentiel après une réunion d’une heure avec Erdogan. Nous ne savons pas ce qui s’est discuté durant cette heure, ni ce qui a été promis, mais leur base reste opposée. Même le parti islamiste dont l’AKP actuel est issu – Saadet (Parti de la félicité, qui est un parti mineur aujourd’hui, mais historiquement important en raison de sa tradition politique islamiste) – est aussi dans le camp du Non.

Même au sein de la gauche, il n’y a pas d’accord sur ce que signifie le Non. Les questions liées aux droits humains ainsi que la peur d’une dictature sont les principaux arguments en faveur du Non. Les questions sociales sont largement absentes. Bien que les conséquences d’un vote en faveur du Oui pour les droits des travailleurs ainsi que pour le panorama social général soient énormes. Le nouveau régime permettra à Erdogan de complètement transformer les lois, le Code du travail et autres législation. Au cours des trois dernières années, par exemple, les grèves ont été interdites sous prétexte qu’elles représenteraient une menace pour la sécurité nationale. Nous pouvons nous attendre à ce qu’une telle mesure soit démultipliée sous le régime de la présidence exécutive. Peu de secteurs de la campagne du Non, cependant, même des «gauchistes avoués», parlent de cela.

Cela sera ainsi différent du référendum français de 2005, au cours duquel autant la gauche radicale que le Front national ont mené campagne contre la constitution de l’UE [sur le Traité constitutionnel européen], mais où le Non de gauche était dominant. Il est possible que le Non gagne. Mais cela ne sera pas nécessairement notre «Non».

Ce qui arrivera ensuite est important. Si le Oui l’emporte, l’autoritarisme du régime s’accroîtra. Si c’est le non, il y aura probablement des réactions.

Il y a de nombreuses campagnes pour le Non, qui se chevauchent rarement. Il y a cependant quelques conseils de quartiers pour le Non dans des localités comme Sisli et Besiktas, où les membres du CHP (Parti républicain du peuple, «social-démocrate» ), du HDP et d’autres travaillent ensemble.

Je ne veux pas terminer cet entretien sans te demander quelle peut être la solidarité utile aux militants en Turquie depuis l’étranger. Nous écrivons un article de temps à autre, indiquons les problèmes que représente Erdogan, mais nous avons de la peine à définir des formes pratiques de solidarité.

Il est possible que les pressions internationales auraient pu avoir une signification, il y a encore trois ou quatre ans. J’ai pu voir que cela fonctionnait dans mon université, il y a quelques années, lorsque nous étions engagés dans une lutte interne. Et la Middle East Studies Association (MESA) a publié une lettre qui a eu un effet tangible. Les universités sont désormais bien moins autoritaires que le régime, qui est devenu imperméable aux pressions étrangères. Nous sommes évidemment heureux et reconnaissant de voir qu’il y a des articles, des pétitions – j’ai toutefois cessé de croire aux pétitions il y a quelques années; c’est ironique que celle que j’ai signée se soit révélée probablement la plus importante de l’histoire turque et a provoqué mon licenciement [rires]. Peut-être de l’argent? [1] Je ne sais comment le formuler: il n’y a pas d’espoir pour nous. Faites la révolution dans vos pays. [Rires.]

Une dernière question: tu as dit qu’il y aurait une réaction, quel que soit le résultat. Quel est l’avenir de la gauche turque?

Il y aura, bien sûr, une période de réaction, quel que soit le résultat. Mais elle ne sera pas pareille selon l’issue du vote. Si le Non l’emporte, cela nous donnera du courage pour résister aux nouvelles vagues de répression et de persécution. Nous serons plus prompts à les combattre. Mais si c’est le Oui, cela sera une déclaration que la majorité de la population soutient le régime. Cela sera alors bien plus difficile. C’est un peu trop sombre. Pour terminer sur une note plus optimiste, je vais citer Selahattin Demirta?, le dirigeant du HDP, depuis la prison, «même lorsque vous êtes très pessimistes, ne regardez pas la pointe de vos chaussures mais plutôt l’horizon, vous y verrez certainement l’espoir. Si vous ne le voyez pas, continuez à regarder jusqu’à ce qu’il apparaisse.»

(Article publié le 20 mars 2017 sur le site roumain LeftEast, www.criticatac.ro; traduction A l’Encontre. Uraz Aydin a été assistant de recherche à l’Université de Marmara pendant 17 ans. Suite au décret du 7 février 2017, il a été licencié. Il travaille autour de questions liées à la sociologie de la culture, la philosophie politique et la théorie de la communication. Il a traduit en langue turque Ernest Mandel, Daniel Bensaid, Michael Löwy, Gilbert Achcar. Il est également éditeur de Sosyalist Demokrasi icin Yeniyol, revue de la section turque de la IVe Internationale) 

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[1] Vous pouvez y contribuer en faisant une donation au syndicat (cliquez ici)

 

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1 commentaire

  1. Turquie. La liberté de dire NON - Anti-K dit:

    […] publié sur http://alencontre.org/asie/turquie/turquie-la-liberte-de-dire-non.html le 26 – mars – […]

    Ecrit le 26 mars, 2017 à 2017-03-26T23:04:07+00:000000000731201703

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