jeudi
13
décembre 2018

A l'encontre

La Brèche

Monica Baltodano et Julio López Campos

Par Monica Baltodano
et Julio López Campos

Comme on le sait et comme l’a dénoncé publiquement le secrétaire exécutif de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), M. Paulo Abrão: «Nous nous trouvons actuellement à une troisième étape de la répression dans le pays. On a assisté à un processus de transformation vers une répression plus crue, plus explicite, un processus de répression bureaucratique qui utilise l’institutionnalité elle-même et le système de justice pour détenir des personnes, afin de promouvoir contre elles actions et procès judiciaires.» On sait également que la «Loi antiterroriste» est devenue un ténébreux et arbitraire instrument de répression dans les mains du régime Ortega-Murillo.

Depuis plusieurs semaines, une campagne malveillante est en train de s’orchestrer contre nous. De faux profils sont créés sur les réseaux sociaux par des opérateurs du régime. Ils sont alors reproduits par des personnes partageant les mêmes idées et par des journalistes serviles, cela avec l’intention de stimuler des agressions directes à notre encontre et de mettre de l’huile sur le feu de la criminalisation des légitimes et légales actions de protestation menées contre le gouvernement dictatorial des Ortega-Murillo.

A l’occasion de la répression brutale et criminelle menée contre les habitants de Monimbó (quartier de la ville de Masaya), ils ont appelé à incendier notre maison, parce qu’ils supposaient que nous y cachions des jeunes fuyant la répression.

Au cours de ces derniers jours, ladite campagne s’est amplifiée, quand on a posté sur l’un de nos faux profils une vidéo d’une personne capturée, où il était affirmé que c’était une femme «venant de la petite localité de la Tranquera qui avait été détenue sur la Lagune de Apoyo (municipalité de Diriá) dans la ferme de Mónica Baltodano et qu’elle était en possession d’armes totalement nouvelles». Un journaliste pro-régime a alors reproduit l’information en y ajoutant des mensonges supplémentaires, avec la volonté de nous criminaliser et de provoquer des agressions contre nous. La vidéo elle-même montre clairement l’absurdité et la fausseté de ces affirmations, pourtant c’est tout juste si les commentaires des «orteguistes» n’appelaient pas à nous couper la tête.

Déjà auparavant, depuis un autre faux profil sur les réseaux sociaux, on avait affirmé que nous cachions dans notre maison l’étudiant Lester Aleman, membre de la Mesa [table] del Diálogo y de la Coalición Universitaria. Ce n’était en l’occurrence pas vrai, mais nous comprenons bien qu’à travers ces affirmations ils cherchent à criminaliser tous ceux qui assument l’obligation morale et humanitaire de donner refuge et protection aux jeunes persécutés par la répression brutale et illégale menée par le régime, et qu’ils cherchent en particulier à mobiliser leurs forces répressives pour agir contre nous et nous agresser.

Ce n’est un secret pour personne que nous sommes publiquement et ouvertement aux côtés du peuple qui réclame justice pour les Crimes de Lèse-Humanité commis par l’Etat depuis le 18 avril 2018, et que nous demandons la destitution de Daniel Ortega et de Rosario Murillo.

Nous dénonçons au niveau national et international cette ténébreuse campagne en tant que citoyens libres qui défendons nos positions, actions et analyses politiques dans le cadre de la lutte pacifique et non violente menée par le peuple du Nicaragua.

Nous faisons et continuerons à faire usage des droits que nous garantit la Constitution politique du Nicaragua, et nous le ferons surtout au nom de nos principes sandinistes et humanistes.

Nous vivons à une adresse connue et nous continuerons à être avec et aux côtés du peuple dans sa juste et légitime lutte. Nous ne reculerons pas, même d’un pas! Managua, 30 juillet 2018 (Traduction A l’Encontre)

Vous pouvez écrire un commentaire, ou utiliser un rétrolien depuis votre site.

Ecrire un commentaire




Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org