jeudi
25
avril 2019

A l'encontre

La Brèche

Sergio Moro, à la TV, affirme qu’il «faut couper la tête» aux «équipes qui critiquent le gouvernement» (El Pais, Brésil, 7 novembre 2018). Il trouve Bolsonaro «trop modéré», en la matière.

Communiqués

Nous publions ci-dessous deux communiqués d’organisations syndicales. Ils indiquent la voie à suivre, partout, pour construire un mouvement effectif de solidarité avec les organisations sociales et syndicales dans le Brésil de Jair Messias Bolsonaro. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, l’ex-juge Sergio Moro, n’a pas hésité à affirmer que toutes celles et tous ceux qui s’opposeront aux mesures antidémocratiques et aux contre-réformes sociales adoptées par ce régime autoritaire – prenant appui sur un noyau dur de militaires et des policiers – subiront les foudres de la «justice» pour délit de «terrorisme». Il s’agit d’étendre à l’échelle internationale ces initiatives qui doivent combiner l’information, la diffusion des prises de position des divers mouvements sociaux au Brésil et, sur cette base informée et réfléchie, d’assurer des actions multiples de solidarité internationaliste. (Rédaction A l’Encontre)

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Désordre et régression

Notre voisin, le Brésil, vient d’élire son nouveau président. La jeune démocratie brésilienne a fait le choix d’un président homophobe, misogyne, raciste et nostalgique de la dictature militaire, qui dura jusqu’en 1985. Ce virage à l’extrême droite marque un tournant inquiétant dans la démocratie brésilienne.

Nos organisations syndicales tiennent à réaffirmer aujourd’hui publiquement leur attachement fondamental aux valeurs de démocratie, de justice sociale et de tolérance. Pour nous, les combats à mener pour la construction d’une Guyane plus juste, dans son environnement Amazonien, seront ceux qui affirmeront l’égalité des hommes et des femmes, l’égalité des peuples, la lutte contre la pauvreté par l’accès à la santé, au logement et à l’éducation pour toutes et tous.

Nous sommes et resterons solidaires de toutes celles et ceux qui partagent nos valeurs. Leurs luttes, où qu’elles soient, sont nos combats.

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes.
Solidarité internationale! (Communiqué Union des Travailleurs Guyanais – UTG, Fédération Syndicale Unitaire – FSU, SUD éducation Guyane)

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L’inquiétante victoire du candidat d’extrême droite, champion de l’oligarchie terrienne brésilienne

Dimanche le verdict est tombé au Brésil. Le candidat d’extrême droite, dont les déclarations font froid dans le dos, a été élu. Durant la campagne, Jair Bolsonaro s’en est notamment pris aux Amérindiens et aux paysans sans terre: «Il faut éradiquer les Indiens, c’est un peuple trop indolent», a-t-il asséné pour les premiers, qualifiant les seconds «de terroristes», qu’il chasserait à «coups de fusils».

En ciblant le Mouvement des Sans Terre (MST), Jair Bolsonaro rappelle qu’il est aussi le candidat de l’oligarchie des grands propriétaires fonciers qui ont toujours refusé, y compris par la violence, toute réforme agraire dans un des pays les plus vastes du monde. La Confédération paysanne ne peut donc qu’être inquiète de sa volonté de libéraliser totalement l’usage des armes, dans un pays déjà connu pour sa violence.

Il est à craindre que les paysannes et paysans sans terre ainsi que les Amérindiens soient les premières victimes du nouveau pouvoir avec la forêt amazonienne qui va subir la ruée des agro-managers. Tout comme les États-Unis, le Brésil pourrait aussi sortir des accords de Paris sur le climat. L’ensemble de la planète, et avant tout les Brésiliennes et Brésiliens, ont tout à perdre de ce virage hasardeux.

La Confédération paysanne, membre fondateur de la Via Campesina, soutient résolument le combat de celles et ceux qui luttent pour vivre dignement d’une agriculture paysanne durable. Elle fera tout pour les aider dans leur combat. (Communiqué de la Confédération Paysanne, France)

 

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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