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juin 2018

A l'encontre

La Brèche

Révolution russe: «Mes souvenirs sur Vladimir Ilitch»

Publié par Alencontre le 20 - août - 2017

Par E. Rachia

Nous publions ci-dessous un extrait des mémoires du«garde du corps de Lénine» portant sur la période précédent de très près le renversement du gouvernement provisoire de la République russe instaurée par Alexandre Kerenski [1] en septembre 1917, soit «la révolution d’octobre». Ce texte a été publié en 1934 et comporte, par «obligation», quelques brèves références à Staline, plus exactement sur la «consultation» de Staline par Lénine. Avec ce sens de l’à-propos que ceux qui publiaient alors un texte historique avaient avantage à cultiver. Selon une méthode que Marc Ferro retrace dans son ouvrage, avec une dimension autobiographique, intitulé: Les Russes: L’esprit d’un peuple (Ed. Tallandier, février 2017). D’une part, les historiens soviétiques lui avouent que les citations et références à Lénine ou encore à Staline avant sa mort et sa condamnation (partielle) relèvent de l’adhésion contrainte à la règle «scientifique» de l’histoire. C’est ce que fait E. Rachia dans «ses mémoires», publiées en français par le Bureau d’Editions, Paris, 1934. En outre, les historiens «soviétiques» s’étonnaient que M. Ferro veuille consacrer son travail à l’analyse de la base sociale de la révolution russe, dont le sort est encore, alors, réglé par les exigences (plus ou moins fortes) de la censure politique.

Le récit de E. Rachia, comme des travaux académiques récents, fait un sort à la simplification «Octobre 17» = «coup d’Etat». D’ailleurs, y compris, Nicolas Werth se doit de complexifier le «tournant» d’octobre 1917. Ainsi écrit-il: «Ces mouvements – [une vaste révolution sociale, multiforme et autonome… (qui) s’exprime sous des formes très diverses: une grande jacquerie; une décomposition en profondeur de l’armée; un mouvement revendicatif ouvrier spécifique, autour de mots d’ordre révolutionnaires – contrôle ouvrier et «pouvoir des soviets»; une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-empire russe] – agissent tout au cours de l’année 1917 comme autant de forces dissolvantes qui contribuent puissamment à la destruction des institutions et de toutes les formes d’autorité. Durant un bref mais décisif instant – octobre 1917 –, l’action des bolcheviks, minorité politique agissant dans le vide institutionnel ambiant, va dans le sens des aspirations du plus grand nombre, même si les objectifs à moyen et long terme sont différents pour les uns et les autres. Momentanément, coup d’Etat politique et révolution sociale convergent, ou, plus exactement, se télescopent, avant de diverger vers des décennies de dictature.» (Article publié dans le hors-série de L’Humanité, sous le titre «1917, l’année où tout a basculé», p. 19) Nous réaborderons cet ensemble de questions liées au «tournant» de 1917, en les inscrivant dans une conception internationale dont les éléments, sur le fond, étaient déjà appréhendés par Friedrich Engels en avril 1885, dans sa correspondance avec Vera Zassoulitch et, antérieurement, indiqués par Marx et Engels dans la préface à l’édition russe de 1882 du Manifeste communiste. (C.A. Udry)

*****

«La crise est mûre»

En septembre 1917, l’état d’esprit à Petrograd était déjà tendu. Les ouvriers commençaient à se dresser avec hardiesse. L’activité des masses s’était encore accrue. On sentait l’approche de graves événements. J’avais reçu par l’intermédiaire de Nadeja Konstantinova [Kroupskaïa, l’épouse de Lénine] un mot de Vladimir Ilitch qui se trouvait en Finlande, à Viborg, chez le camarade Latouka, avec l’ordre de me rendre chez lui et d’organiser son départ pour Petrograd.

Je remplis ma mission. Vladimir Ilitch et moi nous arrivâmes à Petrograd sains et saufs. L’appartement où il s’installa avait été retenu par Nadeja Konstantinova avec l’approbation de Vladimir Ilitch dans la maison d’un employé du dépôt des tramways de la station Lanski, sur la route de Viborg. Les propriétaires de la maison m’étaient inconnus. Comme nous agissions clandestinement, je ne leur demandais pas, naturellement, qui ils étaient. Il suffisait simplement que Vladimir Ilitch les connût. J’avais vu plusieurs fois une femme âgée, aux cheveux blancs, qui lorsque je frappais le nombre de coups convenu, m’ouvrait la porte et à ma question «Constantin Pterovitch [Vladimir Ilitch] est-il à la maison?» m’introduisait dans l’appartement.

Par la suite, j’ai été tellement occupé que j’ai complètement oublié de me renseigner sur ces gens qui avaient donné asile à Ilitch à son arrivée à Petrograd.

Dès son arrivée, il se mit fiévreusement au travail, il écrit un nombre incalculable d’articles dans La Pravda et reçut nombre des camarades. […] Il prit part à plusieurs réunions convoquées avec les membres du Comité central (C.C.) et d’autres à Lesnoié, dans la maison de la Douma régionale et le 10 octobre, avec la participation, outre les membres du C.C. , de plusieurs camarades responsables. A cette dernière réunion, Vladimir Ilitch posa ouvertement la question de la prise du pouvoir.

A toutes ces réunions, je l’accompagnais en qualité de «garde du corps».

Les événements mûrissaient rapidement: le 23 octobre, je fus muni d’une lettre de Vladimir Ilitch destinée à être répandue dans toutes les régions. Dans celle de Viborg, je remis la lettre à Génia Egorova, qui en tira un grand nombre d’exemplaires et les diffusa dans les régions. Dans cette lettre, Vladimir Ilitch insistait sur la nécessité d’une action décisive du Parti: «La lenteur est semblable à la mort», écrivait-il. (L’original de cette lettre était en ma possession, mais je l’ai perdu en Finlande.) Il m’était très difficile de remplir toutes les missions que me confiait Vladimir Ilitch à cause du mauvais état des moyens de communication; et pourtant il fallait bien m’en acquitter, sans cela Vladimir Ilitch me faisait des reproches, très poliment, mais fermement, il est vrai.

Conformément à ses instructions, je fréquentais les usines et les réunions, je prenais connaissance de l’état d’esprit des ouvriers, je lui apportais des copies des résolutions prises au cours de leurs réunions. Dans le même but, je fréquentais les casernes et, le soir, Vladimir Ilitch me questionnait minutieusement sur tout ce que j’avais vu et entendu. Enfin, le 25 octobre, je reçus des informations selon lesquelles le gouvernement de Kerenski, avait l’intention de démolir tous les ponts de la Neva. Dans la ville, les patrouilles avaient été renforcées; les ponts étaient gardés par des détachements de soldats. Je décidai de me rendre chez Vladimir Ilitch.

Je le mis au courant des événements qui se préparaient; si l’armée de Kerenski parvenait à détruire les ponts, alors les régions le seraient également, chacune séparément. Du côté de Viborg, seulement, le pouvoir était effectivement entre les mains de la garde rouge, qui, quoique défectueuse, était tout de même armée et suffisamment unie. Il y avait même un corps dirigeant. Vladimir Ilitch m’écouta et déclara : «Oui, aujourdhui, cela doit commencer.» Nous prîmes du thé et un peu de nourriture. Vladimir Ilitch arpentait la chambre de long en large et réfléchissait. […] « Alors, nous partons à Smolny.» [2] Je commençai à le détourner de ce projet, en lui montrant, par tous les moyens, à quels grands dangers il s’exposait au cas où quelqu’un le reconnaîtrait. Je ne comprenais pas alors que je commettais un crime à l’égard de la révolution en tentant d’empêcher Vladimir Ilitch de se rendre Smolny.

Vladimir Ilitch ne fut pas d’accord avec moi et déclara catégoriquement: «Partons à Smolny.»

Pour plus de sécurité, nous décidâmes tout de même de nous déguiser. Lénine changea de vêtement autant que ce fut possible, s’enveloppa le menton d’un mouchoir passablement sale et se coiffa d’une vieille casquette. J’eus soin de me munir à tout hasard de deux laissez-passer pour Smolny, qui avaient été grossièrement maquillés. Les anciennes inscriptions étaient effacées à la gomme et, à leur place, il y avait deux noms inconnus de membres du Soviet de Petrograd; les taches d’encre ne manquaient pas non plus, de telle sorte que la fausseté des laissez-passer sautait aux yeux. Malgré cela n’en ayant pas de meilleurs, nous décidâmes de nous en servir.

Nous partîmes à 8 heures du soir environ dans la perspective de Samsonneski. Au bout de 10 minutes de marche, nous aperçûmes tout près de la station un tramway à peu près vide se dirigeant vers le dépôt. Nous montâmes sur la plate-forme arrière de la voiture et arrivâmes en bon état à l’angle de la rue Botkin où le tramway tourna se dirigeant vers le dépôt. Nous poursuivîmes notre chemin à pied. Un nombre assez considérable de gardes rouges surveillant le pont de Liteïny du côté de Viborg. Nous passâmes près de la sentinelle qui ne nous demanda rien. Mais du milieu du pont, nous aperçûmes à l’autre bout des soldats de Kerenski et une sentinelle, exigeant des laissez-passer. Bien entendu, nous n’en avions pas [si ce n’est ceux forts inadéquats mentionnés plus haut]. Nous remarquâmes que les soldats étaient entourés d’ouvriers et que de vives discussions avaient lieu entre eux. Les soldats empêchaient les ouvriers de traverser le pont. Malgré cela, Vladimir Ilitch décida de tenter de passer. Nous nous approchâmes. Il apparut que les soldats exigeaient des laissez-passer tandis que la plupart des ouvriers, comme nous-mêmes, n’en avaient point. Selon les soldats, ces laissez-passer devaient être retirés auprès de l’état-major. Les ouvriers étaient indignés et insultaient fortement les soldats. Nous profitâmes de ces querelles pour nous glisser sous le nez des sentinelles vers la perspective de Liteïny, ensuite nous nous engageâmes dans la rue Chpaleirnaïa et nous dirigeâmes vers Smolny.

Nous avions déjà traversé une assez grande distance dans la rue Chpaleirnaïa, lorsqu’apparurent devant nous deux junkers à cheval, ils ordonnèrent: «Arrêtez ! Vos laissez-passer!» Je chuchotais à Vladimir Ilitch: «Partez, je me débrouillerai avec eux.» En poche j’avais deux revolvers. Je pris à partie grossièrement les deux junkers, déclarant que personne n’était au courant de ces laissez-passer, c’est pourquoi nous n’avions pas pu nous en procurer à temps. Pendant ce temps, Vladimir Ilitch s’était éloigné doucement. Les junkers me menacèrent de leurs nagaïkas (fouets) et exigèrent que je les suivisse. Je refusai catégoriquement. En définitive, ils décidèrent inutile de se colleter avec des clochards. En effet, nous en avions tout l’air. Les junkers s’éloignèrent.

Je rejoignis Vladimir Ilitch et, ensemble, nous poursuivîmes notre chemin.

Nous arrivâmes à Smolny. A l’entrée, une grande foule était concentrée. Et alors, nous apprenons que les laissez-passer des membres du soviet de Petrograd, qui étaient jusqu’à présent blancs, sont désormais rouges. Cette difficulté était plus grave et, malheureusement, il n’y avait pas un de nos camarades dans la foule. Celle-ci était révoltée de ne pas pouvoir passer. Moi, j’étais plus révolté et indigné que tous et, brandissant mes deux faux laissez-passer, je criais: «Comment, moi, un membre légitime du soviet de Petrograd, on ne me laisse pas passer!»

Je criai aux camarades qui étaient devant moi qu’il ne fallait pas se préoccuper de ce contrôle, qu’il fallait passer et que, à Smolny même, on verrait bien à quoi s’en tenir. Je commençai à pousser comme un «pickpocket» et je fis si bien que les contrôleurs ne tardèrent pas à être débordés. Enfin, nous arrivâmes à Smolny. Aussitôt nous montâmes au deuxième étage, au bout du couloir près de la salle des fêtes. […]

Comme il n’était pas commode de parler dans le couloir, nous entrâmes dans une chambre près de cette salle des fêtes ou se tenait la séance du soviet. Trois hommes, la crème des mencheviks, les leaders de leur parti – Dan, Liber, et, si je ne me trompe, Gotz – sortirent de la salle et pénétrèrent dans la chambre ou nous nous trouvions. L’un d’entre eux (je ne me souviens plus lequel), retirant de son manteau un paquet, déclara qu’il contenait du pain, du beurre, du saucisson et du fromage, et invita les deux autres à partager son déjeuner. Plongés dans leur conversation, ils ne firent aucune attention à nous. Le menchevik posa le paquet sur le bout opposé de la table devant laquelle Vladimir Ilitch était assis. C’est alors seulement, en défaisant le paquet, qu’il reconnut Vladimir Ilitch, malgré le bandeau qui lui couvrait le bas du visage. Terriblement troublé, le menchevik s’empressa de rempaqueter ses victuailles et tous les trois, atterrés, rentrent dans la salle des fêtes. Cet incident mit de bonne humeur Vladimir Ilitch, qui se mit à rire.

Nous sortîmes également et, nous rendant dans une autre salle où aussitôt un grand nombre de camarades du noyau dirigeant du Parti nous rejoignirent, nous nous mîmes immédiatement au travail et, sans parole inutile, commençâmes à examiner la nouvelle situation créée.

Pendant ce temps, la bataille avait éclaté en ville. On entendait distinctement les coups de fusil et les grondements de canon.

A la salle des fêtes, la séance avait pris fin, les mencheviks s’empressèrent de partir, sentant qu’ils avaient perdu la partie. Une réunion du soviet de Petrograd ayant été fixée pour minuit, les membres du soviet demeurèrent dans la salle. «La parole est à Vladimir Ilitch Lenine!» Vous décrire l’enthousiasme de la salle, cela m’est impossible. En tout cas, on n’entendit plus ni les fusillades ni les canonnades du dehors, elles furent étouffées par le bruit des applaudissements, qui durèrent plusieurs longues minutes; enfin, Vladimir Ilitch eut la possibilité de parler.

Quand la réunion prit fin, tout le monde se dirigea vers l’étage inférieur et moi aussi en tant que «garde du corps». Les députés prirent place devant la table, mais comme il ne restait plus de chaise pour moi, je m’assis par terre, dans un coin, les genoux au menton.

Les discussions roulaient sur l’organisation d’un gouvernement. On se demandait comment il fallait le nommer. Certains proposèrent «ministère», cette proposition fut rejetée. Quelqu’un suggéra «commissariat du peuple», cela fut adopté. Ensuite, on se partagea les fonctions. Pendant tout ce temps, j’étais dans mon coin et j’écoutais. Mon travail était terminé et je devins «chômeur». (Source Gallica, site de la BNF)

*****

«La crise est mûre. Tout l’avenir de la révolution russe est en jeu. Tout l’honneur du parti bolchevik est en question. Tout l’avenir de la révolution ouvrière internationale pour le socialisme est en jeu.» «Vous qui protestez contre ces événements, vous êtes des pauvres types, des faillis. Votre rôle est terminé. Allez là où est votre place, dans les poubelles de l’histoire.» Trotsky, le 25 octobre 1917, à la Tribune du Congrès des soviets.

____

[1] Alexandre Fiodorovitch Kerenski (1881-1970). Dès février, il occupe divers postes ministériels, en tant que membre du Parti socialiste révolutionnaire (aile de droite). Il prend la tête du gouvernement provisoire russe en juillet, avec l’accord du soviet, il forme un gouvernement à majorité socialiste. Il reste à la tête du pays durant 100 jours. A la tête de l’armée, il instaure la République russe le 14 septembre 1917. En fin septembre, il forme le troisième gouvernement de coalition. La question au centre pour lui: la «gestion de la guerre». Le refus du désengagement de la guerre est à l’origine d’une crise d’une grande ampleur, touchant tous les secteurs de la société, avec comme expression la plus visible la désertion des paysans-soldats qui retournent dans leurs villages, «n’oubliant» pas en chemin de commettre quelques pogromes. Cela au moment où le mot d’ordre: «du pain, la paix, la terre» acquiert une audience et des initiatives de mise en pratique. La bipolarisation entre le gouvernement, la Douma et l’Assemblée des soviets s’exacerbe. Le 7 novembre (25 octobre), le dit «coup d’Etat» s’opère. De facto, un vide est occupé par les bolcheviks et quelques alliés (les socialistes révolutionnaires de gauche). Le récit de E. Rachia, «le garde du corps» de Lénine, donne une image assez réaliste de l’occupation du pouvoir gouvernemental par une fraction du Parti bolchevik, placée sous la houlette de Lénine. Cette «prise pouvoir» apparaît assez improvisée en termes de stratégie militaire et même politique. (Réd. A l’Encontre).

L’Institut Smolny, avant que les «barbares bolcheviks» s’installent.
Une uniformisation quasi «égalitariste»!

[2] Institut Smolny: cet institut a été fondé par décret signé de Catherine II le 5 mai (24 avril) 1764. Le but était de donner une éducation pour que des filles «bien nées», de la noblesse, deviennent des femmes instruites, de «bonnes mères», des «membres utiles à la famille» et à la société. Pendant la révolution de 1917, le bâtiment a été choisi comme quartier général des bolcheviks. C’est de là que «partit» l’insurrection du 25 octobre. C’était la résidence de Lénine pendant plusieurs mois, jusqu’au moment où le gouvernement soviétique a été déplacé à Moscou. Après cela, l’Institut Smolny devint le siège de la section locale du Parti communiste, dans les faits a fonctionné comme «municipalité», comme «hôtel de ville». (Réd. A l’Encontre)

 

 

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