dimanche
30
avril 2017

A l'encontre

La Brèche

Capture d’écran 2016-05-19 à 18.44.30Le 1er mai a éclaté une révolte au sein de la prison de Hama suite à la tentative de transférer cinq détenus vers la prison militaire de Sednaya. Pour l’ensemble des prisonniers, le sort des cinq détenus ne pouvait être que leur exécution. Le soulèvement des prisonniers a été filmé grâce à un smartphone. Diverses chaînes de télévision ont reproduit quelques fragments d’images. A l’instar de soulèvements massifs dans un tel système concentrationnaire, les rebelles se sont emparés de gardiens et ont pris le contrôle de diverses zones de la prison. Les forces militaires de la dictature n’ont pas hésité à tirer sur la prison.

Le soulèvement de cette prison – qui renvoie à la répression massive de la révolte de la ville d’Hama en 1982 – a mis en lumière à la fois la brutalité de la réaction du pouvoir, les tactiques de conciliation pour des raisons diplomatiques et, surtout, le sort de dizaines de milliers de prisonniers dans les conditions les plus inhumaines par le régime Assad, régime avec lequel «la communauté internationale s’efforce de négocier».

Le sort tragique des prisonniers en Syrie a été illustré, si l’on ose utiliser ce terme, par les photos de «César», un ancien photographe médico-légal de la police militaire du régime. Ce dernier a pu faire sortir quelque 50’000 clichés de prisonniers torturés à mort. Or, le sort des prisonniers n’est pas pris en compte par le représentant de l’ONU, Staffan de Mistura, dans les prétendues négociations. Plus exactement, quelques formules diplomatiques laissent entendre que cette question devra être abordée, une fois que la «formule de transition» sera établie. Or, le statut même des prisonniers concrétise ce qu’est la colonne vertébrale de ce régime qui devrait, selon ceux qui prétendent exproprier le peuple syrien de sa révolution, être partie prenante d’une «transition vers la paix».

Au cours du Forum «L’Autre Genève» [voir le programme ici], Mazen Darwish va expliquer les raisons pour lesquelles la situation des dizaines de milliers de prisonniers ne peut en aucune mesure être un point secondaire d’une négociation pour une paix concrète. (Rédaction A l’Encontre)

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Déclaration au sujet de la prison centrale d’Hama

Nous, ci-dessous signataires en tant qu’individus et organisations, lançons un appel en direction des Nations Unies, du Groupe de soutien international sur la Syrie [faisant partie des «discussions de paix de Vienne»] ainsi qu’aux organisations et organismes internationaux concernés afin qu’ils protègent et veillent aux droits des détenus ainsi qu’ils prennent des mesures immédiates pour assurer la sécurité des prisonniers de la prison centrale d’Hama qui ont commencé une protestation le 2 mai 2016.

Cette protestation a été lancée comme réponse aux violations des droits humains les plus élémentaires des prisonniers de la part des forces gouvernementales syriennes. Afin de briser l’impasse, les détenus ont présenté au gouvernement les revendications suivantes:

1° la libération immédiate de tous les détenus qui ont été arrêtés arbitrairement;

2° l’arrêt du transfert des détenus vers d’autres branches des forces de sécurité ou vers les «tribunaux militaires» décidant sur-le-champ ou encore vers la prison de Saidnaya [près de Damas] où les détenus font inévitablement face à la mort en raison des tortures brutales et violentes;

3° la suppression des tribunaux arbitraires ou factices, qu’ils soient militaires ou qu’ils relèvent des prétendus «tribunaux antiterroristes» dont le fonctionnement repose sur des aveux arrachés sous la torture desdits services de sécurité;

4°  une amélioration des conditions des détenus afin que leurs besoins fondamentaux soient satisfaits et que les organismes internationaux puissent réaliser des visites périodiques des prisons.

Dix jours après qu’un accord verbal a été conclu, toutefois, il semble que le régime n’avait qu’un seul objectif: gagner du temps. Seuls quelques prisonniers ont été relâchés et lorsque les détenus eux-mêmes exigèrent la mise en œuvre des termes de l’accord, les gardes ont menacé de fermer les portes. Le délai fixé au 14 mai pour la mise en œuvre de l’accord est désormais expiré. Cela signifie que les détenus ne peuvent pas communiquer avec les organismes internationaux et qu’ils sont coupés du monde extérieur.

Nous, ci-dessous signataires en tant qu’individus ou organisations, exprimons notre profonde préoccupation quant au sort des centaines de détenus de la prison d’Hama et lançons un appel à la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur le régime pour qu’il respecte ses engagements, en particulier la libération des détenus selon l’accord conclu auparavant. Nous appelons également les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge de prendre la responsabilité de la sécurité des détenus de la prison centrale d’Hama. (Appel publié le 17 mai 2016. Traduction A l’Encontre)

L’ensemble des organisations et personnes signataires sont mentionnées à cette adresse : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1015694628480114&id=493368000712782&substory_index=0

 

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Philippe Poutou et son message lors des 15 minutes avec les 11 candidats sur France 2, le 20 avril 2017


Présidentielle : revivez le passage de Philippe Poutou dans "15 minutes pour convaincre" sur France 2

Parmi les divers thèmes abordés dans sa campagne, le chômage a une place importante. Le chômage est d'abord une arme – ils ne sont pas désarmés – par les employeurs afin de faire accepter plus facilement des conditions de travail épuisantes, dégradées et des salaires de survie. Car, si «cela ne vous convient pas, il y en a dix qui attendent devant la porte».

Le chômage est aussi un coût qui pèse sur celles et ceux qui le subissent, et aussi bien directement qu'indirectement sur leur famille. Tensions, stress accru, dégradation de la santé physique et psychique. C'est inacceptable.

Michel Husson affirme: «La réduction du temps de travail permet la création d'emplois. Mais la condition essentielle est le contrôle des travailleurs et travailleuses sur la réalité des créations d'emplois. Ce sont eux qui doivent décider collectivement de la meilleure manière de combiner les formes possibles de réduction du temps de travail, de manière à prendre en compte les aspirations différenciées de salarié·e.s: réduction quotidienne (tant d'heures par jour); hebdomadaire (par exemple 4 jours), annuelle (journée RTT), pluriannuelle (année sabbatique).»

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