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août 2017

A l'encontre

La Brèche

Palestine. La topographie d’une ségrégation raciste

Publié par Alencontre le 17 - décembre - 2013
Des jeunes Palestiniens regardent le mur depuis le camp de réfugiés de Aida

Des jeunes Palestiniens regardent le mur depuis le camp de réfugiés d’Aida, 14 décembre 2013

Par Haggai Matar

Le 16 décembre 2013, le quotidien israélien Haaretz a publié un bref reportage (qui n’est pour le moment accessible qu’en hébreu) sur les dommages entraînés par le récent orage concernant aussi bien les colons israéliens dans les territoires occupés que les Palestiniens de Cisjordanie. Les formules utilisées dans cet article nous donnent l’occasion de constater à quel point la couverture médiatique est différente lorsqu’il s’agit des Juifs (les colons) ou des Palestiniens, alors même qu’ils vivent sur le même bout de territoire. Les reportages sur la souffrance des colons occupent cinq paragraphes, alors que les Palestiniens n’ont droit qu’à un seul. Mais ce qui frappe surtout c’est la différence entre la manière dont sont décrits les espaces habités par les deux populations. Le texte (tout comme le gros titre, du moins dans la version imprimée) sépare totalement l’espace géographique et humain en deux: la première partie du reportage traite des «colonies en Judée et en Samarie», alors que la deuxième commence avec ces mots: «L’orage a également entraîné d’importants dommages en Cisjordanie».

Je trouve qu’il s’agit là d’un exemple remarquable de la topographie mentale qu’imaginent beaucoup d’Israéliens lorsqu’ils pensent à l’occupation. Même s’ils sont nombreux à savoir que les colonies sont en réalité situées en Cisjordanie, ils imaginent également une profonde séparation, comme s’il s’agissait de deux espaces existant dans un même emplacement physique. Le premier est «Israël», habité par «les nôtres» et dirigé par le gouvernement israélien. L’autre se trouve «quelque part derrière le Mur» (dont ils sont très peu nombreux à pouvoir indiquer le trajet sur une carte), habité par des Palestiniens et dirigé par l’Autorité palestinienne, avec des postes de contrôle israéliens entre les deux.

Une telle séparation spatiale imaginaire n’est évidemment pas dépourvue de fondement. Tout d’abord il y a la Zone A, contrôlée par l’Autorité palestinienne, qui est séparée des zones B et C contrôlées par l’armée israélienne. Il existe également une ségrégation légale profondément gravée qui permet aux Juifs de vivre sous la loi civile israélienne et condamne les Palestiniens à vivre sous le régime militaire.

Pourtant la séparation est beaucoup moins marquée entre, d’une part, les colonies et, d’autre part, les hameaux, villages et villes palestiniens. Ces espaces sont interconnectés et cela va de l’exemple le plus extrême de «partage» de la ville d’Hébron à l’expansion routinière des colonies sur des terres appartenant à des villages palestiniens.

Comme l’a souligné l’article de Mairav Zonszein du 15 décembre 2013 dans +972mag, les tempêtes de neige affectent évidemment les deux populations. Mais l’éditeur de Haaretz qui a travaillé sur ce reportage doit imaginer la zone couverte de neige comme s’il s’agissait de deux emplacements séparés, habités par des populations distinctes et qui méritent une couverture et des droits différents. Le reportage ne nous dit par exemple pas si les forces de l’armée israélienne ont aidé des Palestiniens des collines du sud d’Hébron à être en sécurité ou à atteindre un hôpital comme ils l’ont fait pour les colons dans cette même région.

Il s’agit d’une autre manière de contribuer à enraciner encore plus la ségrégation raciale dans la tête des Israéliens: de la carte mentale de l’éditeur à celle du lecteur, avec son effet en retour. (Article publié sur le site +972, le 16 décembre 2013, traduction A l’Encontre)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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