dimanche
28
mai 2017

A l'encontre

La Brèche

Les funérailles, le 25 mai 2011, à Deraa, du jeune adolescent de 13 ans,
Hamza al-Katib, tué et mutilé sous la torture.

En date du samedi 28 mai 2011, le site Al-Jazira indiquait sur la base d’informations corroborées que le corps d’un adolescent âgé de 13 ans, Hamza Al-Khatib, mutilé par la torture, a été remis à sa famille. Cet adolescent avait été arrêté, il y a un mois, à l’occasion d’une manifestation, à Deraa. Depuis lors, il était considéré comme disparu. La divulgation de ce crime macabre, parmi des centaines d’autres, a suscité de nouvelles manifestations exigeant la chute du régime du dictateur Bachar al-Assad.

Le samedi 28 mai, les villes et les environs de Talbisseh et de  Rastan (proches de Homs) ont subi une offensive des forces militaires qui, à Rastan, tiraient sur la population, entraient dans les maisons et arrêtaient les habitants. Comme d’autres villes (Homs et Teir Maaleh), ces deux villes étaient “isolées”: coupure des télécommunications, de l’électricité, etc.

Le dimanche matin 29 mai, un bus transportant des élèves en direction de Talbisseh a subi une attaque au mortier. Puis l’ambulance transportant les blessés vers un hôpital a été prise pour cible.  Les étudiants transportés dans le bus avaient entre 6 et 24 ans.

Le lundi 31 mai, l’assaut s’est concentré contre une colline au milieu de la ville de Talbisseh. Puis les militaires ont pris le contrôle de l’hôpital, pour torturer ou rapter les blessés. Ce qui est une pratique courante depuis des semaines.

Depuis deux mois et demi, le dictateur Bachar al-Assad et son frère Maher, dirigeant la 4e Division de massacreurs, mènent une répression terrifiante contre le peuple de Syrie. La détermination et le courage des multiples composantes du peuple syrien  les poussent à s’affronter, les mains nues, aux forces de répression. La peur, certainement présente, ne les empêche pourtant pas de se battre pour ouvrir la voie conduisant à l’acquisition des droits démocratiques, politiques et sociaux, et dégager un nouvel horizon.

Face au massacre ordonné, planifié d’un soulèvement populaire, le Hezbollah libanais,dont le dirigeant est Hassan Nasrallah, prend le parti des tueurs. Espérons que cela suscite quelques réflexions chez ceux qui rangeaient, suite à un voyage dit de solidarité,  le Hezbollah parmi les composantes d’un “front unique anti-impérialiste”. Le bref article de l’AFP que nous reproduisons ci-dessous devrait dessiller les yeux de certains. Toutefois, quand les formules toutes faites et l’ignorance se combinent, notre espoir, en la matière, ne doit pas être démesuré. (Rédaction)

*****

Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah a appelé mercredi les Syriens à « sauvegarder » le régime du président Bachar al-Assad dont il est un proche allié, au moment où un mouvement de contestation populaire est réprimé dans le sang en Syrie depuis plus de deux mois.

« Nous appelons les Syriens à sauvegarder leur pays et leur régime résistant, et à donner la possibilité à la direction syrienne, en coopération avec toutes les catégories de la société, d’appliquer les réformes demandées », a dit M. Nasrallah. Il s’exprimait à l’occasion du 11e anniversaire du retrait de l’armée israélienne du Liban sud après 22 ans d’occupation.

Son discours a été retransmis en direct par la télévision du Hezbollah, Al-Manar, sur un écran géant installé devant des milliers de partisans réunis dans le village de Nabi Shiit, dans la Békaa (est).

« La différence entre la Syrie et les autres révoltes arabes (…) est que le président Assad croit dans les réformes et est déterminé et prêt à faire de très grands pas pour les réformes, mais dans le calme, la patience et la responsabilité », a dit le chef du Hezbollah, qui n’est plus apparu en public depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

C’est la première fois que M. Nasrallah réagit à la révolte qui secoue depuis le 15 mars le régime syrien qui constitue, avec le pouvoir en Iran, un important soutien du puissant parti chiite libanais, considéré par les Etats-Unis et Israël comme une organisation terroriste. Hassan Nasrallah a également appelé le Liban à « refuser d’appliquer toute sanction que les Etats-Unis et l’Occident veulent imposer à la Syrie ».

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions directes à M. Assad, en dépit de quoi le régime reste sourd aux mises en gardes internationales et continue de réprimer les manifestations pro-démocratie. Depuis le 15 mars, au moins 1062 personnes ont été tuées par les forces de sécurité et 10’000 arrêtées en Syrie, selon l’ONG syrienne l’Organisation nationale des droits de l’Homme.

Après trois décennies de tutelle, la Syrie a été contrainte sous la pression internationale et de la rue libanaise de retirer ses troupes du Liban en avril 2005, à la suite de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Mais le régime syrien y exerce toujours une influence à travers ses alliés politiques au Liban comme le Hezbollah.

M. Nasrallah a par ailleurs critiqué le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi devant le Congrès américain, dans lequel il a parlé de l’armement du Hezbollah, mouvement contre lequel Israël a mené une guerre dévastatrice en 2006. « Les roquettes qu’il a mentionnées existent, existeront toujours et protégeront le Liban », a averti le chef du Hezbollah en allusion aux dizaines de milliers de roquettes que posséderait son mouvement. « Personne ne peut nous les prendre ».

M. Nasrallah a aussi répété son hostilité au processus de paix avec Israël: « Non aux négociations, Non à Israël et Non à l’occupation de Jérusalem ».

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