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23
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Israël. Pas de «République bananière!»

Publié par Alencontre le 11 - juillet - 2017

Rafi Rotem, condamné (en 2013) pour avoir dénoncé la corruption,
la montée des méthode d’une «République bananière»

Par Serge Dumont

Une fois par semaine, une poignée de militants se réunissent en plein centre de Tel-Aviv, devant l’entrée de l’immeuble sans cachet abritant les bureaux du Contrôleur de l’Etat, l’équivalent israélien de la Cour des comptes [en France] mais avec plus de compétences. Le rassemblement est silencieux et non violent. Voire bon enfant. Objectif? Manifester silencieusement contre le développement de la corruption en Israël mais surtout, soutenir Rafi Rotem, un lanceur d’alerte israélien viré sans ménagement de l’Unité de renseignement de l’administration fiscale en 2005, après avoir dénoncé par écrit les accointances de certains de ses supérieurs avec le crime organisé. Poursuivi en justice pour calomnie, diffamation et insultes publiques, arrêté à plusieurs reprises, parfois tabassé, ce balèze au visage de bouledogue a obtenu gain de cause sur à peu près tout. Sauf qu’il n’a jamais été réintégré. Et qu’il vit aujourd’hui d’expédients. Mais il ne se décourage pas. «J’irai jusqu’au bout», lâche-t-il en tournant la tête.

«La rue ne tolérera pas»

Rafi Rotem se sent d’autant moins seul que les «affaires» se multiplient. Et qu’un nombre grandissant de citoyens israéliens s’en disent scandalisés. En effet, à l’instar de Myriam Feirberg (Likoud), la puissante maire de Netanya inculpée pour corruption, de nombreux membres de la municipalité sont désormais dans l’œil de la justice pour avoir confondu argent public et argent privé. Au sein du gouvernement, Arié Dery, le ministre de l’Intérieur et leader du parti ultra-orthodoxe Shas qui a déjà purgé une peine de trois ans de prison pour corruption à la fin des années 1990, est également au centre d’une enquête pour fraude fiscale. Quant à son homologue des Affaires sociales Haïm Katz (Likoud), il est poursuivi pour diverses prébendes qui peuvent le conduire derrière les barreaux.

«Il y a quelques mois encore, Rotem était tout seul et faisait figure d’illuminé. Mais le mouvement anti-corruption rejoint celui pour la justice sociale et il s’étend progressivement à toutes les villes du pays», explique Shimon Elarar, un militant de la «société civile», qui manifeste chaque samedi soir, avec des centaines d’autres, à proximité du domicile du procureur général Avishaï Mandelblit. «Nous ne voulons pas faire pression sur la justice, mais nous voulons qu’il sache que la rue ne tolérera pas un enterrement des dossiers sous prétexte de prescription ou parce que tous les devoirs d’enquête n’auraient pas été accomplis.» Et de poursuivre: «Voilà des années que mes amis et moi voyons ce pays se transformer en une république bananière où tout est permis. L’argent, il n’y a plus que cela qui compte chez nos dirigeants et ce n’est pas acceptable.»

En général, les rassemblements anticorruption du samedi soir se terminent mal. La police intervient en force et évacue tout le monde en cassant parfois des bras et des jambes. Pourtant, les participants sont de plus en plus nombreux et, depuis peu, des députés de la gauche d’opposition y participent également.

«En 2011, alors que le printemps arabe prenait naissance dans les pays voisins, nous avons nous aussi commencé à manifester pour le changement», raconte Esti Cohen, militante du parti progressiste Meretz [1]. «Au début, nous n’étions que quelques dizaines et en fin de compte, nous nous sommes retrouvés à 400 000 pour bloquer le centre de Tel-Aviv. A ce moment-là, tout était possible, Benyamin Netanyahou a d’ailleurs eu peur d’être emporté par la vague. Cet esprit frondeur là est en train de revenir. Encore quelques scandales tels que ceux que nous connaissons aujourd’hui et ça va chauffer». (Article publié dans le quotidien belge Le Soir, en date du 11 juillet 2017)

____

[1] ] Meretz, «Energie», parti sioniste, socialiste. Il a adhéré à l’Initiative de Genève, de 2003, signée par Yossi Beilin; c’est le «plus à gauche» des partis sionistes; il combat le démantèlement social en Israël et est favorable au mot d’ordre: «Deux peuples, deux Etats». (Réd. A l’Encontre]

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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