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août 2017

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La Brèche

Ils exigent le départ d’Hosni Moubarak

Publié par Alencontre le 26 - janvier - 2011

Rédaction

Plusieurs milliers d’Egyptiens ont réclamé, mardi 25 janvier 2011, le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de trente ans, lors de différentes manifestations sur le mode de la révolte populaire tunisienne, durant lesquelles trois personnes auraient été tuées. «Moubarak dégage », «la Tunisie est la solution», ont scandé les manifestants face à un impressionnant dispositif policier. Le «Mouvement du 6 avril», à l’initiative de ces manifestations, a appelé à un deuxième jour de mobilisation, ce mercredi.

C’est du sans précédent. Que ce soit au Caire, à Alexandrie, à Ismailia ou à Mehalla, les manifestants contre le régime sont descendus par dizaines de milliers. Place Tahrir, au centre du Caire, ils étaient des milliers à se rassembler au fil des heures.

Les premières charges des brigades antiémeutes ainsi que les canons à eau n’ont pas dispersé les manifestants. Au contraire, leur motivation s’en est trouvée renforcée et la police a été vite débordée. Elle a laissé la place aux manifestants pour les bombarder à coup de grenades lacrymogènes. Selon des sources médicales, un manifestant est décédé le 26 janvier des suites de ses blessures provoquées par l’intervention policière. Selon les services de sécurité quelque 500 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

Colère contre Hosni Moubarak

Des manifestants qui réclamaient «Liberté et justice sociale» mais qui déversaient leur colère surtout contre le président Hosni Moubarak: « Dehors, dehors dehors, Hosni Moubarak sort dehors, Hosni Moubarak l’Egypte est libre… Dehors, dehors, dehors !»

Fait notable, la plupart des manifestants n’appartenaient pas à des partis d’opposition. Même les Frères musulmans qui ont pris le train en marche étaient minoritaires. Pour manifester leur présence ils se sont prosternés lors de la prière du crépuscule avec des milliers d’autres manifestants. Des jeunes dans leur écrasante majorité. «Les jeunes de Facebook » comme ils s’appellent eux-mêmes.

Une mobilisation sociale avant d’être politique

L’intensité des manifestations et leur étendue dans plusieurs villes égyptiennes ont surpris la plupart des observateurs. Toutefois, même les militants restent prudents. «Ce qui s’est passé est un début très encourageant mais il est encore trop tôt pour parler de révolution» nous a déclaré un activiste politique. Il a ajouté «ce qui est important c’est que l’homme de la rue a commencé à rejoindre le mouvement».

Des manifestations qui ne doivent pas grand-chose aux partis d’opposition légale où même aux Frères musulmans. Ces derniers ont bien essayé de récupérer la grande manifestation de la place Tahrir au centre du Caire à l’occasion de l’appel à la prière. Mais les slogans religieux comme Allah wé Akbar sont restés minoritaires. C’est surtout le «y en a marre de Moubarak», conjugué sous des formes multiples qui a dominé.

En fait, les vrais gagnants de cette journée sont les jeunes de Facebook qui ont parié que l’exemple tunisien pouvait être réédité en Egypte. Quant au gouvernement, il garde un silence embarrassé. La veille encore les officiels semblaient confiants et exigeaient même que les manifestants obtiennent des permis préalables sinon ils seraient arrêtés. Ils ont visiblement été dépassés par les événements.

Le «Mouvement du 6 avril» a appelé le mercredi 26 janvier 2011, à un deuxième jour de mobilisation en Egypte. (rfi)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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