jeudi
12
décembre 2019

A l'encontre

La Brèche

Carte non disponible

Date/Heure
Date(s) - 05/06/2018
19:30 - 22:00

Lieu

Categorie(s)


Conférence-débat

Mardi 5 juin à 19h30

Local du Cercle de débats Rosa Luxemburg, ch. des Fleurettes 2, Lausanne
(à 150 m direction Genève du restaurant Le Milan)

Introduction à la discussion par Charles-André Udry

«Le printemps 1968 de Prague a été précédé par de nombreux
rudes automnes et hivers»

Sans cette météorologie historique, il est illusoire de saisir l’émergence du dit printemps. Et cela renvoie à la période 1945-48, au contrôle sur la société tchèque établi mois après mois par le PC, à l’infamie des procès de la période 1949-53, aux raisons d’une «congélation» de l’emprise stalinienne par la direction du PC jusqu’en 1963, à l’apparition semi-reconnue de la crise économique dès 1963, à l’ouverture de débats économiques et politiques, sous le couvert de contestation culturelle, avec une culmination lors du congrès de l’Union des écrivains de 1967, à la nomination d’Alexander Dubcek suite à un comité central qui dura des mois, en janvier 1968. Ce n’est pas le «vol sur un nid de coucous» du bureau politique du PC tchécoslovaque qui a enclenché le dit printemps de Prague.

Une perfidie et une explication

Dans la Voix ouvrière du 3 décembre 1952, organe du Parti suisse du travail, Jean Vincent, patron du Parti suisse du travail (PC), publiait l’article suivant, sous le titre «Leur fureur»: «Les débats du procès de Prague contre les espions saboteurs et traîtres de la bande Slanski ont provoqué les commentaires d’usage. A chaque fois que l’Union soviétique, ou plus tard les démocraties populaires ont mis hors d’état de nuire semblable bande, la presse des pays capitalistes a hurlé à la comédie judiciaire, aux aveux extorqués, à la parodie de justice et trahi ainsi la colère que lui inspirait la vigilance des Etats socialistes. Qu’on se rapporte par la pensée aux procès de Boukharine, Zinoviev, Kamenev [1937-38] et plus tard à ceux de [Laszlo] Rajk [Hongrie, 1949] et [Traïcho] Kostov [Bulgarie, 1949].» Les mémoires de Jean Vincent titrés Raisons de vivre (Ed. de l’Aire, 1985) ne diffèrent pas trop de cet article. Il y a mémoire et vécu, certes.

***

Jiri Pelikan, entré au Parti communiste tchécoslovaque à l’âge de 16 ans, directeur de la télévision tchécoslovaque de 1963 à 1968, antérieurement président de l’Union internationale des étudiants pendant une décennie, dans ses mémoires S’ils me tuent (Ed. Grasset, 1975) fournit un élément explicatif important de la tonalité antisémite des procès dans les pays de l’Est des années 1948-49 à 1953-54. Pages 81-82, Jiri Pelikan écrit:

«[Lors des procès] les accusations visaient surtout d’anciens dirigeants communistes exilés en Occident pendant la guerre ou qui s’étaient battus en Espagne pendant la guerre civile. Par ailleurs, la tendance à accuser des militants d’origine juive s’intensifiait et si tout d’abord l’accent fut mis sur la lutte contre le titisme [donc contre ceux soupçonnés de soutenir Tito à l’occasion de la rupture de l’URSS de Staline en janvier 1948 à propos du projet de «fédération balkanique» de Tito], phénomène nationaliste, il se reporta peu à peu sur la lutte contre le sionisme. Ce mouvement coïncidait avec le changement d’attitude de l’Union soviétique à l’égard d’Israël et de la Palestine. On sait qu’à l’origine l’Union soviétique avait soutenu la création d’Israël mais plus tard, lorsqu’elle se rendit compte que l’influence américaine y prévaudrait, elle fit un tour de 180 degrés et chercha de nouveaux alliés chez les nationalistes arabes. De sorte que pour effacer sa politique passée, elle se mit à prendre pour cible les dirigeants communistes d’origine juive; et à affirmer que leur politique de soutien à Israël n’a jamais été celle de l’Union soviétique, mais une politique de sabotage menée par des communistes d’origine juive avec le mouvement sioniste et juif. Ainsi, à travers leur condamnation, l’Union soviétique se débarrassait des témoins de sa propre politique!

»Je ne citerai ici qu’un exemple de ce tour de «passe-passe»: la Tchécoslovaquie avait été choisie par l’Union soviétique pour aider plus particulièrement à la préparation des militaires juifs après la création de l’Etat d’Israël. Pour ce faire, le Parti communiste avait nommé un certain nombre d’instructeurs, des officiers tchécoslovaques qui avaient servi dans l’armée soviétique. Ces officiers avaient été envoyés dans des camps ouverts en Slovaquie pour l’entraînement des officiers israéliens. Par la suite, sur ordre de l’armée et du Parti, d’autres furent même envoyés comme instructeurs en Israël dans la nouvelle armée de ce pays. Et voilà que soudain, on les accuse, ces instructeurs, après 1949, d’être des sionistes, des saboteurs et des comploteurs!»

Ce «compte rendu» se retrouve aussi, entre autres, dans l’ouvrage d’Eugen Loebl Le procès de l’aveu, Prague 1952 (édition anglaise 1976, édition française 1977) ou dans le livre-interview d’Eduard Goldstücker, Da Praga a Danzica. Intervista di Franco Bertone, Editori Riuniti, 1981.

 

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«C’est un véritable mouvement révolutionnaire social de grande ampleur, explique Loulouwa al-Rachid dans un entretien avec Orient XXI, contre une classe dirigeante qui gouverne dans un mépris total de la population et dans le seul souci de préserver sa part de prébendes et d’accéder à la rente pétrolière pour entretenir des clientèles dans le pays.» Et ceci alors que, depuis l’invasion de 2003 par les Etats-Unis, le pays souffre du délitement de ses infrastructures. Bien qu’essentiellement chiite, le mouvement bénéficie de la sympathie de toute une population, qui met aussi en cause l’influence iranienne.

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