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Portugal: le gouvernement de Passos Coelho contraint de reculer

Publié par Alencontre le 23 - septembre - 2012

Par la rédaction de Viento Sur

Le 7 septembre 2012, le gouvernement portugais a adopté une des attaques au plan social les plus brutales à avoir eu lieu jusqu’à présent dans les pays «sauvés»: élever jusqu’à le 7% l’ensemble des cotisations sociales de tous les travailleurs et travailleuses et réduire de 5,75% celles des entreprises. Cette mesure équivalait à un transfert direct de 2000 millions d’euros nets (2 milliards) pour les employeurs. Un hold-up de classe. «Jamais le Portugal n’avait été attaqué si durement», a déclaré Francisco Louça (ex-porte-parole du Bloco d’Esquerda).

Le samedi 22, a midi, après une réunion marathonienne du Conseil d’Etat présidée par le président et entourée (une idée qui s’étend…) par des manifestants en colère, le premier ministre Passos Coelho a été forcé de battre en retraite et a annoncé qu’il chercherait des «alternatives».

C’est une victoire exemplaire et extraordinaire, d’autant plus qu’elle est le résultat direct d’un grand mouvement social. Sans aucun doute, ces «solutions de rechange» de Passos Coelho annoncent de nouvelles menaces. Mais le peuple portugais est maintenant beaucoup plus fort pour y faire face.

Selon les informations de esquerda.net, le magazine en ligne du Bloco, les manifestations de vendredi étaient très amples et décidées

Des milliers de personnes ont manifesté avec force en face du Palace Belém à Lisbonne [siège de la présidence de la République] lors la réunion du Conseil d’Etat. Ils exigeaient la démission du gouvernement et rappelaient: «Ils sont une demi-douzaine, nous sommes des millions.»

A Porto s’est tenue une assemblée populaire. Il y a eu également des manifestations à Faro, Viseu, Pombal, Leiria, Braga, Funchal, Aveiro, Bragança, Evora et Coimbra.

A Lisbonne ont également été scandés: «La voix appartient au peuple. Nous sommes le Conseil» et «Troïka et gouvernement, dégagez!» Le mot d’ordre plus populaire était sans doute «Voleurs!».

Comme prévu, à 18 heures, a été chantée «Acordai», de José Gomes Ferreira et Fernando Lopes-Graça, l’une des chansons préférées des prisonniers politiques avant la révolution du 25 avril 1974. Des manifestations de masse ont duré toute la nuit. (22 septembre 2012)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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