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août 2017

A l'encontre

La Brèche

M. Sarkozy, rendez à Haïti son argent extorqué

Publié par Alencontre le 18 - août - 2010

Bernard Kouchner aide…

Par le groupe de soutien au Comité pour le remboursement
immédiat des milliards envolés d’Haïti »

Le gouvernement français a indiqué qu’il envisageait de poursuivre en justice le Comité pour le remboursement immédiat des milliards envolés d’Haïti (Crime) pour le canular inspiré des Yes Men dans lequel la France promettait, le 14 juillet, la restitution de la dette historique d’Haïti.

Nous croyons que l’idéal d’égalité, de fraternité et de liberté cher à la France serait beaucoup mieux servi si, au lieu de dilapider les fonds publics dans des poursuites contre les auteurs du canular, le gouvernement français commençait à rembourser à Haïti les 90 millions de francs or qui lui furent extorqués suite à son indépendance.

Cette «dette de l’indépendance», aujourd’hui évaluée à bien plus que les 17 milliards d’euros promis dans la fausse annonce du 14 juillet, a forcé de manière illégitime un peuple s’étant libéré de l’esclavage par son indépendance à payer doublement pour sa liberté. Imposée sous menace d’invasion militaire et de la restauration de l’esclavage par le roi français Charles X afin de dédommager les anciens colons propriétaires d’esclaves pour perte «de propriété», cette indemnité a fait ployer des générations de Haïtiens sous le poids d’une dette illégitime, dette que la nation haïtienne n’a fini de payer qu’en 1947.

La France n’est pas le seul pays qui a une dette envers Haïti. Après 1947, Haïti a contracté des dettes auprès des banques commerciales et des institutions financières internationales sous la dictature de Duvalier, lequel a ainsi puisé des milliards dans les fonds publics. Les besoins vitaux et les aspirations au développement de générations entières de Haïtiens ont par le fait même été sacrifiés pour rembourser ces dettes. Inclure Haïti dans les pays pauvres très endettés (PPTE) et annuler une partie de sa dette actuelle ne répare pas les dommages financiers encourus par ses dettes récentes.

De plus, en 2000, des prêts de la Banque interaméricaine de développement (BID) s’élevant à 150 millions de dollars et devant servir à payer des infrastructures de base ont été bloqués illégalement par le gouvernement américain en guise de pression politique. Cela aussi fit des dommages économiques et humains considérables. Voilà pourquoi ces institutions et gouvernements devraient être tenus responsables pour les méfaits commis envers l’économie et la société haïtienne.

En 2003, quand le gouvernement haïtien demanda le remboursement de l’argent extorqué à Haïti, le gouvernement français a participé à son renversement. Aujourd’hui, le gouvernement français répond à la même demande du Crime en le menaçant de poursuites judiciaires. Il s’agit à n’en pas douter de réponses inadéquates à une demande qui est moralement, économiquement et légalement inattaquable. Considérant les besoins financiers criants de ce pays dévasté par le terrible séisme du 12 janvier, nous vous pressons donc, monsieur le Président, de restituer à Haïti, la première république noire de l’histoire, la dette historique de son indépendance.

Parmi les signataires :
Tariq Ali écrivain, Alain Badiou European Graduate School, Etienne Balibar professeur émérite de philosophie Paris-Nanterre, Walden Bello membre du Parlement aux Philippines, Andy Bichlbaum et Mike Bonnano les « Yes Men », José Bové député européen Europe Ecologie, Aldrin Calixte Haïti Survie, Camille Chalmers université d’Etat d’Haïti, Noam Chomsky Massachusetts Institute of Technology, Jeff Cohen écrivain et critique des médias, Daniel Cohn-Bendit député européen Europe Ecologie, Brian Concannon Institute for Justice and Democracy In Haïti, Raphaël Confiant écrivain, Mike Davis University of California Riverside, Rokhaya Diallo les Indivisibles, Eric Fassin sociologue, Ecole normale supérieure, Kim Ives Haïti Liberté, Eva Joly députée européenne Europe Ecologie, présidente de la Commission développement au Parlement européen, Mario Joseph bureau des avocats internationaux (Port-au-Prince), Mathieu Kassovitz réalisateur, Naomi Klein écrivaine, Pierre Labossiere Haïti Action, Fanfan Latour Haïti Liberté, Noël Mamère membre de l’Assemblée nationale (France), Kevin Pina Haïti Information Project, Adam Ramsay No Shock Doctrine for Haïti, Jacques Rancière professeur de philosophie Paris-VIII, Eyal Sivan réalisateur, Cécile Winter philosophe…

Publié dans le quotidien Libération le 16 août 2010

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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