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23
juin 2017

A l'encontre

La Brèche

M. Sarkozy, rendez à Haïti son argent extorqué

Publié par Alencontre le 18 - août - 2010

Bernard Kouchner aide…

Par le groupe de soutien au Comité pour le remboursement
immédiat des milliards envolés d’Haïti »

Le gouvernement français a indiqué qu’il envisageait de poursuivre en justice le Comité pour le remboursement immédiat des milliards envolés d’Haïti (Crime) pour le canular inspiré des Yes Men dans lequel la France promettait, le 14 juillet, la restitution de la dette historique d’Haïti.

Nous croyons que l’idéal d’égalité, de fraternité et de liberté cher à la France serait beaucoup mieux servi si, au lieu de dilapider les fonds publics dans des poursuites contre les auteurs du canular, le gouvernement français commençait à rembourser à Haïti les 90 millions de francs or qui lui furent extorqués suite à son indépendance.

Cette «dette de l’indépendance», aujourd’hui évaluée à bien plus que les 17 milliards d’euros promis dans la fausse annonce du 14 juillet, a forcé de manière illégitime un peuple s’étant libéré de l’esclavage par son indépendance à payer doublement pour sa liberté. Imposée sous menace d’invasion militaire et de la restauration de l’esclavage par le roi français Charles X afin de dédommager les anciens colons propriétaires d’esclaves pour perte «de propriété», cette indemnité a fait ployer des générations de Haïtiens sous le poids d’une dette illégitime, dette que la nation haïtienne n’a fini de payer qu’en 1947.

La France n’est pas le seul pays qui a une dette envers Haïti. Après 1947, Haïti a contracté des dettes auprès des banques commerciales et des institutions financières internationales sous la dictature de Duvalier, lequel a ainsi puisé des milliards dans les fonds publics. Les besoins vitaux et les aspirations au développement de générations entières de Haïtiens ont par le fait même été sacrifiés pour rembourser ces dettes. Inclure Haïti dans les pays pauvres très endettés (PPTE) et annuler une partie de sa dette actuelle ne répare pas les dommages financiers encourus par ses dettes récentes.

De plus, en 2000, des prêts de la Banque interaméricaine de développement (BID) s’élevant à 150 millions de dollars et devant servir à payer des infrastructures de base ont été bloqués illégalement par le gouvernement américain en guise de pression politique. Cela aussi fit des dommages économiques et humains considérables. Voilà pourquoi ces institutions et gouvernements devraient être tenus responsables pour les méfaits commis envers l’économie et la société haïtienne.

En 2003, quand le gouvernement haïtien demanda le remboursement de l’argent extorqué à Haïti, le gouvernement français a participé à son renversement. Aujourd’hui, le gouvernement français répond à la même demande du Crime en le menaçant de poursuites judiciaires. Il s’agit à n’en pas douter de réponses inadéquates à une demande qui est moralement, économiquement et légalement inattaquable. Considérant les besoins financiers criants de ce pays dévasté par le terrible séisme du 12 janvier, nous vous pressons donc, monsieur le Président, de restituer à Haïti, la première république noire de l’histoire, la dette historique de son indépendance.

Parmi les signataires :
Tariq Ali écrivain, Alain Badiou European Graduate School, Etienne Balibar professeur émérite de philosophie Paris-Nanterre, Walden Bello membre du Parlement aux Philippines, Andy Bichlbaum et Mike Bonnano les « Yes Men », José Bové député européen Europe Ecologie, Aldrin Calixte Haïti Survie, Camille Chalmers université d’Etat d’Haïti, Noam Chomsky Massachusetts Institute of Technology, Jeff Cohen écrivain et critique des médias, Daniel Cohn-Bendit député européen Europe Ecologie, Brian Concannon Institute for Justice and Democracy In Haïti, Raphaël Confiant écrivain, Mike Davis University of California Riverside, Rokhaya Diallo les Indivisibles, Eric Fassin sociologue, Ecole normale supérieure, Kim Ives Haïti Liberté, Eva Joly députée européenne Europe Ecologie, présidente de la Commission développement au Parlement européen, Mario Joseph bureau des avocats internationaux (Port-au-Prince), Mathieu Kassovitz réalisateur, Naomi Klein écrivaine, Pierre Labossiere Haïti Action, Fanfan Latour Haïti Liberté, Noël Mamère membre de l’Assemblée nationale (France), Kevin Pina Haïti Information Project, Adam Ramsay No Shock Doctrine for Haïti, Jacques Rancière professeur de philosophie Paris-VIII, Eyal Sivan réalisateur, Cécile Winter philosophe…

Publié dans le quotidien Libération le 16 août 2010

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«Les exilés harcelés à Calais»

Reportage d'Arte, 10 juin 2017

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«Grèce: un système de santé malade»

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