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août 2017

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La Brèche

France: seule la mobilisation des travailleurs fera reculer PSA

Publié par Alencontre le 14 - septembre - 2012

Par un Correspondant de LO

En date du 5 août 2012, nous avons mis en ligne un article intitulé: «PSA-Aulnay: le test socio-politique de la rentrée?» A cette question, une réponse affirmative semble correspondre à ce qui s’annonce. Cet article permettait de saisir le climat au sein de cette usine du groupe automobile PSA qui planifie non seulement la fermeture de cette unité de production, mais qui a comme objectif la «réduction» de 8000 emplois. La réaction des travailleurs, avant la période de cinq semaines de vacances, pouvait être saisie au travers des «correspondances» des militants de Lutte ouvrière (LO), présents et actifs dans l’usine et la CGT. Ce vendredi 14 septembre 2012, à 7 heures du matin, quelque 300 ouvriers de PSA ont «occupé» le péage de Senlis, sur l’autoroute A1, afin de rendre gratuite, pendant quelques heures, l’utilisation de l’A1 dans le sens province-Paris. Jean-Pierre Mercier, animateur de la CGT et militant de LO, a déclaré à la presse: «Nous voulons que le plan de licenciements soit bloqué. Après, nous pourrons discuter dans le cadre de la négociation tripartite annoncée par le ministre du Redressement productif», Arnaud Montebourg.

La société Sanef gère l’autoroute A1. Or, la famille Peugeot est actionnaire de la Sanef. Une action qui a tout son sens. Les conducteurs de véhicules semblent apprécier la gratuité et manifester leur soutien aux travailleurs. Jean-Pierre Mercier indique: «La situation de PSA n’est pas spécifique à PSA. De nombreux autres travailleurs sont aussi victimes de cette situation de crise. Contre le chômage, il faut lutter collectivement. Il faut arrêter les licenciements.» Face à la cascade des annonces de fermetures d’entreprises et de licenciements, cette affirmation indique qu’il s’agit d’une bataille d’ensemble, difficile mais des plus nécessaires. Nous publions ci-dessous la «correspondance», datant du 14 septembre 2012, du «Correspondant de LO» sur la situation à PSA-Aulnay. (Rédaction A l’Encontre)

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Sans surprise, le rapport de Sartorius demandé par le gouvernement et remis mardi 11 septembre a repris la quasi-totalité des arguments de PSA, à l’exception d’une observation sur les trois milliards de rachats d’actions PSA qui auraient pu servir à bien d’autres choses. À peine ce rapport dévoilé, le gouvernement s’est empressé d’affirmer la fermeture de l’usine d’Aulnay inévitable.

Ainsi, Hollande et Montebourg reniaient d’un coup leurs déclarations de juillet dernier où ils avaient déclaré « inacceptable » le plan de suppression de 8 000 emplois de PSA. Ils argumentaient alors fort justement que le groupe venait de distribuer 250 millions d’euros aux actionnaires et avait reçu en 2008 un prêt de quatre milliards de l’État en échange de l’engagement de ne pas licencier. Eh bien, cet engagement-là, le gouvernement ne compte même pas le faire respecter !

« Si la droite est toujours du côté des patrons, la gauche est incapable d’être du côté des ouvriers », résumait un ouvrier, exprimant le sentiment de bien de ses camarades. D’autres pointaient qu’il n’y avait pas besoin d’être expert en économie pour savoir que la santé financière de la famille Peugeot est excellente, elle qui a accumulé des milliards grâce au travail des ouvriers ! Du rapport Sartorius, les travailleurs ont donc surtout retenu qu’il ne fallait compter que sur leur mobilisation pour faire reculer PSA. Il est vital d’obtenir de véritables garanties pour que tout le monde garde un emploi et un salaire. Ce que le plan de PSA ne garantit pas.

Le jour même, deux assemblées générales réunissant en tout 600 travailleurs s’étaient tenues au Montage. C’était un succès, compte tenu du fait que le SIA, le syndicat majoritaire n’y appelait pas, ce qui n’a pas dissuadé des adhérents de ce syndicat d’y participer. Ces assemblées générales correspondaient au besoin que ressentaient les ouvriers de discuter entre eux, sans la présence de la presse. Au cours de ces réunions, pendant près d’une heure à chaque fois, les travailleurs présents ont discuté et voté les actions à venir. C’est notamment la participation au meeting appelé par les syndicats du département, le samedi 29 septembre, à la cité des Trois Mille d’Aulnay où habitent de nombreux travailleurs de l’usine, en compagnie d’autres travailleurs du département, notamment d’entreprises également touchées par des plans de licenciements comme Air France et Sanofi. Et le 9 octobre, il est prévu avec tous les sites du groupe PSA d’aller faire une visite au salon de l’Auto.

Plus immédiatement, les travailleurs ont retenu l’idée d’envoyer une forte délégation participer à la manifestation prévue par les salariés de PSA à Rennes le 15 septembre, et également la proposition des organisateurs de la fête de L’Humanité, le week-end des 15 et 16 septembre, de manifester à l’intérieur de la fête contre les licenciements. Une action sur un péage d’autoroute est également prévue.

Entre ces deux assemblées s’était tenu un rassemblement avec conférence de presse sur le parking, au changement d’équipes, appelé cette fois-ci par la plupart des syndicats de l’usine, dont les deux principaux : le SIA et la CGT. Les représentants syndicaux ont pointé l’attitude du gouvernement, que les travailleurs ont accueillie par des huées. Tous étaient d’avis qu’il fallait se mobiliser et les propositions d’actions ont été acclamées. Celle d’aller rendre visite à Hollande pour lui rappeler ses promesses a été particulièrement appréciée.

Au total, entre les assemblées générales et le meeting du changement d’équipes, ce sont 800 travailleurs qui se sont réunis. Preuve que le moral tient bon et que les travailleurs présents étaient déterminés à répandre l’idée que c’est en se battant tous ensemble que les travailleurs de l’usine feront reculer PSA.

(Correspondant LO)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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