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France. Les retraites, Hollande et les «imbéciles»

Publié par Alencontre le 6 - juin - 2013
Yannick Moreau, présidente de la Commission pour l'avenir des retraites

Yannick Moreau, présidente de la Commission pour l’avenir des retraites

Par Hubert Huertas

Un débat explosif va s’ouvrir cette semaine à propos des retraites. Comme d’habitude, les décisions déjà prises dans le principe sont précédées du rapport d’une personne éminente, cette fois c’est la conseillère d’Etat Yannick Moreau qui s’y est collée, puis une concertation s’enclenchera. Son objet officiel est de réfléchir avec les partenaires sociaux, sa vocation réelle est de lubrifier le moteur. Techniquement le gouvernement est prêt, mais politiquement il va se retrouver dans la pire des impasses.

Selon la tradition, la révélation du contenu du rapport a fuité avant sa sortie, en vertu de la technique du ballon d’essai. Mme Y. Moreau a fait fort en préconisant à la fois l’allongement [du nombre d’années de cotisations ouvrant le droit à la retraite] et la baisse des pensions. Il faudrait travailler plus longtemps, le calcul de la retraite pour les fonctionnaires s’établirait sur les dix dernières années et plus sur les six derniers mois, les retraités perdraient l’avantage de l’abattement fiscal de 10% et paieraient la même CSG (Contribution sociale généralisée) que les actifs [1].

La négociation et le jeu des concessions vont sans doute lisser un peu cet impressionnant paquet cadeau, mais un fait paraît acquis. Après que la droite a mis en place depuis vingt ans le principe d’un départ à la retraite plus tardif, le gouvernement socialiste poursuit ce travail et s’apprête à l’élargir à un domaine jusque-là tabou: les retraites vont baisser.

Les données de l’équation sont archiconnues: nous vivons plus longtemps, il faut donc bien équilibrer le budget des caisses de retraite. A cela s’ajoutent des considérations de justice qui évoquent l’égalité entre les générations au travail et les générations à la retraite. Pourquoi ces dernières, qui ne vivent pas plus mal, paieraient-elles moins d’impôts?

On connaît aussi les objections, elles sont multiples. La santé se dégrade en moyenne au même âge qu’autrefois, et surtout le chômage empêche de travailler plus longtemps la moitié des seniors, et les jette parfois dans la misère en rendant la retraite inaccessible.

Tout cela va nous replonger dans la fournaise de la réforme de 2010 et de son immense protestation. Et c’est là que commence, et que s’achève peut-être le problème politique de la majorité.

Car François Hollande et tous les socialistes avaient manifesté il y a trois ans, à Paris et dans toute la France. Ils étaient vent debout contre François Fillon (ministre UMP) qui défendait ce qu’ils soutiennent aujourd’hui. L’allongement, les déficits, la crise, etc.

Ce mouvement de société majeur, et qui a provoqué en partie la chute de Nicolas Sarkozy, est trop frais dans les esprits pour que son successeur, ancien manifestant, puisse entrer sans dommage dans le costume du gestionnaire.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis dira peut-être le Président. Seuls les imbéciles ne changeront pas leur vote, lui répondra, sans doute, l’écho de la rue. (Billet de 7h36 sur France culture)

_____

[1] La CSG est proportionnelle et non progressive. Son poids dans le système de prélèvements en France est devenu très important et ne fait que progresser. En 2010, les recettes de la CSG s’élevaient à 83 milliards d’euros contre 50 milliards pour l’IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques).

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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