dimanche
20
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Débat ouvert dans la CGT du Nord de la France

Publié par Alencontre le 13 - octobre - 2010

Rédaction

Les composantes de la manifestation à Lille se diversifient. Au niveau régional, la plus grande mobilisation contre la loi Fillon-Sarkozy

Jean-Pierre Delannoy, candidat d’opposition à Bernard Thibault lors du dernier Congrès de la CGT (décembre 2009) a averti les syndicalistes présents que: «La victoire ne pourra dépendre que de vous, que de la base.» Selon le quotidien Voix du Nord du 12 octobre au soir (site) «Pour ce syndicat en désaccord avec la ligne confédérale, le moment de l’affrontement est venu. Un pari risqué assumé à l’unanimité». Nous reproduisons ci-dessous l’article.

*****

«Grève reconductible tous les jours sous des formes que vous avez décidées, avec comme but d’aller vers le blocage de l’outil de production.» C’est la motion qui a été proposée au vote, hier en fin de matinée à l’union locale de la CGT historique, par Jean-Pierre Delannoy, secrétaire régional de la CGT métallurgie aux soixante responsables syndicaux présents (Renault-Douai, Sevelnord, Toyota, etc.).

«Pour ?» Tous les bras se sont levés «Contre ?» Aucun mouvement dans la salle «Abstentions ?» Pareil. M. Delannoy a voulu commenter ce vote, mais ses propos ont été noyés sous les applaudissements.

Ces syndicalistes, par leur vote, ont donc décidé deux choses: la première c’est d’aller à l’affrontement, «avec comme perspective la grève générale». Contre le gouvernement sur le dossier des retraites, bien sûr, mais aussi contre le patronat sur les salaires, les conditions de travail, etc.

La seconde c’est de s’affranchir de la ligne confédérale. Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT répète que la grève générale n’est pas à l’ordre du jour. A Douai, hier matin, M. Delannoy – qui s’était présenté contre lui au dernier congrès de la CGT – et d’autres cégétistes, ont décidé tout le contraire et ont désobéi.

Pourtant, le déroulement de cette réunion d’une heure et demie qui a rassemblé des syndicalistes de grandes entreprises de la région (Renault-Douai, Sevelnord, Française de mécanique…) et des responsables d’unions locales, n’avait pas commencé sous le signe du poing levé et du drapeau rouge brandi. M. Delannoy a posé son constat: «La mobilisation contre la réforme des retraites a pris une dimension jamais atteinte depuis 1995, et au-delà dans le privé. Mais les formes actuelles de mobilisation (NDLR, des manifestations), nous conduisent à l’échec. Le gouvernement le sait, notre confédération syndicale aussi. Le syndicalisme risque de connaître une grave crise si nous subissons un nouvel échec.» Et il a immédiatement donné sa solution, que l’on retrouve dans la motion.

Celle-ci n’a pas déclenché des cris de joie, mais a été accueillie par un grand silence. Car M. Delannoy n’a pas caché les difficultés que représente un appel à la grève générale – la bombe atomique en matière sociale – ce dont le public avait bien conscience aussi.

Mais les prises de paroles qui ont suivi, dans une ambiance grave, même si elles n’ont pas été nombreuses – six ou sept — ont été suffisamment éloquentes pour dissiper les hésitations s’il y en avait. De la retraite, on est vite passé au reste, abordé par d’autres: «Les conditions de travail insupportables, le fric qui manque, des familles qui n’ont pas les moyens de se payer une mutuelle», etc.

Le plus dur reste maintenant à faire. Car les uns et les autres savent qu’ils prennent des risques. Trouver une forme de lutte qui puisse tenir dans le temps sans priver tous les jours les salariés de leur salaire attendre et espérer que les autres secteurs suivent s’engager sans le soutien de la CGT nationale…

Sans compter le spectre de l’échec qui plane sur cette action et qui serait catastrophique. «Le ras-le-bol est général», a assuré M. Delannoy. En tout cas, les dés sont jetés. (Article rédigé par Jean-Luc Rochat)

Vous pouvez écrire un commentaire, ou utiliser un rétrolien depuis votre site.

Ecrire un commentaire





FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org