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octobre 2017

A l'encontre

La Brèche

Ombres (et sans lumières) de la critique de Michel Husson

Publié par Alencontre le 27 - septembre - 2017

François Morin

Par François Morin

La critique de Michel Husson de notre dernier livre[1] est rude, se veut argumentée, et parfois dérape sur un ton polémique un peu surprenant de la part de quelqu’un dont on connait la rigueur analytique. Il semblerait que le dépit qu’il a éprouvé en lisant notre livre soit inversement proportionnel à la façon dont il dit avoir apprécié l’apport de nos travaux antérieurs.

Dans ce qui suit, nous laissons à Michel Husson le ton de sa critique et allons donc, pour l’essentiel, répondre sur le fond à sa critique théorique[2]. Seul le lecteur sera notre juge.

Selon Michel Husson, nous aurions fait « une interprétation fautive des analyses de Marx » qui tient au fait qu’il n’y aurait pas « pas de concept de ‘valeur-capital’ chez Marx » et qu’ainsi « parler de concept n’est pas légitime ». Selon sa définition de la valeur-capital : « il ne s’agit de rien d’autre qu’un synonyme pour désigner la « valeur du capital avancé ».

En écrivant les pages 41 à 54 de notre dernier ouvrage, nous avions la conscience nette que nous nous démarquions  de « générations de marxistes », selon les termes mêmes de Michel Husson, qui avaient pu commenter « la formule canonique » : A – M .. P…M’- A’.

Pour que le débat s’approfondisse sur ce point, nous allons donc revenir, dans un premier temps, sur notre interprétation des écrits en question de Marx et sur ce que l’on peut appeler son apport fondamental à l’élaboration du concept de « valeur-capital » ; dans un deuxième temps, nous chercherons à remettre en perspective les autres critiques de Michel Husson. Il s’agit de celles qui découlent de notre perception de ce qu’est la valeur-capital et qui s’ordonnent notamment sur notre lecture soi-disant « financiariste » des travaux de Marx, sur notre ambiguïté vis-à-vis de la théorie de la valeur-travail, et, pour finir, sur le couple dit bancal : valeur-capital / valeur-travail.

1 – La valeur-capital, un apport fondamental de Marx

En nous limitant à une lecture stricte du texte de Marx[3], nous voulons montrer que la valeur-capital est bien devenu pour lui un concept tout à fait central, et, de fait,  élaboré finement à la fin de sa vie. Nous observerons ensuite que ce concept peut se développer et se comprendre à partir d’autres catégories d’analyse, comme celles de « formes fonctionnelles », ou de « figures cycliques ». Enfin, s’agissant de ces figures cycliques, il est aisé de montrer qu’à des fins analytiques, on peut établir entre elles une hiérarchie indiscutable.

1.1 – La « valeur-capital », un concept central pour analyser les métamorphoses d’un capital industriel

L’expression « valeur-capital » figure en bonne place au début du Livre II du Capital. Plus précisément, cette expression est présente dans les quatre premiers chapitres de ce Livre, et uniquement dans les pages 28 à 108 de la première section[4]. Selon F. Engels, ces 79 pages, non publiées du vivant de Marx, correspondent aux manuscrits V, VI et VII écrits par Marx entre mars 1877 et juillet 1878, soit quelques temps avant sa mort. Ces manuscrits sont, rappelle-t-il, les tout derniers écrits du Capital[5]. Très denses conceptuellement, ces pages méritent, à l’évidence, une attention très soutenue.

Dans les pages qui nous occupent ici, la référence à l’expression « valeur-capital » est omniprésente puisqu’il est possible de la retrouver, selon notre décompte, au moins 95 fois[6]. Certes, la répétition d’un même mot, même d’un mot composé comme c’est le cas ici dans la traduction française, n’en fait évidemment pas un concept. Mais, et c’est la première remarque, ce mot composé est d’une construction syntaxique originale qui ne peut qu’interroger fortement sur son sens sémantique[7].

Revenons rapidement à l’objet d’étude de cette section du Livre. Il s’agit d’étudier les métamorphoses du capital, son cycle, et plus précisément les métamorphoses des capitaux individuels (les entreprises de type capitaliste), en s’intéressant plus particulièrement aux capitaux industriels.  Manifestement, ce qui intéresse Marx, c’est de comprendre le mouvement interne de ces capitaux et leur fonctionnement complexe. Pour cela, Marx développe une batterie de notions dont les articulations fortement cohérentes entre elles en font bien évidemment, à notre sens, des concepts parfaitement construits.

Parmi ces concepts, la « valeur-capital » occupe la place centrale. On peut percevoir ce rôle dans l’articulation qui est établi entre la valeur-capital et les trois autres concepts essentiels pour analyser le mouvement interne des capitaux individuels : « Nous avons supposé dans notre étude que la valeur-capital quant à sa grandeur totale se présente toute entière ou bien comme capital-argent, ou bien comme capital productif, ou bien comme capital-marchandise » (Livre II, p.94)[8]. Cette phrase est un peu mystérieuse, mais s’éclaire quant on se penche sur le mouvement du capital individuel : « Le capital apparaît ici comme une valeur qui passe par une série de transformations connexes, dont l’une est la condition de l’autre, par une suite de métamorphoses qui sont autant de phases ou de stades de son procès d’ensemble. Deux de ces phases appartiennent à la sphère de la circulation, la troisième à la sphère de la production. Dans chacune d’elles, la valeur-capital revêt un aspect différent, auquel correspond une fonction différente et spéciale » (Livre II, p.44).

Autour du concept de « valeur-capital » s’organise ensuite toute une présentation très structurée de plusieurs concepts : Marx va distinguer les formes fonctionnelles de la  valeur capital[9], qu’il ne faut pas confondre avec les formes plus simples de celle-ci ; ensuite, il examine le cycle d’ensemble de la valeur-capital qu’il faudra, là aussi, bien distinguer des cycles des différentes formes fonctionnelles.

1.2 – La valeur-capital, ses formes fonctionnelles et autres formes

Marx distingue en effet trois formes fonctionnelles de la valeur-capital : le capital-argent (A), le capital productif (P) et le capital marchandise (M’). Lisons-le : « Les deux formes que la valeur-capital prend dans le cadre de ses stades de circulation sont celles de capital-argent et de capital-marchandise ; sa forme pendant le stade de la production est celle du capital productif » (Livre II, p.44). Mais tout argent ou toute marchandise ne sont pas  automatiquement des formes fonctionnelles. Ainsi par exemple : « La marchandise devient capital marchandise[10], comme forme d’existence fonctionnelle de la valeur-capital d’ores et déjà mise en valeur, forme qui jaillit directement du procès de production lui-même » (Livre II, p.39)

Que sont alors les fonctions de A, de P, et de M’ ? Très clairement, ces fonctions ont pour objectif de transformer dans un acte spécifique une forme de la valeur-capital en une autre forme. Ainsi nait le mouvement de la valeur-capital et son cycle. Par exemple, pour le capital-argent : « A-M est conversion de la valeur-capital de sa forme argent en sa forme productive » (Livre II, p.30). Ou encore pour le capital-marchandise : « pour que la valeur-capital puisse continuer son cycle, l’acte M’-A’ suppose seulement la conversion de M’ en argent, sa vente » (Livre II, p.70).

Du coup, il ne faut pas confondre les formes fonctionnelles (A, P, M’) avec les formes plus simples de la valeur capital (par exemple M et A’). En effet, « M comme simple forme marchandise de la valeur-capital » (Livre II, p.82), n’est pas une forme fonctionnelle. Même constat pour A’ « A’ n’est que le résultat de la réalisation de M’. Ce ne sont que des formes distinctes, forme marchandise et forme argent, de la valeur–capital mise en valeur, l’une et l’autre ont ceci en commun qu’elles sont de la valeur-capital mise en valeur » (Livre II, p.48). Ou plus généralement encore : « l’argent, la marchandise, les éléments de  production ne sont que des formes successives de la valeur-capital » (Livre II, p.98).

Avec la compréhension de ce que sont les trois grandes formes fonctionnelles de la valeur-capital, il est possible d’étudier leurs différents cycles pour aboutir enfin à l’étude du procès cyclique. C’est ce qu’annoncent limpidement les intitulés des quatre chapitres qui nous occupent ici : Chapitre 1, Le cycle du capital-argent ; Chapitre 2, Le cycle du capital productif ; Chapitre 3, Le cycle du capital-marchandise ; et Chapitre 4 Les trois figures du procès cyclique.

1.3 – Le cycle d’ensemble et les cycles du capital-argent, du capital-productif, et du capital-marchandise

Afin d’étudier le procès cyclique, soit le « cycle de la valeur-capital » (Livre II, p.72), la première étape est d ‘observer le cycle du capital-argent A…A’ car «  le cycle du capital-argent est la forme la plus exclusive, et par cela même la plus frappante et la plus caractéristique du cycle que décrit le capital industriel, dont le but et le principe moteur : faire valoir la valeur, faire de l’argent et l’accumuler, sont ainsi représentés d’une façon qui saute aux yeux » (Livre II, p.56). L’accent mis sur l’importance du cycle du capital-argent est ainsi parfaitement mis en évidence. De nombreux propos de Marx confirme l’importance de ce cycle par rapport aux deux autres : en effet dans ce cycle, « la valeur-capital y forme le point de départ et la valeur-capital mise en valeur comme le but ultime de toute l’opération » (Livre II, p.55)[11].

La primauté du cycle du capital-argent indique bien que dans l’analyse de la valeur-capital, il y a bien une hiérarchie des cycles, ce que refuse d’admettre Michel Husson : « la forme A (…) apparait comme la forme première et pure de la valeur-capital avancée, ce qui n’est pas le cas dans les deux autres formes du cycle » (Livre II, p.57). S’agissant du capital-productif, voici ce qu’il écrit : « le procès de production apparaît seulement comme un intermédiaire inévitable, un mal nécessaire pour faire de l’argent » (Livre II, p.54). D’où évidemment une conséquence importante pour le cycle correspondant : « La figure générale du mouvement P…P, est la figure de la reproduction et elle ne montre pas, comme A…A’ que le but du procès est la mise en valeur » (Livre II, p.83).

Comment comprendre alors l’emboitement et la succession des trois cycles de la valeur-capital : « une fraction de la valeur-capital, fonctionnant par exemple présentement comme capital-marchandise, se convertit en capital–argent, pendant qu’une autre sort du procès de production et entre dans la circulation comme capital marchandise à nouveau » (Livre II, p.94). On voit alors clairement que « La successions de ces fractions est conditionnée ici par leur juxtaposition » (Livre II, p.95). Autrement dit : « De par la continuité de son cycle, le capital industriel se trouve donc en même temps dans tous ses stades et dans toutes les formes fonctionnelles » (Livre II, p.95). Conclusion relative au procès cyclique de la valeur-capital : « Le cycle total est donc ici l’unité effective des trois cycles » (Livre II, p.94).

2 – La valeur-capital, ombres théoriques et pratiques

2.1 – Une lecture « financiariste » des travaux de Marx ?

A la lecture de ce qui précède, il est évident que la prééminence du cycle du capital-argent est totalement indépendante, d’un point de vue analytique, du processus de financiarisation actuel. Cette primauté du cycle tient tout simplement au fait que la valorisation de la valeur-capital est le propre de toute production capitaliste, quel qu’en soit donc la période ; elle en est même le moteur pour reprendre l’expression de Marx (voir les citations ci-dessus).

En accord avec ce qu’écrit Michel Husson, la financiarisation présente de la valeur-capital dans le monde est un processus récent qui remonte au début des années 1980. Nulle part nous ne faisons du processus de financiarisation un trait fondamental du capitalisme, mais seulement un des traits essentiels – mais pas unique – de la période actuelle du capitalisme financier[12].

Comme nous l’avons indiqué dans notre ouvrage, la financiarisation peut accentuer des transferts de valeur non seulement des secteurs appartenant à des économies moins développés vers des secteurs hautement capitalistiques[13], mais surtout vers le monde bancaire et de son oligopole en particulier[14]. S’agissant de ces derniers transferts, et nous sommes d’accord sur ce point avec Michel Husson, c’est une façon de sur-réagir à la crise récurrente de la rentabilité du capital.

2.2 –  Une théorie ambiguë de la valeur-travail ?

Que cherchent les économistes lorsqu’ils travaillent depuis un siècle et demi sur la question de la transformation des valeurs en prix de production ? Est-ce que tous, comme le prétend Michel Husson, sont dans une démarche régressive ? « Les approches, écrit-il, qui se proposent de dépasser ou de refonder la théorie de la valeur constituent en fait une double régression ». Or, on sait que Marx s’est attaqué à la question de la transformation sans pour autant la résoudre…

A aucun moment, nous n’avons rejeté la théorie de la valeur-travail. Et quand nous proposons de reprendre les travaux de Vincent Laure Van Bambeke (VCLB)[15] qui, tout en affirmant être attaché à la théorie de la valeur-travail, avance une nouvelle solution à la question de la transformation, ces travaux doivent-ils être rejetés parce que s’attaquant à un tabou ? Or, ces travaux ont un intérêt majeur : ils formulent dans un cadre d’une très grande cohérence et d’une grande lisibilité pédagogique la façon dont des valeurs, issues du travail, se transforment en prix de production. Nous y reviendrons dans un papier ultérieur qui répondra à un précédent article de Michel Husson[16].

Dans le travail de refondation exposé dans la seconde partie de notre ouvrage, après avoir démontré sa possibilité théorique, nous avançons l’idée en effet que les marchandises puissent « être vendues à leur valeur » et être exprimées monétairement selon l’approche de VCLB. Nous tentons de montrer la façon dont on pourrait y parvenir concrètement. Il est vraiment étonnant que Michel Husson refuse absolument cette idée, même dans le cas d’une société socialiste : « Et même un modèle de socialisme cohérent, dit-il, devrait inclure une règle de rémunération uniforme du ‘capital’ comme instrument d’un calcul économique rationnel ». Question donc : comment peut-on être contre l’idée que les marchandises puissent être vendues à leur valeur, c’est à dire en fonction exacte du travail accompli ? Pourquoi ne faudrait-il pas souhaiter à la limite et si les circonstances le permettent que le travail puisse être rémunéré à hauteur de la valeur qu’il a créée ? Une telle décision ne devrait-elle pas relever d’un arbitrage au sein d’organes délibérants d’entreprise complètement rénovés qui décideraient de la part du résultat qui doit revenir aux salariés et celle qui doit revenir à l’investissement (par autofinancement).

Pour refuser la logique de la valorisation de la valeur-capital qui rompt le lien entre valeur et prix, il y a quantité de façons pour éviter la formation d’un taux de profit uniforme. Les ressources financières apportées aux entreprises pourraient être rémunérées de façon différenciées en fonction des prestations qu’elles offrent réellement : durée du placement, bonifications (ou l’inverse) selon la nature des activités, ou bien encore en tenant compte des subventions et aides de toutes sortes qui pourraient conforter le financement de projets d’intérêt collectif, etc. De cette façon, la rémunération de ces ressources ne seraient plus considérées comme une part du résultat revenant aux apporteurs de capitaux, mais comme le coût d’un service apprécié en fonction de sa qualité.

2.3 – Un binôme valeur-capital / valeur-travail bancal ?

Si l’on est convaincu de la centralité du concept de « valeur-capital » pour comprendre toute entreprise de type capitaliste, non seulement à travers les formes fonctionnelles et leurs cycles que met en avant Marx, mais aussi par le biais des formes organisationnelles que nous proposons dans notre ouvrage, on peut alors mieux apprécier le « statut normatif » de ce concept[17]. Il symbolise fortement ce que Michel Husson appelle lui-même « le pouvoir du capital ». Ce pouvoir, on peut le rattacher aux capacités de s’approprier les profits, de gérer la relation de subordination des salariés, et finalement de se constituer en norme de l’organisation de toute entreprise de type capitaliste (ce que le droit positif reconnait).

Ce pouvoir normatif n’existe évidemment pas actuellement du côté de la valeur-travail. Sur le plan scientifique, la théorie de la valeur-travail est fondamentale pour comprendre la façon dont sont produites les marchandises, se forment leurs prix et les profits, ainsi que pour rendre compte de la richesse d’un pays. L’ambition en ces temps de multi-crises  n’est-elle pas alors de voir dans quelles conditions la valeur-travail, au delà de son statut scientifique, pourrait acquérir à son tour un statut normatif, c’est à dire accéder à cette capacité et ce pouvoir d’organiser fonctionnellement les activités économiques et sociales de toute une nation, bref d’aller de la « valeur –capital » à la « valeur-travail » ?

Conclusion

Dans les travaux antérieurs qui ont été les nôtres et que Michel Husson cite à la fin de son livre tout en disant en même temps les avoir appréciés, nous avons toujours été convaincu du pouvoir normatif de la « valeur-capital ». Nous disons bien de « la valeur-capital », car dès le début des années 1970 et des travaux que nous avons conduits sur la « Structure financière du capitalisme français », jusqu’à notre avant-dernier ouvrage sur « L’hydre mondiale », nous avons toujours eu à l’esprit ce début du Livre II du Capital. A nos yeux, il est une des clés absolument fondamentale pour comprendre le mouvement des capitaux individuels et donc du capitalisme[18]. (26/09/2017; article envoyé par l’auteur à la rédaction de A l’Encontre)

Notes

[1] Cf. : L’économie politique du XXIe siècle ; de la valeur-capital à la valeur-travail, Lux 2017

[2] Nous ne répondrons pas dans ce papier aux propos blessants adressés à l’association qui porte le projet TAN (Taxe sur l’Actif Net) et à son Président. Pour tout lecteur qui souhaiterait en savoir plus sur cette taxe, nous les renvoyons au site internet de l’association, où l’on pourra vérifier facilement l’audience et le sérieux de cette association. De même, nous ne répondrons pas aux propos surprenants et non documentés tenus sur la diffusion de mon ouvrage qui, me semble-t-il, ne font pas partie de la discussion scientifique.

[3] Le Capital, Livre II, Le procès de circulation du capital, Tome premier, Editions sociales 1960, p.28 à 108.

[4] Les deux tomes du Livre II, y compris la préface de F. Engels, comprennent 686 pages.

[5] Voir, pour ces repérages, sa préface au Livre II, p.11 et le tableau de la p.26.

[6] Nous tenons à la disposition de Michel Husson les références de ces 95 citations.

[7] Cette expression se retrouve à plusieurs reprises dans le Livre I du Capital, mais sans avoir du tout le caractère systématique que l’on perçoit bien au début de ce Livre II.

[8] Et non pas seulement comme « capital avancé » comme l’affirme Michel Husson.

[9] Il est étonnant que, dans la critique qu’il m’adresse, Michel Husson n’évoque à aucun moment l’existence de ces trois formes, comme formes fonctionnelles. Elles sont pourtant au coeur de l’analyse de la valeur–capital.

[10] Le terme de capital-marchandise est bien en italique dans le texte de Marx

[11] Marx considère également que cette figure cyclique est essentielle pour comprendre le mouvement du capital social : A…A’ « peut être considéré comme la forme du capital social dans son ensemble » (Livre II, p.57).

[12] Pour cette périodisation, on pourra se reporter à notre article paru dans la Revue Le Débat : « Les banques, la globalisation et la démocratie », n° 189, 2016/2, p. 103-118, article qui a été commenté dans le même numéro par Michel Rocard : « Les mystères de la finance » p. 119-125,  et par Marcel Gauchet : « Les démocraties nationales face à la finance globale » p. 126-130.

[13] L’économie politique… , op. cit. p.169.

[14] Cf. L’hydre mondialeL’oligopole bancaire, Lux, 2015.

[15] Vincent Laure van Bambeke, Les méandres de la transformation des valeurs en prix de production, L’Harmattan, 2013, et « De la valeur-travail aux prix de production », Attac, Les Possibles n°2, 2014.

[16] Théorie de la valeur: dans les méandres de la «transformation», Alencontre, 2  septembre, 2017.

[17] Nous devons à Jean Marie-Harribey cette formulation limpide relative au statut normatif de la « valeur-capital » ; cf. Jean-Marie Harribey, « La valeur-travail à la place de la valeur-capital ? », contretemps.eu, juillet 2017.

[18] Ce n’est évidemment pas la seule clé de compréhension de notre système économique. En dehors des apports de Marx, nous avons été très largement influencé par la théorie de Keynes sur la monnaie et les marchés financiers ainsi que par les auteurs institutionnalistes dont les apports sont fondamentaux pour comprendre la stratégie et l’organisation des grands acteurs (multinationales, banques etc.).

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