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Publié par Alencontre le 7 - juillet - 2007

Le marché: «trou noir»1 de l’énergie ! Un nécessaire débat

Charles Barbey

En guise de préliminaire: l’énergie, qu’est-ce au juste ?

En préalable, il nous semble important de préciser quelque peu ce qu’est ou n’est pas l’énergie. Il s’agit d’une notion qui va mettre près de deux siècles avant de se fixer et d’aboutir à l’idée que l’on s’en fait aujourd’hui. Ainsi, dans une formulation propre à Richard Feynman [2], prix Nobel de physique en 1965, celui-ci explique que: «… nous n’avons aucune idée de ce qu’est l’énergie. L’énergie se conserve, mais on ne sait pas ce qu’elle est». Ajoutons qu’il est possible de la quantifier, l’unité est alors le Joule en souvenir de ce scientifique britannique, fils de brasseur, qui a vécu au XIXème siècle.

A défaut de savoir ce qu’est l’énergie dans son essence, on l’appréhende par ses effets ou encore par la dynamique de ses effets: monter une charge, chauffer, éclairer, communiquer, cuire, transporter, faire tourner un moteur et des machines, etc.

La notion d’énergie s’est ainsi construite par équivalence entre ses divers effets. C’est ainsi que Joule a posé le premier pas de l’équivalence entre l’énergie mécanique et le réchauffement de l’eau à une époque où le nom même d’énergie n’était pas très courant ; on parlait alors de «force vive». Le dispositif est le suivant: le frottement de pales dans l’eau entraînée par un axe en rotation provoque une élévation de température de l’eau. La rotation de l’axe est assurée par le mouvement descendant d’une masse (comme dans les anciennes horloges: le poids qui descend). L’équivalence entre énergie mécanique d’une masse en mouvement (sa chute) et l’énergie calorifique sous la forme d’une élévation de température d’une masse d’eau était ainsi posée.

Deux points de vue se présentent aux physiciens: l’énergie peut être associée soit à un état de «quelque chose», soit à un système. Premièrement, pour un même «quelque chose» (peut importe quoi), il est possible de considérer son état initial et final. On peut alors associer l’énergie à une transformation de ce «quelque chose». Par exemple, un litre d’eau se transforme en glace ou réciproquement. Deuxièmement, prenons le réfrigérateur dans une cuisine, le tout formant alors un système. En refroidissant une bonne bouteille de blanc dans ce système, je réalise un transfert de chaleur (= de l’énergie) de la bouteille vers l’extérieur du réfrigérateur (en utilisant de l’énergie électrique) avant le transfert du gosier à l’estomac (énergie mécanique du coude pour la montée du liquide + chute libre !).

Tout ce qui est avancé ci-dessus est dépendant de l’un des grands principes fondamentaux de la physique et qui n’est jamais démenti dans les faits: c’est le principe de conservation de l’énergie [3] dans un système fermé. Dans notre cas, nous devons considérer la Terre comme un système pratiquement fermé. En physique, un principe, par définition, ne se démontre pas, mais est constamment vérifié dans la pratique. Il découle du principe de conservation qu’il ne peut donc y avoir ni création ni destruction d’énergie. On en déduit que si l’on pense que la physique décrit bien la réalité (physique !), alors les fameuses«énergies renouvelables [4]» n’existent pas et ne peuvent pas exister en vertu du principe énoncé.

Si l’on se place au niveau des ressources énergétiques, cela signifie aussi que ces dernières ne peuvent être créées ex nihilo. Voilà un aspect de l’énergie qui peut paraître surprenant et sembler aller à l’encontre de l’expérience individuelle et de certains effets publicitaires ! L’immédiateté des relations avec l’énergie peut être trompeuse. Par exemple, un ensemble de cellules photovoltaïques (panneaux solaires) peut paraître être une nouvelle source d’énergie si on la prend au niveau individuel, mais au niveau global, elle ne fait que transformer, en partie seulement, de la lumière (= de l’énergie) en énergie électrique sous la forme d’un courant électrique. Il n’y a pas création d’énergie. Ces aspects que nous rappelons ici sont essentiels pour comprendre une politique énergétique, sa mise place ainsi que les conséquences qui en découlent. Dans le contexte actuel, l’impossibilité physique de produire des énergies renouvelables alors que l’on en fait toute une promotion commerciale a toute une série de conséquences pratiques que l’on va examiner plus loin.

Sans poursuivre sur ces questions fondamentales en physique, avec l’utilisation de l’énergie on touche ici intuitivement quelque chose qui nous titille: l’irréversibilité [5] de certains phénomènes. Dans notre cas, le fait de vivre socialement, avec toutes les activités qui y sont associées, implique toujours une dépense d’énergie. Cette énergie ne fait que disparaître au niveau de l’utilisateur en prenant une forme différente. Mais la réalité de cette dépense d’énergie liée aux conséquences écologiques implique de tenir compte des phénomènes d’irréversibilité. Par exemple, cette irréversibilité est particulièrement évidente lorsqu’on transforme l’énergie contenue dans le pétrole pour le chauffage. On parle dans ce cas de dégradation [5] de l’énergie. Bien entendu, on ne peut pas déduire des considérations ci-dessus que tous les phénomènes physiques sont irréversibles, pas plus que le principe de conservation n’implique de manière mécanique l’irréversibilité. Ajoutons encore que l’impossibilité physique de produire des «énergies renouvelables» n’implique pas de renoncer à la recherche de nouvelles ressources d’énergie dans tous les domaines sans exclusive aucune. L’affaire est même urgente.

Une dernière conséquence du principe de conservation de l’énergie est que pour réaliser une quelconque activité impliquant un transfert ou une quelconque transformation nécessitant de l’énergie, il est alors impératif de trouver a priori une forme d’énergie facilement disponible. Cela implique que des réserves soient préexistantes naturellement, sous la forme de stocks naturels se prêtant à l’activité voulue au moyen d’une transformation peu dépensière en énergie. De ces réserves stockées naturellement, on passe donc au déstockage de ce qui est disponible puis à «l’allocation des ressources énergétiques» via le marché qui, selon la théorie libérale, est la meilleure «allocation des ressources possible», «dans le meilleur des mondes possibles» aurait peut-être ajouté Candide, mais ce n’est pas certain !

Marketing et énergies renouvelables

En conséquence de ce qui est développé ci-dessus, on ne peut que considérer l’expression «énergie renouvelable» comme un abus de langage. Un abus de langage qui n’est pas, à notre avis, complètement innocent. En effet, cette notion d’«énergie renouvelable» induit une manière de penser dont l’effet pervers est le suivant: alors que l’on est revenu sur l’idée née au XIXe de quantité infinie des ressources énergétiques, et cela compte tenu à la fois de l’épuisement vraisemblable à terme des ressources énergétiques pétrolières et du réchauffement climatique avec ses implications, «le marché» réinvente en quelque sorte l’idée de l’inépuisable en lançant la notion de «ressources énergétiques nouvelles» liées aux énergies dites «renouvelables» et qui plus est, seraient «propres» !

Il est significatif que ce choix soit fait essentiellement en direction des transports. Ce choix n’est pas le fruit du hasard, mais il est étroitement lié au besoin de transport des marchandises et au marché quasi «captif» des besoins en carburant dans les transports. Il faut ajouter l’importance économique de tout ce qui dépend de l’industrie automobile en plus de la construction elle-même des voitures et la force du symbole de la voiture individuelle. D’ici peu la publicité va nous proposer: «Des vacances bio à «Charme-le-Chèque» en bio-vol avec un service effectué par du personnel bio flexible !». Vous trouvez cela exagéré ? Eh bien non, dans le cadre du salon du Bourget 2007 et de la présentation de l’A380, John Leahy, chef des ventes de la compagnie Airbus [6], intitule sa présentation: «Sauver la planète, un A380 à la fois». Ce qui a fait dire à un analyste britannique que la plus grande contribution à l’environnement de l’A380 est que celui-ci était resté jusqu’à aujourd’hui dans son hangar, moteur coupé !

Les investissements et les recherches actuelles concernent principalement le domaine des agrocarburants où l’on trouve, et c’est une nouveauté, des liaisons capitalistiques étroites entre l’agro-business, la propriété foncière, la génétique pour les OGM, les majors de l’industrie pétrolière et le secteur financier. En plus de ce type d’activité industrielle concernant les agrocarburants, celle-ci lie des entreprises qui traditionnellement n’ont jamais travaillé ensemble. Enfin, contrairement au bon sens, certains secteurs gros consommateurs d’énergie sont totalement négligés. Les techniques d’isolation des bâtiments relativement peu coûteuses (amortissement sur plus de 25 ans) et simples (technique bien connue) pourraient être rapidement mises en place et auraient de réels effets pouvant contrecarrer le réchauffement climatique à court terme avec des économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 80% dans certains cas. Rappelons qu’une bonne isolation va dans les deux sens: elle conserve la chaleur ou le froid, ce qui éviterait l’absurde généralisation de la climatisation en été.

L’aspect que l’on aimerait faire de même ressortir ici est que les notions de «renouvelable» et de «propre» permettent, à notre avis, d’éviter un débat sur la manière dont sont produites ces ressources énergétiques, ainsi que sur la manière dont elles sont utilisées. Il s’agit d’autant de domaines où chacun devrait pouvoir dire son mot compte tenu des implications sociales et humaines qui sont en jeu. C’est tout le contraire qui se passe. En effet, si les énergies sont annoncées comme étant «renouvelables», alors le débat sur la quantité et sur la manière dont on les consomme disparaît. La perception du débat sur la question énergétique ne devient qu’un problème scientifique et technique déconnecté de la réalité sociale. Seuls les soi-disant «spécialistes» ont droit à la parole. De plus, comme ces énergies sont définies comme étant «propres», avec éventuellement le préfixe «bio» pour couronner le tout, alors on n’a pas à se préoccuper de savoir si elles sont produites «proprement» dans des conditions de travail et de salaire correctes.

Au niveau scientifique, il y a aussi une sorte de pandémie de l’irréflexion qui atteint les ingénieurs et les scientifiques, qui, lorsqu’ils parlent d’«énergie renouvelable», ont «oublié» les principes fondamentaux de la thermodynamique que nous avons évoqués plus haut.

Pour d’autres, c’est-à-dire ceux qui ne se posent pas trop de questions, le «renouvelable» devient un pur argument de marketing permettant d’escamoter les problèmes esquissés ci-dessus. Alors, la seule chose recherchée – et qui a la propriété éventuelle d’être «renouvelable»  – c’est la rotation du capital et du taux de profit chez ceux qui prétendent vendre ces énergies. Pratiquement toutes les entreprises de près ou de loin vantent et préconisent l’utilisation des énergies «propres» ou «vertes» en lançant tel programme interne d’économie d’énergie à grand renfort de publicité et de logos suggestifs. En fait, il s’agit pour ces entreprises soit de lancer le marché du «renouvelable», soit de promouvoir une image de marque dans le vent. Ces promotions d’images de marque peuvent amener à des situations parfois tragi-comiques de bêtise managériale, comme le montre l’exemple suivant.

Pour leur 100e anniversaire, les stylos «Mont Blanc» (propriété du groupe Richemont d’origine sud-africaine, ayant son siège à Genève) ont eu le projet d’élever un «palais de glace» dans les bois de Chamonix, en important de la glace par camion frigorifique depuis, tenez-vous bien, … la Suède ! Sans doute s’agissait-il d’épargner le glacier du Mont-Blanc. Le projet a heureusement avorté en février 2007 [7] suite à la protestation d’organisations écologistes. On le voit, les problèmes soulevés ici n’ont rien à voir avec du pédantisme terminologique. Le sens que l’on prête aux mots et la manière d’utiliser ceux-ci est le plus souvent une conséquence de pratiques sociales bien réelles.

L’énergie des biocarburants, petit tour d’horizon

C’est un fait, les énergies dites «nouvelles» respectent les modes les plus traditionnels de l’exploitation des salariés et des paysans. Pour comprendre, commençons par un peu de technique. Les biocarburants ont deux sources: une première filière à partir des oléagineux (colza, tournesol, palme…) et l’on obtient du biodiesel qui sera mélangé au gazole (souvent écrit gasoil); une deuxième filière à partir du sucre (betterave, canne à sucre…) ou de l’amidon (pomme de terre, céréales, plantes ligneuses telles que l’eucalyptus…) et l’on obtient alors du bioéthanol qui ensuite sera mélangé à l’essence.

La raison invoquée pour produire ces carburants est la suivante. On sait que l’on vit dans une atmosphère contenant déjà une certaine quantité de CO2 (gaz carbonique, gaz à effet de serre). Ce CO2 est nécessaire à la vie puisqu’il permet aux plantes de se nourrir. De plus, ce gaz à effet de serre permet une température moyenne «acceptable» puisque dans le cas d’une absence de CO2 la moyenne des températures terrestres serait de l’ordre d’environ 15°C sous le zéro. Pour conserver un équilibre voisin de celui existant actuellement, l’idée est alors apparemment simple: le fait de produire du carburant à partir des plantes devrait donner un bilan neutre au niveau du CO2, puisqu’on établit ainsi une sorte de «boucle». Les plantes captent ce gaz pour leur croissance, puis celles-ci servent à faire du carburant qui, en brûlant, restituent le CO2. Il n’y a donc pas création de CO2 supplémentaire rejeté dans l’atmosphère. Il suffit donc d’appliquer tout ceci. Mais c’est là que tout se complique et les conséquences sont de plusieurs ordres. Nous les explicitons rapidement ci-après.

Au niveau énergétique, tout n’est pas «rose-bio». En effet, pour produire des biocarburants, il est nécessaire de dépenser de l’énergie qui est d’origine fossile. On estime actuellement cette dépense entre pour 0,49 et 0,8 unité [8] d’énergie fossile pour rendre disponible 1 unité d’énergie en éthanol, selon que l’origine est du blé ou de la betterave. Le gain moyen en émission de gaz à effet de serre peut être estimé, selon les sources, à 30% environ8. Peut-être de meilleurs rendements seront-ils possibles dans quelques années, mais actuellement, selon l’expérience brésilienne, une voiture à éthanol consomme en volume/kilomètre 30% de plus qu’une voiture à essence [9].

En France, la proposition d’incorporer 7% de biocarburants en 2010 nécessite de cultiver 2,42 millions d’hectares à vocation biocarburant, soit 13% des surfaces cultivables [10]. Doit-on se réjouir de pouvoir traverser la France dans tous les sens en ne pouvant contempler que des champs de maïs et de betterave ? Mais ce n’est pas tout, le gain de 30% sur les émissions de gaz à effet de serre ne concerne que les 7%, soit 30% de 7%, ce qui nous donne 2,3% de diminution de gaz à effet de serre pour les seules voitures et camions. Mais continuons le raisonnement, car ce n’est pas tout: en gros, les transports routiers représentent entre le tiers et le quart des émissions totales, l’économie de CO2 représente alors le tiers ou le quart des 2,3% ci-dessus, soit entre 0,51% et 0,73%  du total des émissions ! Compte tenu de l’augmentation du poids moyen des véhicules et du nombre croissant d’immatriculations, cette petite diminution disparaît donc totalement. En effet, en 2005 on pouvait comptabiliser dans le monde environ 551 millions de voitures et environ 44 millions de nouvelles voitures chaque année. Environ 35 millions de voitures sont retirées de la circulation chaque année et une bonne partie d’entre elles sont exportées vers des pays en développement [11]. Pour compléter ce tableau idyllique, ajoutons à titre d’exemple qu’à Dakar, 84% des véhicules sont des voitures de seconde main ayant une moyenne d’âge de 15 ans et qui sont par conséquent très polluantes. C’est peut-être une manière d’exporter notre “responsabilité” de pollueur de gaz à effet de serre vers les pays en voie de sous-développement.

En ce qui concerne l’Europe, selon des données de l’Agence Européenne de l’Environnement [12] (AEE), le transport de passagers a augmenté entre 1990 et 2003 de 20%, et la plus forte croissance provient du transport aérien qui, lui, a augmenté de 73% avec une projection à 150% d’ici à 2012. Toujours selon ce même rapport, les subventions au transport en général représentent entre 270 et 290 milliards d’euros et près de la moitié sont destinées uniquement au transport routier. Mais ce n’est pas tout, d’autres problèmes peuvent venir contrecarrer la diminution de 0,51 à 0,73% que nous avons calculée ci-dessus.

Bioénergies = énergies propres, avez-vous dit ?

Actuellement, la culture des biocarburants ne peut être envisagée autrement que d’une manière industrielle, marchande et sous la forme de monoculture industrielle sur de grandes surfaces, ce qui peut d’ailleurs très bien se combiner avec une pléthore de petits propriétaires. Comme dans toute industrie, la financiarisation induite par la dérégulation actuelle et par la concentration et centralisation sans équivalent exige des retours sur investissement très élevés. D’où dans cet énorme marché potentiel des agrocarburants qui émerge entraînant des recherches sur les OGM concernant les plantes ou les arbres capables de fournir ces «agrocarburants» avec des rendements de production aussi élevés que possible. Ainsi, la société Xenergia Inc vient de déposer un brevet sur une plante importée de Malaisie du genre jatropha [13]. L’huile de cette plante est six à huit fois plus énergétique que l’huile de soja. Il est important de noter que tous ces développements se réalisent sans aucun bilan énergétique global, ni aucun bilan qui respecterait la biodiversité et encore moins qui tiendrait compte d’un éventuel bilan social. Les exemples de l’absurdité d’un développement de produits énergétiques sur la base du marché sont nombreux, tant dans l’histoire – assassinats, chutes de gouvernement, interventions militaires, coups d’Etat, etc. – qu’actuellement. Référons-nous uniquement à l’actualité.

En Indonésie et en Malaisie, la production d’huile de palme, 80% de production mondiale, a nécessité le déboisement de grandes surfaces de forêts équatoriales, à tel point qu’en brûlant tourbes et forêts, ces pays sont devenus producteurs nets de gaz à effet de serre [14]. L’Indonésie et la Malaisie sont devenus les troisièmes plus importants producteurs de gaz à effet de serre après les Etats-Unis et la Chine ! De plus, selon un rapport de l’organisation «Christian Aid’s», des millions de paysans sont affectés en Indonésie par ce genre de culture intensive et sont chassés de leurs terres pour être ensuite condamnés à travailler sur ces grandes propriétés. Au cours de 350 conflits en Indonésie et Malaisie des douzaines de paysans ont été assassinés et 500 ont été torturés [15]. Ces dévastations se font, le plus souvent, dans les pays du Sud, anciennes colonies reconquises par la combinaison du capital financier intriqué à l’industrie, la chimie, l’agro-business et la propriété foncière.

Aux Etats-Unis, la société ArborGen [16], dont le siège se situe en Caroline du Sud, en collaboration avec l’entreprise néo-zélandaise Genesis Research and development, teste des eucalyptus dans une ferme du comté de Baldwin, en Alabama, cela avec la très connue Monsanto. L’objectif est de réaliser une plantation massive d’eucalyptus non-indigènes transgéniques dans le sud-est des Etats-Unis pour produire des biocarburants et du papier. Les modifications génétiques consistent à réduire le taux de lignine afin de faciliter la production d’éthanol. Or, la lignine joue un rôle essentiel dans le système de défense immunitaire de l’arbre. En plus d’attacher les agriculteurs aux semenciers, comme toujours, la culture de ces OGM entraînera l’utilisation massive d’engrais et de chimie destructrice qui accompagne toujours l’agroalimentaire industriel. C’est tout le biotope environnant l’arbre qui risque alors d’être modifié.

L’une des réponses de ces entreprises aux associations écologistes opposées à ce projet a tout simplement été la suivante: le site Internet stopgetrees.org a été piraté et les informations pertinentes supprimées. Enfin, notons encore qu’en général: «Les produits GM commercialisés à l’heure actuelle ont, dans leur ensemble, augmenté plutôt que réduit l’usage de pesticides, et leur rendement n’est pas supérieur à celui des variétés conventionnelles, ils n’ont pas été favorables à l’environnement et le deviendront de moins en moins à moyen terme comme à long terme. Les données concernant les Etats-Unis, l’Australie et le Brésil montrent que les cultures GM ne sont pas plus rentables. Même l’USDA l’a reconnu.» [17]

Une autre conséquence de la production du dit bioéthanol est que les cours des denrées alimentaires de base comme le blé, le riz ou le maïs prennent l’ascenseur. Le maïs, par exemple, était à 170 dollars la tonne en mars 2007. Les prix sont tirés vers le haut par la demande en éthanol et les agriculteurs des Etats-Unis et du Canada préfèrent tirer un meilleur prix du maïs en le vendant aux industriels de l’éthanol. Le blé et le riz suivent alors également cette montée des prix du maïs, puisqu’ils ont tendance à se substituer à celui-ci. Pour 2,7 milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour, la situation devient catastrophique.

Dans le même temps, les Majors de la distribution vendront des pleins d’essence de 90 litres d’éthanol tirés des 200 kg de maïs nécessaires à sa fabrication… 200 kg de maïs représentent assez de calories pour nourrir un homme durant une année. C’est probablement ce que les libéraux appellent la «meilleure allocation possible des ressources par le marché». Cette demande d’éthanol favorise à son tour l’extension des cultures d’OGM dans le monde. Or, comme il n’existe pas actuellement de maïs transgénique pour les biocarburants, la société Syngenta (contrôlée par Novartis) travaille sur un tel maïs. Très avancée en ce domaine, elle est en train de présenter à l’USDA (département de l’agriculture des Etats-Unis) son maïs 3732 [18] contenant une enzyme nouvelle facilitant la fabrication de l’éthanol. Cette enzyme est totalement nouvelle dans le cadre d’une éventuelle consommation humaine de ce maïs. En conséquence, l’expansion des cultures d’OGM se poursuit, et, selon les défenseurs de ces cultures biotechnologiques, l’International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Application [19] (ISAAA), environ 100 millions d’hectares sont actuellement consacrés aux OGM, et ces industriels espèrent passer à 200 millions d’hectares (impliquant 20 millions d’agriculteurs) d’ici à 2015.

L’énergie des agrocarburants au secours du climat: un marché de dupes !

«L’éthanol cellulosique devient une nouvelle marchandise autour de laquelle se rassemblent des groupes puissants de divers secteurs, qui construisent un labyrinthe d’interconnexions, de fusions et d’alliances : des entreprises biotechnologiques telles que Diversa Corp, Genencor (Etats-Unis) et Novozymes Inc. (Danemark) ont des intérêts en commun avec l’industrie automobile, Ascoma (Etats-Unis) ou Volkswagen, et avec les entreprises pétrolières Chevron et BP. Pour atteindre leur but, elles ont l’appui de nombreux centres de recherche : Craig Venter (Etats-Unis), Scion et AgResearch (Nouvelle-Zélande), Swe Tree Technologies (Suède). De son côté, ArborGen (constituée par les entreprises papetières International Paper et Mead Westvaco et la société biotechnologique Genesis) évalue la possibilité de commercialiser des biocarburants cellulosiques.» [20] Cette courte description, loin d’être exhaustive, en dit long sur les tendances actuelles du capital et de ses restructurations dans le domaine de l’énergie et du «renouvelable».

Dans un tel contexte, la conquête d’espaces de production d’agrocarburants, qui se fait au détriment des forêts sensibles de la ceinture tropicale que l’on remplace par des monocultures industrielles dans ce qui a été des anciennes colonies, ne peut évidemment pas être liée à la lutte contre les gaz à effet de serre. La lutte contre les gaz à effet de serre devient le prétexte pour accompagner cette sinistre reconquête territoriale dont le but est de soumettre à la logique marchande à la fois la lutte contre le réchauffement climatique et les succédanés de l’essence. Un tel comportement de prédateurs vis-à-vis de la nature ne serait autorisé dans aucun pays européen.

En Suisse, par exemple, pour abattre un et un seul arbre dans sa propriété, il est nécessaire de faire une demande afin d’obtenir une autorisation en bonne et due forme. En brûlant des millions d’hectares de forêts tropicales, on ne fait qu’augmenter le niveau de CO2 que l’on voudrait voir baisser. Plutôt que de brûler des forêts entières, il serait plus intelligent de récupérer et d’utiliser le bois dans un vrai programme à large échelle de constructions d’utilité publique, d’assainissement d’habitations déjà existantes et de construction de nouveaux logements bon marché et de qualité, par exemple. Ce n’est pas le nombre d’applications socialement utiles du bois qui manquent. Une telle politique permettrait un coup double en créant des puits [21] de CO2 en lien avec le développement d’infrastructures. Bien entendu, cela demande une planification des ressources qui doit prendre appui sur les besoins et l’avis des populations locales. Sans doute la proposition est-elle idiote, mais, toujours mieux que de brûler ces forêts, si l’on ne veut rien faire de ce bois, il serait alors plus intelligent de le stocker dans des anciennes galeries de mines désaffectées. Il serait peut-être même possible de prévenir ainsi l’effondrement de terrain et le déménagement de population résidente (le plus souvent d’anciens ouvriers des mines) de manière simple. Cela remplacerait bien plus sûrement les technologies actuelles visant à récupérer le CO2 et à le rendre liquide pour le stocker dans les anciens puits de pétrole. Une technologie dont rien n’est sûr sur le long terme.

Mais les exigences de rentabilité du capital n’autorisent pas le développement d’un genre de programme socialement utile et peu coûteux, et sans doute serait-ce aller à l’encontre des cimentiers eux-mêmes qui sont parmi les plus gros producteurs de gaz à effet de serre. Pour ces raisons, et ce afin de garantir un taux de profit, les forêts de la planète doivent devenir des sortes de «mines à ciel ouvert» afin de prolonger la logique pétrolière de ces cent dernières années. C’est ainsi que la disparition des forêts contribue à la croissance des gaz à effet de serre à hauteur de 25% de toutes les émissions le gaz carbonique.

Cette course au défrichement est accélérée par le Protocole de Kyoto [22] censé lutter contre le réchauffement climatique au moyen d’une bourse des permis d’émission de CO2. Sans développer le sujet, voici cependant quelques indications concernant les rapports Nord-Sud. Les signataires du Protocole de Kyoto fondent leur lutte contre les gaz à effet de serre sur l’utilisation de permis d’émissions négociés sur le marché. L’article 2 du protocole définit le cadre de la lutte contre les gaz à effets de serre sans ambiguïtés aucune: elle ne peut être envisagée que dans le cadre du marché et en luttant contre les «imperfections du marché» que sont les incitations fiscales et les subventions. L’article 12 permet l’intervention des signataires hors des pays signataires, c’est-à-dire dans les pays dit en développement, afin d’aider les signataires à réaliser leurs propres engagements de réduction de gaz à effet de serre. Le Protocole de Kyoto appelle cela, sans rire: «mécanisme pour un développement propre» ou MDP ! Imaginons un exemple afin de saisir les principes du mécanisme:

Une ou des entreprises d’un pays signataire, disons S, un consortium d’entreprises helvétiques, achète des hectares de terrain en Transnistrie (pays sous-développé composé presque uniquement de forêts, de militaires et de quelques civils sous haute surveillance).

Dans un élan national, les militaires brûlent des milliers d’hectares de forêt que S achète à un bon prix en compensation du fait que S s’engage à nettoyer ce qui en reste. S décide de planter des OGM de manière à produire x tonnes d’agrocarburant. Un organisme dit «indépendant» prouve par la suite que S participe à la réduction des gaz à effet de serre.

Les x tonnes d’agrocarburant produites par S vont donner droit à un quota de permis d’émission qui sera attribué au pays de S qui en réclame l’attribution en tant qu’acteur et non pas à la Transnistrie.

S fait là une opération magnifique en dehors de la vente de ses agrocarburants: compte tenu des «imperfections du marché» S, qui en d’autres temps serait un pourfendeur des «imperfections», peut tout de même toucher des subventions de l’Etat de Transnistrie en faisant prévaloir toutes sortes de raisons telles que par exemple l’emploi ou le développement régional, et ce n’est pas les «bonnes» raisons qui manquent, auxquelles il faut ajouter les permis d’émission que S a reçus et qui correspondent aux quotas qu’à l’origine la Transnistrie avait reçus.

Enfin, S peut finalement revendre ses permis d’émissions !

Voilà donc l’un des aspects de la lutte contre les gaz à effet de serre tel que le Protocole de Kyoto l’autorise.

En guise de conclusion provisoire

Le principe de conservation de l’énergie permet de poser les contours pratiques d’une politique de dépense énergétique et de déterminer les secteurs prioritaires de recherche en fonction des besoins sociaux réels. Ce même principe permet aussi de comprendre l’irrationalité d’une politique de répartition des ressources énergétiques par le marché et l’impossibilité de mener une politique rationnelle comme l’exemple suivant le montre.

Alors que l’Agence Européenne de l’Energie, en se basant sur les données issues du Protocole de Kyoto et de la bourse, ne cesse de dire que l’Europe a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 1990 à aujourd’hui, l’Agence Internationale de l’Energie annonce, elle, une augmentation globale mesurée de plus de 20,5% des émissions et projette une hausse de 50% d’ici à 2030 [23] . Le Protocole de Kyoto est donc impossible à tenir puisque la baisse demandée est d’un peu plus de 5% par rapport à 1990 ! Et lorsqu’en plus la Bourse des permis d’émission s’en mêle, face à la chute des cours de ces permis dans la première moitié de 2006, l’explication, pleine de saveur, d’un spécialiste de la Bourse est la suivante: «La chute récente du cours illustre une diminution des demandes en crédits carbone de la part des industriels et [montre] donc les efforts que ces industriels français et européens ont menés dans leurs politiques de réduction des émissions de CO2. C’est soit le signe d’une transposition réussie du protocole de Kyoto sur le terrain, soit le résultat d’une surallocation de quotas l’année dernière.» [24] Premièrement, le «donc» peut aussi signifier le désintérêt des industriels pour ces permis et deuxièmement le terme de «surallocation» signifie bien une augmentation des émissions. A partir de la Bourse, on peut donc dire tout et son contraire ! Chacun y trouve son bonheur, sauf les glaciers et l’Amazonie.

Les prétendues «énergies renouvelables» et la Bourse des permis d’émission sont les mêmes facettes d’une politique menant tout droit à des désastres écologiques et sociaux.

En conséquence, il est nécessaire de commencer par déclarer les ressources énergétiques comme un bien commun. Mais cela n’est pas suffisant, car l’on ne peut pas occulter la dimension sociale liée à la production elle-même de l’énergie. Il est important de populariser et surtout de soutenir toutes les luttes qui concernent la terre. De fait, de nouveaux liens de travail avec l’industrie sont en train d’être mis en place. De plus en plus, ceux qui travaillent la terre deviennent des salariés ou des paysans travaillant non plus comme paysans, avec tout ce que cela que signifie, mais comme sous-traitants de l’industrie, fournisseurs de matières premières cotées sur un marché boursier mondialisée. Dans la logique capitaliste, on voit et on avait déjà vu des zones industrielles devenir des zones sinistrées et polluées, aujourd’hui on assiste à la naissance et à la croissance de «déserts verts». C’est, entre autres, ce contre quoi se battent les femmes du Mouvement des Sans Terre (MST) [25] au Brésil en luttant contre les plantations d’eucalyptus. En 2006, ces femmes ont détruit plus de 10 millions de plants d’eucalyptus destinés à de la pâte à papier. La problématique aurait été identique si ces arbres avaient été destinés à la fabrication de l’éthanol. Il est particulièrement intéressant de mettre en avant leurs arguments:    – La base de la vie ne peut être mercantilisée.    – Elles s’opposent à la globalisation de la pauvreté.    – Les monocultures détruisent la biodiversité.    – La pâte à papier est synonyme de chômage et d’exode rural, (même problématique que pour les biocarburants).    – Cette industrialisation de l’agriculture suscite la concentration des terres,    – Les entreprises ont tiré des avantages de la législation sous la forme de subventions sans aucun retour pour les salarié.e.s.    – Elles s’opposent à un processus de privatisation et d’internationalisation du territoire brésilien et de ses ressources naturelles.    – La santé humaine, celle des enfants en particulier, est menacée.    – Nécessité d’une vraie réforme agraire, d’un développement technique et scientifique approprié.

Notes:

1. En astronomie, on appelle «trou noir» un objet tellement massif et ayant un champ de gravitation si intense que rien ne peut en sortir, même pas de la lumière.

2. Richard Feynman, dans ses célèbres «Lectures on physics».

3. Le principe de conservation de l’énergie est un principe essentiel en physique. Chaque fois qu’on a cru que ce principe était en défaut, de nouvelles découvertes ont confirmé son existence. L’application de ce principe a permis la découverte du photon (grain de lumière) en 1909, puis du neutrino pour ne citer que ces deux exemples. Ce principe est aussi appelé le «premier principe de la thermodynamique». En ce qui concerne les systèmes fermés, la Terre n’est pas un système fermé puisqu’elle reçoit de l’énergie et dissipe de l’énergie dans l’espace de manière à tendre vers un équilibre thermique stable. Dans le cas contraire, la température augmenterait considérablement. Toutefois, au niveau des activités énergétiques humaines on peut considérer la Terre comme un système fermé. La nature de la surface joue un rôle important en ce qui concerne la dissipation d’énergie dans l’espace par la Terre. Une partie importante de la dissipation de l’énergie provient de la réflexion du rayonnement du Soleil. Le rapport entre la réflexion de l’énergie solaire par la Terre et la quantité reçue s’appelle l’albédo. La fonte des neiges et des glaciers diminue l’albédo et donc la température de la Terre augmente. L’albédo pour une terre sombre (après avoir brûlé par exemple) peut être de l’ordre de 0,05 à 0,1 (peu de réflexion), pour de la neige fraîche de l’ordre de 0,75 à 0,9.

4. Il est intéressant de regarder chez Wikipedia: Une énergie renouvelable est une source d’énergie qui se renouvelle assez rapidement pour être considérée comme inépuisable à l’échelle de l’homme. Les énergies renouvelables sont issues de phénomènes naturels réguliers ou constants provoqués par les astres, principalement le Soleil (rayonnement), mais aussi la Lune (marée) et la Terre (énergie géothermique). Soulignons que le caractère renouvelable d’une énergie dépend non seulement de la vitesse à laquelle la source se régénère, mais aussi de la vitesse à laquelle elle est consommée. Par exemple, le bois est une énergie renouvelable tant qu’on abat moins d’arbres qu’il n’en pousse. Le comportement des consommateurs d’énergie est donc un facteur à prendre en compte dans cette définition. On voit que finalement que la définition du «renouvelable» est plus embarrassée en fin de citation et prend une allure «moins renouvelable», si l’on ose parler ainsi. Enfin, deux niveaux de compréhension s’entremêlent ici, en effet la définition de l’énergie (domaine de la physique) serait dépendante du comportement des consommateurs (domaine social) d’où l’incertitude de la définition et la confusion des genres.

5. Un certain nombre d’économistes pensent que l’on doit aborder ces problèmes d’économie et de société à l’aide de l’obligatoire notion d’entropie qui établit une relation d’ordre et de désordre en physique. Il est délicat d’utiliser le concept d’entropie, terme créé par Clausius (milieu du XIXe) et généralisé en physique statistique par Boltzmann (fin du XIXe). Une entropie croissante implique l’émergence du désordre et d’une irréversibilité (une entropie constante implique une relation d’ordre et une réversibilité. L’entropie est une fonction toujours positive). Or, en physique, le désordre peut représenter une équi-répartition de l’énergie des molécules dans un gaz, par exemple. Si l’on peut se permettre des analogies abruptes, alors une simple observation nous permet de dire que nous sommes très loin d’une équi-répartition sociale des biens produits par … «l’économie». Ordre et désordre peuvent être des notions très subjectives. Une plaisanterie de potache à son prof de physique pourrait donc être: «Vive le désordre !» Mais là s’arrêtent les analogies. Enfin, ces économistes seraient bien avisés de (re)lire Ilya Prigogine, Prix Nobel dans le domaine de la thermodynamique et des processus irréversibles. Dans son ouvrage «La fin des certitudes» (page 31, Poches Odile Jacob, 1996): «En tout premier lieu, notre refus de la banalisation de l’irréversibilité est fondé sur le fait que même en physique l’irréversibilité ne peut plus être associée seulement à une augmentation du désordre. Bien au contraire, les développements récents de la physique et de la chimie de non-équilibre montrent que la flèche du temps peu être une source d’ordre…[ ] … L’irréversibilité mène à la fois au désordre et à l’ordre». (Souligné par nous).

6. «L’A380 d’Airbus s’est mis au vert et à l’environnement», www.actualites-news-environnement.com, Sandra Besson, 20 juin 2007.

7. «France Nature Environnement», tiré de http://www.actualites-news-environnement.com/20070201-environnement-glaciers-suedois-Chamonix.php , le 1er février 2007.

8. «La Recherche», mai 2007, «La vérité sur les biocarburants». Les calculs varient selon les méthodes utilisées. Tout dépend si l’on tient compte des résidus issus de la transformation. Ces résidus peuvent être utilisés comme engrais ou pour l’alimentation animale. Il est nécessaire de bien comprendre qu’il n’y a pas création d’énergie dans ce processus: on ne peut pas dire que l’on crée 1 unité d’énergie avec 0,8 unité, car dans ce cas le rendement serait plus grand que 100%, ce qui est impossible.

9. «Le Brésil carbure à la canne à sucre», L’Expansion du 28 septembre 2005.

10.Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie en France.

11. «L’Etat de la Planète»

12. http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2007_1/en, «Transport and Environment: on the way to a new common transport policy»

13. «Nouveau brevet sur une nouvelle plante carburant», Salim Bourras, www.actualites-news-environnement.com

14. «L’huile de palme, un cauchemar  écologique», www.sciencepresse.qc.ca/node/15992, 7 février 2007.

15. «Human tide: the real migration crisis», Christian Aid report, may 2007.

16. WRM, numéro 118, mai 2007, Bulletin mensuel du Mouvement mondial pour les forêts, (Bulletin électronique en français, espagnol, portugais et en anglais): www.wrm.org.uy

17. Agriculture et alimentation, «Qui tire profit des cultures gm ? Analyse des cultures gm dans le monde», janvier 2007, page 21, Les Amis de la Terre. Site: www.foei.org

18. Agriculture et alimentation, «Qui tire profit des cultures gm ? Analyse des cultures gm dans le monde», janvier 2007, page 19, Les Amis de la Terre. Site:  www.foei.org

19. L’ISAAA: organisation à but non lucratif financée par les grands semenciers internationaux, ayant pour objectif de contribuer à la lutte contre la faim et la pauvreté en partageant les applications de cultures biotechnologiques: c’est-à-dire les OGM. Voir le site: www.isaaa.org. On admire le langage: «applications de cultures biotechnologiques» pour organisme génétiquement modifié !

20. WRM numéro 119, juin 2007, (voir en 16)

21. On appelle «puis de CO2» tout ce qui peut servir à capter de grandes quantités de gaz carbonique. Les arbres sont des puits de gaz carbonique puisque les arbres captent ce dernier pour leur structure. Il existe des techniques relativement coûteuses, par exemple, consistant à capter le gaz carbonique produit par une centrale thermique, de le liquéfier et de l’injecter dans d’anciens puits de pétrole.

22. Le Protocole de Kyoto s’obtient facilement en pdf sur Internet.

23. Site de l’Agence Internationale de l’Energie: www.iea.org

24. Tiré de www.boursorama.com, «Des bourses au carbone pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre», article du 30 juin 2006. Article qui cite les propos de Bertrand Delattre directeur adjoint de Pidgest.

25. WRM numéro 118, mai 2007, «Brésil: pourquoi les femmes du MST s’opposent à la monoculture de l’eucalyptus ?». Site: www.wrm.org.uy

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