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La Brèche

“Les retraites ne sont pas une dette”

Publié par Alencontre le 13 - juin - 2010

Jean-Marie Harribey

Par Jean-Marie Harribey

Sur le vif. J’écoute ce jour [4 juin 2010] à 7h45 Jacques Attali sur Radio classique. Le bonhomme dit: «Le débat sur les retraites n’a aucun sens car les retraites sont une dette.»

Faux. Les retraites ne sont pas une dette au sens financier du terme. Pour la bonne raison que les retraites sont payées dans l’instant avec de l’argent provenant de la production courante. Et cela quel que soit le moment, hier, aujourd’hui et demain. On n’emprunte à personne, on n’a personne à rembourser.

Si Attali fait cette erreur, c’est parce qu’il a implicitement une conception de la retraite comme étant une épargne. Or c’est la grande différence entre un système par répartition et un système par capitalisation [comme le «deuxième pilier» – fonds de pension – en Suisse]: la socialisation d’une partie de la masse salariale fait de la retraite un revenu qui n’est pas celui d’une épargne.

La confusion vient du fait que notre système de retraites institue la transmission à travers les générations d’un droit à la retraite que permet la socialisation ci-dessus. C’est un droit social, ce n’est pas une dette financière. On comprend alors la pression en faveur de la capitalisation pour, précisément, limiter ou supprimer ce droit et faire place à l’épargne individuelle.

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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