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26
avril 2017

A l'encontre

La Brèche

Etats-Unis. La victoire de Trump contextualisée

Publié par Alencontre le 17 - novembre - 2016

Donald Trump Makes Announcement At Trump TowerEntretien avec Lance Selfa

Le fait que Donald Trump soit le 45e président des Etats-Unis ne peut être sous-estimé. Les répercussions de cette conquête à l’échelle des Etats-Unis et au plan international sont certes difficiles à prévoir, mais elles seront effectives.

Pour l’heure, il est toutefois utile de saisir les mécanismes de la machine électorale états-unienne et de préciser le sens des résultats, selon divers critères, des candidatures d’Hillary Clinton et de Donald Trump. Ce que fait, dans cet entretien, Lance Selfa, auteur d’un ouvrage remarqué: The Democrats. A Critical History, Haymarket Books, 2008. (Rédaction A l’Encontre)

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Alors qui a gagné les élections? La réponse n’est pas si simple, n’est-ce pas?

Effectivement, ce n’est pas si simple. Hillary Clinton a remporté le plus de suffrages à l’échelle nationale. A la fin de ce week-end (13 novembre), elle obtenait un peu moins de 61 millions de voix, contre 60,4 millions pour Donald Trump. Une différence de 600’000 est certes petite sur plus de 123 millions, mais elle est plus grande que celle d’Al Gore lors des élections de 2000. Et l’écart va croître – jusqu’à 2 millions, selon certaines estimations – lorsque tous les bulletins de vote manquants de Californie et d’autres Etats de la côte Ouest seront pris en compte.

Dans tout autre système, ce serait elle, Hillary Clinton, qui serait le vainqueur de l’élection présidentielle. Mais les Etats-Unis disposent du système du Collège électoral [avec des Grands électeurs] – une relique du XVIIIe siècle ajoutée à la Constitution pour apaiser les dirigeants esclavagistes du Sud. Pour la deuxième fois en seulement 16 ans – et pour la cinquième fois dans l’histoire des Etats-Unis – le Collège électoral a assuré une victoire pour le perdant du vote populaire national.

Pour tous les Etats [formant l’Etat fédéral], à l’exception de deux, le candidat à la présidence qui gagne le plus grand nombre de suffrages à l’échelle de l’Etat, même si cela se compte en centaines de votes sur des milliers ou des millions, obtient tous les Grands électeurs de cet Etat. Trump a remporté la mise des Grands électeurs dans trois Etats dits de la «Ceinture de rouille» [Rust Belt] – la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin – dans lesquels les candidats présidentiels républicains n’avaient pas gagné depuis les années 1980.

Une analyse du Washington Post a montré que la différence entre Trump et Clinton dans ces Etats était d’environ 107’000 vote. Donc la possession de la Maison-Blanche dépend de ce petit nombre de votes. Trump a gagné le Michigan par seulement environ 13’000 suffrages sur plus de 5 millions enregistrés.

Pouvez-vous développer sur les implications de ce constat?

Selon toutes les définitions de la démocratie – c’est-à-dire un système dans lequel les citoyens sont supposés pouvoir choisir leurs dirigeants – le Collège électoral devrait être aboli.

Cela signifierait changer la Constitution. Et cela a été fait auparavant. Selon la formulation de la Constitution [qui s’applique depuis mars 1979], la citoyenneté des Noirs n’était pas admise [le XV amendement date de 1869, des limitations fortes ont été introduites dès les années 1890, avant d’être levées qu’en 1965 avec le Voting Rights Act], ni le droit de vote des femmes [XIXe amendement en 1920], ni même l’élection directe des sénateurs américains. Les amendements constitutionnels ont donc modifié ces dispositions antidémocratiques.

Toutefois, même si les sondages d’opinion indiquent que plus de 70% des Américains veulent se débarrasser du système du Collège électoral, les élites états-uniennes ne bougent pas sur ce thème. Au contraire, nous assistons au spectacle donné par l’establishment politique états-unien – aussi bien les démocrates que les républicains, et y compris les «vainqueurs» ayant le statut de perdant, tels Al Gore et Hillary Clinton – qui s’agenouille devant une institution conservatrice qui a dérobé la décision des électeurs.

Le Collège électoral fausse tout le système des élections présidentielles. Parce que la plupart des électeurs des Etats favorisent massivement un parti dominant sur l’autre, les candidats ne dépensent pas leurs ressources pour faire campagne dans ces Etats.

Cette année, cela signifiait ignorer les trois Etats les plus peuplés du pays – la Californie, le Texas et New York – et les millions d’Américains ordinaires qui y vivent et y travaillent. Au lieu de cela, les deux partis se concentrent sur environ 10 ou 12 «Etats pivots» – dans lesquels les rapports de forces entre les deux partis sont plus serrés – sachant que les gagner est la clé pour gagner la Maison-Blanche.

Il suffit de penser au changement qui découlerait du fait que le président serait élu sur la base de l’ensemble des suffrages à l’échelle du pays. Les campagnes politiques seraient contraintes de s’adresser aux aspirations des ensembles de millions de personnes dans les grands centres industriels, de services comme de transports du pays: Los Angeles, Houston, Chicago, New York, pour faire exemple.

En lieu et place de cela, une attention politique massive est consacrée à gagner dans un état comme le New Hampshire. Sans offenser les habitants du New Hampshire, sa population est beaucoup plus petite que l’une des quatre plus grandes villes des Etats-Unis mentionnées ci-dessus. Et le New Hampshire est beaucoup plus blanc et plus riche que le pays dans son ensemble.

Un autre point mis en lumière par les résultats de cette année: le fait que Hillary Clinton a remporté le vote populaire est la plus claire réfutation du mythe médiatique généralisé selon lequel les Etats-Unis sont un pays qui se situe au centre droit – ou peut-être même plus à droite.

Les républicains revendiqueront le mandat présidentiel de Trump pour lancer une série de politiques réactionnaires qui, en fait, n’a pas été voté par la majorité.

En réalité, les républicains n’ont remporté le vote populaire qu’une seule fois (en 2004) lors de toutes les élections présidentielles depuis 1988. Cette série de victoires populaires durant un quart de siècle pour les démocrates ne s’est produite qu’une fois auparavant durant les années 1820 et 1830.

Parlons de la façon dont Hillary Clinton a perdu dans les Etats où elle était censée gagner, et donc a perdu dans le Collège électoral, malgré le vote populaire. Quel a été le taux de participation et était-ce un facteur dans la défaite de Clinton?

Comme première remarque sur les résultats des élections, il faut noter la forte baisse du nombre de votants par rapport aux trois dernières élections nationales. Les votes sont toujours en cours de comptabilisation, mais il semble que le nombre de personnes ayant voté en 2016 est inférieur de 5 millions par rapport à 2012 et inférieur d’environ 7 millions par rapport à 2008. Or, il s’agit d’un pays où la croissance démographique devrait se traduire par un accroissement du nombre de votants.

La participation se terminera probablement autour de 57% de la population qui dispose du droit de vote, soit les citoyens américains âgés de 18 ans et plus. Cela est en baisse comparé aux 59% de 2012 et aux 62% de 2008, et même aux 61% de 2004, selon les chiffres compilés par le Dr Michael McDonald, un expert des élections à l’Université de Floride.

Cette baisse de la participation contribue à expliquer pourquoi Trump a pu «gagner», même s’il obtiendra, en termes de votes, le même nombre que Mitt Romney, le perdant, a obtenus en 2012.

Le système électoral antidémocratique, marqué par des biais de classes et offrant des choix limités a déjà abouti à une forte abstention dans les pays capitalistes avancés. Les estimations sur le taux de participation indiquent qu’environ 100 millions de personnes qui pouvaient voter ne l’ont pas fait, ce qui souligne combien des millions d’Américains sont étrangers au système politique.

Il s’agit ici de chiffres globaux. Mais le point le plus important réside dans la plus forte baisse du côté démocrate.

Si vous comparez le vote républicain de 2008 à 2016, le candidat du GOP a obtenu environ 60 millions de votes environ, à chaque fois. Mais le vote démocrate est passé de 69 millions pour Obama en 2008 à environ 61 ou 62 millions pour Hillary Clinton une fois que tous les votes sont pris en compte.

Et le plus important de tous pour comprendre la victoire de Trump en termes de grands électeurs est le facteur suivant : la participation démocrate a connu son niveau le plus bas dans ce que l’on pensait être des bastions du parti, en particulier dans le nord du Midwest.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé dans ces Etats?

Comme je l’ai mentionné précédemment, les trois Etats clés – le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie – ont passé dans les mains des républicains pour un peu plus de 100’000 suffrages. Comme l’a souligné le Washington Post, il s’agit du même nombre de personnes qui assistent aux matchs de football du samedi dans le stade «Big House» de l’Université du Michigan.

L’histoire dans chacun de ces Etats est légèrement différente, mais certains traits forts émergent. Dans les principales zones urbaines avec un grand nombre d’électeurs afro-américains – Philadelphie, Detroit et Milwaukee – H. Clinton a gagné beaucoup moins de voix qu’Obama.

Une partie du déclin dans le Wisconsin pourrait avoir été le résultat des efforts pour écarter des listes des électeurs potentiels, cela dans un Etat où les républicains de droite sont aux commandes. Mais cela n’explique pas le Michigan et la Pennsylvanie. L’explication ne réside pas dans le fait qu’un grand nombre d’électeurs noirs auraient voté pour Trump. Ils sont juste restés à la maison.

L’attraction de moins en moins forte de Clinton dans les principales villes lui a rendu difficile de contrecarrer la participation en faveur de Trump dans des zones suburbaines et rurales, plus conservatrices. Dans le Wisconsin, par exemple, Trump a gagné 13 comtés ruraux et suburbains qu’Obama avaient gagnés face à la droite lors des deux dernières élections.

A ce stade, il est difficile de dire à quel point le tournant vers les républicains a été causé soit par des électeurs d’Obama qui ont voté cette fois pour Trump, soit par une «vague» de nouveaux électeurs pro-Trump, soit par une baisse de la participation électorale pro-démocrate.

Mais si vous comparez simplement le total des votes dans ces Etats avec celui de la première élection d’Obama, vous constatez des baisses beaucoup plus importantes dans le vote démocrate qu’une quelconque augmentation dans le vote républicain. Dans le Michigan, par exemple, environ 605’000 démocrates de moins ont voté en 2016 par rapport à 2008, tandis que 231’000 républicains en plus ont voté.

En Pennsylvanie, il semble que Trump ait mobilisé les électeurs des régions rurales qui ne s’étaient pas tournés vers Mitt Romney en 2012. Trump a également remporté le vote dans les régions périphériques en capitalisant 52% des suffrages.

Michael Moore, cinéaste de gauche originaire du Michigan, a rapporté sur la chaîne MSNBC, dans l’émission Morning Joe, que 90’000 habitants du Michigan ont voté blanc par rapport aux deux candidats présidentiels, alors qu’ils ont voté sur tous les autres candidats du législatif. Clinton a perdu le Michigan, selon les derniers décomptes, par environ 13’000 voix.

Les «libéraux» tiennent la «classe ouvrière» pour responsable de la défaite de Clinton? Comment jugez-vous cette affirmation?

La première chose à dire est que les libéraux et les apparatchiks démocrates devraient se regarder dans le miroir avant d’ouvrir la bouche. Ce sont eux qui ont décidé de formater le processus de nomination du parti afin de sélectionner Hillary Clinton, qui incarne les politiques néolibérales, favorables à Wall Street qui ont abouti à une baisse du niveau de vie des travailleurs au cours de la dernière génération.

Maintenant, pour ce qui a trait au fond de l’argument: Clinton a perdu des électeurs blancs sans éducation supérieure – selon la définition par les médias de la «classe ouvrière blanche» – de près de 40 points de pourcentage.

Comme je l’ai essayé de le faire dans le passé, cette définition large de la «classe ouvrière» ne prend pas en compte le fait que la catégorie des «Blancs sans instruction supérieure» pourrait inclure des indépendants, des propriétaires de petites entreprises et des petits cadres intermédiaires. Quoi qu’il en soit, une candidature à la Clinton n’a jamais été attractive pour eux.

Je voudrais faire deux autres remarques: une portant sur la question raciale et l’autre sur le niveau d’éducation.

Premièrement, Clinton a gagné des électeurs non blancs sans éducation supérieure. Evidemment, ces arguments portant sur les niveaux d’éducation sont moins importants que la question raciale comme telle et son interaction avec la classe, aux Etats-Unis.

De toute évidence, le profil de Trump a été conçu pour rediriger la colère envers l’establishment politique en direction de boucs émissaires, les non-Blancs et les immigrés. C’est une version du XXIe siècle de ce qu’a voulu dire Frederick Douglass [1818-1895, Noir abolitionniste] quand il a parlé de la façon dont les dirigeants du Sud semaient la haine raciale entre Blancs et Noirs. Ils ont «divisé les deux pour conquérir chacun», comme l’a dit Douglass.

Deuxièmement, à propos des considérations sur la façon dont les Blancs sans éducation supérieure sont responsables de l’élection de Trump, il convient de noter que la moitié de l’électorat, mardi 8 novembre, détenait un baccalauréat ou un diplôme d’études supérieures. Cela est à mettre en relation avec le fait qu’un tiers de la population susceptible de voter dispose au moins d’un baccalauréat, selon les données du Bureau du recensement des Etats-Unis.

Et rappelez-vous que Trump a été soutenu par un éventail de 49 à 44% d’électeurs blancs avec un diplôme universitaire, même si Clinton a reçu dans l’ensemble le soutien des diplômés universitaires selon une échelle allant de 52 à 43%.

Enfin, si vous regardez les niveaux de revenu, vous voyez que Clinton a remporté une majorité d’électeurs parmi ceux dont le revenu familial est de 50’000 dollars ou moins, ce qui est un peu inférieur au revenu médian des ménages aux Etats-Unis. Sur l’autre versant, Trump a gagné des votes parmi les ménages disposant de revenus de plus de 50’000 dollars

Mais là encore, il faut se rapporter au profil de l’électorat dans son ensemble. Dans la population ayant le droit de vote, environ 25% des ménages ont des revenus de 100’000 dollars ou plus. Or, parmi les électeurs du 8 novembre, 34% étaient issus de ménages ayant un revenu de 100’000 dollars ou plus.

Donc, si vous allez utiliser le niveau d’éducation et le revenu pour définir la classe, comme le font souvent les médias, alors vous devez dire que l’électorat provenait plus de la classe moyenne que de la classe ouvrière.

Pendant des années, des analystes comme Walter Dean Burnham ont parlé de la façon dont le système électoral des Etats-Unis – sans parti des travailleurs et sans véritable «parti de gauche» – n’offre aucune option électorale réelle pour les électeurs issus de la classe ouvrière.

Le Bureau du recensement et d’autres analyses des électeurs et des non-électeurs confirment que les travailleurs et les pauvres – souvent ceux qui appuient davantage les politiques de gauche favorables à des mesures sociales soutenant les revenus – sont ceux qui sont le plus susceptibles de faire partie de ces 100 millions d’électeurs potentiels qui ne se sont pas présentés le jour du scrutin.

Trump a obtenu un pourcentage inattendu élevé de votes des membres de syndicats ; 43%, selon les sondages à la sortie des urnes. Comment l’expliquer?

Revenons au mois de mars. Un ami du Wisconsin m’a envoyé un article sur la façon dont les primaires démocrates entre Hillary Clinton et Bernie Sanders se profilaient. Ce texte comprenait une citation d’un militant syndical de Madison qui disait que, sur la base du manque de succès du mouvement des salariés pour battre le gouverneur de droite anti-syndicaliste Scott Walker, il pensait qu’un populiste de droite pourrait certainement gagner face à un représentant démocrate lié au monde des affaires lors des élections générales dans le Wisconsin [voir à ce propos l’article publié sur ce site le 12 juin 2012].

Je ne sais pas si Bernie Sanders aurait battu Trump, mais au moins il avait prise sur le mécontentement dans les milieux ouvriers, et il proposait pour eux des solutions de gauche.

Si plusieurs rapports post-électoraux émergeant de la campagne de Clinton sont vrais, un certain nombre de politiciens locaux dans le nord du Midwest sonnaient l’alarme pendant des mois avant les élections. Mais la campagne Clinton a supposé que ces Etats étaient acquis.

Les sondages nationaux à la sortie des urnes indiquent que Clinton n’a obtenu que 51% des suffrages d’électeurs vivant dans des foyers syndiqués. Ce résultat est à comparer avec la plupart des élections lors desquelles les démocrates captent dans cette région 60% des voix des ménages syndiqués.

Selon les données à l’échelle des Etats, la répartition des voix entre les ménages syndiqués du Wisconsin et du Michigan était à peu près la même que celle à l’échelle nationale. Or, dans l’Ohio, Trump s’est imposé de manière décisive dans les ménages syndiqués, avec quelque 54% contre 42% pour Clinton.

Hillary Clinton a fait de moins bons scores parmi les électeurs noirs et latinos que Barack Obama?

Il est clair que si Clinton a gagné massivement parmi les électeurs noirs et latinos, elle n’a pas capté suffisamment d’électeurs noirs et latinos dans les Etats cruciaux dont elle avait besoin pour compenser les scores de Trump parmi les électeurs blancs.

En outre, en 2012, Obama a remporté plus de 70% des votes des Latinos et des Asiatiques, contre seulement 65% dans ces deux catégories pour Clinton. Alors que, par rapport à Mitt Romney en 2012, la campagne Trump a amélioré ses résultats parmi les Latinos de 8% et parmi les Afro-Américains de 7%.

Le conservateur Bill McInturff, à la tête de Public Opinion Strategies, a fait remarquer que, dans des régions traditionnellement démocrates – comme Milwaukee, Detroit et Cleveland, et Charlotte et Raleigh en Caroline du Nord –, le taux de participation démocrate était inférieur comparé à 2012.

Une vague de votes anticipés latinos a vraisemblablement assuré la victoire de Clinton dans le Nevada. Mais, en Floride, la participation des Latinos a été légèrement plus faible à l’échelle de l’Etat, bien que plus forte dans les bastions d’Orlando, de Miami et de Fort Lauderdale. Pourtant, le fait reste que 35% des Latinos de la Floride ont voté pour Trump, avec une majorité de Cubano-Américains (54%) votant républicain.

Le jour des élections, tout le monde parlait d’un écart historiquement élevé entre hommes et femmes dans le choix des candidats. A-t-il joué de cette façon? Quelles conclusions tirez-vous de la discussion sur la façon dont les femmes et les hommes ont voté?

L’écart entre les sexes – la différence entre les préférences des hommes et des femmes selon les sondages à la sortie des urnes – est passé de 18 points de pourcentage en 2012 à 24 points en 2016.

Clinton a remporté les votes des femmes par une différence de 12 points de pourcentage sur Trump, comparé à l’avantage d’Obama de 11 points en 2012.

Fait intéressant cependant – tout en tenant compte que ces chiffres sont imprécis – les hommes ont opté pour le candidat républicain par seulement 1 point de pourcentage de plus en 2016 qu’en 2012 – soit 53% contre 52%.

Selon les données des enquêtes à la sortie des urnes, il est difficile de dire si le plus faible pourcentage d’hommes votant pour Clinton était dû au fait qu’ils ont plus voté pour d’autres candidats [le candidat libertarien Gary Johnson ou la candidate verte Jill Stein] ou parce qu’ils n’ont tout simplement pas dit aux sondeurs pour qui ils avaient voté. En tout état de cause, l’écart entre les sexes en 2016 a augmenté principalement parce qu’un plus faible pourcentage d’hommes a voté pour Clinton que pour Obama.

Compte tenu de toutes les questions liées au sexe soulevées lors de cette élection – des promesses de Clinton de briser le «plafond de verre» en tant que première femme présidente en passant, bien sûr, par les multiples démonstrations de misogynie de Trump – l’écart signale un courant sexiste sous-jacent au sein de l’électorat.

Dans le même temps, il convient de noter que Clinton a perdu parmi les électrices blanches 10 points de pourcentage, et parmi les femmes blanches sans diplôme d’études supérieures, 28 points [par rapport à 2012]. Pourquoi les femmes blanches de la classe ouvrière ne se sont apparemment pas identifiées à Clinton – ou pour être plus précis se sont opposées à Trump?

Les femmes ont représenté environ 52% de l’électorat – soit environ l’équivalent de leur pourcentage au sein de la population disposant du droit de vote. En 2012, cependant, les femmes représentaient 54% de l’électorat, soit une proportion plus élevée que celle des électrices ayant le droit de vote. Donc les femmes se sont avérées être un groupe de plus que Clinton n’a pas pu stimuler à voter dans la même proportion que cela avait été le cas pour Obama.

Une dernière remarque: les données du Bureau du recensement des États-Unis montrent que les femmes votent plus que les hommes et que l’écart est toujours plus élevé parmi les femmes et les hommes noirs.

Nous devons donc aussi avoir une compréhension «intersectionnelle» [relations entre classe, genre, race] de cette question. Si les Afro-Américains se sont mobilisés à un niveau plus bas que par le passé – soit en raison de leur éviction des listes électorales, soit en raison du manque d’enthousiasme pour Clinton – il va de soi que le taux de participation des femmes noires a été le plus affecté. (Article publié sur le site socialistworker.org, en date du 14 novembre 2016; traduction A l’Encontre)

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Philippe Poutou et son message lors des 15 minutes avec les 11 candidats sur France 2, le 20 avril 2017


Présidentielle : revivez le passage de Philippe Poutou dans "15 minutes pour convaincre" sur France 2

Parmi les divers thèmes abordés dans sa campagne, le chômage a une place importante. Le chômage est d'abord une arme – ils ne sont pas désarmés – par les employeurs afin de faire accepter plus facilement des conditions de travail épuisantes, dégradées et des salaires de survie. Car, si «cela ne vous convient pas, il y en a dix qui attendent devant la porte».

Le chômage est aussi un coût qui pèse sur celles et ceux qui le subissent, et aussi bien directement qu'indirectement sur leur famille. Tensions, stress accru, dégradation de la santé physique et psychique. C'est inacceptable.

Michel Husson affirme: «La réduction du temps de travail permet la création d'emplois. Mais la condition essentielle est le contrôle des travailleurs et travailleuses sur la réalité des créations d'emplois. Ce sont eux qui doivent décider collectivement de la meilleure manière de combiner les formes possibles de réduction du temps de travail, de manière à prendre en compte les aspirations différenciées de salarié·e.s: réduction quotidienne (tant d'heures par jour); hebdomadaire (par exemple 4 jours), annuelle (journée RTT), pluriannuelle (année sabbatique).»

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