mercredi
22
novembre 2017

A l'encontre

La Brèche

Par José Alonso

La guerre contre les narcotrafiquants et contre le crime organisé est une guerre perdue. Elle se soldera par d’immenses profits sur le plan économique, par des milliers de morts et par une nation brisée. Ce qui aggrave encore ce bilan c’est que le gouvernement mexicain a profité de sa guerre nationale contre les narcotrafiquants pour écraser les zapatistes avec une guerre locale. Cette «autre» guerre ne se limite pas au Chiapas. Elle est menée brutalement dans l’ensemble du pays contre les communautés indigènes qui défendent leurs territoires face à l’Etat et au Marché. (Rédaction)

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Selon le recensement de 2010, le Mexique compte 112’336’238 habitants. Nous occupons la onzième place parmi les nations les plus peuplées de la planète. La base de la pyramide des âges se rétrécit alors que le milieu s’élargit, puisque la proportion d’enfants a diminué.

Ce recensement reflète également une très importante inégalité, qui est également confirmée par les chiffres publiés en mars dans la revue des Etats-Unis, Forbes. L’homme le plus riche du monde est Carlos Slim, un patron mexicain qui possède une fortune personnelle de 74 milliards de dollars et qui a augmenté en une seule année de 38%.

Un pays où il y a des millionnaires et des très pauvres

Les données sur les Mexicains possédant de grandes fortunes montrent en tête de liste les personnes qui ont bénéficié des privatisations d’entreprises d’Etat à l’époque du président Carlos Salinas de Gortari (1988-1994). Dans la liste des grands millionnaires à l’échelle mondiale on trouve le narco-trafiquant mexicain Joaquin “El Chapo” Guzman. On y trouve aussi le propriétaire de mines responsable de la mort de mineurs à Pasta de Conchos (2006) et instigateur de la répression contre les mineurs de Cananea (juin 2010).

Les onze Mexicains les plus riches accumulent 125,1 milliards de dollars, soit l’équivalent de 12.4% du PIB du Mexique, ce qui est scandaleux lorsqu’on sait que plus de 44% des Mexicains vivent dans la pauvreté. En 2010, le niveau de vie de la majorité des Mexicains s’est dégradé. Des organisations de défense des droits du travail ont dénoncé le fait que le Mexique continue à être l’un des pays ayant le plus de retard en matière de politique salariale. Les faibles augmentations salariales ont été rapidement absorbées par l’inflation et le renchérissement des biens et des services. Le renchérissement du panier de base (biens essentiels) a entraîné une chute de 30% du pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses.

En outre, l’augmentation du trafic de stupéfiants a plongé le pays en une grave crise d’insécurité. Cette activité suit en effet la logique patronale capitaliste de la recherche de profits maximum en un temps minimum, elle implique la suppression violente des concurrents et cultive la corruption et l’impunité essentielles à ce “négoce”.

Noyés dans le sang

Pour tenter de gagner une légitimité qui ne lui a pas été accordée par les urnes, le président Felipe Calderon («élu» en 2006) a lancé la guerre contre le trafic de drogues qui a contribué à noyer le Mexique dans le sang. Au début cette orientation a reçu le soutien des organisations patronales, mais actuellement les patrons, et surtout ceux du nord du pays, avouent en craindre les conséquences.

Cette guerre a provoqué des milliers de morts. Les médias mentionnent quotidiennement et comme s’il s’agissait de faits routiniers le nombre élevé de personnes massacrées dans tout le pays, dont beaucoup assassinées avec une violence sadique et terrifiante. La guerre de Calderon entraîne la mort de nombreuses personnes n’ayant aucun lien avec les narcotrafiquants. Et pourtant, au cours de ces dernières années, les addictions aux stupéfiants ont augmenté au lieu de diminuer. En outre des bandes de narcotrafiquants lancent des attaques mortelles contre des centres de réadaptation pour éviter la perte de consommateurs dépendants. Le gouvernement a négligé intentionnellement ce point névralgique du trafic de stupéfiants que sont ses finances.

Un cauchemar pour les migrants

Il y a également eu une augmentation des séquestrations, aussi bien de nationaux que de migrants d’Amérique centrale vers les Etats-Unis. Ceux-ci doivent subir un douloureux et dangereux chemin de croix pour pouvoir atteindre la frontière des Etats-Unis, où ils se retrouvent coincés par des bandes de narcotrafiquants et d’impitoyables trafiquants de personnes.

S’ils veulent aller travailler aux Etats-Unis ceux qui sont pris dans cet étau sont souvent obligés de s’organiser en groupes dont certains qui vont saturer des véhicules de la Police des Migrations, alors que d’autres sont obligés de traverser la frontière avec des sacs à dos bourrés de drogue. Lorsqu’ils tombent entre les mains de bandes de trafiquants de drogue, beaucoup de migrants d’Amérique centrale doivent rester comme otages jusqu’à ce que leurs proches versent une somme importante ou alors ils sont recrutés comme esclaves des trafiquants. La mort collective est un danger qui n’est plus exceptionnel.

Un Etat absent

Une autre conséquence de la guerre menée par Calderon est la fragmentation des cartels de la drogue et l’apparition de nouvelles bandes qui se battent pour des zones de contrôle. La grave crise créée par l’avidité du capitalisme néolibéral a laissé des masses de jeunes sans possibilités de faire des études ou de trouver un emploi. Les narcotrafiquants ont profité de ce contexte: ils recrutent dans cette couche de jeunes pour des tâches d’espionnage au quotidien. Postés aux entrées des agglomérations ou dans leurs points centraux, ces jeunes avertissent avec des téléphones portables jetables ceux qui sont susceptibles d’être attaqués. C’est également parmi eux que se recrutent des petits trafiquants et même des sicaires. Il y a ainsi des régions entières du Mexique où l’Etat est pratiquement absent et qui sont contrôlées par différentes bandes de narcotrafiquants.

La situation est encore aggravée par le fait que le gouvernement a profité de cette guerre pour frapper et criminaliser les protestations sociales, ce qui a entraîné une augmentation incontrôlable des violations aux droits humains les plus élémentaires. L’Etat harcèle, poursuit et criminalise les groupes de défense des droits humains. Les bandes de narcotrafiquants ont infiltré l’Etat, où ils contribuent à augmenter la corruption endémique.

Wikileaks: une guerre qui échoue

Pour comble, les échanges de correspondance révélés par Wikileaks révèlent que la souveraineté nationale a été gravement enfreinte et que c’est le gouvernement états-unien qui prend les décisions stratégiques dans cette guerre. Ces échanges mettent en évidence les défaillances des dirigeants politiques mexicains et de l’armée.

Le consul des Etats-Unis à Monterrey a exprimé des doutes sur l’efficacité de l’armée mexicaine dans la lutte contre le narcotrafic. Celui qui était consul états-unien à Ciudad Juarez en 2009 a écrit un mail où il ressort qu’il avait l’impression que l’armée mexicaine voyait d’un bon œil que le cartel de Sinaloa l’emporte sur celui de Juarez dans la lutte pour le contrôle de cette ville. En 2011, le secrétariat du Département de Sécurité intérieure des Etats-Unis estimait que la situation au Mexique se détériorait. Le FBI a admis que le combat des autorités mexicaines contre le narcotraffic était un échec.

On a également révélé une opération nommée « Rapido y Furioso » (rapide et furieux), au cours de laquelle une instance officielle états-unienne a passé clandestinement près de 2’000 armes de gros calibre pour les groupes délinquants. Le but supposé était de pouvoir les traquer, mais finalement l’opération de pistage n’a jamais pu être réalisée. On a également appris que des avions espions états-uniens effectuaient des vols de routine au-dessus du territoire mexicain.

La perte de souveraineté

En prenant connaissance de ces révélations, des législateurs mexicains ont protesté contre le fait que les Etats-Unis commerçaient avec les bandes criminelles entraînant des morts parmi le peuple mexicain. Ils ont rejeté les actions d’ingérence des Etats-Unis en déplorant qu’un gouvernement étranger puisse décider d’actions internes et ont déclaré qu’il fallait renoncer à ce qu’on a appelé l’initiative Mérida (2007). Celle-ci est un accord sur la sécurité selon lequel le Mexique reçoit de l’aide états-unienne et doit en contrepartie se soumettre à ce pays du point de vue stratégique.

Le député Muñoz Ledo a souligné l’incongruité des Etats-Unis lorsqu’ils déclarent qu’on ne peut empêcher la vente d’armes à des groupes mexicains, alors même qu’ils décrètent un embargo sur les armes en Libye. L’écrivain John Saxe-Fernandez a dénoncé le fait que les Mexicains subissent un régime anti-national, proconsulaire, avec des fonctionnaires et des agences des Etats-Unis qui agissent au Mexique avec autorité dans le domaine de la sécurité intérieure. L’archidiocèse de Mexico a accusé les Etats-Unis d’être responsables de la violence au Mexique.

«Assez de sang»

En janvier 2011, devant l’échec évident de sa guerre contre le narcotrafic, le Président Calderon a nié avoir utilisé le mot «guerre». Il a été contredit pas de nombreux analystes qui ont démontré comment, de manière emphatique et avec beaucoup de symbolisme, Calderon a essayé d’imposer par les médias une guerre qu’il n’était pas en train de gagner. La journaliste mexicaine Carmen Aristegui a établi que cette guerre était devenue la principale et presque l’unique pari du gouvernement, et qu’il s’est montré inefficace.

Dans beaucoup de villes, surtout du nord mais aussi à l’ouest et au centre du pays, il y a eu des manifestations spontanées contre la violence. Certains caricaturistes de journaux nationaux ont lancé la campagne « No mas sangre » (« Assez de sang »), applaudie par des artistes et des intellectuels. Selon Epigmenio Ibarra – un producteur de télévision indépendant – les gens ne peuvent pas s’habituer aux assassinats et accepter l’excuse gouvernementale selon laquelle ce ne serait que des narcostrafiquants qui s’entre-tuent.

L’écrivain et poète mexicain Fernando del Paso a déclaré que la violence était le résultat de nombreuses années de pauvreté et d’échecs dans le système éducatif. Beaucoup d’autres personnages ont insisté sur le fait qu’il était fondamental que la société puisse exprimer son refus de la guerre de Calderon, qui a augmenté le climat d’insécurité et de peur dans laquelle vit le Mexique. Le dramaturge Luis Mario Moncada a souligné le ras-le-bol d’une société qui n’a pas été consultée sur des actions inefficaces et qui ne correspondent pas à une authentique politique d’Etat en matière de sécurité. Alberto Hijar – théoricien marxiste et critique d’art – a souligné la nécessité de réagir face à l’augmentation du terrorisme d’Etat.

Terroriser encore davantage

La campagne « Assez de sang » a encouragé les gens à protester chez eux avec leurs propres moyens pour dire au gouvernement « Cela suffit ». Le journaliste Miguel Angel Granados Chapa a souligné le fait que lorsque les forces répressives du gouvernement se rendent dans les localités où ont été commis des assassinats massifs abominables, ils ne font que terroriser encore un peu davantage une population déjà éprouvée, au lieu d’empêcher ces actes d’être commis. Il a ajouté que la campagne surgie depuis en bas et proclamant «Assez de sang» faisait que les protestataires se sentent moins impuissants.

Certaines communautés indigènes ont dû se défendre dans des conditions défavorables contre les incursions des narcotrafiquants. En janvier, un commando de quelques dizaines d’hommes a brûlé des maisons et l’école d’une communauté de Tepehues. Sachant que le gouvernement n’était pas à même de combattre cette délinquance, les habitants ont décidé de défendre eux-mêmes leur territoire. Dans d’autres agglomérations, le harcèlement des bandes de narcotrafiquants a contraint des Tepehues à émigrer.

Marcos: un texte révélateur

Victor Flores Olea (professeur universitaire et essayiste) considère que la guerre entreprise par Calderon a détruit et terrorise le pays, et il a célébré le fait que Marcos, qui n’avait plus fait des communiqués depuis longtemps, ait « effectué sur la guerre qui prévaut au Mexique une des analyses la plus pointue, la plus authentique et révélatrice ». Le communiqué de Marcos, daté entre janvier et février 2011, est paru avec le titre «Apuntes sobre las guerras» (Notes sur les guerres).

Ce texte est une lettre adressée à Don Luis Villoro publiée dans le quotidien La Jornada. Marcos explique que les idées qu’il expose sont fragmentées, comme l’est la réalité mexicaine. Sa parole devait « aller et venir, franchissant des piquets et des patrouilles militaires et policières » et il décrit «sans aucune anesthésie» la réalité .

La lettre a une introduction et quatre sections. Il consacre la première à la « guerre depuis en haut ». Marcos évoque les statues célébrant la guerre, qui occultent plus qu’elles ne montrent. Elles sont conçues pour que la pierre chante les souvenirs de victoires militaires, mais elles ne font qu’escamoter l’horreur, la destruction et la mort des guerres.

Ces statues sont façonnées pour que le vainqueur se souvienne de sa réussite en même temps qu’elles consacrent le manque de mémoire (desmemoria) du vaincu. Marcos évoque la guerre en Irak, où l’affaire de la destruction du pays a été suivie par celle de sa reconstruction. Peu importe si les troupes états-uniennes continuent à subir des pertes, ce qui importe c’est l’argent qui va et vient avec fluidité et abondance.

La barbarie «légitimée»

Marcos parle de la « légitimation de la barbarie ». Les vainqueurs ne se contentent pas de gagner leurs guerres. Ils enfoncent encore moralement les vaincus avec une propagande auto-justificatrice. Lorsque les Etats-Unis ont envahi l’Irak, elles ont invoqué comme raison le danger des armes de destruction massive – peu importe qu’elles existent ou non ni que le gouvernement de Bush sache que c’était un mensonge. Un assemblage médiatique coûteux et massif a été échafaudé pour éviter que les envahisseurs et leurs alliés ne soient inquiétés par l’horreur, la destruction et la mort qu’ils avaient déchaînées. D’ailleurs on a également décrété que cette guerre été finie, alors qu’elle se poursuit encore.

En réfléchissant sur ce qui est essentiel dans la guerre, Marcos relève n’y a pas que la force matérielle qui soit indispensable, et qu’il faut également la force morale alimentée par les grands médias électroniques et sur papier.

Il approfondit également la « géographie de la guerre ». Pour que le vainqueur puisse imposer sa volonté sur l’ennemi, il ne suffit pas de le détruire dans sa capacité de combattre; même s’il conserve encore des capacités physiques, il faut détruire ses facultés morales. Marcos souligne qu’il n’est plus possible de situer les conflits sur un terrain exclusivement physique, car le terrain des guerres devient de plus en plus compliqué.

Dans le scénario d’une guerre nucléaire il n’y aurait ni vainqueurs ni vaincus après une destruction totale et irréversible. C’est la raison pour laquelle on a passé des grandes guerres aux guerres moyennes et petites, où la diplomatie internationale se combine avec des guerres régionales et nationales. Au lieu d’une guerre nucléaire, il y a eu d’innombrables conflits à tous les niveaux, avec des millions de morts et de déplacés et des nations détruites mais aussi avec des millions de bénéfices pour les transnationales.

Détruire pour reconstruire

Marcos souligne que la théorie militaire a montré qu’il peut y avoir des conflits où un adversaire très supérieur en termes militaires est incapable d’imposer sa volonté à un adversaire faible, et donne les exemples de Playa Giron (invasion de Cuba en 1961, qui a échoué) et du Vietnam.

Marcos demande qu’on n’oublie pas que celui qui fait la guerre doit imposer sa volonté sur le territoire conquis. Aujourd’hui, c’est par la destruction/dépeuplement et la reconstruction/réaménagement du territoire conquis que le capitalisme s’efforce d’imposer sa volonté. Dans les guerres actuelles, les vainqueurs ne se contentent pas de conquérir un territoire et d’empocher un tribut de la part des forces vaincues.

Dans la phase actuelle du capitalisme il s’agit de détruire le territoire conquis et de le dépeupler, de détruire le tissu social du peuple vaincu en annihilant tout ce qui donne sa cohésion à une société, tout en procédant dans le même temps à une reconstruction du territoire et au réaménagement de son tissu social selon une autre méthode, une autre logique et d’autres acteurs. Les guerres imposent ainsi de nouvelles géographies.

La guerre contre le crime: un enjeu économique

Dans la deuxième partie de son texte, Marcos parle de la guerre menée par le Mexique d’en haut. Il insiste sur le fait que la réalité mexicaine est envahie par la guerre. Il note que grâce à Calderon il n’est pas nécessaire d’aller au Moyen-Orient pour réfléchir de manière critique sur la guerre. La guerre a fait irruption dans la vie quotidienne mexicaine parce qu’elle a été imposée depuis en haut, depuis le pouvoir. « Celui qui a pris possession du titre de Président n’était pas satisfait avec un appui qu’il recevait des médias et a dû adopter une autre tactique pour détourner l’attention de l’opinion publique pour éviter à une remise en question retentissante de sa légitimité: la guerre. Il a pensé que ce serait une bonne idée que le Mexique ait sa guerre, et ceci a trouvé l’approbation enthousiaste de la part des militaires de haut rang et de la part de ceux qui dirigent réellement: le capital étranger ».

Marcos invite à porter un regard critique sur cette catastrophe nationale qu’on a appelée guerre contre le crime organisé « en regardant du côté de ceux qui l’encouragent sur le plan économique ». Autrement dit, du côté des brevets, des commanditaires et les crédits internationaux qui se trouvent à l’origine de l’initiative Mérida.

Avec des données abondantes et précises tirées de diverses sources officielles mises en relation, Marcos met en évidence à quel point la guerre au Mexique représente une affaire économique importante et qui rapporte gros à certains. Dans les quatre premières années de cette guerre « contre le crime organisé », les principales instances gouvernementales chargées de la mener ont reçu plus de 366 milliards de pesos. Marcos détaille le budget destiné à cette guerre et montre du doigt les industries belliqueuses qui ont profité de l’achat d’armements, d’équipements et d’infrastructures. Ce sont les Etats-Unis qui profitent de cette guerre sur le plan économique en vendant des armes non seulement aux forces officielles, mais aussi aux bandes de narcotrafiquants. Outre les gains financiers ce conflit leur permet d’augmenter leur contrôle politique et militaire sur le territoire.

Une guerre perdue

En utilisant différentes données qui se sont accumulées en plus de celles révélées par Wikileaks, Marcos conclut que cette guerre a été perdue par le gouvernement qui l’a déclenchée. Malgré ses efforts du gouvernement pour convaincre les Mexicains qu’il est en train de gagner cette guerre, la majorité des gens savent que c’est faux, grâce surtout aux échanges sur les réseaux sociaux qui ont débordé les grands médias. Marcos réunit des données très inquiétantes sur le fait que beaucoup de ceux qui sont chargés de combattre les narcotrafiquants sont infiltrés par ces derniers.

D’après lui, le gouvernement ne veut pas reconnaître que la guerre, qui est l’objectif central de sa gestion a échoué aussi bien sur le plan militaire que sur le plan politique. Malgré cela, Marcos est convaincu que le gouvernement ne changera pas sa stratégie, car dans la mesure où la guerre est une affaire juteuse économiquement, elle sera maintenue tant qu’elle produira des profits.

Une nation brisée

Parallèlement à sa guerre militaire, Calderon en mène une autre, contre le travail digne et le salaire équitable. Il est déplorable qu’il accuse beaucoup de gens innocents qui sont morts suite à une terrible guerre perdue et interminable, d’être membres du crime organisé. Marcos insiste sur le fait que même s’il n’y a pas de vainqueur mexicain dans cette guerre, il y a une puissance étrangère qui a des projets pour reconstruire et réaménager le Mexique en tant que terrain de guerre. Le pire est que cette guerre est en train de détruire la dernière ressource de la nation: son tissu social est déjà complètement défait.

Marcos montre que ceux d’en haut impulsent cette guerre ratée, alors que ceux d’en bas ne récoltent que la mort. Il se demande combien de milliers de personnes assassinés étaient réellement des délinquants et si le millier d’enfants assassinés que le gouvernement a oublié de relever dans ses inventaires pouvaient être des sicaires du crime organisé.

Alors que ceux d’en haut tentent inutilement de dédramatiser avec des statistiques les crimes entraînés par leur guerre, le tissu social a été peu à peu défait dans l’ensemble du territoire mexicain. C’est la peur, l’incertitude et la vulnérabilité imposées par les armes qui l’emportent. Le bilan de cette guerre se soldera par d’importants gains économiques, des milliers de morts et une nation brisée.

« Ils ont réussi à arrêter cette guerre »

Dans la troisième partie de cette lettre, Marcos aborde la question de savoir ce qu’il est possible de faire. Il se rapporte à ce qui s’est passé il y a dix-sept ans, lorsqu’une gigantesque mobilisation citoyenne, sans chefs, ni dirigeants, a mis fin à la guerre d’extermination de Salinas contre les indigènes rebelles du Chiapas.

Marcos déplore qu’on ait voulu disqualifier l’initiative des travailleurs de la culture pour une campagne « Assez de sang » simplement parce qu’elle ne se pliait pas à un projet électoral. Marcos critique les nombreux contingents de gauche qui, trop occupés à faire des calculs mesquins en vue de la campagne électorale de 2012, n’ont pas mobilisé leurs forces pour mettre un terme à cette guerre pour aider le pays à survivre. Pourtant il sait qu’il y a tout de même ceux qui résistent et qui ne se rendent pas, ceux qui comprennent que les solutions ne viennent pas d’en haut, mais se construisent depuis en bas, avec ceux qui rejettent les illusions vendues par une «classe politique cadavérique », qui, au lieu de rester immobiles face à la guerre, mettent en train une alternative sociale de liberté, de justice, de travail et de paix.

Qu’est ce que la guerre zapatiste?

Dans la quatrième partie de son texte, Marcos explique que la guerre est inhérente au capitalisme et que la lutte pour la paix est anticapitaliste. Dans la deuxième partie du texte, il mentionnait déjà la guerre contre les communautés zapatistes, qui prend de l’ampleur tout en se dissimulant; dans cette dernière partie il traite du thème de la guerre menée par les zapatistes, et de sa nature paradoxale: ils gagnent même lorsqu’ils perdent, car leur guerre n’est pas de celles qui visent à détruire mais au contraire à construire.

L’objectif de la guerre menée par les zapatistes est de cesser d’être ce qu’ils sont actuellement pour devenir ce qu’ils devraient être. Cela est possible parce qu’ils reconnaissent l’autre et ce qui est autre non seulement dans les terres mexicaines, mais dans le monde entier. C’est ainsi qu’ils reconnaissent ceux qui, sans être comme eux, souffrent les mêmes douleurs, résistent de manière similaire, luttant pour une identité multiple qui n’annule pas, qui n’asservit pas et qui ne conquiert pas, dans l’aspiration à un monde sans armées.

Les zapatistes ne se sont ni vendus ni rendus

Marcos évoque la guerre qui a été lancée à partir du 1er janvier 1994 contre les peuples indigènes du Mexique. Il y a 17 ans, la société civile mexicaine leur avaient demandé d’emprunter la voie du dialogue pour que leurs demandes soient exaucées. Les zapatistes ont accepté et ont confirmé maintes fois cette option en s’en tenant à des initiatives pacifiques, ce malgré la guerre pressante que l’on menait contre eux.

Durant des années, les zapatistes ont résisté aux attaques militaires, idéologiques et économiques. En 2011, le silence règne sur ce qui se passe dans le territoire des zapatistes, qui même dans les conditions les plus difficiles n’ont pas cédé et ne se sont pas vendus. Ils ont travaillé à construire de meilleures conditions de vie pour leurs peuples. Les zapatistes ont le sens de la communauté et ils n’attendent pas en soupirant que les solutions leur viennent d’en haut. Ils ne soumettent pas leur cheminement à ceux qui attendent leur orientation d’en haut. Ils ont maintenu l’indépendance de leur projet et ils portent dans leur identité de solides atouts pour survivre face au désastre. Dans la mesure où ils ne comptent que sur eux-mêmes ils ne craignent pas d’échouer.

Profiter de la guerre

En 2011 cela fera 17 ans depuis que les zapatistes ont fait leur première apparition publique. Dans le cadre d’une guerre contre-insurrectionnelle, le gouvernement a fait de multiples tentatives de les liquider, mais sans succès. Malgré cette guerre contre eux, les zapatistes ont réussi à avancer dans la construction d’une autonomie pacifique.

Au milieu du mois de mars 2011 a eu lieu au Chiapas une rencontre nationale de militants et de défenseurs des droits humains. Marcos a formellement démenti les rumeurs propagées par les gens du gouvernement d’après lesquelles il serait gravement malade. Il a envoyé un message aux participants pour leur transmettre la reconnaissance des peuples zapatistes à l’égard de ceux qui ont choisi la voie difficile, inconfortable et ingrate, de défendre et de promouvoir les droits fondamentaux des êtres humains. Il a acclamé ceux qui ont choisi « d’être en bas avec ceux d’en bas », alors qu’ils auraient pu être en haut.

Les communautés zapatistes ont réussi à construire leur autonomie, mais l’Etat a poursuivi l’autre guerre, contre-insurrectionnelle, contre elles. Comme les médias sont remplis de nouvelles sur l’échec de la guerre contre le narcotrafic, un thème de prédilection pour la majorité d’entre eux, le gouvernement veut profiter de la situation de guerre généralisée pour écraser les zapatistes dans une guerre particulière.

Les manoeuvres officielles

En janvier 2011, le gouvernement a essayé de mettre sur le dos des zapatistes la séquestration du controversé politicien pianiste Diego Fernandez de Cevallos (politique mexicain allié au Parti action nationale, PAN, conservateur). L ‘ EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) a immédiatement publié un démenti. La manœuvre n’a pas pu aboutir parce que l’accusation n’avait aucun fondement. Au cours de ses longues années d’action, les zapatistes n’ont jamais recouru à la séquestration, qui est contraire à leurs principes. Depuis le cessez-le-feu, les zapatistes s’y sont tenus et ont utilisé des voies pacifiques.

Le réseau contre la répression et pour la solidarité a tout de suite démenti les fausses accusations gouvernementales. L’ EZLN, les communautés zapatistes et l’Autre Campagne (campagne politique dans le Mexique) ont été soutenus contre les mensonges du gouvernement mexicain par une large solidarité de groupes internationaux.

L’Etat a alors imaginé un autre biais pour frapper ces communautés: par ordre de la Cour Suprême de Justice et au mépris de la procédure judiciaire, on a libéré ceux que les proches et les voisins avaient parfaitement identifiés comme étant les assassins des personnes massacrées à Acteal en 1997.

L’Etat a poursuivi quotidiennement sa lutte masquée contre les communautés. Au début 2011, la communauté tzotzil de Miztion a dénoncé une fois de plus les agressions violentes commises par des paramilitaires protégés par le gouvernement. Cette communauté s’est opposée à la construction d’une autoroute sur ses terres collectives. A Bachajon, une autre communauté zapatiste a recherché et détenu ses assaillants et les a remis aux autorités, qui se sont empressées de les libérer.

Il y a eu encore une autre manœuvre officielle: en complicité avec les autorités d’Etat, des gens qui prétendent faire partie de l’Autre Campagne procèdent à des occupations violentes de propriétés. Les autorités ont également encouragé et protégé des gens inscrits dans d’autres partis politiques pour qu’ils investissent les secteurs contrôlés par des membres de l’Autre Campagne; elles ont également emprisonné des personnes accusées de délits qu’elles n’avaient pas commis, pour les épuiser avec des procédures judiciaires truquées.

Ils convoitent leurs territoires

L’Etat utilise des paramilitaires pour agresser des communautés zapatistes, prive ces dernières de leurs territoires et accuse ensuite les victimes d’être coupables de l’agression. Ensuite, en destituant la communauté agressée, l’Etat s’entend avec des partisans du gouvernement pour consommer les dépouilles. Lorsque les communautés manifestent pour se défendre, elles sont évidemment réprimées.

Il y a eu de nombreuses mobilisations pour demander la libération des prisonniers zapatistes. Le gouvernement utilise abusivement les prisonniers pour faire pression sur leurs communautés et exercer un chantage pour les pousser à négocier et à céder leurs droits territoriaux. Les terres doivent ensuite servir les projets gouvernementaux en matière de tourisme et d’investissements au bénéfice d’entreprises. Les communautés dénoncent toutes ces agressions en détail aussi bien à niveau national qu’international.

Au cours du premier trimestre de 2011, le gouvernement du Chiapas a lancé une offensive officielle contre l’Autre Campagne zapatiste, emprisonnant injustement des membres des communautés et des avocats défenseurs des droits humains. L’Organisation Mondiale Contre la Torture a dénoncé l’arrestation arbitraire et la violation des droits humains de membres de l’Autre Campagne.

Le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas a accusé le gouvernement de l’Etat du Chiapas de criminaliser les bases de soutien zapatistes par de graves violations des droits humains dans les procédures judiciaires, en soulignant que le gouvernement du Chiapas s’est appliqué à créer et à administrer des conflits pour exercer le contrôle territorial au détriment des droits des communautés indigènes.

Les disputes territoriales sont provoquées par fait que ces terres sont convoitées par des investisseurs privés. Les projets d’investissement visent à dépouiller les agglomérations par des évictions forcées, avec la cooptation pour la signature de conventions, l’occupation militaire et policière et la criminalisation des défenseurs.

Le gouvernement est sur l’offensive

En 2010 un dialogue et un accord communautaire avaient été conclus stipulant que les populations pouvaient administrer et préservent leurs ressources, mais le gouvernement a abandonné cette voie et il a passé agressivement à l’offensive. Selon l’organe de droits humains, le gouvernement tente de faire apparaître comme étant des échauffourées intercommunautaires les conflits qu’il a lui-même provoqué. Cette situation est le produit d’une guerre totale d’usure contre les organisations de la région.

Le projet d’autonomie des communautés qui vise à défendre leurs terres gène le gouvernement parce qu’il a empêché la privatisation de ces terres pour promoteurs. A New-York, à Londres, à Edimbourg, à Paris, à Berlin, à Barcelone et à Buenos Aires, des associations proches de l’Autre Campagne zapatiste ont dénoncé le gouvernement fédéral mexicain et le gouvernement du Chiapas pour la répression, en soulignant à quel point la répression constante contre les communautés par des militaires, des policiers et des paramilitaires est angoissante.

L’autre guerre est dirigée contre les peuples indigènes

L’autre guerre n’est pas limitée au Chiapas, elle s’exprime crûment dans le pays tout entier contre des collectivités, surtout indigènes, qui cherchent des voies de survie en marge du capital et de l’Etat.

L’Etat mexicain a pris le parti des entreprises prédatrices qui aspirent à contrôler les richesses naturelles des peuples indigènes, lesquels ne sont pas disposés à se laisser dépouiller de leur patrimoine. Beaucoup d’entre eux sont opposés aux activités des compagnies minières qui contaminent leurs sols. Beaucoup de communautés se battent contre les grands barrages qui leur enlèvent leurs terres et leurs habitations. Malgré ces multiples dépouillements, les peuples indigènes continuent à résister.

Un décompte des luttes de ces peuples a été fait dans les réunions du Congrès National indigène qui a eu lieu dans la communauté de Mezcala en janvier 2011 sur les rives du Lac de Chapala, et en mars dans la communauté purépecha de Nurio.

Ils parlent en mezcala

Lors de la première réunion du Congrès National indigène les communautés participantes ont pris position contre la privatisation et la transformation de l’île de Mezcala. Ils ont exigé l’annulation de dizaines de concessions minières accordées à de grandes entreprises minières nationales et étrangères. Ils ont élevé leurs voix en défense des peuples qui s’opposent à la construction de routes qui transgressent leurs lieux sacrés. Ils ont dénoncé l’invasion massive d’entreprises transnationales de production d’avocats au sud de Jalisco. Ils ont refusé le pillage des forêts des communautés purépechas. Ils ont exigé le respect de la position de la communauté michoacana de Santa Maria de Ostula et de ses patrouilles communautaires.

Ils ont également exigé que plusieurs prisonniers politiques indigènes dans tout le pays soient reconnus innocents et libérés, puisque leur seul délit a été de défendre leurs communautés. Ils ont désavoué la réponse belliqueuse de l’Etat avec le harcèlement de la part de l’armée et de beaucoup de groupes paramilitaires envoyés dans les localités par Caleron. Ils ont argumenté en défense du peuple triqui de Oaxaca et les Caracoles y Juntas de Buen Gobierno zapatiste au Chiapas. Ils ont désavoué le pillage des biens des peuples de l’Isthme de Tehuantepec.

Ils parlent en nurio

Lors de la deuxième rencontre ils ont continué à passer en revue tous ces problèmes, en soulignant que plusieurs communautés revendiquaient que les paramilitaires quittent leurs communautés. Ils ont rappelé qu’il y a quinze ans étaient signés les Accords de San Andrés (février 1996) qui devaient assurer l’autonomie des peuples indigènes.

Les participants ont annoncé qu’ils allaient poursuivre la construction de l’autonomie de leurs peuples. Ils ont souligné qu’ils allaient continuer à défendre le droit millénaire au territoire dans chaque plage, dans chaque rivière, dans chaque forêt, dans chaque désert et dans chaque forêt vierge, parce que la Mère Terre dont ils font partie n’est pas une marchandise.

Ils ont déclaré que le Congrès National indigène n’oublie pas ses morts qui leur donnent la force de résister aux conséquences de la mauvaise gouvernance et des menaces du grand capital. Ils ont indiqué que le Congrès National indigène était le lieu des peuples indigènes, un espace de sécurité, un lieu de réflexion où la parole peut aller et venir, la parole qui est histoire, travail, danse, musique, école, terre, dignité, forme et vie autonome.

Les peuples indigènes se félicitent que le Congrès National indigène puisse être un lieu où ils peuvent partager leurs expériences, leurs tristesses et leurs joies, où ils peuvent construire la fraternité et la rébellion, défendre leurs terres, leur eau, leurs radios communautaires et leur dignité.

Les membres de l’Autre Campagne zapatiste, peuples indiens, paysans, travailleurs de tout genre, jeunes anarchistes, organisations de quartier et beaucoup d’autres, souffrent des conséquences de cette autre guerre que le gouvernement et le capital ont déchaînée contre eux sous le manteau de la guerre échouée contre le narcotrafic. Ce rassemblement de ceux d’en bas a appris des peuples indiens l’acharnement, la patience et la créativité dans le long terme.

Des pistes dans le monde arabe

Dans son analyse de ce qui est en train de se passer actuellement dans le monde arabe, le philosophe Alain Badiou nous propose quelques pistes qui peuvent aider à comprendre la dynamique de ceux d’en bas face à la guerre ambiguë du capital et de l’Etat contre le narcotrafic et de la guerre contre leur autonomie.

Badiou met en évidence la décadence de tout Etat, ce qui implique qu’un jour, librement associés dans le déploiement de leur puissance créatrice, les peuples pourront s’organiser sans la funeste coercition de l’Etat.

Une autre de ses pistes concerne le fait que parmi ceux d’en bas ce n’est pas une soi-disant contagion qui se répand, mais une résonance, quelque chose qui prend forme dans un lieu donné et qui résonne ailleurs avec une onde de choc. C’est précisément ce qui s’est passé avec le zapatisme au Mexique: il a produit des résonances, surtout sur la construction d’autonomies.

Badiou souligne que la résonance a à faire avec ce qu’il définit comme l’événement, cette création d’une foule de possibilités qui n’est pas la simple répétition de ce qui était déjà connu. Badiou nous explique que lorsqu’un événement se déclenche, ce sont ceux qui savent comment résoudre les problèmes que pose l’événement en question qui forment le peuple.

Le destin d’un événement est de résoudre des problèmes sans l’aide de l’Etat. Badiou insiste sur le fait que des milliers de nouvelles possibilités en rapport avec les contradictions surgissent à tout moment, des possibilités auxquelles l’Etat, n’importe quel Etat, est complètement aveugle.

Face à un Etat aveugle

Face à l’Etat se forge une allégeance organisée qui pourra imaginer les étapes successives de l’action dans une dynamique d’émancipation. Tout cela est en train de se produire dans l’Autre Campagne zapatiste. Mais cela ne suffit pas. La survie créatrice de ceux d’en bas a besoin d’une ferme solidarité pour contrer les constantes agressions de la guerre qu’ils subissent. (Traduction A l’Encontre)

* Chercheur de Ciesas, correspondant de Envio au Mexique. Article datant d’avril 2011.

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