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Tunisie: «Pour la tenue d’un congrès national contre la violence»

Publié par Alencontre le 28 - février - 2013
Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs tunisiens

Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs tunisiens

Par le Parti des travailleurs tunisiens

Le Conseil national du Parti des Travailleurs (anciennement Parti communiste des ouvriers de Tunisie –PCOT) s’est réuni dimanche dernier en session ordinaire baptisée session «Chokri Belaïd» (voir les articles à ce sujet sur ce site). Les membres du Conseil national ont fait porter la responsabilité politique de l’assassinat de Chokri Belaïd au Gouvernement provisoire et à la Troïka au pouvoir (soit l’alliance tripartite au gouvernement tunisien: Ennahdha, Ettakatol, CPR, et des indépendants). Sous son pouvoir, la violence politique s’est développée sous toutes ses formes: agressions, menaces, qualification d’apostat, assassinats…

Par son laxisme le Gouvernement n’a pas été énergique et devrait réagir fermement dans la protection des victimes de la violence, et la poursuite de ses auteurs. A un certain moment on sentait une complicité, puisqu’on se permettait de trouver des prétextes pour faire passer cette violence, tout en lui créant un climat politique et social propice. Les membres du Conseil national appellent à faire la lumière sur l’assassinat de Chokri Belaïd et tous ceux qui ont poussé à cette tragédie.

Le Parti des Travailleurs considère que le pays vit une crise aiguë dans tous les domaines, politiques, économiques, sociaux et sécuritaires. Il n’y a pas de feuille de route claire pour la suite de la période transitoire. Les réformes nécessaires dans la magistrature et l’Intérieur n’ont pas été entreprises. Les instances de régulation n’ont pas été installées. L’objectif est de permettre à Ennahdha de mettre encore plus la main sur les instances de l’Etat et de l’administration et de reproduire le système totalitaire sous une autre couverture. Ils font porter au pouvoir actuel la responsabilité de la crise.

Au Parti des Travailleurs, on condamne l’approche d’Ennahdha privilégiant les quotas en nommant Ali Laârayedh à la tête du Gouvernement. Il s’agit de reproduire l’ancienne formule avec un nouveau décor politique. C’est une reproduction de la politique qui a mené à l’échec de l’ancien gouvernement. Le Parti des Travailleurs, fait porter à ceux qui partagent la même démarche d’Ennahdha la responsabilité de l’échec du processus engagé.

Les membres du Conseil national réitèrent leur attachement au Congrès de salut national auquel a appelé le Front populaire ainsi que d’autres forces politiques et civiles. C’est la meilleure voie de sortie de la crise, avec un programme de sauvetage du pays, traçant une feuille de route claire et des mesures urgentes pour sauver l’économie tunisienne de la faillite et amortir l’impact du coup de la crise sur les couches sociales populaires. Il faut un gouvernement de crise à composition réduite dont les membres n’auront pas à se présenter aux prochaines élections

Dans ce cadre, le Conseil national invite toutes les forces politiques, sociales et civiles imprégnées du sens de l’intérêt du pays à faire bloc autour de l’initiative du Front populaire. Il a attiré l’attention sur les dangers sécuritaires, particulièrement l’amoncellement des dépôts d’armes, aggravés par la poursuite de l’action des milices violentes.

Il considère que le pouvoir est responsable de cette situation. L’appel à l’organisation d’un congrès national contre la violence a été renouvelé, ainsi que la nécessité de dissoudre les prétendues Ligues de protection de la Révolution et toutes les milices. Par ailleurs, le Parti des Travailleurs dénonce les accords économiques et financiers contractés par le Gouvernement démissionnaire. Ces accords hypothèquent l’avenir du pays et sa souveraineté.

Le Parti des Travailleurs continue à plaider pour la suspension du remboursement de la dette extérieure et appelle à procéder à l’audit de cette dette. (Article publié dans Le Temps de Tunisie en date du mardi 26 février 2013)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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