dimanche
19
novembre 2017

A l'encontre

La Brèche

Cyril Ramaphosa: la mutation du syndicaliste

Cyril Ramaphosa: la mutation du syndicaliste

Par Patrick Bond

En ce 7 mai 2014, des élections se déroulent en Afrique du Sud. L’ANC et le président Jacob Zuma vont obtenir la majorité. L’essentiel des médias concentrent leurs analyses sur les développements se jouant dans l’arène électorale. Les transformations à l’œuvre sous le régime de l’ANC, la jonction entre les sommets de l’ANC et le grand capital, la colère sociale qui s’exprime depuis deux ans, l’importance quantitative d’une couche jeune de la population qui n’a pas connu l’apartheid institutionnel mais vit la perpétuation d’un apartheid social, tout cela n’est pas au centre de très nombreux commentaires. Or, un tournant s’est pourtant opéré depuis les grèves d’août 2012 à Marikana. Une grève qui se «solda» par 34 assassinats de grévistes sous les balles de la police. Aujourd’hui, 70’000 grévistes des mines de platine continue une grève commencée au début de 2014. Cela constitue l’arrière-fond de la mise en scène de ces élections. Nous publions ici la deuxième partie de l’article de Patrick Bond qui fait le point sur les relations entre l’Etat, l’ANC au gouvernement et le grand capital. Dans ce contexte, il situe l’émergence d’une contestation sociale et politique. Vous trouverez la première partie de cet article sur ce site alencontre.org en date du 2 mai 2014: La malédiction des ressources et la montée des résistances sociales (I). (Rédaction A l’Encontre)

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Cyril Ramaphosa a été lui-même dans le passé un dirigeant des mineurs (il conduisit une grève pionnière en 1987 s’étendant à tout le secteur). Au début des années 1990, il a été secrétaire général de l’ANC (African National Congress) ainsi que le principal auteur de la Constitution de 1996 de l’Afrique du Sud.

Le capitalisme des copains de l’ANC

Après avoir accumulé plus d’un milliard – 1000 millions – de dollars de fortune personnelle au cours des seize années suivantes à la tête de diverses entreprises, Ramaphosa a manifesté dans ses courriels du 15 août 2012 – lors de la grève réprimée par la police (34 morts) à Marikana – des propos qui le condamnent. Il affirma que le conflit de travail à Lonmin (société dans laquelle il siégeait au Conseil d’administration) était «lâchement criminel». Il fit appel à ses alliés au gouvernement, y compris les ministres de la police et des mines, pour réprimer les mineurs. Le massacre se déroula un jour plus tard.

Ramaphosa est un personnage assez complexe. Des partisans de l’ANC, d’orientation libérale, sont convaincus qu’il fera revivre le parti au pouvoir. Par exemple, Richard Calland, commentateur influent et professeur de droit à l’Université de Cape Town, qualifie Ramaphosa de «dirigeant modéré, celui de toute la nation, bien dans sa peau et avec un curriculum vitae vraiment extraordinaire, talentueux au plus haut point». C’est un homme qui tente de «donner une nouvelle orientation de fond au sein de l’ANC, celle la “gauche raisonnable”.» D’une manière optimiste, Calland souhaite que «les connaissances désormais étendues»  de Ramaphosa «des salles de direction des entreprises d’Afrique du Sud soient déployées en vue de mettre une pression réelle sur le grand capital [sous-entendu blanc], de s’assurer qu’il joue son rôle en créant des emplois et qu’il soit disposé à opérer les changements nécessaires en vue de bâtir une économie faiblement consommatrice en énergies fossiles et employant une main-d’œuvre importante qui corresponde aux objectifs de compétitivité mondiale et qui, en outre, traite ses travailleurs de manière juste et décente.»[1]

Un tel enthousiasme en faveur de Ramaphosa, particulièrement courant dans la presse financière, implique de passer par-dessus les évidences de son parcours depuis 1994 qui contredisent cette image construite. «Mettre une pression réelle sur le grand capital»? Ramaphosa, depuis le début, a présidé un processus d’élaboration de la Constitution dont la Déclaration des droits offre d’une manière exceptionnelle aux grandes entreprises – définies comme des «personnalités juridiques» – les mêmes droits humains dont nous jouissons en tant que mortels; ce qui signifie que les profits dominent l’intérêt public [2]. Ensuite, Ramaphosa se fit publiquement le partisan de la libéralisation du contrôle des changes, une politique qui contribua à ce que l’Afrique du Sud devienne, selon le quotidien de la City londonienne, The Economist, le marché émergent le plus risqué du monde à partir du crash de 2008-2009 [3].

De vastes sommes du butin des riches blancs, sans même parler des sièges des plus grandes entreprises d’Afrique du Sud, cherchèrent refuge, rapidement, dans les paradis fiscaux. En 2007, la fuite de capitaux atteignit un sommet jusqu’ici jamais atteint: à hauteur de 23% du PIB [4]. C’est l’une des raisons qui fait que la dette extérieure de 150 milliards de dollars est actuellement six fois plus importante qu’en 1994, ce qui exerce une «pression réelle» bien plus importante sur le projet social et démocratique que sur le grand capital, car son paiement implique des restrictions budgétaires drastiques.

Une «économie employant une main-d’œuvre importante» qui «traite ses travailleurs de manière juste et décente»? Le plaidoyer de Ramaphosa, en tant que vice-président du Plan national de développement, en faveur de nouvelles infrastructures d’une valeur d’au moins 100 milliards de dollars, penche fortement en direction de subventions supplémentaires aux investissements intensifs en capital dans les secteurs des mines et des transports, donc réduisant la main-d’œuvre [ce qui est la thématique du patronat face aux grévistes des mines de platine].

La plupart de ces infrastrucutures seront privatisées, à l’exemple de la plus grande partie du projet d’un complexe portuaire-pétrochimique, devisé à 25 milliards de dollars, à Durban sur le site du plus grand port d’Afrique. Un projet auquel les activistes locaux sont fortement opposés [5]. Pour ce qui a trait à l’exigence de traiter les travailleurs d’une manière juste, Marikana a dévoilé le véritable Ramaphosa, lorsqu’il est mis sous pression.

Une «économie faiblement consommatrice en énergies fossiles»? En novembre 2012, dans un autre cas de connivence, un groupe d’enquête du Mail&Guardian a cité une source gouvernementale fiable. Elle révélait à quel point Edna Molewa craignait de perdre son poste de ministre des Eaux et de l’environnement dans le cas où Ramaphosa serait poursuivi pour faire fonctionner des mines à haute teneur en carbone sans licence pour l’utilisation de l’eau. Molewa a apparemment organisé la conclusion d’un accord en dehors des tribunaux. Les experts craignent qu’une telle entreprise hâte la dégradation de plans d’eau essentiels à l’irrigation de l’agriculture, de zones habitées et du parc Kruger, de renommée mondiale, ainsi que le Mozambique lorsque les rivières franchissent la frontière [6].

Dès le début, l’accumulation de la richesse douteuse par Ramaphosa a été liée à la destruction économique de deux entreprises majeures possédées par des Noirs (Sam Molope Bakery et Johnnic). Puis, il a accumulé une fortune personnelle de 1 milliard de dollars réalisée principalement via sa compagnie Shanduka, dont les ramifications atteignent toute l’économie de l’Afrique du Sud: les industries lourdes (Macsteel et Scaw Metals), les mines (Lonmin, Kangra Coal, Lace Diamonds, Pan African Resources), la finance (Standard Bank, Alexander Forbes, Investment Solutions et Liberty Group), la malbouffe (McDonald’s et Coca-Cola), ainsi que les transports (Bidvest).

Ramaphosa préside également le groupe de fabrication de pâte à papier Mondi et l’entreprise de téléphones portables MTN. Il était membre du conseil d’administration des bières SABMiller (qui est actuellement le second brasseur dans le monde). Il en a été président. Il a rejoint la direction de l’ANC en tant que deuxième dans la hiérarchie du parti en décembre 2012, se plaçant en position pour être le président adjoint d’Afrique du Sud lors des élections de 2014. Il plaça progressivement, par conséquent, certaines parties de son portefeuille d’actions aux mains d’organismes «indépendants» de gestion d’actifs. Il se débarrassa d’autres afin d’éviter des accusations en raison de conflits d’intérêts manifestes.

Le tournant de Marikana: Ramaphosa et la police

Mais le point d’inflexion le plus critique fut la manière dont Ramaphosa fit appel à la police pour servir le capital transnational dominé par des Blancs en tuant des dizaines de travailleurs noirs afin de mettre un terme à une grève brève, celle de Marikana en août 2012.

Au-delà des questions évidentes de droits de l’homme et de la nature des rapports entre employeurs et salariés, cet «événement» a créé la possibilité d’un renouvellement profond de la réflexion politique, dévoilant les caractéristiques, pouvant prendre des traits extrêmes,  de la classe dominante représentée par la fusion du capitalisme noir de Ramaphosa, la collaboration (par le biais de Ramaphosa) de Lonmin avec les ministres des Mines et de la Police et la brutalité des procureurs de l’Etat qui accusèrent les victimes d’être responsables du crime.

Cela a aussi mis en lumière le prétendu «syndicalisme qui fait les yeux doux au pouvoir», celui du National Union of Mineworkers (NUM) dont l’impopularité est croissante ainsi que la fragilité du Congress of South African Trade Union (Cosatu). Ce dernier est divisé entre, d’un côté, les partisans du président Jacob Zuma et de Ramaphosa, et, de l’autre, ceux qui prennent à cœur les intérêts des travailleurs, soit celui du NUMSA (National Union of Metalworkers of South Africa). Cette division était déjà bien avancée en 2012, en partie parce que l’éviction de Thabo Mbeki, en tant président de l’ANC, fut menée par des syndicalistes et des militants communistes qui considéraient, entre autres, que le néolibéralisme de Mbeki avait récompensé d’une manière bien trop généreuse les intérêts du capital blanc.

Albert Jamieson a rejoint Lonmin en 1989, après 8 ans à Impala Platinum

Albert Jamieson a rejoint Lonmin en 1989,
après huit ans à Impala Platinum

L’un des courriels du 15 août [2012] de Ramaphosa reflète le rapport de pouvoir que Lonmin a gagné dans son association avec l’ancien dirigeant des mineurs. En voici la teneur: «Les événements terribles qui se sont déroulés ne peuvent être décrits comme un conflit de travail. Ils sont d’une entière lâcheté criminelle et doivent être qualifiés comme tels. Il est nécessaire que des actions soient prises en conséquence pour faire face à cette situation.» Ramaphosa écrivit à Albert Jamieson, de la direction de Lonmin: «Vous avez absolument raison d’insister sur le fait que le ministre ainsi que d’ailleurs l’ensemble des fonctionnaires du gouvernement, doivent comprendre que nous avons essentiellement à faire à un acte criminel. C’est ce que j’ai dit au ministre de la Sûreté et de la Sécurité. J’insisterai pour que cette ministre [Susan] Shabangu aie une discussion avec Roger [Phillimore, président de Lonmin].»[7]

Révélant ces courriels, l’avocat des 270 mineurs arrêtés, Dali Mpofu, expliquait à la Commission d’enquête Farlam [du nom du juge Gordon Farlam, un ancien président de la Cour d’appel]: «Il y a plus bas une longue série de courriels qui, dans la même veine, encouragent effectivement à ce que soient prises desdites actions concomitantes pour se charger de ces criminels, dont le seul crime était qu’ils voulaient obtenir une augmentation salariale […] Au cœur de tout cela, on trouve la collusion toxique entre les services de police d’Afrique du Sud et Lonmin, et cela à un niveau direct. Sur une échelle bien plus large, on peut appeler cela une collusion entre l’Etat et le capital. C’est ce phénomène qui se trouve au centre de ce qui s’est passé ici.

Cette collusion entre Etat et capital est arrivée de nombreuses fois dans l’histoire de ce pays [y compris…] lors d’une grève massive de mineurs blancs en 1922, auquel le gouvernement Smuts [premier ministre d’Afrique du Sud entre 1919 et 1924 ainsi qu’entre 1939 et 1948] fit face en faisant appel aux forces aériennes et au cours de laquelle 200 personnes furent tuées. En 1946, dirigés par l’African Mineworkers Union, 70’000 travailleurs africains partirent dans une grève de masse et le gouvernement envoya 16’000 policiers qui arrêtèrent, de la même manière que cela a été fait aux personnes que nous représentons [les mineurs de Marikana], certains mineurs sur la base d’une loi nommée Loi sur les mesures de guerre (War Measures Act).

Cette collusion entre capital et Etat s’est donc déroulée selon des schémas systématiques au cours de l’histoire, de l’histoire sordide, de l’industrie minière dans ce pays. Une partie de cette histoire comprend la collaboration avec de prétendus chefs tribaux qui furent corrompus et utilisés par ces gouvernements oppresseurs afin de transformer les fermiers africains, vivant en autosuffisance, en esclaves salariés. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où ces chefs ont été remplacés par de prétendus partenaires BEE [8] de ces mines, prenant le relais de la complicité [avec les entreprises][9]

Les relations privilégiées symbolisées par le couple Ramaphosa-Lonmin révoltèrent les mineurs, accroissant leur endurance à des niveaux les plus élevés que nous connaissons [10]. L’offensive réussie de relations publiques de Lonmin ainsi que ses rapports étroits avec le parti gouvernemental donna probablement confiance à ses dirigeants pour poursuivre leur mauvais traitement des travailleurs migrants. Le NUM est tellement coopté que l’on rapporte que les délégués syndicaux sur les lieux de travail [shop stewards] sont payés trois fois plus que les travailleurs ordinaires. Frans Baleni, le secrétaire général du NUM, gagne alors 160’000 dollars par année. Il accéda à la notoriété lorsqu’il recommanda, fin 2011, à Lonmin de licencier 9000 des mineurs de Marikana de leur mine de Karee, parce qu’ils avaient participé à une grève sauvage. Quelque 7000 des travailleurs licenciés furent réengagés, mais ils démissionnèrent du NUM pour rejoindre le jeune syndicat rival Association of Mineworkers and Construction Union (AMCU). Dans la mine proche de Implats, le résultat fut le suivant: sur les 70% des 28’000 travailleurs qui étaient membres du NUM à la fin de 2011, le ratio était, en septembre 2012, aussi bas que 13%, l’AMCU acquérant la représentation ouvrière effective.

Les relations de copinage plongent profondément dans l’Etat, avec les gouvernements provinciaux et municipaux de la ceinture minière apparemment gagnés par la corruption. Un cas emblématique fut l’assassinat, en 2009, d’un lanceur d’alerte bien connu de l’ANC, Moss Phakoe. Un juge découvrit que cet assassinat fut organisé par le maire de Rustenburg, le district municipal qui se situe juste à l’est de Madibeng. Une fois encore, dans ce contexte, Lonmin et les autres grandes compagnies minières de la ceinture de platine peuvent avoir considéré l’Afrique du Sud comme rien d’autre qu’un autre pays du tiers monde méritant le qualificatif de «maudit en raison de ses ressources» – un terme qui s’applique habituellement à des lieux où les relations de clientèle dictatoriales et familiales permettent au capital transnational des industries extractives de, littéralement, disposer du feu vert en matière de meurtre. Lors des premières années de la présidence de Zuma, environ deux dizaines de lanceurs d’alerte anti-corruption, comme Phakoe, ont été tués [11].

Au niveau national également, les entreprises familiales correspondent bien au clan Zuma. Il est fait état qu’il possède 220 entreprises. Il n’était pas surprenant d’apprendre, par exemple, qu’il possédait en commun avec le rejeton de la famille Gupta – soutien généreux du système de patronage de Zuma – Dudazane et JIC. Cette dernière est la plus grande entreprise de la région du platine spécialisée dans la sous-traitance de travailleurs temporaires, ce que l’on appelle parfois le «courtage de travailleurs», bien que JIC nie cela et que le NUM dispose d’un accord de «reconnaissance» avec l’entreprise.

Ce n’était pas non plus un secret que le neveu du président, Khulubuse Zuma, joua un rôle destructeur dans le territoire voisin de mines d’or en tant que copropriétaire de l’entreprise minière Aurora (anciennement Harmony Mines), qui allait bientôt être en faillite, avec l’avocat de Zuma et Zondwa, le petit-fils de Mandela.

En effet, cette firme minière enregistre probablement le plus grand record de ravages écologiques et de conflits de travail de l’époque de l’après-apartheid, illustrant à quel point les compagnies minières possédées par des Blancs vendent des mines épuisées avec d’importantes charges en matière de drainage minier de boues acides à des propriétaires noirs, firmes mal équipées pour faire face aux inévitables crises écologiques, sociales et des «rapports de travail» [12].

La société sud-africaine a appris donc bien des choses sur son propre fonctionnement à la suite du massacre de Marikana. Et cela en raison d’une prise de conscience croissante du contexte socio-économique, politique et écologique.

Jacob Zuma, lors du Congrès Mangaung de l'ANC, en 2012

Jacob Zuma, lors du Congrès Mangaung de l’ANC, en 2012

Le décor fut planté, immédiatement après Marikina, lors de nouveaux débats pour savoir si l’Alliance tripartite [entre le Parti communiste d’Afrique du Sud, la Cosatu et l’ANC] était désormais une combinaison politique progressiste ou régressive. A l’occasion se dégagèrent deux orientations entre, d’un côté, les syndicalistes de centre-gauche et les communistes (lié au PC sud-africain) qui sont proches du pouvoir officiel et ainsi défenseurs du statu quo politique, et, de l’autre côté, les progressistes critiques et indépendants qui sont convaincus que la politique d’Afrique du Sud pourrait prendre un tour traduisant la polarisation de classe.

Chevauchant la crise et ces débats, on trouve la division interne à l’ANC entre les forces en faveur et celles qui sont opposées à Zuma. Cela s’exprima déjà avant et lors du Congrès de la Cosatu en septembre 2012. Et y compris avant que Zuma, lors de la conférence électorale de Mangaung de l’ANC, écrasa son seul opposant (Kgalema Motlanthe, le vice-président d’alors) dans la compétition pour la présidence de l’ANC, en réunissant 75% des votes. C’est cette même bataille politique qui paralysa initialement la direction syndicale, étant donné le danger que ce débat ne provoque dans la Cosatu des forces centrifuges que son secrétaire général populaire, Zuwelinzima Vavi, ne pourrait pas contrôler. (Traduction A l’encontre. Article publié en février 2014 dans la revue états-unienne Monthly Review)

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[1] Richard Calland, ANC: The Battle for Power Is About to Beging, Mail&Guardian, 18 janvier 2013, http://mg.co.za.

[2] Parick Bond, FIF Forbids Free Speech at World Cup, Counter Punch, 9 juillet 2010, http://counterpunch.org.

[3]  The End of the Affair, Economist, 15 juin 2013, http://economist.com.

[4] Rex Mckenzie et Nicolas Pons-Vignon, Volatile Capital Flows and a Route to Financial Crisis in South Africa, University of Witwatersrand, Augur Working Paper 2, février 2012, http://augurproject.eu.

[5] South Durban Community Environmental Alliance, Petrochemical Expansion Threatens South Durban – A $25 Billion Mega-Project Mistake, novembre 2013, http://climate-connections.org.

[6] Nelly Shamase et Matuma Letsoalo, Saving Cyril, Mail&Guardian, 9 novembre 2012, http://mg.co.za.

[7] Graeme Hosken, Ramaphosa Exposed,Times LIVE, 24 octobre 2012.

[8] BBE : Black Economic Empowerment, programme de l’Etat visant officiellement à «corriger» les inégalités dont le régime de l’apartheid a frappé les noirs et les groupes minoritaires, comme les métis. (Réd. A l’Encontre)

[9] 1. Farlam Commission, Transcription of the Commission of Inquiry: Marikana – Days 1 to 7, 1 to 31 October 2012, Pretoria, http://seri- sa.org

[10] Un article du Monde, daté du 6 mai 2014, commence ainsi :«Jamais l’Afrique du sud démocratique n’a vécu une gèrve aussi longue» [commencée en janvier 2014]. Sébastien Hervieu note: «Presque deux ans après les faits [Marikana], la fin des travaux de la commission d’enquête ne cesse d’être repoussée. Les électeurs voteront mercredi sans en connaître les conclusions, alors que le Congrès national africain (ANC), au pouvoir et grand favori du scrutin législatif, est accusé d’avoir encouragé la répression. La police est accusée d’avoir tiré alors que des mineurs grévistes étaient en fuite. « Je ne veux pas de ce gouvernement qui a fait tirer sur nous, je ne voterai pas pour l’ANC », assure Bongani, mineur chez Lonmin depuis quinze ans. Le président sud-africain, Jacob Zuma, qui vise un second mandat, a dû annuler sa visite à Marikana le 29 avril par crainte des violences. Quelques jours plus tôt, le local de l’ANC à Wonderkop avait été incendié. Vendredi, aucun tee-shirt jaune, vert et noir, les couleurs du parti historique de Nelson Mandela, n’était visible à Marikana. La mode était plutôt au béret rouge […].« Nous trimons pour extraire ce minerai si précieux pour les voitures, les téléphones portables, nous méritons ces 12500 rands!» [860 euros], tonne Luyanda Magadlela, responsable local de l’EFF [c’est-à-dire la formation de Julius Malema, ancien dirigeant de la Ligue des jeunes de l’ANC, avec ses bérets rouges] et foreur chez Lonmin. Il balaie les menaces de mécanisation de la production, et de licenciements massifs, lancées par les compagnies: «Si ces patrons veulent partir, qu’ils s’en aillent ! Nous nationaliserons les mines et nous en occuperons nous-mêmes ». EFF revendique 8000 adhérents dans la cité minière. Marikana sera un test symbolique pour l’ANC, accusé depuis son arrivée au pouvoir il y a vingt ans de collusion avec les grands groupes. C’est d’ailleurs l’actuel vice-président de l’ANC, Cyril Ramaphosa, alors membre du conseil d’administration de Lonmin, qui avait demandé en 2012, vingt-quatre heures avant le massacre, que des mesures soient prises contre les grévistes, ces «criminels». (p.6)

[11] David Bruce, Political Killings in South Africa: A Provincial Concern?, SA Crime Quarterly no. 45, 30 septembre 2013, http:// issafrica.org.

[12] Yolandi Groenewald, Aurora Mine’s Toxic Water Crisis, Mail&Guardian, 11 juin 2010, http://mg.co.za.

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