lundi
22
avril 2019

A l'encontre

La Brèche

Carte non disponible

Date/Heure
Date(s) - 25/03/2019
20:00 - 22:30

Lieu

Categorie(s)


Conférence-débat
Lundi 25 mars 2019, à 20 heures, Lausanne, Espace Dickens
(av. Charles Dickens 4)

2018: conférences variées sur le centenaire de la grève
de novembre 1918.

2019: silence sur les réactions durables de la droite patriotique suite à cette mobilisation sociale. Ce silence mérite d’être brisé. Il le sera avec l’exposé de

Dorothe Zimmermann, historienne,
Université de Berne

(avec traduction simultanée)

«Les activités anti-communistes de la Fédération patriotique suisse (1918-1948). Une dimension de ladite sécurité de l’État»

Fondée en 1919, la Schweizerischer Vaterländischer Verband/Fédération patriotique suisse (SVV/FPS) est un réseau anticommuniste et d’extrême droite. Issues des gardes civiques, ces milices bourgeoises sont formées pour contrer un mouvement ouvrier radicalisé, qui se mettra en grève générale pendant trois jours en novembre 1918. Structurée autour de trois axes – la protection des briseurs de grève et des services dits indispensables; l’espionnage du mouvement ouvrier; la diffusion large d’articles de presse anticommunistes – la FPS/SVV tisse des relations avec des organisations similaires dans d’autres pays européens (entre autres l’Allemagne et l’Espagne). La FPS/SVV exercera une influence notable sur les pratiques répressives des autorités fédérales et cantonales.

Connaître l’histoire de la FPS/SVV, c’est s’intéresser à un épisode crucial de l’histoire suisse. La réponse des autorités et du patronat à la grève générale suivra deux objectifs complémentaires: la répression (et c’est autour de celle-ci que se déploie l’activité de la FPS/SVV) et l’intégration subordonnée du mouvement ouvrier. Ces deux dimensions ont façonné durablement la politique en Suisse et exercent une influence encore visible aujourd’hui. Prendre connaissance d’un épisode et d’une organisation peu connus, après les commémorations consensuelles de 1918, c’est découvrir comment les classes dominantes ont délimité durablement un cadre contraignant dans lequel l’action de la gauche et des syndicats est tolérée. Cet espace restreint, empêchant d’aborder les questions sociales et politiques à leur racine, est toujours en place. Un détour par l’histoire, à l’heure de la grève féministe et de la grève pour le climat, permet de revenir sur l’actualité…

Dorothe Zimmermann est historienne à l’Université de Berne. Elle a publié récemment Antikommunisten als Staatsschützer. Der Schweizerische Vaterländische Verband (1930-1948) (Les anticommunistes comme défenseurs de l’État. La Fédération patriotique suisse entre 1930 et 1948) aux Éditions Chronos. Elle a également rédigé une contribution dans un ouvrage collectif consacré à la Grève générale de 1918 (Der Landesstreik. Die Schweiz im November 1918, éd. Hier und Jetzt, 2018) sous le titre de «Mit Bürgerwehren und Spitzeln gegen die Arbeiterschaft» (milices bourgeoises et informateurs contre les travailleurs).

Organisé par le site www.alencontre.org, le Mouvement pour le socialisme (MPS), les Éditions Page deux et le Cercle de débats Rosa Luxemburg

Vous pouvez lire, sous forme d’introduction au thème qui sera développé, l’article de Dorothe Zimmermann publié sur ce site: «Les réactions de la droite bourgeoise à la grève générale»

 

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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