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23
mars 2019

A l'encontre

La Brèche

Halliburton, Dick Cheney: pouvoir et secrets, hier et aujourd’hui
Cambodge. Le meurtre de Kem Ley, un porte-parole de «ceux d’en bas»
Brésil: le PT comme parti du Capital
Israël. Sans dire un mot, des soldats israéliens tabassent un aveugle dans son lit
Syrie. Des abris de fortune près de la frontière turque
Grèce. La gauche radicale après Syriza
Débat-Migrations. «Où va la fausse science»

Archives de la catégorie ‘Livres’

Débat: «Qui veut la mort de la nature?»

Publié par Alencontre Le 6 - mars - 2019

Par Rémi Beau

Face à l’Anthropocène, la philosophe Virginie Maris défend une conception forte de la nature sauvage. Critiquant les évolutions récentes de la pensée environnementale, elle invite à résister contre son recentrement en cours vers un monde humain et seulement humain.

La nature a la vie dure. Mille fois, les sciences humaines et sociales l’ont enterrée et pourtant elle continue d’habiter les pages de nombreux ouvrages, voire de s’immiscer dans le titre de ceux-là mêmes qui invitent à la congédier [1]. La nature est-elle un de ces concepts que l’économiste australien John Quiggin a qualifié de «zombies», de ces idées mortes qui continuent à marcher avec nous, parce que nous ne parvenons pas à nous en séparer alors même que l’on sait qu’elles sont fausses [2] ? Tout comme le « marché efficient », la nature n’existerait pas, et pourtant elle continuerait à jouer un rôle structurant dans la fabrication des politiques publiques visant la famille, la santé ou l’environnement. C’est bien ce que dénoncent les critiques sociales dites «constructivistes» qui, depuis les années 1960, se sont essentiellement développées contre l’idée de nature [3]. Lire le reste de cet article »

Essai «Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme»

Publié par Alencontre Le 25 - février - 2019

Joseph Draher vient publier aux éditions Syllepse (Paris) Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme. Nous proposons ici l’introduction de cet ouvrage.

«Le Hezbollah a été fondé en 1985 durant une période d’intense crise politique caractérisée par la guerre civile et l’invasion du Liban par Israël en 1982. Il fut d’emblée créé comme un groupe politique islamique, basé dans les territoires peuplés par les populations chiites du Liban, mettant l’accent sur la résistance armée contre Israël. Depuis des années, le Hezbollah est apparu pour beaucoup – tant au Liban que dans le monde arabe – comme la seule force viable capable de résister aux intrusions israéliennes et à la mainmise Lire le reste de cet article »

Décoloniser l’identité israélienne

Publié par Alencontre Le 16 - février - 2019

Par Françoise Feugas

Nakba, Pour la reconnaissance de la tragédie palestinienne en Israël, d’Eléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparicio (Ed. Omniscience, octobre 2018) · Longtemps, la Nakba, la tragédie qui aboutit à l’expulsion de centaines de milliers de réfugiés fut une affaire purement palestinienne. Dans un livre, deux militants expliquent comment ils en ont fait une histoire israélienne.

Début 2002, quelque temps avant la « Journée de la terre », un petit groupe de militants de gauche israéliens et de Palestiniens se donnaient rendez-vous sur le site du village de Miska (à 15 km au sud-ouest de Tulkarem), vidé de ses habitants en 1948 et détruit en 1952. D’anciens habitants témoignèrent de leur vie passée dans ce village, et des panneaux en arabe et en hébreu furent apposés sur le site. Eitan Bronstein Aparicio parla ce jour-là du droit au retour des réfugiés. « C’est véritablement notre première action en tant qu’organisation : Zochrot est née sur le terrain, à Miska, en mars 2002 », raconte-t-il.

Zochrot signifie « Elles se souviennent » en hébreu. Pourquoi ce nom ? demande l’anthropologue Eléonore Merza Bronstein à son époux, dans ce livre conçu comme un dialogue Lire le reste de cet article »

Alain Bihr: «La mondialisation a permis de donner naissance au capitalisme»

Publié par Alencontre Le 21 - septembre - 2018

Alain Bihr est un sociologue ayant produit une œuvre importante touchant tant à l’histoire du mouvement ouvrier qu’à celle de l’extrême-droite. Se réclamant du communisme libertaire, ses derniers travaux abordent la question du capitalisme sous un angle socio-historique avec une forte inspiration marxienne. Nous l’avons interrogé à l’occasion de la parution du premier tome de sa colossale histoire de la naissance capitalisme intitulé Le premier âge du capitalisme (1415-1763), Tome 1: L’expansion européenne, coédité par les éditions Syllepse et les éditions Page 2. 

Le Comptoir: Pourquoi avoir choisi de débuter votre premier âge du capitalisme en 1415 et de l’achever en 1763?

Alain Bihr: Le choix de dates bornant des périodes historiques longues a toujours quelque chose d’arbitraire. Il ne peut se justifier que comme motif illustratif d’options théoriques plus profondes. En l’occurrence, celui de 1415 est en rapport avec la thèse centrale de l’ouvrage : c’est l’expansion par laquelle l’Europe occidentale commence à se saisir des continents américain, africain et asiatique, qui aura permis le parachèvement des rapports capitalistes de production, marquant le premier âge du capitalisme. Lire le reste de cet article »

Débat. A propos des classes sociales en Europe

Publié par Alencontre Le 16 - avril - 2018

Par Henri Wilno

La question des classes sociales est à nouveau un peu passée de mode. Des sociologues continuent à étudier les différents groupes sociaux et l’extrême-gauche à se référer à la lutte des classes mais, au moins en France, domine largement sur le plan médiatique le thème de l’opposition entre métropoles assimilées à la bourgeoisie, traditionnelle et nouvelle, et zones périurbaines et rurales où seraient reléguées les classes populaires [1]. La pertinence du rassemblement des exploité·e·s et opprimé·e·s comme fondement d’un projet émancipateur est relativisée par les tenants d’un projet transversal de «construction d’un peuple» à l’instar de Chantal Mouffe qui, après Ernesto Laclau, se veut l’inspiratrice d’un «populisme de gauche» [2].

Pour une fraction de la gauche radicale, la classe dominante se réduit aux «1%» auxquels s’opposeraient quasi indistinctement les 99%; vision justement dénoncée par Serge Halimi dans «Le leurre des 1%» [3]. Quant à l’analyse des classes en Europe, s’il existe divers travaux universitaires, la gauche radicale en France s’est polarisée sur l’existence ou non d’une bourgeoisie européenne fusionnant tout ou partie des bourgeoisies nationales, tout en affirmant, de façon juste (mais parfois un peu abstraitement), la solidarité des exploité·e·s de tout le continent face aux dénonciateurs du «plombier polonais». Lire le reste de cet article »

Un ouvrage fondamental de David Mandel: «Les soviets de Petrograd»

Publié par Alencontre Le 7 - janvier - 2018

Par Jean-Jacques Marie

David Mandel met au centre de son travail nourri de très nombreux extraits de souvenirs de militants, de résolutions de soviets et de comités d’usine la question vitale de l’indépendance de classe posée avec une insistance croissante par les ouvriers et les ouvrières de la capitale. Son livre met en évidence le conflit de plus en plus vif qui dresse les ouvriers de Petrograd, le cœur ouvrier de la Russie, à cette époque, contre la bourgeoisie industrielle et financière et le pouvoir qu’elle exerce à travers le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov, grand propriétaire terrien, d’abord puis par l’avocat socialiste Alexandre Kerenski.

Les ouvriers de Petrograd, comme le souligne David Mandel, avaient gardé en mémoire le lock-out massif déclenché par les grands patrons à la fin de 1905 pour briser la révolution montante et sauver le régime tsariste menacé. L’antagonisme brutal entre les deux classes s’était manifesté à nouveau à dater de l’écrasement des grévistes de la Lena Goldfield en avril 1912. David Mandel cite un épisode qui en souligne l’ampleur autant ou plus encore que les grèves qui secouent la capitale en juillet 1914 et les barricades qui s’élèvent dans les rues de la ville: «un arrêt de travail de 102 jours à l’usine de construction mécanique Lessner, une grève déclenchée suite au suicide d’un ouvrier juif, amené au désespoir par les railleries d’un contremaître» (p. 37). Lire le reste de cet article »

Histoire. Les diverses faces du Goulag

Publié par Alencontre Le 7 - novembre - 2017

Déportés du Goulag utilisés à la construction d’une ligne
de chemin de fer

Par Henri Wilno

Loin d’être un texte de circonstance qui profiterait du créneau commercial du 100e anniversaire de la révolution russe, l’ouvrage de Juliette Cadiot et Marc Elie fournit en peu de pages une analyse relativement approfondie du Goulag dans ses diverses composantes; il est intéressant de la rapprocher de textes et témoignages parus antérieurement, notamment de celui de Varlam Chalamov. [1]

L’ouvrage explore les différentes facettes du Goulag qui, selon Cadiot et Elie, ne se réduit pas à des camps. Aux camps où des détenus sont astreints au travail forcé s’ajoutent les zones de relégation où les exilés (pour partie, des détenus Lire le reste de cet article »

Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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