mardi
11
décembre 2018

A l'encontre

La Brèche

Personnel médical de l’hôpital Heodra, manifestant, le 31 juillet 2018, suite à la réception de leur lettre de licenciement

Communiqué de presse. «Campagne le Nicaragua exige justice et liberté»

Nous informons le peuple du Nicaragua ainsi que la communauté internationale que mercredi 1er août nous manifesterons pour exiger la libération de tous les prisonniers politiques et dénoncer les abus systématiques commis par la dictature de Daniel Ortega contre les médecins ainsi que le personnel qui travaille dans la santé publique. Le slogan sous lequel nous manifesterons est le suivant: Justice et Liberté!

Cette campagne est portée par une série d’organisations engagée dans l’insurrection civique que développe la population depuis le 18 avril, entre autres par la Coordinadora Universitaria por la Democracia y la Justicia, l’Alianza Universitaria Nicaragüense y Movimiento Estudiantil 19 de abril, Patria Libre y vivr, Alianza Cívica por la Justicia y la Democracia, Grito por Nicaragua, Nicaragua Ùnete ainsi que l’Articulación de Movimientos Sociales y Organizaciones de la Sociedad Civil.

Ces actions visent à revendiquer la libération d’au moins 120 personnes, emprisonnées illégalement par la dictature et accusées de crimes pour avoir participé ou soutenu les protestations sociales, bien avant que l’arbitraire «Loi contre le terrorisme» – dont l’objectif est de criminaliser les protestations sociales – ait été imposée.

De même, ils ont été soumis à des processus judiciaires sans disposer du droit à une défense, devant des tribunaux dont la tâche est de les accuser et de prononcer des peines injustes contre les protestataires pacifiques, lesquels ont, dans certains cas, été frappés, torturés et empêchés de compter sur l’assistance d’un avocat désigné par leurs familles.

Ces actions seront diffusées sur les réseaux sociaux de toutes les organisations, avec une information permanente: vidéos, témoignages, dénonciations et revendications des membres des familles. En outre, les actions seront en outre accompagnées par des manifestations de mobilisation citoyenne dans l’ensemble du pays.

  • Le 3 août, nous soutiendrons le piquet des «mujeres en luto» [femmes en deuil]
  • Samedi 4 août, nous soutiendrons et invitons à participer à la Marcha por la salud, «Unidos por la Vida» [Marche en faveur de la santé, unis pour la vie], à la tête de laquelle se placera le personnel médical de León.
  • Dimanche 5 août, nous invitons à participer au marathon ¡Corremos por la justicia, pedaleamos por la libertad! [Courrons pour la justice, pédalons pour la justice!], sur un circuit de 5 kilomètres. Ce marathon sera emmené par le «Corredor por la Justicia» et accompagné d’autres coureurs et cyclistes de Managua.

Le but de ces actions est de rejeter et condamner la répression déclenchée par la dictature orteguiste contre le corps médical et le personnel de soins qui, jusqu’à aujourd’hui, s’est soldée par plus de 80 licenciements à l’Hospital Escuela Óscar Danilo Rosales Arüello (HEODRA), de la ville de León [voir à ce sujet l’article publié sur le site alencontre.org en date du 1er août 2018], et à l’hôpital régional Santiago, à Jinotepe. [département de Carazo] A ces licenciements s’est ajouté le renvoi d’une chirurgienne pédiatre de la clinique de médecine préventive La Asunción: Darling Pérez. La majorité des médecins licenciés arbitrairement sont hautement spécialisés: en chirurgie oncologique, en endoscopie biliaire, en infectiologie pédiatrique. Ces licenciements constituent donc une atteinte directe à la santé publique de la population. Certains médecins ont été avertis de nouveaux licenciements à l’UNAN de Managua, à León et à l’hôpital Bertha Calderón [Managua].

Nous rejoignons la Sociedad Nicaragüense de Gastroenterología y Endoscopia Digestiva (SONIGED), qui a condamné la répression lancée par le Ministère de la santé, la tentative de criminalisation de l’exercice de la profession médicale ainsi que l’ordre de ne pas prendre soin des victimes de l’actuelle violence. Sauver des vies n’est pas un délit, c’est une mission.

Nous soutenons également les actions lancées par le Comité de liberación de presos políticos, dont sont membres des familles de victimes, et nous encourageons toute la population à toujours rejoindre les diverses manifestations visant à la recherche de la liberté pour notre pays.

Par conséquent, nous réaffirmons notre engagement en faveur de la Justice et de la Liberté au Nicaragua et continuerons à lancer des actions sur tout le territoire national en tant que démonstration de la résistance pacifique contre la répression.

#NicaraguaExige #SOSNicaragua #GritoPorNicaragua

PS. Le gouvernement dictatorial Ortega-Murillo incrimine pour terrorisme (avec des peines de 15 à 20 ans prévues par la nouvelle loi) des membres du Movimiento Renovador Sandinista (MRS): Dora María Téllez [ex-commandante de la révolution qui doit actuellement se «protéger«], Ana Margarita Vijil, Suyén Barahona, Víctor Hugo Tinoco y Loyda Valle. De même sont explicitement accusés des membres du mouvement étudiant (Movimiento 19 de Abril): Jorge Solís, Víctor Cuadra, Lesther Alemán, Kevin Rodrigo Espinoza. Les affirmations selon lesquelles ils seraient financés par le gouvernement des Etats-Unis servent de prétexte. L’objectif, comme souligné dans divers articles: criminaliser, arrêter et réprimer des animateurs ou porte-parole de la rébellion civique. Parmi les «crimes» est mentionnée une «aide aux manifestants» pouvant inclure: distribuer de la nourriture, de l’eau, une refuge, etc. La dite loi contre le terrorisme permet une répression sans rivages. (Réd. A l’Encontre, sur la base de données fournies par El Confiencial.)
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Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

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