mercredi
26
avril 2017

A l'encontre

La Brèche

fastfoodstrike_zachroberts2_otu_imgPar Michelle Chen

A la fin de 2012, un groupe de salarié·e·s des fast-foods new-yorkais a décidé de faire une grève d’un jour, sans savoir que ce geste allait susciter un mouvement qui, aujourd’hui, se développe autour du monde. Cette coalition nouvelle entre salariés des fast-foods, syndicats et organisations de citoyens s’est depuis lors affirmée sur la scène internationale. Et sa bataille pour une augmentation des salaires et le respect des droits syndicaux se poursuit sous le hashtag #fastfoodglobal [site: http://fastfoodglobal.org].

Le 15 mai 2014, le courant international du mouvement a organisé dans une trentaine de pays et dans 150 villes des Etats-Unis une série de grèves, de manifestations et de flash mob pour réclamer un salaire minimum de 15 dollars de l’heure [1].

L’affirmation inattendue du mouvement Fast food forward semble, à première vue, être le produit d’une campagne effectuée à partir des réseaux sociaux plus que d’une révolte organisée des travailleurs et travailleuses. Mais, durant les derniers mois, les salariés de New York ont recruté des collègues de travail et ont coordonné la campagne avec le syndicat Service employees international, afin d’affirmer la dimension mondialisée du mouvement, ce qui constitue une grande victoire.

Naquasia LeGrand, qui travaille comme caissière pour 8 dollars de l’heure dans un Kentucky Fried Chicken de Brooklyn, est étonnée des progrès du mouvement depuis le lancement de la campagne en 2012. Elle affirme : «J’ai participé à la première grève. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Je n’aurais jamais osé dire que cela deviendrait une action internationale.»

Lors de la conférence internationale des salariés des fast-foods et conjointement des organisations de travailleurs – qui s’est tenue à New York le 7 mai 2014 –, Naquasia LeGrand a découvert la similitude des difficultés rencontrées par les salarié·e·s des Etats-Unis et celles auxquelles font face leurs collègues de Thaïlande. Dans ce pays, les conditions de travail sont encore plus dures et le salaire est inférieur. Quelques différences entre les salariés de différents pays suscitent néanmoins une perspective. Les salariés danois de McDonald’s, par exemple, gagnent plus de 20 dollars de l’heure et disposent d’une convention collective depuis des années. Selon Naquasia LeGrand, les bas salaires et les conditions de travail humiliantes des fast-foods démontrent que les grandes entreprises «ne veulent pas que les travailleurs et travailleuses s’unissent et qu’ils disposent d’un pouvoir et d’une voix parce que les patrons savent que nous sommes bien plus nombreux qu’eux».

L’avantage numérique des travailleurs et travailleuses est apparu avec force le 15 mai quand des milliers d’activistes et de salarié·e·s des fast-foods se sont réunis dans le square Herald de Manhattan, en ayant des trompettes [similaires à celles des supporters de football des stades d’Afrique : les vuvuzele] et des pancartes rouges sur lesquelles étaient inscrits l’hastag #fastfoodglobal et des mots d’ordre revendicatifs en anglais et en espagnol. Les mêmes slogans ont été scandés lors des manifestations aux Etats-Unis, de Chicago à San Diego, ou dans la capitale de Salvador ainsi qu’à Bogotá.

Pour des raisons de fuseau horaire, les premières manifestations ont eu lieu à Auckland, en Nouvelle-Zélande, où les salariés des fast-foods ont demandé une augmentation de salaire. Taylor McLoon, un représentant du syndicat néo-zélandais Unite, a expliqué que les travailleuses et travailleurs néo-zélandais – protégés par un «contrat collectif assez exceptionnel» – ont voulu «exprimé leur solidarité avec les salariés des fast-foods états-uniens et du reste du monde». A Tokyo, les manifestants ont défilé dans le quartier commercial du Shibuya. A São Paulo et à Séoul, les travailleurs et les syndicats ont manifesté contre la précarité des contrats, les bas salaires et les traitements illégaux. Dans le centre de Londres, les manifestant·e·s se sont réunis pour dénoncer les contrats «à zéro heure», c’est-à-dire qui n’assurent même pas un minimum d’heures de travail et laissent les personnes dans l’attente d’être appelées pour un emploi de quelques heures, durant quelques jours, ou encore durant quelques semaines. (Article publié par l’hebdomadaire The Nation, traduction A l’Encontre)

_____

[1] Ce type d’initiative manifeste une compréhension et une intelligence des rapports de force et des processus d’accumulation d’expériences pour faire aboutir une revendication de salaire minimum. Voilà un des laboratoires qui devraient être «inspectés» par les sommets syndicaux helvétiques qui ont produit affiches, tracts et déclarations pour la votation du 18 mai 2014. (Réd. A l’Encontre)

Vous pouvez écrire un commentaire, ou utiliser un rétrolien depuis votre site.

Ecrire un commentaire




Philippe Poutou et son message lors des 15 minutes avec les 11 candidats sur France 2, le 20 avril 2017


Présidentielle : revivez le passage de Philippe Poutou dans "15 minutes pour convaincre" sur France 2

Parmi les divers thèmes abordés dans sa campagne, le chômage a une place importante. Le chômage est d'abord une arme – ils ne sont pas désarmés – par les employeurs afin de faire accepter plus facilement des conditions de travail épuisantes, dégradées et des salaires de survie. Car, si «cela ne vous convient pas, il y en a dix qui attendent devant la porte».

Le chômage est aussi un coût qui pèse sur celles et ceux qui le subissent, et aussi bien directement qu'indirectement sur leur famille. Tensions, stress accru, dégradation de la santé physique et psychique. C'est inacceptable.

Michel Husson affirme: «La réduction du temps de travail permet la création d'emplois. Mais la condition essentielle est le contrôle des travailleurs et travailleuses sur la réalité des créations d'emplois. Ce sont eux qui doivent décider collectivement de la meilleure manière de combiner les formes possibles de réduction du temps de travail, de manière à prendre en compte les aspirations différenciées de salarié·e.s: réduction quotidienne (tant d'heures par jour); hebdomadaire (par exemple 4 jours), annuelle (journée RTT), pluriannuelle (année sabbatique).»

Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org


Warning: mysql_query(): Access denied for user ''@'localhost' (using password: NO) in /home/labre1/public_html/wp-content/plugins/quickstats/quickstats.php on line 345

Warning: mysql_query(): A link to the server could not be established in /home/labre1/public_html/wp-content/plugins/quickstats/quickstats.php on line 345

Warning: mysql_query(): Access denied for user ''@'localhost' (using password: NO) in /home/labre1/public_html/wp-content/plugins/quickstats/quickstats.php on line 346

Warning: mysql_query(): A link to the server could not be established in /home/labre1/public_html/wp-content/plugins/quickstats/quickstats.php on line 346

Warning: mysql_fetch_row() expects parameter 1 to be resource, boolean given in /home/labre1/public_html/wp-content/plugins/quickstats/quickstats.php on line 346