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La Brèche

Egypte: un mauvais tour à la révolution

Publié par Alencontre le 1 - juin - 2012

Par Samar Al-Gamal

«Si le monde nous regarde, il doit se moquer de nous. Nous avons fait une révolution et perdu un an et demi pour élire Moubarak à nouveau», lance Abdel-Fattah, vendeur de thé ambulant sur la place Tahrir, berceau de la contestation contre le régime dictatorial de Moubarak. Abdel-Fattah, ce sexagénaire qui passe ses nuits sur la place enveloppé dans une couverture en laine dans ce début d’été assez chaud, ne s’est pas rendu aux bureaux de vote la semaine dernière. Parce que selon lui, «l’armée placera qui elle veut». Il fait allusion au Conseil supérieur des forces armées (CSFA) qui a pris les rênes du pouvoir au lendemain de la chute de Moubarak en février 2011.

Un an et demi plus tard, les Egyptiens ont été témoins des premières élections présidentielles «libres» qui ont opposé 13 candidats. Cinq principaux concurrents se sont partagé les 23 millions d’électeurs (sur 51 millions) qui se sont rendus aux urnes au premier tour. Les résultats annoncés lundi 28 mai donnent 2 finalistes de la course: le Frère musulman Mohamed Morsi et le dernier premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmed Chafik. Morsi a obtenu 24,7 % des voix, suivi de très près par Chafik crédité de 23,6 %. [Le taux de participation est à hauteur de 46%, ce qui est aussi un indice important pour juger de la situation.]

Le nationaliste [qui fait référence à des aspects du nassérisme] et l’un des candidats du camp révolutionnaire, Hamdine Sabbahi, est arrivé en troisième position avec 20,7 % des suffrages, et derrière lui un candidat du même camp, l’islamiste modéré Abdel-Moneim Aboul-Foutouh avec 17,5 %. L’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, donné comme l’un des favoris du scrutin, occupe la 5e place avec 11 % des voix. [1]

Des résultats sur lesquels les candidats ne peuvent pas faire appel. Toutes les plaintes pour «irrégularités» ont été rejetées par la commission, non sur le fond, mais sur la forme «pour avoir été présentées après l’heure» ou encore parce qu’elles ont été adressées à la commission régionale et non centrale.

L’ancien président américain Jimmy Carter, à la tête du Centre du même nom, et qui a observé le déroulement des élections, a affirmé que le scrutin avait été «encourageant » en dépit de «contraintes». Le Centre n’avait pas été autorisé à observer le dépouillement dans les centres régionaux et n’avait donc «pas de moyen de certifier que l’ensemble du processus était convenable».

Mais le scrutin a sans aucun doute été libre, comparé aux élections sous Moubarak, marquées par des fraudes massives en faveur du régime. La commission électorale a aussi rejeté toutes les accusations concernant le vote de plusieurs centaines de soldats et policiers, non autorisés à voter par la loi. Son président Farouq Sultan parle d’un peu plus de 57’000 voix au total qui n’affectent pas le résultat final, selon lui.

«La force brutale pour instaurer l’ordre»

L’arrivée de Chafik,, ami et homme proche de Moubarak, au second tour, suscite des remous. C’est à lui d’ailleurs que le président déchu avait donné la mission de contrer les manifestations sur Tahrir. Et était en poste alors que les partisans du régime ont tout simplement tué les révolutionnaires sur la place le 2 février 2011. Chafik ne regrette rien aujourd’hui. [2]

Dans une rencontre avec des hommes d’affaires et l’élite économique à la Chambre de commerce américaine du Caire, il a affirmé qu’il aura recours à «l’exécution et à la force brutale pour instaurer l’ordre dans le pays». Applaudi par les participants, il a accusé les islamistes de mettre sur pied des milices paramilitaires, ajoutant que «le peuple égyptien est, contrairement aux accusations, obéissant».

A la veille des scores officiels [donnée le mardi 29 mai 2012], il se porte pourtant comme défenseur de la «révolution», alors qu’il avait dû partir sous la pression de la rue en mars 2011. «La révolution que vous avez provoquée vous a été confisquée», dit-il en faisant allusion à son rival Mohamed Morsi [des Frères musulmans] qui, lui aussi, veut  «sauver la révolution», alors qu’une partie des électeurs craint la montée des islamistes.

Les Egyptiens se trouvent désormais à devoir choisir entre deux pôles extrêmes : «l’ancien régime ou les Frères musulmans». Maintenir la tutelle de Moubarak ou islamiser le pays? C’est comme un retour en arrière dans ce duel pour le poste clé du pays. Mais deux candidats courtisent les électeurs et les candidats éliminés. Ces derniers ont fait savoir qu’ils ne tendront la main à aucun des deux. Ils sont sortis vaincus, mais restent pourtant confiants que l’Egypte a voté pour la révolution: Sabbahi et Aboul-Foutouh ont obtenu ensemble plus que Morsi et Chafik.

Un autre calcul est fait: si les votes de Chafik et Moussa sont mis dans le même panier, cela implique que 70 % des Egyptiens ont voté contre l’ancien régime. Ce résultat est loin d’apaiser la tension. Lundi soir, 28 mai, de petites manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays pour protester contre Chafik, pour réclamer l’application de la loi qui interdit l’exercice politique aux anciens du régime Moubarak. Son quartier général au Caire, une villa appartenant à l’épouse du magnat du fer, Ahmed Ezz, aujourd’hui emprisonné, a été attaqué par des inconnus, tandis que des affiches et des prospectus ont été incendiés. Les médias pro-Moubarak en ont profité pour véhiculer leur discours identique à celui développé durant la révolution sur les craintes de l’instabilité et d’une «guerre civile».

Mardi matin, le 29 mai 2012, le quotidien Al-Dostour titrait «L’holocauste des Frères», parlant de «milices et gardes révolutionnaires islamistes prêtes à mettre le feu au pays». Dans des déclarations accordées à l’éditorialiste palestinien Jihad Al-Khazen, l’ex-chef des renseignements et homme fort du régime, Omar Souleiman, cherche à développer la même menace parlant de «guerre civile à l’irakienne et d’un coup d’Etat militaire». Souleiman, évincé de la course présidentielle et à qui Chafik voudrait faire appel, une fois président, comme il l’affirme, joue sur cette menace islamiste pour terroriser les Egyptiens, notamment la communauté copte [quelque 11 millions de personnes] qui, au second tour, se dirigerait plus vers Chafik que Morsi.

Il courtise aussi une élite sociale et économique qui a tant profité du régime Moubarak, mais aussi les laïcs et ennemis farouches des Frères musulmans. Ainsi, Chafik pourrait rassembler  facilement les électeurs qui ont voté pour Amr Moussa et une partie de ceux qui sont allés vers Sabbahi.

Avides de «positions rassurantes»

Morsi, lui, continue à développer le discours d’un islam radical et sa confrérie semble loin d’accorder des concessions aux forces politiques avides de «positions rassurantes». Des politiciens de tous bords se sont en effet entretenus avec les dirigeants de la confrérie proposant une sorte de marche pour soutenir Morsi face à Chafik, qui bénéficie déjà du soutien des institutions de l’Etat avec, en tête, la police et l’armée.

Aboul-Ela Madi, président du parti Al-Wassat explique à Al Ahram les requêtes : «La formation de la constituante dès maintenant et un engagement écrit sur la formation d’un gouvernement de coalition qui ne serait pas dirigé par les Frères.» Car les Frères, qui dominent le Parlement, veulent aussi s’emparer de la constituante qui fixera les lignes de la future Egypte avec une nouvelle Constitution.

Heba Raouf, professeure de sciences politiques, de tendance islamique, ajoute d’autres exigences: une séparation entre la Confrérie et son parti d’ici 6 mois et des assurances aux «coptes, aux femmes et au secteur du tourisme ». Les Frères sont restés muets et semblent bizarrement confiants. Théoriquement, ils vont bénéficier de la grande partie de l’électorat d’Aboul-Foutouh, notamment les salafistes. Des figures laïques ou de la gauche, comme l’écrivain Alaa Al-Aswani [l’auteur de L’immeuble Yacoubian, Ed. Actes Sud, 2006] ont déjà affirmé qu’elles voteraient Morsi [3], puisqu’en fin de compte, les Frères ont fait partie de cette contestation qui a fait tomber Moubarak de son trône occupé pendant 30 ans.

Aswani rappelle par ailleurs que 35 plaintes ont été déposées contre Chafik au procureur général pour corruption et détournement de fonds et qu’aucune enquête n’a été ouverte. Il a tendance à croire, comme beaucoup d’autres, que Chafik sera élu président parce que c’est la volonté des militaires au pouvoir. Il est le candidat qui pourrait préserver leurs intérêts économiques les qualifiant de «stratégiques» et affirmant que l’armée doit continuer à jouer un rôle politique.

Un duel qui provoque le désarroi des militants pro-démocratie dont une partie envisage déjà de boycotter le deuxième tour prévu le 16 juin, d’autant plus que les prérogatives du futur président, élu pour 4 ans, sont encore imprécises, l’ancienne Constitution étant suspendue et la nouvelle dans les limbes.

Abdel-Fattah continue à préparer le thé pour les visiteurs de la place et, dit-il, ce sera «l’Iran sous Morsi ou la Syrie sous Chafik».

______

[1] Les résultats sous forme de graphiques, avec des aspects régionaux (gouvernorats) peuvent être consulter sur ce site, dans les deux articles suivants, datant du 30 mai 2012 : «Le Parti national démocratique de Moubarak ou les Frères musulmans. Du déjà vu?» et «Alexandrie perd son étiquette islamiste». (Rédaction A l’Encontre)

[2] Portrait de Chafik

Sur un ton sévère et levant un doigt menaçant, c’est ainsi que se présente souvent le candidat à la présidentielle. Ahmed Chafik, ancien homme fort de Moubarak, utilise le sarcasme avec ses adversaires et opposants et s’efforce de développer l’image d’un homme fort. Ainsi, il affirme qu’une fois élu, l’armée le défendrait, et que ce qui s’est passé place Abbassiya n’était qu’une répétition (quand l’armée y a délogé les manifestants). Il n’y a plus aucun doute aujourd’hui, Chafik est le candidat de l’armée pour la succession de Moubarak.

«Cette élection historique n’aurait pas pu avoir lieu sans la glorieuse révolution», déclare Ahmed Chafik, lors de sa première conférence de presse de finaliste. A la surprise de tous, Chafik, dernier premier ministre de Moubarak, doit affronter le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, au second tour. Récemment veuf et père de trois filles, il est presque toujours en tenue décontractée et s’est fait connaître par son pull-over qui devient le sobriquet que lui accordent ses adversaires. Alors qu’il a été appelé à la rescousse pour sauver le régime des coups de la révolution, et alors qu’il est accusé de vouloir saboter la révolution, il adopte aujourd’hui un discours révolutionnaire et se présente comme le garant de ses revendications, promettant de poursuivre la voie. «On vous a volé votre révolution. Je me suis engagé et je m’engage à vous en rendre ses fruits», affirme-t-il, en s’adressant aux coalitions des jeunes révolutionnaires et aux jeunes du mouvement du 6 Avril. Dans un geste d’apaisement, il affirme vouloir les associer au pouvoir. «C’est leur droit», dit-il, alors que ces derniers étaient à l’origine de son départ comme premier ministre moins d’un mois après la chute de Moubarak. Et le double jeu qu’il s’efforce de développer comme garant de la stabilité et de la révolution à la fois peine à convaincre.

Agé de 71 ans, Ahmed Chafik est un ancien commandant en chef de l’armée de l’air, puis ministre de l’Aviation civile. Il se fait alors connaître et apprécier par le régime en restructurant la compagnie Egyptair, puis en faisant construire un nouveau terminal à l’aéroport du Caire. Il est paru comme un bon manager, qui a montré ses capacités d’organisation.

Au plus fort de la révolution, il est nommé premier ministre avec la mission d’apaiser la contestation, mais il montre vite ses limites. Sous son mandat, les révolutionnaires ont été attaqués et massacrés sur la place Tahrir lors de la bataille du chameau provoquée par des partisans de l’ancien régime, faisant six morts et plusieurs centaines de blessés. Il donnait le sentiment de mépriser les révolutionnaires en affirmant qu’il pourrait les accueillir et leur offrir «des bonbons».

Sa candidature à la présidentielle a été au début accueillie avec une quasi-indifférence. Les moyens logistiques et financiers gigantesques, mis à sa disposition par des hommes d’affaires et par certains ténors de l’ancien régime, contribuent à le mettre discrètement sur orbite.

Des accusations sans cesse

Ses adversaires lui ont lancé de vives attaques l’accusant de corruption, essayant de l’éliminer de la course en vertu de la loi sur l’exercice des droits politiques. Celle-ci empêche pendant dix ans les anciens dirigeants du régime Moubarak de voter ou de se porter candidat à tout scrutin. Les avocats de Chafik ont plaidé l’inconstitutionnalité, qui ne pouvait avoir un effet rétroactif.

Du coup, il a fait son retour à la course en attendant le verdict de la Cour constitutionnelle qui ne sera connu qu’après le deuxième tour de la présidentielle. Tout au long de sa carrière, Chafiq était très proche de Moubarak, même s’il n’a jamais été membre du parti au pouvoir. Des relations étroites le liaient à Moubarak et à son chef de cabinet Zakariya Azmi et aujourd’hui encore à l’ex-ministre de l’Intérieur et membre de sa campagne électorale, Mahmoud Wagdi. Dans cette campagne, on repère aussi des partisans de l’ancien régime et des journalistes qui ont été partisans de la transmission du pouvoir à Gamal Moubarak, fils du président renversé [pris dans de nombreuses affaires de corruption]. Pourtant, Chafik s’est engagé dans son point de presse à ne plus revenir au régime de Moubarak : «L’Egypte a changé et il n’y a pas de retour en arrière. Ce qui s’est passé appartient au passé». Dans ce contexte, Chafik ne cherche pas seulement à gagner les voix des révolutionnaires, mais plutôt à rallier les citoyens exaspérés par les remous politiques, la dégradation de la situation économique et la montée du chaos. Il insiste sur la création d’un système fort basé sur des institutions de sécurité, mais à part ses promesses de réformer les systèmes d’éducation et d’assurance médicale comme sociale, et son engagement à régler le problème du chômage, il n’a pas de programme électoral. C’est une simple brochure. Une cohabitation avec un Parlement dominé par les islamistes ne lui poserait aucun problème, selon lui. Il est allé même plus loin en se disant ouvert à l’idée d’un gouvernement dirigé par les Frères.

Chafik tend également la main aux candidats éliminés au premier tour, faisant appel, avec modestie, contrairement à son égoïsme et arrogances connus, à leurs électeurs, à se rassembler derrière lui. En fait, l’ascension de Chafik serait observée avec une certaine inquiétude et comme une étincelle d’une nouvelle vague de la révolution, mais d’autres voient que son profil d’homme à poigne séduit, notamment des électeurs qui considèrent la montée de l’islamisme comme un danger . (Par Héba Nasreddine)

[3] Portrait de Morsi

Peu charismatique, et critiqué toujours pour avoir été le remplaçant de l’homme fort de la confrérie, le milliardaire Khaïrat Al-Chater, Mohamad Morsi a du mal à convaincre.

«Nous devons poursuivre les objectifs de la révolution», c’est par ces propos que le candidat à la présidentielle issu de la confrérie Mohamed Morsi a tenté de rassembler autour de lui le plus grand nombre de partis et mouvements pour le second tour de la présidentielle. Il veut ainsi mobiliser un front anti-Chafik intégrant les candidats défaits au premier tour.

Morsi est né en août 1951 dans le gouvernorat de Charqiya, dans le Delta du Nil. Il est président du Parti Liberté et Justice (PLJ), bras politique des Frères musulmans. Diplômé en ingénierie de l’Université du Caire en 1975, il obtient ensuite un doctorat de l’Université de Caroline du Sud (Etats-Unis) en 1982. Militant d’un groupe anti-israélien, le Comité de résistance au sionisme, il a consacré le plus clair de son activité aux Frères musulmans, remportant un siège de député en 2000.

Réélu au Parlement en 2005, il est emprisonné peu après pendant sept mois pour avoir participé à une manifestation de soutien à des magistrats réformistes, ayant dévoilé les fraudes en faveur du PND aux législatives. En 2010, il devient porte-parole de la confrérie et membre de son bureau politique. Il est à nouveau brièvement emprisonné le 28 janvier 2011, trois jours après le début de la révolte populaire qui va déboucher sur la chute de Hosni Moubarak.

Morsi fait partie du courant conservateur de la confrérie et dit «réformateur», très proche de Khaïrat Al-Chater, richissime homme d’affaires et numéro deux du mouvement. Pour lui, l’application de la charia est fondamentale même si «chacun est libre dans sa croyance».

Une longue histoire le place sûrement parmi les rangs des révoltés contre l’ancien régime déchu, par rapport à Chafik qui est, lui, placé dans les rangs des assassins des révolutionnaires.

Morsi a réalisé un résultat plutôt flatteur en recueillant environ 25 % des voix lors du premier tour de la présidentielle. Mais, il lui reste toujours beaucoup à faire. D’ailleurs, il s’est tout de suite lancé dans le travail avec plusieurs conférences de presse successives.

En effet, le candidat islamiste a tenté de regagner la confiance perdue de la rue égyptienne accusant son adversaire de l’ancien régime, Ahmed Chafik, de mettre la révolution «en danger».

Ainsi, ce candidat de 60 ans se présente aujourd’hui comme la seule option pour sauver la révolution. Un thème principal sur lequel il insiste immédiatement dans son discours après les premiers résultats de la présidentielle, avant même que les résultats officiels ne soient déclarés par la Haute commission des élections.

Une confiance à regagner

L’affaire n’est cependant pas aussi simple qu’elle en a l’air. Une partie des électeurs craint que ce candidat de tendance islamiste ne serve davantage les intérêts de la confrérie islamiste que ceux du pays. Et Morsi ressent bien ces craintes. Il tient donc à  «être le président de tous les Egyptiens» et pas celui de la confrérie, et le guide suprême sera un «citoyen comme un autre».

Il insiste aussi sur le concept-clé de son programme électoral qui est celui d’«Al-Nahda» (la renaissance). Renvoyant à un âge d’or de la civilisation musulmane, il implique de puiser dans le Coran pour trouver les solutions aux problèmes contemporains.

Les Frères musulmans, qui n’oublient jamais de rappeler qu’ils ont payé cher leur longue et courageuse opposition au régime de Hosni Moubarak, ont en effet perdu beaucoup de leur popularité ces derniers mois.

Les révolutionnaires laïcs, qui ont dénoncé leur implication tardive dans les manifestations de janvier 2011 contre le régime, leur reprochent aujourd’hui «une volonté de concentrer tous les pouvoirs». [Ils disposent d’une forte majorité dans les deux chambres du Parlement.]

Ces dernières semaines, la Confrérie (les Frères musulmans] a notamment beaucoup irrité par son insistance à contrôler la commission chargée de rédiger la Constitution. D’où la relative tiédeur avec laquelle a été accueillie, ce week-end [26-27 mai], son offre de rassemblement. Mais l’alternative présentée reste claire entre deux chemins: choisir la révolution ou le retour au régime de Moubarak. ]Nous reviendrons sur la position des Socialistes révolutionnaires égyptiens qui appellent à voter Morsi ; c’est une surprise pour certains, moins pour d’autres. Voici leur prise de position en anglais: http://www.egyptindependent.com/news/revolutionary-socialists-support-morsy-runoff-conditions]

Morsi, très sûr de lui-même et d’une grande majorité de la population égyptienne qui refuserait le retour de l’ancien régime, parle déjà comme le président de la République avec des promesses qui ne manquent pas.

Morsi reconnaît quelques comportements fautifs de la part des islamistes au Parlement et assure accepter de désigner un vice-président et des ministres qui ne seront pas forcément issus de la confrérie et représenteraient le mouvement révolutionnaire.

Mais le plus important est que ces promesses seront écrites dans un contrat qui obligerait ce futur président à tenir ses paroles. Pour Morsi, pas de problème: ses garanties sont prêtes et il promet de les réaliser. (Par Chaïmaa Abdel-Hamid)

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