jeudi
20
juin 2019

A l'encontre

La Brèche

Parmi les multiples initiatives prises pour la reconnaissance du syndicalisme autonome en Algérie, la CGATA s’est adressée, il y a plusieurs années déjà, à l’Organisation internationale du travail (OIT). Celle-ci vient de décider d’envoyer une délégation sur place et souhaite organiser une rencontre avec le pouvoir encore place. Ce pouvoir est contesté dans la rue par des millions d’Algériens et d’Algériennes depuis plusieurs mois. Ci-dessous le communiqué de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA).

La CGATA a été invitée pour une réunion avec la mission de haut niveau de l’OIT (Organisation internationale du travail) le 22 mai 2019 pour s’enquérir de la situation syndicale et cela suite aux différentes plaintes déposées par la CGATA et suite aux recommandations de la commission de suivi d’application des normes qui siège lors des conférences internationales chaque année lors du mois de juin.
Malgré le fait que cette mission est attendue depuis plusieurs années car les autorités algériennes ont toujours refusé sa venue, la CGATA a demandé à la mission de reporter sa venue car la situation exceptionnelle que vit notre pays l’exige même si le rapport de cette mission se devait d’être prêt pour la conférence internationale du travail qui se tiendra en juin 2019 à Genève.
En effet depuis près de trois mois le peuple Algérien sort dans la rue pour exiger une rupture radicale avec le régime et en particulier avec la primauté du militaire sur le politique.
Le Président de la république a été obligé de démissionner ainsi que son premier ministre et son gouvernement. Le Président du sénat a été désigné comme Président de l’Etat pour une période de trois mois, un nouveau premier ministre a été désigné ainsi qu’un nouveau Gouvernement, tout ce beau monde est honni par la population qui pourchasse même les nouveaux ministres lorsqu’ils se déplacent à l’intérieur du pays. En fait, le vrai décideur est l’actuel vice-ministre de la Défense et chef d’Etat-major, ce qui indique clairement que nous vivons sous un régime militaire. Le chef d’Etat-major donnant même des ordres à la justice en lui demandant de faire fi des procédures légales.
Le peuple algérien sort chaque vendredi alors que d’autres corporations sortent les jours de la semaine pour exiger une vraie rupture. De ce fait la venue de cette mission pour discuter avec des subalternes qui ne seront même pas là dans un mois ou deux et sous le règne du régime militaire n’est qu’une forme de reconnaissance de ce régime militaire.

  • La CGATA refuse cela surtout que le scénario égyptien est là pour montrer que la mission de l’OIT – qui s’est déplacée en Egypte – s’est accommodée du régime militaire, ce qui a conduit au désastre qui frappe non seulement l’activité syndicale mais tout le peuple Egyptien.
  • La CGATA tient à réaffirmer son attachement aux revendications du peuple Algérien et exprime son refus de rencontrer la mission dans de telles conditions comme elle demande le report de cette visite. Elle a d’ailleurs exprimé cela par écrit à deux reprises à Mme Vargha qui présidera cette mission en sa qualité de directrice du département des normes internationales de travail. (Communiqué publié le 24 mai 2019)

(Publié le 8 juin 2019 sur le Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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