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août 2017

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La Brèche

Les CFF jouent la montre. La table ronde vers une nouvelle phase

Publié par Alencontre le 22 - juin - 2008

Giuseppe Sergi

Le prochain lundi 23 juin 2008 se tiendra la troisième séance de la table ronde sur l’avenir des Ateliers CFF [de Bellinzone]. Désormais, nous ne sommes pas loin de la fin de juin, délai que Moritz Leuenberger (le Conseiller fédéral «socialiste) avait fixé pour un premier bilan sur l’évolution des discussions. De même pour nous, c’est une occasion pour tenter d’établir un premier bilan.

Certitudes

Comme nous l’avions déjà écrit dans les derniers articles dédiés aux Ateliers [voir sur ce site, le dernier article en date du 6 juin 2008] il n’y a pas de doute que la table ronde a permis aux travailleurs de marquer certains points importants. Pensons avant tout à l’idée que, au moins sur le court et moyen terme, les Ateliers continueront leurs activités dans le cadre de la structure actuelle. C’est-à-dire dans le cadre d’une structure publique et continuant à développer à la fois la maintenance du secteur des locomotives et celui du secteur des wagons. L’annulation des lettres d’intention avec lesquelles les CFF avaient entamé la perspective d’une externalisation de la maintenance des wagons (les fameux accords avec l’entreprise Ferriere Cattaneo (Giubiasco – TI) et avec celle de Josef Meyer (Rheinfelden – AG)  représentent l’abandon, au moins pour une certaine période, de cette perspective de la part des CFF.

La politique des CFF

Si les points susmentionnés représentent un succès pour les travailleurs des Ateliers (Officine), il est évident que les problèmes des perspectives restent totalement ouverts. Sur cet aspect pèse la politique des CFF, laquelle semble surtout intéressée à temporiser, à faire, pour utiliser un jargon footballistique, jouer la montre; mais une temporisation que l’on pourrait définir active. En effet, ce qui impressionne le plus, dans les déclarations publiques et dans les attitudes des dirigeants des CFF, est leur totale absence de perspectives [explicites] pour ce qui a trait à l’avenir  de CFF Cargo, et plus exactement à celui des Ateliers de Bellinzone.

Au contraire, on peut affirmer que, au moins dans les déclarations officielles, les CFF considèrent que leurs orientations de fond, pour ce qui concerne CFF Cargo, ne doivent pas être fondamentalement remises en discussion. Pour eux, ce qui s’est passé à Bellinzone relève avant tout d’un accident de parcours qui ne modifie pas la stratégie d’ensemble. Comme nous avions déjà rappelé auparavant, que récemment le directeur des CFF Meyer avait affirmé: «le projet de réorganisation de CFF Cargo a été appliqué à 90%».

Parallèlement à ce discours sur la réorganisation de CFF Cargo, restent encore inéclairés (ou peut-être sont déjà à l’œuvre, mais certes pas publiquement connus) les engagements de CFF Cargo dans le processus de réorganisation des activités et des alliances dans le secteur fret en Europe: une question qui est tout sauf secondaire et qui pourrait très bientôt nous poser de nouvelles questions.

En d’autres termes, les CFF n’ont pas encore avancé une proposition concrète sur: comment ils imaginent, de leur point de vue, un avenir différent pour les Ateliers de Bellinzone par rapport à ce qu’ils avaient projeté avec les mesures annoncées le 7 mars dernier ? Le point certainement plus négatif de toutes les discussions jusqu’alors menées dans le cadre de la table ronde réside dans cette temporisation de la part des CFF. Ces derniers sont, par contre, plus loquaces sur et intéressés à ce qu’ils continuent à désigner comme étant les mesures d’«optimisation» visant à rendre les Ateliers «compétitifs»

Une option qui, pour la direction des CFF, se traduit immédiatement dans l’idée que la seule voie à poursuivre est celle de la réduction des coûts salariaux à travers l’augmentation des horaires de travail (travail posté, par exemple) ou la réduction des échelles salariales. Le jeu des CFF est évident: tenter d’ «optimiser» les Ateliers de Bellinzone pour ensuite relancer, à un moment plus opportun, le discours sur des perspectives similaires à celles imaginées au début du mois de mars 2008 et bloquées par la mobilisation des travailleurs.

Renforcer et investir

Face à cette attitude des CFF, il paraît nécessaire que les travailleurs exercent une forte pression pour affronter finalement les questions du renforcement des Ateliers. L’annonce faite ces derniers jours par la Cattaneo de vouloir réaliser, comme alternative [à l’impossibilité de réaliser] un projet avec les CFF, une structure pour la maintenance des wagons en Italie, confirme la manière dont ce marché est non seulement convoité, mais offre des perspectives d’avenir.

Si à cela on ajoute la nécessité de réaliser des exigences  accueillies même au niveau populaire (celui du passage du trafic marchandises entièrement sur rails), la nécessité apparaît évidente de procéder à un renforcement des activités des Ateliers CFF de Bellinzone. Un renforcement qui devra avoir lieu à la fois à travers de nouveaux investissements et à travers une augmentation du personnel. C’est dans cette perspective que s’insère la demande de rouvrir les Ateliers de Biasca.

Une stratégie nationale

C’est ici qu’il paraît important de chercher à mettre en œuvre une stratégie nationale. Il est évident que le développement des Ateliers CFF de Bellinzone passe aussi à travers la remise en discussion de l’actuelle stratégie de CFF Cargo.

Dans ce sens, sur toutes les négociations pèse l’absence d’une stratégie nationale, et devrait être celle-ci la tâche d’un syndicat des transports digne de ce nom, qui puisse poser la nécessité de rediscuter la stratégie de Cargo et la politique d’ensemble des CFF.

De même, il paraît non moins important d’entamer, déjà dès aujourd’hui, une réflexion en vue du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT). Même si les perspectives peuvent paraître lointaines (2010), il est évident qu’autour ce renouvellement se concentreront beaucoup de calculs des CFF en vue de la réalisation de leurs projets (il suffit de rappeler avec quelle insistance est évoquée la question salariale). Et sur ce thème la seule force des travailleurs des Ateliers CFF de Bellinzone ne sera pas suffisante.

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Cet article a été publié dans Solidarietà – Année 9 – N° 12 – 19 juin 2008, publication bi-mensuelle du MPS-gauche anti-capitaliste

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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