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juin 2019

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La Brèche

ISS: «Avec le nouveau contrat, je perdrais 1000 francs par mois»

Publié par Alencontre le 13 - juillet - 2010

Entretien réalisé avec une travailleuse de ISS en grève, le 13 juillet 2010, sur un piquet de grève situé devant l’entrée principale du personnel de ISS à l’aéroport international de Genève. Joséphine [1] a 26 ans, elle travaille chez ISS depuis deux ans et demi.

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Quel travail fais-tu chez ISS ?

Je fais le nettoyage des avions, de 19h15 jusqu’à 4 heures du matin. Notre travail est physique, et stressant quand on a beaucoup d’avions qui arrivent en même temps. Avec aussi des aspects mauvais pour notre santé: la génératrice qu’on doit actionner pour mettre en marche les aspirateurs. n’a pas de filtre, donc à chaque fois qu’on la met en marche, on prend la fumée d’échappement plein la figure. C’est la même chose quand on l’éteint.

ISS appliquait jusqu’au 30 juin deux conventions collectives – une pour les «fixes» (+de 20 heures par semaine), l’autre pour les «auxiliaires». Laquelle appliquait-il pour tes conditions de travail ?

Je travaille à un taux 85% en moyenne, 32 heures par semaine. Mais ISS m’a engagé avec un contrat d’auxiliaire, prévoyant 15 heures par semaine (60 heures par mois). Bien que je fasse plus depuis que je suis arrivée, ils continuent à me payer à l’heure, au lieu de m’appliquer les conditions et le salaire (mensualisé) des travailleurs fixes. Conséquence: je gagne environ 600 francs en moins par moins que ce que je devrais recevoir.

Quelle serait la conséquence du nouveau contrat individuel que veut imposer ISS?

J’arriverais à 1000 francs de perte par rapport à ce que je devrais gagner si ISS appliquait les conditions de la convention collective de travail (CCT) pour le personnel fixe.

Pourquoi fais-tu la grève ?

Je fais grève depuis 5 jours pour avoir une CCT correcte, à laquelle on ait droit, et parce que je suis contre ces nouveaux contrats individuels: d’une part ils nous font perdre beaucoup d’argent, de l’autre je suis contre le principe du contrat individuel, qui permet à l’employeur de faire tout ce qu’il a envie.

Le moral, après cinq jours de grève?

Au beau fixe, pas de problème. S’il faut tenir trois semaines, on tiendra trois semaines.

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1. Prénom fictif, nom connu de la rédaction.

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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